INFLUENCE DES MÉTAUX DANS LES ROBINES
les figures sur la résine (1752) prouvent que le sens du courant prédominant est celui qui correspond à Thélice vide ; les métaux introduits diminuent donc les effets physiologiques de Tinduction. On remarque que les métaux les meilleurs conducteurs agissent avec le plus d'efficacité ; ainsi, la commotion est plus vive avec le cuivre qu*avec Yantimoine, le bismuth , le plomb.
Un fil de cuivre enroulé en hélice et introduit à la place du barreau , ne produit aucun effet, tant que ses extrémités sont séparées ; mais il agit comme mue masse de cuivre , s*il forme un circuit fermé. Si cependant ce fil forme deox hélices inverses superposées, il n'agit plus, quoique ses extrémités soient rfanies. Ces résultats s'expliquent facilement : l'hélice simple et fermée est parcourue par un courant induit réagissant sur l'hélice extérieure H, de maniéré à neutraliser en partie l'effet de la décharge inductrice ; et quand le fil intérieur forme deux hélices inverses, elles sont parcourues par des courants opposés, dont les actions s'entre-détruisent. Les masses métalliques agissent aussi, par les courants induits qui les parcourent ; cardes solutions de continuité dans le sens de la longueur atténuent beaucoup leur effet. C'est ainsi qu'un faisceau de fils métalliques dûment isolés, on un tube fendu suivant un arête , n'ont phis qu'une influence très faible.
Dans le cas des courants induits par les courants voltaïques , les masses des substances non magnétiques n'exercent aucune influence.
4*959. laflaenee dea eorps nacnéllqaes. — Des barreaux de fer , d'acier trempé ou non, de fonte grise ou blanche, diminuent l'effet physiologi* que du courant induit, dans l'hélice qui les renferme ; car la commotion se produit, et le sens du courant est celui qui correspond à l'hélice vide. Des faisceaux de lames d'acier ou de fer-blanc séparées ou non par des substances isolantes, agissent de la même manière, mais moins fortement. Il suffit môme d'une différence de nature dans deux barreaux de fer de mémos dimensions, pour que leors effets soient inégaux ; car leur présence simultanée dans les deux hélices h et h' détruit l'équilibre et laisse prédominer l'un des courants induits, de manière à agiter vivement des membres de grenouille fraîchement préparés. Un barrçau de nickel agit aussi, mais faiblement; et le courant a le sens qui correspond à l'hélice qui le renferme ; le nickel augmente donc un peu l'induction, tandis que le fer la diminue.
Quand l'induction est produite par un courant vo/^atgue, l'intensité du courant induit est toujours augmentée par la présence d'un barreau de fer, à cause du magnétisme qui s'y développe (4723); c'est que, avec les corps magnétiques, il se produit, comme le remarque M. Dove, deux phénomènes distincts : i^* le déyeloppement du magnétisme dans le barreau, qui ajoute son effet au courant inducteur pour augmenter te courant induit ; 2» le développement de courants induits dans ce barreau, lesquels agissent pour affaiblir le courant de l'hélice induite. Ce dernier effet l'emporte sur le premier dans le cas de la décharge, parce que le magnétisme, qui ne se développe pas instantanément, n'a pas le temps de prendre une grande intensité pendant la durée excessivement courte de la
décharge, et les courants induits directs qui se développent dans le feraa moment où elle cesse, remportent sur TelTet contraire dû au retour du barreau à Tétat neutre magnétique. Dans le cas des courants voltaîques, le magnétisme du fer a le temps de se développer , et son effet remporte sur celui des courants induits dans ce métal.
1VS9. Effets des fkiseeaox de fil de fèr. — Pour rendre prépondérants les effets physiologiques du magnétisme développé par la décharge, M. îkm remplace le barreau de fer par des fils de fer isolés les uns des autres, i travers lesquels il ne peut s'établir de courants. Alors le courant induit dans l'hélice qui contient le faisceau, l'emporte sur celui de Thélicevide. Quand les fils sont un peu gros, chacun d'eux agissant comme un petit cylindre, on conçoit qu'il y en aura qui ne produiront aucun effet, leur action magnétique étant égale i celles que produiront les faibles courants induits qui pourront s'y développer; ce qui est confirmé à l'expérience.
Si le faisceau de fils fins est enveloppé d'un tube de cuivre, ou d'une hélice simple à bouts réunis, il se comporte comme uu barreau massif; c'est-à-dire que la décharge induite reprend le sens qui appartient à l'hélice vide. Si le tube de cuivre est fendu suivant une arête, ou l'hélice simple interrompue, ou enfii si, étant continue, elle est formée de deux parties superposées de sens inverse, le faisceau de fil de fer agit comme s'il n'était pas enveloppé. Son effet est i peine diminué, si l'hélice simple à bouts réunis est en argentan, à cause de la faible conductibilité de cet alliage.
