CONDUCTIBILITÉ DES CRISTAUX
entent par la bouteille, se sont propagés à la surface de la résine. C'est là expérience célèbre des figures de Leichtenherg, expérience qui produisit une iie sensation, parce qu'elle mettait en évidence un nouveau caractère distinctif itrc les deux électricités.
iWS. GonvcTiBiLiTi suPERFiciBLLB DBS CRISTAUX. — Nous avons annoncé , 416) que la forme plus ou moins symétrique des cristaux doit être en rap- »rt avec les propriétés physiques qu'ils présentent dans différentes directions, nous avons vu de quelle manière Texpérience confirme cette prévision, pour Hasticité (1, 659), la conductibilité calorifique (U, 815), et la dilatabilité I, 839). On est porté naturellement h penser que la conductibilité électrique un même cristal dans différentes directions doit aussi être en relation avec irrangement moléculaire qu'indique sa forme. Aussi, différents essais ont-ils é faits à cet égard, mais d'abord sans succès. MM. d'Hausmann et Henrici it reconnu cependant que le diopside conduit le mieux l'électricité dans le «s de son axe cristallographique, et la diallage, dans le sens parallèle à ses ivages. M. de Senarmonta complètement tranché la question parla méthode fénieuse suivante '. Il recouvre la face du cristal, d'une feuille d'étain présenntune large ouverture circulaire à contours bien nets, obtenue avec un Dporte-pièco. Cette feuille d'étain, collée avec une dissolution claire de Satine ou de vernis, se replie de manière à envelopper tout le cristal. Au aitrc de la partie circulaire découverte, s'appuie normalement l'extrémité ane pointe isolée, par laquelle on fait arriver de l'électricité. Ce fluide échappe de la pointe en rayonnant, et glisse sur la surface découverte, pour igner les bords de la feuille d'étain , qui communique avec le sol. Dans ses roniers essais, M. de Senarmont faisait passer l'électricité par explosion, au Mjen d'une petite batterie, et l'étincelle laissait sur la surface du cristal une ace permanente de son passage pouvant indiquer par sa forme, le sens de la hs facile transmission ; mais l'action était trop brusque et trop énergique MIT que de faibles différences pussent élre distinguées. M. de Senarmont eut lors l'idée d'opérer dans l'air raréfié sous un récipient, et de faire arriver par i pointe, un flux continu d*électricité positive qui se répand sur la surface du ristal et se voit, dans l'obscurité, sous l'apparence d'une lueur violacée. Cette leor part de la pointe, en formant une couche lumineuse d'une certaine paisseur, qui se prodoit encore quand l'extrémité de la pointe se trouve à une élite distance de la surface, à 1™", par exemple. Cette lueur s'épanouit réguièrement sur les surfaces homogènes ; mais sur celles qui présentent une lirection de plus facile transmission, elle affecte la forme d'une ligne diamèîde lumineuse, un peu épanouie à ses extrémités, et dans laquelle on distingue m courant de fluide partant du centre. Cette bande lumineuse oscille un peu mtonr de sa position d'équilibre ; on la rend souvent plus stable en laissant M'air du récipient une certaine tension. Quand cette tension est assez grande,
* Awwlw de chimie et de physique, 3« série, t. XXVllI, p. 257.
on voit des étincelles jaillir à travers la lueur violacée, et Ton peut en consenti la trace sur de la fleur de soufre dont on saupoudre la surface.
Les deux électricités présentent des résultats très différents : le fluide négatif donne toujours des lueurs sensiblement uniformes. Des stries légères, des altérations superflcielles modifiant les résultats, surtout si la force directrice est faible, il faut, autant que possible, employer des faces naturelles oo obtenues par clivage. Les stries naturelles des cristaux n*ont pas d'influence, à moins qu'elles ne soient très prononcées.
