MACHINES ÉLECTRIQUES
éfectrUpie telle qu*on remployait encore du temps de Noilet. s est le globe de soufre, que l'on fait tourner au moyen d'une roue et d'une corde sans fin; wm est le conducteur isolé, sur lequel rélectricité passe par la chaîne c. En 1766, Ramsden remplaça le globe tournant par un plateau en verre.
iSTS. Ma«iiiae de BaaMdem. — Cette machine, la plus usitée en France, dooDe de rélectricité positive. Un plateau circulaire en verre (fig. 937), mobile autour d*un axe horizontal à manivelle m, est pressé de chaque côté entre deux paires de coussins élastiques, soutenus par les deux montants verticaux qui
portent l'axe de rotation. Des conducteurs frcc\ ordinairement en laiton, sont soutenus par des colonnes isolantes en verre. Les parties f, f recourbées enfer à cheval, se nomment les mâchoires; elles sont garnies en dedans de pointes métalliques, dont les extrémités sont très prés des deux faces du plateau de verre.
Quand on fait tourner ce plateau, il se développe de rélectricité ; le fluide négatif se porte sur les coussins, et de là passe dans le sol, avec lequel ils communiquent, et le fluide positif se porte sur le plateau. Qu^nd les parties électrisées de ce dernier arrivent dans les mAchoires /*, f , elles y décomposent par influence le fluide neutre; le fluide positif est repoussé dans les conducteurs e, c\ et le fluide négatif, attiré dans les pointes, s'écoule et se précipite sur le plateau de verre, où il se combine avec l'électricité positive, pour former du fluide neutre. L'écoulement est visible dans l'obscurité, et chaque pointe est III 8
garnie dune petite aigrette lumineuse. On emploie des pointes, parce qn'dies ont la propriété, comme nous le verrons, de laisser sortir très facilement Félectncité. Quelquefois cependant on les remplace par de petites tiges arrondies à Textrémité ; alors le fluide négatif passe sur le plateau, par intermittence , et sous forme d*étincelles. Le mouvement de ^^^^ rotation continuant, Télectricité positive du plateau se renou-
^^^^^ velle à chaque instant.
^^^H^ On voit qu'il n*y a de chargés d'électricité que les deux
^^^^^^^ quarts du plateau dans lesquels le mouvement se fait des ^^^^^H^ coussins à la mâchoire voisine. Dans ce trajet, une partie de Fig. 938. Télectricité du verre se perd par le contact de l'air, quand il est humide. Pour diminuer la perte, on garantit chacun des quarts dont nous venons de parler, au moyen d'un secteur formé d'une double lame de tafretas(/l<7. 938), que l'on fixe aux coussins, ou aux montants qui les soutiennent.
Liniite de la rharse. — La quantité d'électricité qui peut s'accumuler sur une même étendue des conducteurs de la machine électrique, n'augmente pas indéfiniment ; elle est limitée comme la décomposition par influence ellemême (1267), et aussi par les pertes qui se produisent, soit par l'air, soit par les colonnes isolantes. Ces pertes s'accroissent avec la quantité de fluide accumulée, et finissent par être égales, à chaque instant, à l'électricité fournie par le frottement. Par conséquent, plus on tournera rapidement, plus celle-ci sera grande, et plus la limite de charge sera élevée. Quand la machine fournit beaucoup d'électricité, il y a une autre circonstance qui limite la charge : c'est que l'électricité se perd dans l'air par les parties saillantes des conducteurs, malgré le soin que l'on prend d'arrondir tous les contours; les pointes et les angles ayant la propriété de laisser écouler l'éleetricité (1 304) . De plus, ce fluide peut passer par explosion, des mâchoires aux coussins, sous forme de traits éblouissants qui longent la surface de la roue. Quand on arrive à ce résultat, c'est que la machine fonctionne très bien.
Tout ce qui augmente la déperdition diminue le maximum de charge des conducteurs. Il faut citer en première ligne l'humidité de l'air, qui agit, soit en enlevant par son contact l'électricité des conducteurs ou du plateau, soit en se déposant sur ce dernier, qui alors ne fournit que peu d'électricité. Il faut alors le sécher, en en approchant du feu ou en y appliquant des. serviettes chaudes. M. Mùnch a remarqué qu'en faisant quelques traits avec un morceau de suif sur le plateau, on lui fait donner immédiatement beaucoup plus d'électricité. En enduisant les colonnes isolantes, quand elles ne sont pas vernies i la gomme laque, d'une couche imperceptible de la même substance, elles isolent parfaitement, même quand l'air est humide; le suif agit ici en repoussant rhumidiié de la surface du verre. Nous avons indiqué plus haut l'usage des «secteurs en taffetas.
filecCromèCre h emàrmm on de Henley. — Pour juger de la charge de la
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■achine èleciriqae, on se sert de Yélectromètre de Henley, qui se voit en e (/E^. 937 ). Le petit pendule de cet instrument est repoussé par son support, et Tangle d*écart se mesure sur un cercle divisé, en ivoire. Quand la machine fonctionne bien, le pendule s'élève au-dessus de Thorizontale, parce qu'il subit l'action répulsive du conducteur c, sur lequel est fixé l'instrument.