Dans le cas des courants voltaîques, les solutions de continuité longitudinales exaltent singulièrement l'accroissement que produisent les métaux magnétiques sur les effets physiologiques des courants induits. Aussi, l'inducteur différentiel donne-t-il de violentes secousses quand, l'une des hélices renfermant na barreau de fer, l'autre contient un faisceau de fils de fer, même d'un moindre poids. Les enveloppes de cuivre ou de fils de cuivre en hélice , agissent de la même manière que pour les courants par la décharge.
Les propriétés des fils de fer donnent le moyen de comparer les effets des divers métaux ; pour cela on les introduit dans l'un des tubes de l'inducteur différentiel, et l'on cherche à neutraliser leur infiuence par des fils de fer égaux introduits dans l'autre tube. Il est évident que le métal qui augmente le plus l'effet, est celui qui exige, pour neutraliser son influence, leplus grand nombre des fils de fer pris pour terme de comparaison. On peut aussi, par le méoe moyen, reconnaître si un métal augmente ou diminue le courant induit. Si l'introduction de fils de fer dans le tube opposé peut rétablir l'équilibre, c'est que le métal augmentait l'intensité du courant induit ; quand, au contraire, les fils de fer augmentent l'effet, c'est que cette intensité était diminuée ; si l'ofl veut alors rétablir l'équilibre, il faut remplacer les fils de fer paç des fils de cuivre.
1V60. Aelion des masses métalllqaes Intérleores, sor les effets ■•■ pkyBloiogiqnes. — Nous n'avons considéré, dans ce qui précède, que les effets physiologiques. Les résultats restent les mêmes, pour les effets de la
décharge induite sur raimantation des aiguilles d*acier; mais ils sont tout différents quand on observe l'action exercée sur le réomètre, et les effets chimiques et calorifiques. Ainsi, un barreau métallique, magnétique ou non, introduit dans Tune des hélices de l'inducteur différentiel traversé par la décharge, ne produit aucun effet sur le réomètre, ni sur l'aimantation du fer doux, ni sur les actions chimiques; tandis que la commotion, le condensateur, les figures sur la résine indiquent un affaiblissement de l'induction dans rhélice qui reçoit le barreau, et que l'aimantation de l'acier indique au contraire une augmentation. Les effets calorifiques, observés en faisant passer la décharge induite à traver:^ un thermomètre de Breguet, ou un fil de platine traversant la boule d'un thermomètre à air, sont toujours affaiblis.
Si l'on remplace le barreau par un faisceau de fik de fer, toutes les actions sont augmentées, et tous les appareils indiquent une même direction du courant induit, excepté l'effet calorifique qui est diminué sensiblement.
Dans le cas des courants voltaïques , toutes les actions sont augmentées par les métaux magnétiques en masses ou en faisceaux, mais d'une manière différente, suivant la nature des effets que l'on observe. Par exemple , les solutions de continuité, qui accroissent d'une manière si marquée les actions physiologiques, sont sans influence sur la déviation du réomètre. Ainsi , les deux hélices de l'inducteur différentiel se faisant équilibre au réomètre quand Tune contient un barreau de fer , et l'autre un faisceau de fil de fer, il y a de violentes commotions. Si l'on retire une partie des fils de fer, de manière à faire disparaître toute commotion, l'aiguille du réomètre est vivement agitée dans le sens qui correspond à l'hélice qui contient le barreau massif. M. Dove ayant comparé les effets des barreaux égaux de fer, acier, fonte, en rétablissant Téquilibre au moyen de fils de fer placés dans l'hélice opposée, a trouvé, de même, que le nombre de ces fils est très différent, suivant qu'on apprécie le courant induit, par le réomètre ou par la commotion. Par exemple, avec l'acier trempé, la fonte grise et le fer forgé, il suffisait de 7, il et 15 fils de fer pour rétablir l'équilibre pour les actions physiologiques, tandis qu'il en falkit 28, 27, et plus de 1 10, pour les effets sur le réomètre.
nr. Indaetlon rêlléeliie. — Bztra eonrant. — AppareUi d'indnotlon volta-éleotriqnef.
