MAGNÉTISME DES CRISTAUX. 7S
a^ait cherché à rapprocher les phénomènes magnéto-cristallins de ceux qui se produisent dans la double réfraction de la lumière. Suivant M. Plucker, Taxe des cristaux dits positifs tendrait à prendre la direction axiale , et celui des cristaux négatifs, la direction équatoriale. Pour les cristaux qui présentent deux axes dédouble réfraction, ce serait la bissectrice du plus petit des angles que font ces axes, qui suivrait cette loi. M. Faraday admettait deux forces différentes, Tune agissant sur la masse du cristal, Tautre sur son axe. Cette dernière, qu'il nomme force magné-cristalline , ne varierait pas, avec la distance, de la même manière que la première.
MM. Tyndall et Knoblauch ont trouvé la véritable explication de ces phénomènes >. Ils ont constaté d'abord que beaucoup de cristaux prennent des directions en opposition avec la loi, comme M. Plucker Tavait reconnu luimême, et que les résultats dépendent plutôt des plans de clivage que des axes de cristallisation. Us ont ensuite rattaché les phénomènes magnéto-cristallins aux effets ordinaires du magnétisme et du diamagnétisme, en admettant que 1* Tintensité de l'action exercée sur une même substance est d'autant plus prononcée, à égal volume, que ses molécules sont plus rapprochées, et que dans les cristaux, les molécules sont plus serrées dans la direction du plan de clivage que dans la direction perpendiculaire ; ^^ la ligne de plus grande densité est telle suivant laquelle les forces magnétiques s'exercent avec le plus d'énergie. De sorte que , si la substance est paramagnétique , cette ligne , nommée ligne de polarité élective, prend la direction axiale , et si la substance est diamagnétiqiie, cette ligne prend la directionéquatoriale.
Pour mettre en évidence ce principe, MM. Tyndall et Knoblauch l'ont d'abord constaté sur des corps disposés artificiellement de manière à présenter une direction de plus grande densité. Ayant mêlé de la poudre d'oxyde de fer, ou de bismuth, à une pâte faite avec de l'eau et de la gomme, ils en formèrent des barreaux , qui prirent, le premier la direction axiale, et le second la direction équatoriale. Ayant ensuite comprimé ces barreaux de manière à les transformer en disques aplatis, celui qui contenait la substance magnétique prit la direction équatoriale, l'autre se plaça suivant l'axe. C'est que la ligne suivant laquelle les parcelles métalliques sont le plus rapprochées, est perpendiculaire au plan des disques. Un prisme formé de feuilles de papier d'émeri superposées , se dirïge de manière que le plan des feuilles soit parallèle à la ligne des pôles de l'électro-aimant, que ce plan soit dirigé suivant la longueur ou suivant la section du prisme. Si l'on réunit de môme des feuilles de papier fm non magnétique, sur lesquelles on a fait adhérer de la poudre de bismuth, les feuilles prennent la direction équatoriale. Or, c'est bien suivant le plan de ces feuilles que les parcelles magnétiques ou diamagnétiques sont le plus rapprochées. Des cubes de bismuth comprimés dans un sens, se sont toujours placés de manière que la ligne de cfjmpression fût équatoriale. M. Matteucci, qui a répété cette
i Annales de chimie et de physique, a» série, t. XXXYI, p. 375; et t. XXXYII, p. 76..
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expérience, a aussi opéré sur des cubes de soufre et d'acide stéarique, et est arrivé aux mêmes résultats. Des cubes et des barreaux, formés avec des hmes très minces de bismuth, obtenues en laissant tomber le métal fonda goutte i goutte sur un plan de marbre, se sont toujours dirigés de manière que les lames fussent équatoriales.
Les substances à structure fibreuse , chez lesquelles les molécules sont phs rapprochées suivant les fibres que dans la direction transversale , manifeste^ des effets semblables ; des cylindres d'ivoire, ou de gutta-pcrcha fibreuse, u dirigent de manière que les fibres soient perpendiculaires à la ligne des pôla de Faimant, ces corps étant diamagnétiques.
Il n*y a pas jusqu à Taction de la terre sur certains cristaux qui ne pd» être reproduite par des systèmes artificiels. M. Rieu a formé un prisme ratangulaire au moyen de bandes de papier un peu magnétique superposées verticalement suivant la longueur du prisme , et serrées les unes contre b autres par des rubans de soie. Ce système, suspendu par un fil de cocoo, sf dirige dans le méridien magnétique. Un prisme semblable formé de feoiiks perpendiculaires à la longueur du prisme, se dirigea de Test à Touest , k manière que les lames étaient toujours dans le méridien magnétique.
Tous ces faits permettent d'interpréter les phénomènes que présentent b cristaux. Dans les lames que sépare le clivage le plus facile , les molécdes sont plus rapprochées que dans le sens perpendiculaire à ces lames. Si doie la substance est magnétique, comme le sulfate de nickel, le béryl, la tourm-
line , le plan de clivage le plus facile prendra la direction axiale ; si, m
contraire, le cristal est diamagnétique , comme les sulfates de magnésie et de
zinc, le salpêtre, la topaze , ce plan prendra la direction équatoriale. SI
y a trois plans de clivage perpendiculaires, comme dans le sel gemme, le cristal ne se dirigera pas. lien sera de même s*il n'existe pas de plan de clivage, comme dans le cristal de roche. M. Tyndall a reconnu aussi , parla méthode de torsion , que les cristaux attirés ou repoussés par l'un des pôles d'un électro-aimant, le sont plus fortement suivant la direction de plus graodf densité que suivant la direction perpendiculaire.