‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 27 sur 189 · DÉVELOPPEMENT DE LÉLECTRICITÊ PAR LE FROTTEMENT · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DE LÉLECTRICITÊ PAR LE FROTTEMENT

bien see. L'expérience réussit de même avec la résine, la gomme laque ; le résultat est bien plus marqué quand Tair que Ton insufle est mêlé de poussière. L*iir, qui sort d'un fusil à vent, produit une lueur , quand la bourre contient nn peu dépoussière; tandis qu'elle n'en produit pas quand elle est bien propre... Efl général, toutes les fois que deux corps sont frottés l'un par l'autre, il se d^age deTélectricité. H n'y a que le cas de deux liquides ou de deux gaz qui bisse du doute ; mais les circonstances sont telles qu'il est presque impossible d'apercevoir, dans ce cas, l'électricité dégagée.

t5MS. Des eorps b«BS on mauvais esiidactears. — Tous les COrpS étant susceptibles de s'électriser par le frottement, on voit que la distinction en anélectriques et idio-électriques ne peut plus être consenée ; mais il faut diviser les corps en bor\8 conducteurs et en mauvais conducteurs de l'électricité. Ces derniers se nomment aussi corps isolants^ parce qu'on s'en sert pour séparer du sol les corps bons conducteurs sur lesquels on veut conserver l'électricité, qui, sans cette précaution, se perdrait dans la terre. Le globe, considéré à ce point de vue, porte le nom de réservoir commun.

Parmi les corps isolants, nous citerons là gomme laque ' , la cire d'Espagne, le diamant, les pierres précieuses transparentes, les résines, le soufre, l'ambre, kverre, la porcelaine, le caoutchouc, le gutta-pcrcha, la soie... L'air sec est mauvais conducteur, sans cela les phénomènes électriques nous seraient inconnus. Remarquons que les plus mauvais conducteurs laissent toujours un peu passer l'électricité.

Les bons conducteurs sont les métaux, le corps des animaux, le lin, le dianvre, les liquides, exepté les huiles. La plombagine est aussi un bon conindeor. Le charbon de bois présente une particularité importante «\ remarquer : caloBé, il conduit fort bien, tandis qu'il est mauvais conducteur dans son étnt opfiiaire. Nous avons vu qu'il en est de même pour la chaleur. On peut dire, es général , que les corps solides qui sont bons ou mauvais conducteurs pour la dialeur sont dans le même cas pour l'électricité.

Les pierres, les briques, le bois surtout quand il est sec, la moelle de soreau, conduisent imparfaitement l'électricité.

Les vapeurs, particulièrement la vapeur d'eau, conduisent bien ; aussi, l'air devient-il conducteur quand il est humide , ce qui rend alors les expériences d'électricité très difficiles. Le verre, qui est très hygrométrique (II, 1154), cesse

* La gomme laque esi une espèce de résine rouge-brun , provenant d'un suc desséché qui s'écoule, sous forme d*un liquide laiteux, des tiges de plusieurs arbres de rinde (Ficw indkaj f. rttigioia , Rhamnus jujuba...) , quand ils sont piqués par la femelle d'un certain insecte [Cocoif Uurca). L'animal reste renfermé et se multiplie dans ce liquide, qui durcit peu à peu. ^ sépare la substance résineuse pure, en dissolvant la matière dans Talcool froid, filtrant et évaporant. La cire à cacheter n'est autre chose que de la gomme laque mêlée d'un peu de térébenthine, et colorée avec du vermillon ; elle nous venait autrefois de Plnde par PEspagnc, <fo« loi est venu son nom de cire d'Espagne.

d'isoler quand il se recouvre d*huinidité ; il faut alors le dessécher au moyen de linges chauds. Pour éviter cet inconvénient, on le recouvre dans les appareils électriques, d'une couche de gomme laque, qui n*est pas hygrométrique, et qu'on applique en la dissolvant dans Talcool.

Clrconstaoecs ^nl modifleiit la condaetiblllté des solides. — Le pouvoir conducteur des solides dépend de leur nature; mais il peut dépendre aussi, pour une même substance, de la structure : ainsi, le diamant est mauvais conducteur, tandis que la plombagine conduit bien. Le verre pulvérisé et la fleur de soufre conduisent assez bien. La cire et le suif conduisent, à l'état liquide, mais non à Tétat solide. La glace froide et sèche isole, tandis que Teau conduit bien.

infloence de la ehaienr. — La chaleur communique à tous les corps la propriété de conduire Télectricité. Par exemple, le verre brûlant est conducteur. Le soufre, la gomme laque échauffés, les gaz même, sont dans ce cas : en plaçant une petite lampe métallique à alcool allumée, à 2"^ au-dessous d'un corps électrisé, elle attire les corps légers, si elle est isolée ; tandis que, lorsqu'elle est éteinte, elle ne présente aucun signe d'électricité, même quand elle est placée à quelques centimètres du corps électrisé.

II. Théorie des deux élootrieltés. — Décomposition par inflnonoo.

4863. DES DEUX BSPicss D'iLECTRiciTi. — Dufay, qui a prouvé que tous les corps peuvent s'électriser, a aussi distingué deux espèces d'électricités; voici

par quelles expériences : on suspend une balle /'""Ny^ de moelle de sureau a à un fil de soie (fig. 924),

j <; et l'on en approche un cylindre de résine électrisé.

A / . La balle est attirée, mais dés qu'elle a touché

' ^ le cylindre, l'attraction se change en répulsion,

r. Ce fait, observé d'abord par Otto de Guericke, n'a lieu qu'après que la balle , qui est isolée , a emprunté au cylindre de résine une partie de son électricité, comme on peut s'en assurer directement en approchant la main de cette balle , qui est aussitôt attirée. Si on lui enlève son électricité en la touchant avec la main, la balle est de nouveau attirée par le bAton de résine. Si maint'ig 9;^4 tenant on approche un bâton de verre électrisé,

de la balle repoussée par le bâton de résine , cette balle est attirée, et l'attraction est plus vive que si la balle était à Tétai naturel. De môme si l'on fait toucher la balle de moelle de sureau au verre électrisé, elle en est repoussée; mais elle est alors attirée par la résine élec-

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