1961. Indoctlon d*an eonrant snr Inl-nênie. — L'introduction et la suppression d'un courant dans un fil très long, peuvent donner naissance à des courants induits qui circulent dans le fil même qui reçoit le courant inducteur. La première observation se rattachant à ce phénomène a été faite, en 1832, par M. Henry : ayant fait passer le courant de quelques couples voltaïques, à travers un fil de 10 à 12 mètres de longueur, il obtint une vive étincelle au moment où il retirait une des extrémités du fil , d'une capsule de mercure servant à fermer le circuit. Si le fil était court, il n'y avait pas d'étin-
celle. S*il était enroulé en spirale ou en hélice à tours très rapprochés , Tétincelle était beaucoup plus brillante. Dal Negro obtint aussi une vive étiocelle en interrompant le courant dans Thélice A* un électro-aimant. M. Jeokins ayant pris dans ses mains les extrémités du fil d*un électro-aimant, fil dont il faisait communiquer deux points, éprouva une forte commotion, au moment où il supprimait la communication, et cela avec un seul couple. Hassona découvert, de son côté, le môme phénomène ; il opère de la manière suivante : on prend dans les mains , des cylindres de laiton , de manière à fermer un circuit dans lequel se trouve une pile et un électro -aimant ; on mettes cylindres en contact, pour que le courant passe directement de Tun à Tautre, puis on les sépare; aussitôt on ressent une forte commotion. Enfin, M. Pouillet, vers la même époque, observait un phénomène semblable avec le grand électro-aimant de la Faculté des sciences de Paris : ayant ouvert le circuit en prenant dans ses mains les extrémités de l'hélice magnétisante, qui plongeaient dans une capsule remplie de mercure, il reçut une violente secousse à laquelle il était loin de s'attendre. M. Faraday a prouvé que tous ces effets sont dus à un courant indait instantané, qui se développe dans le fil réophore, et qui s* élance sous forme d*éUncelle entre les extrémités du fil au moment où on les sépare, ou dans les bras de reipéri-
mentateur qui les tient à la main. Ce phénomène est connu sous les nomsd*taduction réfléchie^ à*induction d'un amrant sur lui-même, et de réaction de$ fli$ d'une hélice,
l'ig. i307. il6«.Extrù-eo«raiit. — M. Faraday
a fait de nombreuses expériences sur rinduction réfléchie'. Pour mettre en évidence le courant induit instantané ^^ui se produit dans le fil réophore, au moment où l'on ouvre le circuit conteant une hélice, il soude en deux points de ce circuit, deux fils, f, f (fiy. i307i, <;ntre lesquels il place les appareils destinés à recevoir le courant induit. Le point de rupture o et l'hélice B doivent être dans des parties différentes du circuit séparé en deux par les points de soudure. Au moment où Ton ouvre ce circuit, parcouru par le courant d'un couple P, le courant produit par la rupture, se précipite dans les fils de dérivation. On peut ainsi obtenir en ff h commotion, l'étincelle, les décompositions chimiques, l'aimantation et la déviation de l'aiguille aimantée. On peut faire rougir et fondre un fil très fin, que la portion du courant de la pile qui peut le traverser n'échauffe pas sensibl^ ment. Tous ces effets sont singulièrement augmentés par la présence d'uo barreau de fer doux dans l'hélice ; ils sont beaucoup plus faibles, au contraire, quand le fil de Tliélice est développé en ligne droite. Comme ils ne se manifestent qu'à l'instant où l'on rompt le circuit, on ne peut les attribuer au courant 4liroct de la pile.
» Bibliothèque univenclle de Genève (Sciences et -arts), t. LIX, (1835), p. <28.
extra-courânt 713
Le eourant induit produit dans le circuit inducteur môme, a été désigné par M. Faraday sous le nom i extrcHMurani K Le même physicien a reconnu, au moyen des effets chimiques et magnétiques, que Textrà-courant a, dans Iliéiice, le même sens que le courant de la pile. L^extrà-courant marche donc dans le fil f, f dans le sens même que suivrait le courant dérivé de la pile P qui le parcourrait, si Ton suppose que la pile se trouve, avec Thélice B , dans la même partie du circuit, séparé en deux par les fils f, f , comme dans Xk fig. 1307. Alors Textrà-courant passe à travers la pile. Ce courant est, au contraire, de sens opposé , en /*, f, au courant dérivé qui traverserait ces fils, quand les points de soudure laissent la pile P dans la partie qui ne contient pas l'hélice B ; alors, Textrà-courant ne passe pas dans la pile. C'est ce qui a lieu dans le cas de la fig, 1308 ; l'interruption est en «r, le courant dérivé dans le fil de dérivation rma est dirigé suivant la flèche a , tandis que l'extràcourant marche dans le sens de la flèche e, puisqu'il est la continuation de Textrà-courant de l'hélice B.
