‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 45 sur 189 · PROPAGATION DANS LES CORPS ISOLANTS · texte numérisé non relu

PROPAGATION DANS LES CORPS ISOLANTS

delà face positive ou de la face négative. Le spermaceti, ou blanc de baleine, coiiTieot particulièrement pour ces sortes d'expériences, parce qu*il isole assez imparfaitement.

ISSO. QMUititès d'èlectrleité enleYées par une lame isolante. —

I. Matteucci a fait de nombreuses expériences sur ce sujet, au moyen d*une Mance de torsion ( fig, 1015 ), dans laquelle on peut introduire, par dessous, h lame isolante /, fixée aune tige de verre portée par un pied c. Quand les deux boules électrisées o et a sont écartées de 30° et en repos, on applique la lame / par son centre contre la boule o, pendant 5 minutes , puis on la retire. On trouve alors que l'écart des boules a et o a diminué , ce qui montre que la kme / a emporté une partie de l'électiicité de taboulé o. En agissant sur le micromètre m, de manière à diminuer la torsion du fil, on nméne fécart à 30°, et le rapport entre les fiaotités d'électricité de la boule o avant et ^rés le contact de la lame /, est donné par eduides angles de torsion.

Voici les principaux résultats trouvés par cette méthode : i^' la quantité d'électricité eolevée par une lame isolante à une boule BéUllique électrisée, est plus grande que celle

fû serait proportionnelle à la charge de cette dernière , et la dépasse d'autant fm que cette charge est plus grande. 2° Pour une môme charge, la quantité eile?ée est plus grande avec la lame la plus mince et la moins étendue , et ce lénltat est d'autant plus prononcé que la charge est plus forte. 3° La diminutioodans la quantité enlevée quand l'épaisseur augmente, n'est pas proportion- MJle à l'augmentation d'épaisseur.

Il résulte de là que la forme d*un corps qui touche une boule métallique flectrisée, a une grande influence, à égalité de masse, sur la quantité de fluide qu'il lui enlève. Par exemple, une lame de soufre de 25 centimètres carrés de arface et de 2"" d'épaisseur enlève, en 5 minutes, 4 fois plus d'électricité miron, à une boule métallique, quand elle la touche par son contour arrondi, <|Qe lorsqu'elle la touche par le centre d'une de ses faces. La même masse de Mofre, mise sous la forme d'un petit cylindre de 40"" de long, terminé par Me pointe par laquelle elle touche la boule, lui enlève encore plus d'électricité pendant le même temps.

Iiifliieace de la sobstaaee de la lame. — Le SOUfre et la gomme l^ue enlèvent à peu près les mêmes quantités d'électricité, mais le verre en enlève beaucoup plus que ces deux corps. Les différentes espèces de verre ^sseot aussi d'une manière difl'érente. 11 suffit qu'une même lame de verre

Fig. 4 015.

ait été chauffée et refroidie dans de Tair plus ou moins sec, ou que Tétat de sa surface ait été modifié, pour qu'elle produise successivement des effets diflîrents. Si Ton enduit une lame de verre, de couches de gomme laque sur ses deux faces, la perte qu'elle produit diminue à mesure que le nombre de couches augmente, et finit par être égale à celle que produirait une lame formée entièrement de gomme laque. Avec les charges qu'employait M. Matteucci, la couche de vernis devait avoir une épaisseur de | de millimétré pour qu'il en fût ainsi. Une lame d'étain, recouverte de couches de gomme laque assez épaisses poor que l'électricité ne pût les traverser, se comportait aussi comme une plaque formée seulement de gomme laque.

inflaence de la température. — Une très petite augmentation de température suffit pour diminuer notablement le pouvoir isolant des corps. Ainsi, la boule Gxe de la balance de Coulomb, complètement isolée par une tige de gomme laque de i"" de diamètre et de AS"" de longueur, quand la tempénture est de 15 à 20"", ne Test plus qu'imparfaitement à 22®. La chaleur a plus d'influence sur la gomme laque que sur le soufre; c'est vers 13® que leur pouvoir est sensiblement le même. M. Matteucci ayant enveloppé une boule métallique électrisée, avec deux hémisphères creux pratiqués dans les deux moitiés d'un cube en gomme laque, trouva que la perte de la boule était exprimée, à 13®, 8, par la fraction ■^; et dans un moule semblable en soufre, par âV; la perte dans l'air sec pendant le même temps étant égale à jff . Mais à la température de 35®, celte perte fut de :^ dans le moule de gomme laque, et de xô seulement dans le soufre.

1351. DifTérenee entre les deux fluides. — Il résulte d'expérienttS faites avec les deux espèces d'électricité, que le fluide négatif passe plus facilement que le fluide positif, d'une boule électrisée, sur une plaque de soufre ou de gomme laque qui la touche.

Fienres de Leiehteiiber^. — Une expérience ancienne montre la difii^ rence de propagation des électricités sur les matières résineuses. On prend UB plateau de résine bien uni et à l'état neutre, et l'on dépose sur sa surface, au moyen du bouton d'une bouteille de Leyde que l'on tient par la panse, de l'électricité positive, suivant des lignes quelconques. On répète cette opéraliou, mais en suivant d'autres lignes, après avoir chargé l'intérieur de la bouteille, d'électricité négative. On a ainsi, sur la résine, des lignes électrisées posilitement, et d'autres négativement. On projette alors sur la résine ainsi préparée, un mélange de poudres fines de minium et de soufre, au moyen d'un peB soufflet dans lequel on les a introduites. Les deux poudres s'électrisent en passant par la tuyère du soufflet; le soufre, qui est électrisé négativement, se porte sur les courbes électrisées positivement, et le minium sur celles qui ont reçu le fluide négatif. On a donc des bandes jaunes et des bandes rouges. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que les bandes jaunes présentent des ramifica" tiens multipliées et divergentes , tandis que les rouges ont des contours unis; ce qui indique une difl'érence dans la manière dont les fluides déposés successi'

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