‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 32 sur 189 · ATTRACTIONS ET RÉPULSIONS · texte numérisé non relu

ATTRACTIONS ET RÉPULSIONS

L*âectridté de la machine se répand sur le timbre a, qui attire le pendule, puis le repousse dés qu'il y a eu contact. De plus, ce pendule est alors attiré par le timbre c, qui est à l'état neutre , le touche et lui cède son électricité, qui va dus le sol ; alors le pendule est de nouveau attiré par le timbre a, et frappe ainsi alternativement les deux timbres. En ajoutant un troisième timbre a\ et un second pendule , on a un double carillon. Cet instniment peut servir à ùirt connaître si le corps auquel il est accroché est chargé d'électricité.

AmOcb^® àe FnuikiiB. — Une petite figure d'araignée en liège légère- ■ent brûlé à la surface, est suspendue par un fil de soie entre deux boules, dont une est en communication avec le sol, et l'autre isolée est chargée d'électricité. L'araignée oscille entre ces deux corps ; mais comme le liège est peu conducteur, l'électricité y entre et en sort lentement, et l'araignée reste posée pendant quelque temps sur chacune des boules, avant de s'en écarter.

Appareil h cr«l«* Théâtre éleetrlqae. — L'appareil à grêle, imaginé par Volta, consiste en une cloche de verre (^^. 931), dans laquelle est

suspendu un plateau métallique

que Ton met en communication

avec une machine électrique. La

cloche repose sur un second plateau

qui communique avec le sol, et

sur lequel on a placé des balles de

moelle de sureau. Ces petits corps

sont attirés par le plateau supérieur, puis font de rapides oscillations entre les deux plateaux ,

prenant de l'électricité au plateau

supérieur , et rentrant h l'état

neutre en retombant sur le plateau

inférieur. — On fait aussi l'expérience en renversant sur le plateau une cloche de verre, dont on a électrisé 1 Intérieur en y faisant jaillir l'électricité par une pointe. Les balles oscillent jusqu'à ce qu'elles aient enlevé presque toute l'électricité de la cloche.

à, entre les deux plateaux P, c (fig. 932), on place de petits personnages eo moelle de sureau, ils sautent en allant de l'un à l'autre, et on a le théâtre électrique ou danse des pantins. Une aigrette de soie placée sur leur tête fait qu'ils se tiennent droits pendant leurs mouvements.

naatephère éleetriqae. — Un plateau w (fig. 933) soutient, au moyen de petites colonnes de verre, une galerie métallique ce. Sur le plateau est collée une bande circulaire en étain qui communique par son centre avec le sol. Une boule légère en verre soufflé, m, est posée sur la bande d'étain et s'appuie contre la galerie ce. On fait communiquer cette dernière avec la machine électrique ; on voit aussitôt la boule, m, prendre, en roulant , un mouvement circulaire autour de l'appareil, imitant ainsi le double mouvement d'une planète autour

Fis. 931.

Fig. 932.

S -A ^^Bki^-

Fig. 933.

du soleil. La galerie ce cède de réieciricité aux points de la boule qui U touchent , et les repousse dans une direction qui ne lui est pas exactemenl normale (la boule n'étant pas une sphère parfaite) ; ils sont attirés en même

temps par la bande d*étain , qui* est à Tétat neutre, de manière que ces points arrivent bientôt au contact de cette bande, où ils perdent leur électricité. D'autres points, pendant ce mouvement , ont touché la galerie ce , et le mouYement continue , la force centrifuge poussant continuellement la boule contre la galerie.

Arrosoir éieecriqne. — Un vase métallique (fig. 933) porte des ajutages capillaires , par lesquels de l'eau s'échappe goutte à goutte. Si l'on suspend ce vase à la machine électrique, l'eau s'échappe de chaque ajutage en formai un jet divergent de gouttelettes flnes. Cette expérience, due à Elliot , puis à Rollet et 6026» montre la répulsion des différentes parties de l'eau électrisée , les unes pour les autres. Peltier ayant enveloppé le jet d'un anneau métallique électrisé de la même manière, a vu les gouttelettes divergentes se resserrer en un fliet unique. Ayant reçu le jet divergent dans une sphère métallique isolée , il Ta vu le resserrer à mesure que la sphère recevait de l'électricité des gouttes. D'après M. Carmoy, la dépense n'est pas modifiée ; ce qui montre que la cause du phénomène agit après que le liquide a quitté l'orifice.

Aldini a reconnu que quelques gouttes d'huile versées sur de l'eau électrisée se subdivisent en fines gouttelettes. Il résohe aussi d'expériences de Bohadsch , que l'électricité active sensiblement l'évaporation des liquides.

Nous citerons enfin l'expérience suivante, due à M. Çharault. Un aréomètre est plongé dans un liquide qu'on électrisé. On voit alors l'aréomètre monter de plusieurs centimètres, comme si le liquide avait augmenté de densité. Ce résultat est dû à la répulsion électrique du liquide; si cette répulsion se faisait sentir sur tous les points de l'aréomètre , il n'y aurait pas d'effet produit ; mais comme elle n'existe pas de haut en bas à l'endroit où la tige sort du liquide, l'instrument est soulevé par la répulsion qui s'exerce de bas en haut sur la portion de surface qu'intercepterait la tige prolongée.

i27S. iLBCTEOSCOPBS ET ÉLBCTB0IÈT1B8 — Les élcctroscopes sout de petits appareils destinés à reconnaître la présence de l'électricité, par des attractions ou des répulsions. Vaiguille électrique et le pendule élcctriqne de Gray sont donc des élcctroscopes. Les électromètres doivent, de plus, mesurer les quantités d'électricité. La première tentative d'an instrument destiné à donner une

Fig. 934.