Il se produit aussi un courant induit dans une hélice, au moment où Ton y introduit le courant de la pile ; mais le circuit étant alors fermé, il faut certaines précautions pour dériver ce courant à l'extérieur, et pouvoir l'observer. M. Faraday a reconnu qu'il est, comme on devait s'y attendre , de sens contraire au courant de la pile. Masson, qui a répété les expériencesde M. Faraday^, procédait de la manière suivante : il disposait dans le conducteur de dérivation, une série de vases pleins d'eau, réunis par des arcs métalliques, pour augmenter la résistance au passage du courant de la pile. Au moment où ce eourant était établi, le courant induit instantané, étant assez intense pour vaincre la résistance des vases, se portait en partie dans le conducteur dérivé , où l'aiguille aimantée était déviée de manière à indiquer un courant inverse; puis cette aiguille revenait au repos pendant le passage continu du courant inducteur. On peut aussi obtenir des étincelles et des commotions , au moment où l'on ferme le circuit qui contient l'hélice, et même décomposer l'eau, comme l'a fait M. Faraday ; mais tous ces effets sont plus faibles que lorsqu'on ouvre le circuit , le courant induit inverse qui se produit au moment où l'on ferme le courant inducteur ayant pour effet de l'affaiblir au premier instant.
M. Ediund est parvenu à isoler l'extrà-courant par fermeture, et il l'a trouvé sensiblement égal à celui de rupture ^.
4763. ExIHk-coarant ûmmn les eooraots InstaBlanés. — M. Dove a prouvé que l'extrà-courant se développe dans une hélice, quand on la fait parcourir par la décharge d'une bouteille de Leyde. En effet, l'on éprouve une vive commotion quand on prend dans les mains, des cylindres fixés aux
I M. DoTe rappelle conlre-courant , par opposition au nom de juxtà-coufxini qu'il donne au courant induit dans un fil voisin.
3 AnnaUs de chimie et de physique, 2« série, t. LXVI, p. 5. 3 ÂnnaUt de chimie et de physique, 3« série, t. LUI, p. 51.
fils/; f ifig. 1307), la pile P étant remplacée parla bouteille de Leyde. Celte commotion n*est plus ressentie quand l'hélice n'est pas comprise entre les points de soudure, et elle est bien plus forte quand on introduit dans cette hélice un faisceau de fils de fer. Un barreau de fer ou de tout autre métal, diminue, au contraire, la commotion produite par l'extrà-cnurant, de méffle qu'il diminue l'intensité de la décharge induite dans un fil séparé (1758). M. Dove a aussi produit des extrà-courants au moyen des courants magnétoélectriques instantanés d'une machine de Saiton, lancés à travers une hélice, quoiqu'ils naissent et disparaissent presqu'au même instant, et il a trooTé que les masses métalliques exercent la même influence sur ces sortes de courants, que sur les courants induits dans un fil voisin.
1V64. Lofs die rextrà-coaraat. — M. Abria a reconnu que l'extiicourant est soumis aux mêmes lois que les courants induits dans des fils voisios^ Il comparait les intensités de ces courants, par la méthode de l'aimantatioD, et il a reconnu, avec des spirales de gros fils , en plaçant l'hélice magnétisante tantôt dans le courant de la pile, tantôt dans le fil de dérivation de l'extrà-courant, qu'il y a un rapport sensiblement constant entre les intensités de ces deux courants. L'extrà-courant était à peu prés les 0,72 du courut principal, et la valeur de ce rapport ne variait pas beaucoup avec la longueur et la section de la spirale. Cette valeur est cependant un peu trop faible, à cause de la résistance qu'éprouve le courant principal dans l'hélice ; elle s'accorde avec celle qui a été obtenue dans l'induction sur un fil voisin.
Antérieurement, Masson avait étudié les efiets produits par les masses de fer doux introduites dans les hélices où se forme l'extrà-courant. Il a reconnu que la présence du fer doux augmente beaucoup la commotion, mais de moins en moins à mesure qu'on multiplie le nombre des tours de l'hélice. En effet , la différence des actions obtenues avec le fer doux et avec l'hélice seule, va alors en diminuant ; ce qui est d'accord avec ce que nous savons de l'existence d'un maximum dans Taimantation du fer (1670).
Quand on augmente la longueur du fil de l'hélice dans laquelle se développe l'extràcourant , l'intensité des commotions augmente , et l'augmentation tend vers une limite qui dépend de la résistance que le fil oppose au courant principal. On doit donc penser que les commotions s'accroissent avec le nombre de couples de la pile. C'est, en effet, ce qui a lieu.