Voici maintenant les résultats donnés par Texpérience :
1o Sur les surfaces homogènes, comme des lames de verre, de giUta-percb, ou de soufre, de gomme laque, de résine coulées sur une glace polie, la pointe est entourée d'une lueur uniforme. Si l'on dépolit une partie de la surface avec du papier de verre, la lueur est quelquefois plus vive dans cette partie. Si Toi moule du soufre, de la gomme laque, sur des surfaces de cristaux rugueuseï ou striées naturellement, la conductibilité ne présente pas de différences sensibles dans les divers sens ; à moins que les stries ne soient de véritaUei cannelures serrées et profondes, comme sur certains cristaux de fer oxydolé dodécaèdre : du soufre coulé sur de semblables surfaces paraît laisser passer l'électricité plus facilement dans le sens des stries.
2° Les cristaux du système régulier se comportent comme les corps homo» gènes ; la conductibilité est la même en tous sens et sur toutes les faces.
30 Les cristaux du 2<^ et 3' système cristallin, qui sont symétriques autour d'un axe, offrent une conductibilité égale en tout sens, sur les faces normales i l'axe. Sur les faces obliques à l'axe, il y a une direction de conductibilité maximum, tantôt perpendiculaire, tantôt parallèle à la projection de l'axe sur ces faces.
4» Une face quelconque des cristaux des autres systèmes présente UM direction de conductibilité maximum. Quand la face contient un ou deux axes de symétrie, cette direction lui est perpendiculaire ou parallèle.
Ces lois ont été trouvées au moyen de 36 substances différentes. Quelques résultats ont été douteux, mais aucun contradictoire.
M. Wiedemann a fait aussi des expériences suivies sur la conductibilité superficielle d'une douzaine de cristaux , à peu près à la même époque que M. de Senarmont'. Il procédait en saupoudrant la surface, d'une poussière fioe peu conductrice, comme du lycopode ou du minium; puis , faisant arriver pir une pointe, l'électricité positive du bouton d'une bouteille de Leyde, il voyait la poudre s'éloigner de la pointe dans toutes les directions, de manière à laisser un espace à découvert. Si la lame était homogène, cet espace était circulaire; mais sur les faces de certains cristaux, il prenait la forme d'une ellipse dootle grand axe avait deux ou trois fois la longueur du petit. Ici encore on constate les différences d'effets des deux électricités : car le fluide négatif ne donne que des figures très petites et mal défmies.
^ AnnaUs de chimie et de physique, 3« série, t. XXIX, p. 227.
POLARISATION DES DIÉLECTRIQUES. ÏOl
in. PoUrisatlMi des Mrpt dièlaetrlqiM. PoiTtlr taiietir.
SS. F»l»rlMitloM dans les eorps nanvals e«ndacte«rs« — Quand "ps maiiyais conducteur est soumis à l'action d*un corps électrisé, il prend t électrique intérieur dans lequel ses molécules présentent les électricités ires en deux points opposés de leur masse. Cet état électrique est anai l'état magnétique que prend le fer doux sous Finfluence d'un aimant ), et il en résulte deux pôles électriques analogues aux pôles des aimants. tat, qui est passager comme celui du fer doux, a été découvert par raday, qui Ta désigné sous le nom de polarisation électrique^ et par itteucci. Voici comment procède ce dernier physicien : On prend des cylin* D acide stéarique, gomme laque, ou soufre, de 8 à 10"" de longueur et de épaisseur, qu'on suspend par un fil de cocon dans une grande cage de verre asséchée, et l'on approche un corps électrisé de l'extrémité d'une de ce^ es à l'état naturel. On la voii s'approcher et osciller, comme une tige de I présence d'un aimant. On peut reconnaître alors que l'extrémité de Ile la plus rapprochée du corps qui porte l'électricité, est électrisée d'une re contraire à ce dernier, tandis que l'extrémité opposée est électrisée de ne manière. Quand on enlève le corps, l'aiguille revient ausitôt à l'état . — Dans cette expérience, comme dans celles qui suivent, il faut prendre ^écautions minutieuses pour être certain de l'état neutre des aiguilles, ttteucci les faisait chauffer sur des charbons ardents, et les laissait lir dans l'air sec. Quand elles étaient fusibles, il se contentait d'en fondre nent la surface dans la flamme de l'alcool.