La quantité d'électricité fournie aux conducteurs, dépend évidemment de l'étendue des surfaces frotlées, c'est-ànlire de la grandeur du plateau et des coussins; elle dépend aussi de l'état de leur surface.
9es «•«nias. — Les coussins se font en peau de daim rembourrée avec du crin ; on les enduit de différentes substances, qui constituent en réalité le corps frottant. Nous indiquerons d'abord l'or musif ou deutosulfure d'étain , matière friable, que l'on fait adhérer aux coussins en les enduisant d'un peu de soif. On emploie encore différents amalgames, parmi lesquels nous citerons celai de Singer, formé de i partie d'étain, i de zinc et 6 de mercure, ou 2 d'étain, 3 de zinc et 7 de mercure ; celui de Cavallo, qui contient i partie d'étain contre 3 ou 4 de mercure, et auquel on ajoute souvent i de zinc; celui de Kienmayer, dans lequel il entre 1 de zinc, i d'étain et i de mercure. Ces amalgames sont pulvérulents, et s'appliquent de la môme manière que l'or musif; ils produisent des effets plus intenses que ce dernier, mais moins durables. Quand la machine ne donne que de faibles résultats, il suffit souvent, pour lui rendre sa vigueur, de démonter les coussins et de les frotter l'un sur l'antre de manière à déplacer la matière adhérente. Leroy disposait les coussins de manière qu'on pût les retourner de haut en bas, et ce changement suffisait pour que la machine reprit une grande énergie.
Yan-Marum a imaginé une espèce de coussin qui a été remise en faveur, assez récemment , par M. Perrault-Steiner : la peau de daim est appliquée sur aae plaque de bois, et recouverte par un morceau de taffetas garni en dessous H en dessus de feuilles d'étain , par lesquelles elle est facilement débarrassée de l'électricité négative, que des bandes de métal appliquées sur les montants qui soutiennent la roue conduisent dans le sol, par l'intermédiaire d'une chaîne a [fy. 937). On recouvre cette espèce de coussin , d'un amalgame composé de merciire, zinc, étain, et d'un peu de bismuth.
Ihi placeaa. — Le verre du plateau doit être aussi peu hygrométrique que possible. On rechefche, pour cela, les anciennes glaces, qui renferment moins de potasse que les glaces modernes. Certains fabricants préfèrent le verre olivâtre des bouteilles, d'autres le cristal ; souvent enfin on emploie du verre coloré en bleu par le cobalt. On augmente l'efficacité des plateaux en les faisant séjourner dans l'eau bouillante, qui agit probablement en enlevant de la potasse à la surface, par une action analogue à celle qui se produit sur les monnaies, quand on les plonge dans de l'eau acidulée, pour enlever l'alliage â la surface, et leur donner une couleur plus éclatante.
On a fait des machines avec plusieurs plateaux assemblés sur le même axe ou sur des axes différents ; on a fait aussi, dernièrement, des plateaux en
gutta-percha, mais ils s*useiit assez promptement. Ou en a construit en caoutchouc durci; dans ce cas, la machine se charge d'électricité négatiYe. Bertholon avait imaginé une machine, qu^il appelait inoerte, et qui se chargeait aussi d'électricité négative ; les coussins étaient remplacés par des plaques de verre, et la roue de verre par un plateau eu bois recouvert de chaque côté, de coussins circulaires.
La machine de Ramsden ne donne qu'une seule espèce d'électricité; on peut cependant recueillir celle qui se porte sur les coussins, en isolant les pieds de l'appareil sur des morceaux de résine; on trouve alors les coussins, les montants et la table, chargés d'électricité négative. Leroy a imaginé une disposition au moyen de laquelle on recueille les deux électricités en même temps. Les coussins sont placés en dehors des montants qui portent l'axe de la roue, et soutenus par une colonne isolante. Dujardin a construit une machine disposée d'une manière analogue ' ; les coussins sont placés par paire aux extrémités
d'un diamètre horizontal, et les deux mâchoires à pointes du conducteur, aux extrémités d'un diamètre vertical.
Cette machine ressemble , par son aspect, à celle que nous allons décrire. 429(1. Machine de VaB-HaraBi.
— Cette machine donne l'une ou l'autre électricité, à volonté. Un plateau de verre (fig. 939), dont Taxe est soutenu [par deux colonnes isolantes, est pressé aux extrémités de son diamètre horizontal , par des coussins portés par des boules isolées c, c'. Deux arcs métalliques oo', aa\ munis de manchons que traversa l'axe, peuvent se placer, soit dans na plan vertical, soit dans un plan horizontal , et y rester pendant que la plateau tourne. Ces arcs sont terminés par de petits cylindres parallèles an plateau, et garnis de pointes. L'arc oo* est mis en communication avec le sd au moyen d'une chaîne. — Si l'arc aa* est vertical, et l'arc oo' horizontal et an contact avec les coussins, la machine fonctionne comme celle de Kamsden, ei la sphère B se charge d'électricité positive. Si, au'contraire, on place l'arc oo' verticalement, et l'arc aa* horizontalement, les branches appuyées sur les coussins, la sphère B recueille rélectricité négative des coussins, et l'électricité positive dont se charge l'arc oo' par suite d'une décomposition par influence,
Fig. 939.
Annale* de chimie ei de piH^n^tte, 3« série, t. IX, p. H 1 .