M. Faraday a reconnu, d'un autre côté, que les circonstances qui tendent à affaiblir le courant principal augmentent, au contraire, l'intensité de l'extràcourant au moment de la rupture du circuit. Par exemple, si l'on met un 61 de platine dans un courant, qui le rend incandescent, il n'y a qu'une étincelle très faible au moment de la rupture du circuit; mais si l'on ajoute à ce dernier un long ni de cuivre qui l'affaiblit assez pour que le fil de platine ne s'échaufie point, il y a une vive étincelle, à la rupture.
* Annales de chimie el de physique , 3« série, l. VII, p. 474.
fl V«B« ll« rexpUeatioa de rextrà-eearuit. — Il y a deux cas à examiner : les réactions des plis d'une hélice les uns sur les autres, et Tinduction d*un courant sur lui-même quand aucune des parties n*est repliée contre une autre.
i* Voici comment Masson présente l'explication donnée par M. Faraday, dans le cas d'une hélice à spires très rapprochées : au moment où l'on ouvre le circuit, la cessation du courant cesse de proche en proche, en passant par l'état variable. L'affaiblissement du courant dans la première spire développe donc un courant direct dans la spire suivante, lequel s'ajoute au courant de la pile. Ces deux courants réunis cessant ensuite dans la deuxième spire, déterminent dans la troisième un courant induit direct, qui s'ajoute aux deux courants réunis qui la parcourent. Ces trois courants réunis produisent de même un courant induit dans la quatrième spire, et ainsi de suite. On voit que ces courants engendrés les uns après les autres, vont en augmentant d'intensité ; et comme ils se succèdent avec une rapidité extrême, le phénomène parait instantané. Les mêmes effets ont lieu en même temps à l'autre extrémité de l'hélice, et les courants induits qui y prennent naissance s'ajoutent à ceux dont nous venons de parler. Remarquons aussi que chaque spire agit sur plusieurs autres en même temps, entr'autres sur celles qui la précèdent et où les courants ont cessé; celles-ci reçoivent donc aussi des courants directs qui s'ajoutent à ceux qui prennent naissance dans les spires suivantes. Il résulte de là qu'il faudra autant que possible, que chaque spire soit très rapprochée de toutes les autres ; il y aura donc avantage à les disposer en plusieurs couches superposées, de manière à former un anneau, plutôt qu'à les enrouler en une seule couche, formant une hélice dont les spires extrêmes seraient nécessairement trop éloignées les unes des autres pour s'influencer mutuellement. L'extrà-courant qui se produit au moment où l'on ferme le circuit, s'explique delà même manière, le courant se propageant de proche en proche dans les spires de l'hélice.
L'influence du fer doux s'explique facilement par l'induction que produit sur les spires de l'hélice, le magnétisme développé par l'extrà-courant même ; ce dernier, ainsi exalté, réagit de nouveau sur le barreau, l'aimante plus fortement et en reçoit un surcroît d'intensité, et ainsi de suite. II se produit donc une série d'actions réfléchies, qui vont en diminuant d'énergie, et finissent par cesser, après s'être accomplies en un temps excessivement court.
2^ L'induction sur lui-même d'un courant non plié en hélice, n'est pas aussi facile à expliquer. M. Faraday l'attribue à l'action exercée par le courant qui circule dans chaque série de molécules polarisées, sur les séries voisines, qui reçoivent l'induction de la même manière que si elles n'étaient pas elles-mêmes parcourues par des courants. Les choses se passeraient donc comme dans un faisceau de fils parallèles, dans lesquels se subdiviserait un même courant ; chaque fil réagissant sur les autres, y produirait l'extrà-courant. Cependant des essais tentés pour appuyer cette assimilation, n'ont pas donné des résultats aussi concluants qu'on pouvait l'espérer.
4766. EFFETS DE L'EXTiA-couHAiiT. — L'extrà-courant, produit par la rup-
716 ÉLEGTRO-MAGNÉTISIIE.
ture d'un circuit contenant un électro-aifflant, possède, ea géfléral, les mènes propriétés que les courants d'induction ordinaires. Il joue uu rôle imporia&t dans les appareils magnéto-électriques, où il concourt à raccroissement qu'éprouve l'intensité de la commotion, quand on intercepte le passage des courants induits successifs pendant une partie de leur courte durée (i 728). Il fait aussi çentir son influence sur la formation des courants induits des divers ordres, ei contribue à en déguiser les lois. MM. Masson et Breguet ont pu charger uo condensateur avec l'extrà-courant, et obtenir ainsi de rélectricité statique. D faut, pour cela, employer les mêmes précautions que lorsqu'on veut charger le condensateur avec les machines magnéto-électriques (1728).
fiffets physioioii;iqaes. — Les effets physiologiques de rexirà-eoarant diffèrent cependant de ceux des courants induits produits par les courants voltaïques instantanés ; c'est que ces derniers sont .composés de deux courants successifs de sens contraire, tandis que l'extrà-courant se compose d'un mouvement d'électricité dans un seul sens, tote distinction est importante pour les applications à la médecine.