on électrisé l'une des faces d'un corps isolant, on trouve la face opposée sée d*une manière contraire. Nous avons mentionné ce fait en exposant >rie de l'électrophore (1^80). Noilet avait déjà remarqué que lorsqu'on extérieurement un ballon de verre dans lequel on a fait le vide, on it des lueurs assez vives dans Tintérieur. L'expérience des figures de enberg (1351) peut aussi servir à mettre en évidence le développement ectricité sur la face d'un corps opposée à celle que l'on électrisé : on ice le plateau de résine par une lame de verre mince vernie k la gomme sur ses deux faces, et Ton opère comme à l'ordinaire. On projette ensuite ange de soufre et de minium, sur la face opposée à celle sur laquelle on lené le bouton de la bouteille, les poudres dessinent les lignes formées ; lent, ces lignes présentent des couleurs opposées sur les deux faces. tr montrer directement la polarisation électrique, M. Matteucci chargea idensateur dont la lame isolante était formée de feuilles minces de mica
•Mitt de chimU el de physique^ 3« série, t. XXYU, p. 133.
superposées ; ayant ensuite démonté ce condensateur, en se servant de tiges de verre, il trouva que les feuilles de mica présentaient sur leurs deux faces des états électriques différents, allant en diminuant d*intensité des lames externes à celles du milieu. Cependant, quand le condensateur reste longtemps et fortement chargé, il y a pénétration des électricités (1349), et chaque feuille (k mica possède le même fluide sur les deux faces, mais en quantité d*autaDtpliis petite que ces feuilles sont plus éloignées des armatures. l
M. Buff ayant superposé quatre disques très minces en résine, et frotté h F base supérieure du plateau ainsi formé, vit la base inférieure prendre d'elle» même le fluide positif, et les disques présenter, après la séparation, des flnidef contraires sur leurs deux faces. Le même observateur fait remarquer que Télectricité polaire peut apporter des erreurs graves dans Temploi de Yélecin^ mètre condensateur (1322) : si l'on frotte par mégarde le plateau supérieoi; en le posant sur une surface non polie, la couche de gomme laque qui le reiC peut s'électriser, et l'électricité produite, dissimulée par le fluide contraire fî prend naissance sur la face opposée de cette couche, peut ensuite intervear dans les expériences électrométriques.
Citons encore l'expérience suivante de M. Faraday : on fait flotter dans di l'essence de térébenthine, de petits filaments de soie de 2 ou S"" de longueur, On plonge dans le liquide deux conducteurs, dont un est électrisé et Taulrt communique avec le sol ; on voit alors les filaments se diriger d'un condocietf à l'autre, et se réunir, de manière à former des séries continues. Les filameatl se tiennent assez fortement pour qu'on ait quelque peine à les séparer M moyen d'une tige isolante ; ils indiquent l'état électrique des molécules à l'essence qui les soutient. Des parcelles de sucre, de très petits fragments d'ef battu, peuvent remplacer les filaments de soie. Avec l'or, on voit de petitu étincelles qui passent d'un fragment à l'autre; leur bonne conductibilité letf permettant de se décharger mutuellement, comme dans les tubes étincelanti.
Les gaz peuvent vraisemblablement éprouver aussi la polarité électrique, comme semble le prouver la moindre résistance à la décharge, de l'air qui a déjà été traversé par l'étincelle (1346).
i3S4. Déplacement des fluides dans l'inCérienr des eorpc* — Tandis que dans les corps magnétiques les fluides séparés ne peuvent quitter les éléments magnétiques, dans les corps isolants, l'électricité polaire peut passer d'une molécule à l'autre, avec une rapidité qui dépend de l'intensité de l'action exercée, et du pouvoir plus ou moins isolant de la substance. 1/* corps bons conducteurs subissent aussi la polarisation moléculaire ; mais ils se distinguent des mauvais conducteurs par la facilité avec laquelle les électricité quittent les éléments électriques, en produisant entre eux des décompositions et recompositions successives, comme dans les tubes étincelants, pour se porter h la surface du corps; de manière que l'état électrique moléculaire est détruit presque aussitôt que produit.
La théorie de la polarisation électrique, jointe à la faculté qu'ont les électri-