‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 28 sur 189 · THÉORIE DES DEUX FLUIDES · texte numérisé non relu

THÉORIE DES DEUX FLUIDES

trisée. On Toit donc que la balle, dans un même état, est repoussée par rane des substances électrisées, et attirée par Tautre ; d*oû Ton a conclu que rélectriciié développée par le frottement sur le verre, est d*une espèce différente de celle que reçoit la résine. La première a reçu le nom A^électricité vitrée ea éleetrieité positive , et Tautre le nom d* électricité résineuse ou électricité négative, et on les désigne par les signes + et — . Nous verrons plus loin que Tespéce d'électricité que reçoit le verre ou la résine, dépend de la nature du corps avec lequel on les frotte; c'est pourquoi, pour que la définition des deux fluides soit complète, nous dirons que Y électricité vitrée est celle qui se dégage «r le verre, et Vélectricité résineuse celle qui se dégage sur la résine, quand on les frotte avec de la laine.

AetioBB BiiitireiieB des deux flaldes. — Remarquons que lorsqu'il y a répulsion, les deux corps en présence sont chargés de la même espèce d'électricité, et quand il y a attraction, ils renferment des électricités différentes. Or, il est naturel d'admettre que les actions attractives ou répulsives des corps électrisés sont la conséquence des actions exercées par les deux fluides l'un sar l'autre. On dira donc, comme pour le magnétisme, que les fluides de même lofi s' attirent j et les fluides de nom contraire se repoussent; ce que l'on pourra Térifier avec deux pendules, qui se repousseront si on leur a communiqué la iséme électricité par le contact du verre ou de la résine frottés, et s'attireront s'ils sont chargés d'électricités contraires.

Si l'on approche d'un pendule électrisé par la résine, un corps quelconque âectrisé, il y aura attraction ou répulsion. Dans le premier cas, le corps sera diargé d'électricité vitrée, et dans le second, d'électricité résineuse.

iS#4. ProdaetloB simnltaiiée des deux éleetrieltés. — Après qu'on nt distingué les deux électricités, Wilke reconnut qu'elles se produisent toijours en même temps, l'une se portant sur fc corps frotté, l'autre sur le corps frottant. L'on des fluides ne peut naître sans l'autre, et si, ordinairement, on n'en aperçoit qu'un seul, c'est que l'autre se perd dans le résenoir comnniD, le corps qui le reçoit n'étant pas isolé. Si l'on frotte l'un contre l'autre deux plateaux tenus par des manches de verre (/l(^. 925), et qu'on les sépare ensuite brusquement, on les trouve chargés d'électricités de nom contraire ; ce que l'on reconnaît au moyen du pendule électrique préalablement chargé d'une électricité connue.

Quand on frotte l'un contre l'autre deux corps de môme substance, il peut arriver qu'on n'aperçoive qu'une seule électricité, c'est que l'autre s'est perdue par quelque voie qu'on finit toujours par découvrir. Par exemple, Bergmann a vu deux plumes d'oie s'électriser toutes les deux positivement quand il les frottait l'une contre l'autre; et M. Faraday a vu, deux bandes de flanelle frottées en croix prendre l'une et l'autre le fluide négatif. Danscesdeux expériences, le fluide de nom contraire à celui que l'on observe est emporté par les parcelles

que le frottement détache des surfaces ; ce que Ton reconnaît en recevant ce parcelles sur une plaque de métal isolée, sur laquelle on constate la préseno de cette électricité.

La nature de Télectricité que prend un corps, dépend nécessairement de L substance avec laquelle on le frotte, puisque celle-ci a aussi une certaine teO' dance, d*aprés sa nature, à prendre une électricité plutôt que l'autre : ainsi, V verre s'électrise positivement quand on le frotte avec du drap, et négativement avec une peau de chat et avec les pierres précieuses plus dures que lui. Dani la liste qui suit, les substances frottées avec celles qui les suivent prennen l'électricité positive, et Télectricité négative, quand on les frotte avec celle qui les précédent.

Peau de chai, verre poli, laine, plumes, hais, papier, soie, gomme laque résine, verre dépoli.

Le mercure parait être la substance qui a le plus de tendance à prendn Félectricité négative : un bâton de résine s'électrise positivement quand on h plonge dans le mercure et qu'on Ten retire aussitôt.

iBliaeBee de la sarfkee. — Un même corps frotté avec la même substance peut prendre Tune ou Tautre électricité, suivant l'état de sa surface. C'est ainsi que le verre frotté avec du drap s'électrise positivement quand il est poli , et négativement quand il est dépoli. Canton, ayant pris un bâton de verre, dépoli sur la moitié de sa longueur, et l'ayant frotté avec du drap non isolé , b moitié polie fut électrisée positivement, et l'autre négativement. Si l'on frotte deux plaques de verre l'une sur l'autre, chacune d'elles prend tantôt l'électricité positive, tantôt la négative, comme l'a constaté i£pinus ; mais si l'iuic des plaques est dépolie, elle prend toujours le fluide négatif.

il suffit d'une modiûcation invisible de la surface du verre pour qu'il prenne le fluide négatif. M. Heintz' a fait à ce sujet des expériences curieuses. Ayant frotté un tube de verre avec de la poudre fine d'émeri humide, puis l'ayanl lavé avec soin, il trouva que ce tube prenait le fluide négatif quand on le frottait doucement avec du drap, quoique sa surface ne présentât aucun changement apparent. En frottant ensuite plus fortement, le fluide positif reparaissait. Le verre acquiert encore la propriété de s'électriser négativement avec le drap, le cuir, la soie et même les métaux, quand on l'a exposé à l'action d'une flamme quelconque, surtout de celle de l'hydrogène. Le cristal de rodie, le spath d'Islande, le spath pesant, le gypse, sont dans le même cas. Tous ces corps avaient été refroidis, puis lavés et nettoyés avec soin. La modification produite à la surface n'est pas due à la chaleur seule ; car un bâton de verre chauffé dans un tube bien fermé continue à donner de l'électricité positive. Elle n'est pas due aux substances chimiques formées par la flamme ; car l'acide

I Ankitts de VéUdriciU, par M. A. I>e la Rîtc, t. III, p. 74S.

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