Masson a fait une étude spéciale desefiels physiologiques de l'extrà-courant ^ 11 a reconnu qu'il n*affectequeles points touchéSi et que la sensation ne s'étend que fort pen au-delà de ces points ; ainsi , en appufut seulement un doigt sur chacun des cylin- Fig. 4 308. dres à commotions , il ne ressentait, avec
son appareil, qu'un léger frémissement ne s'étendant pas au-delà de la première phalange ; en saisissant ces cylindres avec 2, 3... doigts, puis avec la main, la secousse augmentait rapidement d'intensité; d'où il conclut que chaque filet nerveux communique l'ébranlenieot qu'il reçoit au nerf principal, et que la sensation est l'effet résultant de tous ces petis ébranlements, qui s'ajoutent. Cette localisation de l'action physiologique a une grande importance dans les applications médicales.
Pour produire une succession rapide de commotions par l'extrà-courant, Masson a employé la disposition suivante { fig. 4308 ) . B est l'hélice, P, la pile, m les manipules disposés dans les fils de dérivation am, mr. Dans le circuit principal se trouve une roue dentée métallique R, mise en relation avec le drcait par les ressorts r et s, dont le premier s'appuie constamment sur l'arbre de h roue, et Tautre sur son contour; le circuit est fermé quand le ressort $ s'appoie sur une dent métallique , et ouvert quand il correspond à Tintervalle de deux dents. Avec cet appareil, Masson a pu tuer en quelques minutes un chat vigoureux placé en m, et cela avec une pile de 5 ou 6 couples seulement. Il est à remarquer que les commotions diminuent d'intensité quand œ
* Annales de chimie et de physique, ï« série, t. LXYI, p. 86.
tODrne trop vite ; ce qui provient sans doute de ce que les extrà-courants successifs sont alors tellement rapprochés, que leur effet diffère peu de celui d'un courant coutinu, qui ne peut produire de commotions (1513).
i*967. Condensateur TolteTqoe. — M. de La Rive s'est servi de l'extràcourant pour donner à un seul couple la faculté de décomposer Teau rapidement '. L'artifice qu'il emploie consiste à lancer Textrà-courant dans la pile que contient le circuit, et dans un sens convenable pour augmenter Toxydation du zinc et pour désoxyder le sulfate de cuivre ou l'acide nitrique. La/î^. 1309 représente le candensatetir voltaïque ou condensateur électro-chimique, imaginé pour cotobjet. ff est un électro-aimant dont le fil aboutit aux capsules à mercure 0, o'. Le circuit qui contient l'hélice magnétisante et la pile P, est fermé par rintermédiaire d'un ressort nm, recourbé en crochet h son extrémité m, qui plonge dans une capsule métallique amalgamée. Cette capsule communique directement avec la coupe à mercure c, dans laquelle s'enfonce l'un des pôles de la pile. Une petite balle de fer soudée au ressort fim, est attirée par le fer doux f, quand l'électroaimant est en activité ; alors ce ressort se relevant, le circuit est ouvert en m, Tcxtrà-courant se produit Fig. i309.
et s'élance dans le circuit
de dérivation o'vc' contenant un volamétre v, et dans le couple P, où il a le même sens que le courant principal, et où l'oxydation du zinc est activée. Le fer de Télectro-aimant étant ramené à l'état neutre par la rupture du courant, le ressort nm retombe ; le courant se rétablit donc, le ressort se relève de nouveau, et ainsi de suite, de manière à faire 6 à 8 oscillations par seconde, et l'eau est décomposée rapidement dans le voltamètre. Il faut que le til qui entoure le fer doux soit gros et d'une longueur modérée. M. de La Rive le forme de 3 fils de cuivre réunis aux extrémités, de manière à n'en former qu'un de section triple, et lui fait faire 100 tours. Un couple de Daniell, incapable de décomposer Teau, la décompose avec l'aide du multiplicateur, et dégage de 18 à 20 centimètres cubes de gaz par minute. — Si la pile n'est pas traversée par l'extràcourant, comme dans la fig. 1308, la décomposition de l'eau est très faible.