ÉLECTROMÊTRES. 111

idée de la charge électrique, est due à Darcy et Le Roy. Noilet, en 1752, imagina de réunir deux fils de lin, dont il mesurait Técart sur leur ombre, afin d'avoir une idée de la quantité d'électricité qu'ils avaient reçue. Cavallo suspendit des balles de liège a ces fils, et renferma le tout sous une cloche de verre. La fig. 935 représente rélectromètre sous cette forme : la cloche est travers^, à sa partie supérieure, par une tige métallique terminée en dehors par un bouton B, et à laquelle sont suspendus en dedans deux fils terminés par deux balles de moelle de sureau m. A la place de ces fils, Volta suspendit deux brins de paille d'herbe fine très mobiles p, et Bennet les remplaça par des bandes o, prises dans une feuille d'or, et appliquées l'une sur l'autre. Quand le bouton B reçoit de l'électricité, les balles, pailles ou feuilles d'or s'écartent , et l'on peut évaluer l'angle d'écart sur un arc divisé, gravé le plus souvent sur la cloche de verre. Deux bandes d'étain ce' sont collées en dedans sur les parois de la cloche ; elles sont destinées à décharfer rélectromètre quand les pailles s'écartent au point de toucher ces parois. Sans cette précaution, le verre recevrait de l'électricité, qu'il garderait, parce qu'il est mauvais conducteur, ce qui générait les expériences que l'on voudrait faire éusuite. pig. 935.

De plus, ces bandes d'étain réagissent pour augmenter l'angle d'écart. La partie supérieure de la cloche est garnie de gomme laque pour empêcher l'humidité de se déposer sur le verre, et l'on introduit dans Fintérieur, des fragments de chlorure de calcium ou de chaux vive, pour que Vûr j soit bien sec.

Quand l'électricité que l'on veut reconnaître, se trouve sur un corps mauvais coodocteur, on ne touche pas le bouton B avec ce corps, mais on se contente de Yen approcher peu à peu. Il se fait alors une décomposition par influence dans le fluide neutre du bouton B; le fluide de même nom, que nous supposerons positif, est repoussé dans les pailles, et le fluide négatif est attiré en B. On touche ensuite le bouton avec le doigt, l'électricité positive passe dans le sd, et les pailles se rapprochent; ôtant le doigt et retirant ensuite le corps électrisé, on voit les pailles s'écarter sous l'influence du fluide négatif resté seul dans l'appareil.

j L'électricité que renferme l'électrométre est de nom contraire à celle du corps

■ qui a seni à le charger. Pour reconnaître de quelle nature est cette électricité, \ on approche du bouton B un corps chargé d'une électricité connue ; par exemple, \ un bâton de verre électrisé positivement. Si l'électrométre contient du fluide ! positif, ce fluide est repoussé du bouton, et les pailles divergent davantage ; si, au contraire, elles contiennent de l'électricité négative, les pailles se rapprochent, cette électricité étant attirée dans le bouton. Il faut avoir soin de n'approcher que lentement le bâton de ytvTt\ car, dans le dernier cas, après que léiectricité des pailles a été attirée dans le bouton, il peut se faire une décom-

position de fluide neutre par influence, et Télectricité repoussée fait écarter les pailles après qu'elles se sont resserrées. Si Ton approchait trop vivement le bâton de verre, le premier mouvement des pailles pourrait n'avoir pas le temps de s'efi'ectuer, et Ton serait induit en erreur sur la nature de réiectricité que contient Télectromélre.

1878. Des électromèCres comparables. — On doit se demander si, dans les instruments dont nous venons de parler, Tangle que font les parties mobiles est proportionnel aux quantités d'électricité que contient l'instrument. Saussure a fait beaucoup d'expériences à ce sujet : il prit deux électromètres à balle de sureau, identiques dans toutes les parties; Tun d'eux étant chargé d'une certaine quantité d'électricité, il en mit le bouton en communication avec le bouton de l'autre, au moyen d'un (il métallique isolé qui les touchait en deux points semblablement située*. Il est évident que l'électricité devait se partager également entre les deux instruments, et que le premier ne devait plus contenir que la moitié du fluide qu'il possédait d'abord. De même, en ramenant le second instrument à Tétai neutre, et le faisant communiquer de nouveau avec le premier, la charge de celui-ci était réduite au quart de ce qu'elle était primitivement. Saussure reconnut ainsi que les angles d'écart ne sont pas proportionnels au?t charges électriques. Volta ayant remplacé les fils k balles, par des pailles, trouva que l'électromètre ainsi modifié est comparable à luimôme jusqu'à 30°, c'est-à-dire que la charge est proportionnelle à l'angle d'écart, quand on ne dépasse pas cette limite.

Nous ferons connaître plus loin des éledromètrex plus exacts, ainsi que d'autres éîectroseopes , quand nous aurons à parler des expériences dans

lesquelles on en fait particulièrement

1 ,A «sage.

lY. Des laelilnes êleetriqsM.

iir74. Une machine électrique consiste essentiellement en un C4)rpi frottant, un corps frotté et des conducteurs isolés sur lesquels s'accumule l'électricité. La première machine éleotrique a été imaginée par Otto de Fig. 936. Guericke. Elle consistait en un globe

de soufre ou de résine auquel on imprimait un rapide mouvement de rotation , et sur lequel on appuyait les maios pour exercer le frottement. Boze, en 1741, suspendit par des cordons de soie« un cylindre en fer-blanc qui recueillait l'électricité , au moyen d'une chaîne descendant près de la surface de ce globe. Winkler , vers la même époque, remplaça les mains par des coussins en cuir. La fig, 936 représente une machine

Page 1