DU TONNERRE
sor nn tabouret isolant , et soutenue en c, c\ par des cordons de soie attachés i trois mâts. Le 10 mai 1752, il put tirer des étincelles du pied de la barre, pendant le passage d'un nuage orageux. Cette expérience, célèbre sous le noni feipérience de Marly-La-Ville, fut répétée par Delor, Mazéas et Lemonnier, n France; Canton, en Angleterre; Beccaria, enlLilie; Richroann, en Russie... D*Âlibart et Canton adaptèrent à la barre un carillon électiique, qui avertissait le la présence de Télectricité, et qui, de plus, constituait un appareil préserntenr par lequel Félectricité pouvait facilement s'écouler dans le sol, à cause de la faible distance des timbres. Ce rôle du carillon est loin d'être inutile : des •bservateurs furent renversés violemment par des étincelles parties de barres isolées, et Richmann, à Pétersbonrg, paya de sa vie l'oubli de semblables précautions*.
I39I. Cerr-v»Uat éieetrlqae. — Cependant Franklin, las d'attendre f'aehèvement de son clocher, conçut l'idée de lancer vers les nuages, un cerfvolant en soie armé d'une pointe. Il procéda à c«tte expérience accompagné de SMfils seul, craignant, comme il le dit lui-même naïvement, le ridicule qui s'attache souvent aux expériences originales, quand elles ne sont pas couronnées de succès. La corde était retenue h son extrémité inférieure par un ardon de soie. D'abord il n'obtint aucun résulta ; mais la pluie ayant mouillé h corde, il vit des filaments se dresser, et ayant aussitôt approché le doigt, fone clef suspendue à la corde, il vit, avec une vive émotion, jaillir une première étincelle, et put ensuite en obtenir un grand nombre.
L'expérience de Franklin est de 1752 Un an après, Romas, ignorant les eoaii du célèbre Américain, faisait en France des expériences semblables, )Mr répondre à une question proposée en 1749 par l'Académie de Bordeaux, m les analogies entre la foudre et l'électricité ^. Il eut l'idée heureuse de faire la corde du cerf-volant conductrice, en l'entrelaçant avec un fil métall|Be; aussi obtint-il des résultats d'une intensité remarquable. La corde était nteBoe par un cordon de soie fixé sous un auvent qui le préservait de la pluie, et elle portait à son extrémité un cylindre en fer-blanc. La première expérience 4eHomas fut faite en juin 1753. Il vit d'abord des brins de paille s'élancer ters le cylindre, au grand plaisir des spectateurs ; il tira ensuite des étincelles ao moyen d'un excitateur, imaginé à cette occasion, et qui consistait en un eonductair métallique communiquant par une chaîne, avec le sol, et tenu par un manche de verre. Plus tard, il put obtenir, pendant un orage assez faible, des centaines d*étincelles, dont quelques-unes ayant jusqu'à 4°* de longueur et 3" d'épaisseur, produisaient plus de bruit qu'un coup de pistolet.
1 RkhinaBn a?mt planté 9ur un toit une barre de fer, isolée par une bouteille percée fi'eUe traYersait, et communiquant, par une chaîne, avec une tige, aussi isolée, fixée au pbbiid de MD cabinet. CeUe tige était terminée par une boule, dont il tirait des étincelles en ^ amochant uu conducteur communiquant avec le soi. S'étant trop approché de la boule, ÛÎBt frappé à la tempe par une étincelle, à une distance de O^i^S, et tomba raide mort.
^ Mhwiret des satantt étrangen, t. 11, et lY.
m ÉLECTRICITÉ STATIQUE.
Chariot «leeCriqae. — Ces expériences furent répétées par Charles,
Beccaria, Cavallo... Le premier se senait du chariot électrique, imaginé par Romas. Ce chariot porte un treuil soutenu par des colonnes de verre, et autour duquel s'enroule la corde du cerf-volant. On fait tourner le treuil au moyen d'une manivelle en verre, et pendant tout le temps qu'on file la corde, on la fait communiquer avec le sol par une chaîne, qui s'attache, d'une part à Taxe du treuil , et d'autre part à un piquet en fer enfoncé en terre. Quand on veut expérimenter, on enlève la chaîne avec des tiges de verre, et la corde se trouve isolée. Il faut procéder avec une extrême prudence ; Charles avait coutume d'entourer son appareil d'un cercle de pieux en fer, en dehors duquel il avait soin de se tenir. \
Il résulte des ces expériences que les nuages orageux contiennent des quantités prodigieuses d'électricité. Cette électricité est tantôt positive et tantdt négative; par exemple, C<inton a vu l'électricité que lui donnait une bam isolée terminée en pointe, changer de nature plusieurs fois pendant une heure. { Nous ne rechercherons pas, pour le moment, d'où vient cette électricité ; nott remarquerons seulement, avec Franklin, de Saussure, Beccaria..., que, le plus souvent, il y a au moins deux couches de niîages, entre lesquelles jaillissent les éclairs. Ces nuages sont animés de mouvements produits par le vent, oa par les attractions ou répulsions électriques qu'ils exercent les uns sur les autres. Il s'agit maintenant d'expliquer l'éclair et le roulement du tonnerre.
I3«2. DB LicLAiR* — L'éclnir n'est autre chose qu'une immense étincelle électrique partant entre deux nuages. Il affecte, en eflet, la forme sinueuse oo en zig-zag de l'étincelle ; il en a l'instantanéité, et présente les mêmes couleurs; ainsi, il peut être blanc, d'une teinte violacée, verdàtre.
Supposons deux nuages en présence l'un de l'autre, l'un électrisé positiTement et l'autre négativement. Ces deux nuages vont s'attirer, et quand II distance sera assez petite, la décharge aura lieu. Il n'y a, ici, de difficile à concevoir que l'énorme longueur du trait lumineux ; car dans les pays de i montagnes, où l'on peut, en dominant l'orage, mieux juger des dimensions des éclairs, on a reconnu qu'ils pouvaient présenter plus de 10 kilomètres, de longueur. 11 semble qu'une telle longueur suppose une tension prodigieuse dans réleotricité des nuages ; mais il existe plusieurs circonstances qui fadlilenl la décharge et lui permettent de se produire à une très grande distance: |o l'air des hautes régions de Fatmosphère est très raréfié, ce qui permet i rélincelle de partir â une grande distance (1:284); lî"* cet air étant très humide, est sensiblement conducteur; il n'oppose donc qu'un faible obsUicle i la réunionnes fluides; 3** enfin, il peut exister entre les nuages, des lambeaux de nuages ou des goulleleltes disséminées formant comme un léger brouillard, dont le> parlicules jouent le rùle des grains de limaille des tableaux magiques, sur lesquels on obtient des sillons lumineux d'une longueur considérable (1286).
Les m'*mes nuages donnent successivement un grand nombre de déchai^- Ola tient d'abord à leur imparfaite conductibilité, qui fait que diaque éclair