On voit qu'avec le condensateur voltaïque on obtient d'un seul couple, des effets chimiques qui en exigeraient plusieurs dans chacun desquels il y aurait laméme quantité de zinc dissoute. Il ne faudrait pas croire cependant que la quantité de zinc dissoute dans le couple unique aidé du condensateur, ne dépasse pas la quantité qui correspond au nombre d'équivalents d'eau décomposée. M. de La Rive fait remarquer, en effet, que pendant la fermeture du
I Annales de chimie et de phytiqw, 3« série, t. YIII, p. 36.
circuit par le ressort mn, le courant passe presque entièrement par ce ressort et ne traverse pas le voltamètre ; le zinc dissous pendant ce temps-4à n est donc pas représenté par de l'eau décomposée. Du reste, des expériences directes de M. Despretz ont montré que la quantité de zinc dépensée peut être près du double de celle qui correspond au volume de gaz recueilli dans le voltamètre '. Cet habile physicien employait 8 couples à charbon à zinc amalgamé, disposés de manière à représenter deux couples de surface quadruple. Le zinc, pesé avant Texpérience, Tétait de nouveau après qu'il s'était dégagé i litre de gaz. On doit donc se demander s'il y a plus d'avantage à augmenter la force électromotrice au moyen du multiplicateur voltaîque, qu'à l'augmenter au moyen de couples additionnels capables de donner une décomposition tout aussi acdie. M. de LaRive pense que la consommation de zinc est la même dans les deoi cas ^. Seulement, l'emploi du condensateur est avantageux, parce qu'il oceope peu de place, et qu'il n'exige pas les soins qu'il faut donner aux couples dont il remplace l'effet. Cependant, il est probable qu'il doit y avoir une perte sensible de zinc, à cause du passage du courant par le ressort mn, pendant qu'il fennele circuit de la pile.
4*768. AFFA1BIL8 DUnmCTIOH iLSGTBO-YOLTAiÎQIIBS. — NouS avons décrit d-
dessus(i727) les machines d'induction magnéto-électriques. Il nous restai faire connaître les appareils d'induction par les courants voltaîques, appareib dont nous n'avons pas parlé plus tôt, à cause du rôle que joue rextrà-counit dans la plupart d'entre eux. Ces appareils sont souvent construits en vue des applications médicales. Les courants induits conviennent, en effet, tout particD* lièrement à rélectrisation musculaire ; ils sont produits par des appareils \its portatifs, et faciles à gouverner. Ces sortes de courants offrent encore l'avantage, à cause du peu d'intensité de leurs effets chimiques et caloriGques, de ne pas désorganiser les tissus, comme peuvent le faire les décharges leyd-électriques, ou celles des piles à grand nombre d'éléments ; de plus, dans les applications aux muscles de la face, on remarque que ces courants n'affectent que très faiblement l'organe de la vue, tandis que les courants directs d'une pile agissent vivement sur la rétine et peuvent occasionner des accidents graves. Aussi, M. le Dr Duchenne, auquel on doit de nombreuses recherches sur l'emploi de rélectricité en thérapeutique ^,remarque-t-il que les courants induits constitoeot l'électricité vraiment médicale, et il nomme /ara(2tsa/ton, du nom de M. Faraday, l'application de ces sortes de courants, àl'artde guérir.
Les appareils d'induction électro-voltaïques ont reçu des constructeurs, bien des formes différentes ; on s'est appliqué suilout à diminuer leur voliune. ainsi que celui du couple qui les fait fonctionner, et à les disposer de manière à
ï Comptes-rendus de VAcadènie des sciences de Paris, t. XLIV, p. 4 009.
•2 Bibliothèque universelle de Genève (Arch. des se), l. XXY, p. 115.
3 De l'élcctrisaiion localisée et de son application à la physiologie, etc., 1 vol., 1855.
APPAREILS d'induction 719
ce qu*on puisse faire varier avec facilité la rapidité des interruptions, et Tintensité des courants induits qu elles provoquent.
Divers réotomes. — Une pièce importante de tous ces appareils est le réotome, destiné à interrompre et rétablir successivement le passage du courant inducteur. Un réotome fort employé est la roue dentée de Masson (1766). Un autre système, employé dès 1804 par Aldini, dans ses expériences de physiologie faites avec la pile, consiste en une plaque métallique striée, communiquant avec une des extrémités du circuit inducteur, et sur laquelle on fait glisser plus ou moins rapidement l'autre bout du fil, de manière que le courant se trouve interrompu, pendant le passage du fil, d*une partie saillante à la suivante. M. de La Rive a employé aussi un arbre tournant portant des aiguilles métalliques, qui plongent à chaque tour dans des capsules de mercure isolées, de manière à fermer le circuit, dont les extrémités aboutissent à ces capsules. Un mécanisme d'horlogerie fait tourner Tarbreavec une vitesse quel'on modifie à volonté. Ce système donne les plus fortes commotions, mais le mercure est projeté , il s'oxyde bientôt, et la communication n'est plus aussi complète.
Ou se sert le plus souvent de réotomes automatiques agissant d'eux-mêmes sous l'influence même du courant de la pile. L'appareil tournant de Ritchie (1669) a été employé pour cet usage par M. Breton, par M. Blanchi.... Le courant qui passe par cet appareil est interrompu toutes les fois que les extrémités du fil de l'électro-aimant tournant, passent pardessus la cloison qui traverse le mercure.
Un des réotomes les plus employés est le trembleur , imaginé en môme temps par Fig. i3io.
M. Neef et par M. de La Rive. Ce système
n*est autre que celui dont nous avons vu le jeu dans le condensateur voltaïque, et qui a été utilisé, depuis, par M. Froment dans son appareil électro-musical (1669).
1*769. Appareils à commotions. — Ces appareils, assez nombreux, difTèrent principalement par la manière dont se fait la rupture du courant inducteur, et parles dispositions qui permettent de modifier l'intensité des courants induits. La fig. 1310, représente le petit appareil de M. Mirand, modifié par M. Blanchi, et qui donne des commotions énergiques avec un simple couple à charbon de 10 centimètres de hauteur. Sur une bobine de bois E, sont enroulés deux fils recouverts de soie. Le premier, assez gros, constitue le fil inducteur; l'autre, beaucoup plus fin et formant un très grand nombre de tours, appartient au circuit induit ; il aboutit à deux boutons à vis o\ o\ auxquels on fixe les réophores qui doivent transmettre les courants induits. Les extrémités du fil inducteur sont fixées aux boutons o, o, auxquels aboutissent les électrodes P du couple voltaïque. Le courant, après avoir parcouru la bobine E, arrive au support métallique a, parcourt les ressorts r, s quand ils se touchent, passe dans
le support c, et retourne à la pile après avoir circulé dans l'hélice magnétisanté d'un petit électro-aimant c. Cet électro-aimant attire le ressort en ferr, ce qui rompt le circuit en sr; alors le ressort r revient en arriére, le circuit est de nouveau fermé, et Télcctro -aimant attire le ressort de manière à rompre de nouveau le circuit, et ainsi de suite. Pour modifier la rapidité des oscillations da trembleur sr, on écarte plus ou moins de Télectro-aimant, les ressorts r et $, en faisant tourner sur eux-mêmes les supports c et a. On fait varier Tintcnsilé des courants induits, en enfonçant plus ou moins dans la bobine E, des fils de fer /"en nombre variable. Les commotions , assez faibles en Fabsence du fer, deviennent insupportables quand le faisceau est introduit. C'est afin de pouvoir déplacer à volonté les fils de fer, qu'on fait fonctionner le trembleur au moyen d'un électro- aimant séparé. L'appareil peut être enveloppé d'une boîte dont le dessus s'ouvre à charnière, et dont le fond est formé par la table même de
l'instrument. Cette boîte laisse en dehors les boutons o, o ; o\ o\ et porte une ouverture par laquelle on introduit les fils de fer. Enfin , une petite caisse séparée contient le couple et deux flacons dans lesquels on verse les acides, quand on cesse de s'en servir.
Appareil voila - flkradl^ve ie
M. Dochenne. — Dans cet appareil (fig. 1311), le couple est renfermé dans un tiroir T, où il peut resler amorcé pendant plusieurs mois. Ce couple est composé d'une caisse en zinc z, qui s'ajuste dans le tiroir, et renferme nnc masse rectangulaire en charbon de cornue, qui la remplit exactement. On verse dans la caisse un peu d'eau salée, et l'on imbibe le charbon d'acide azotique, que l'on verse dans une rigole ■ , creusée à sa partie supérieure. Ce système constitue un couple à charbon sans diaphragme. Deux boulons à vis r, v' communiquent avec le zinc et avec le charbon ; et quand le tiroir T se trouve enfoncé de la même manière qo'nn second tiroir T' , ces boutons touchent des lames de platine e, e\ auxquelles sont soudées les extrémités du fil inducteur. Le courant du couple passe d'abord par un réométre fixé dans le tiroir T', et de là dans un ressort qui s'appuie sur la roue dentée à manivelle r, servant de réotome. De l'arbre de cette roue, le courant est conduit dans un trembleur disposé comme celoi de la syrène électro-magnétique (1669), et dont on règle les vibrations an moyen de la vis c. Si l'on veut employer le trembleur, on place la roue rde manière que le ressort s'appuie sur une partie métallique. Si l'on vent se servir de la roue dentée, on serre la vis c de manière à établir une communication permanente entre les ressorts du trembleur. Le courant passe
Fig 1311.