‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 54 sur 189 · EFFETS DE LA FOUDRE · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA FOUDRE

ipposer que la foudre produisait des funons froides. Mais il est facile de lidre compte du phénomène, en remarquant que les corps non conducteurs i manquent pas d'être brûlés lorsque les métaux en contact sont entièrement odns ; et que, dans les cas où ces corps ne présentent que des traces de ■km, les portions fondues sont instantanément refroidies par le contact de iUes qui n'ont pas changé d'état, et qui présentent assez de masse. Ce phénoéne est analogue à celui qui se passe quand on met un charbon allumé sur I morceau de toile étendu sur une masse métallique (II, 803).

La foudre fond aussi les substances peu conductrices. On a vu des ustensiles t ferre être fondus en quelques parties, ou ramollis au point de se déformer irleur propre poids. Des briques sont vitrifiées à la surface. De Saussure au loot Blanc, R.imond au pic du Midi et au mont Perdu, de Humboldt au lexique, et beaucoup d'autres voyageurs, sur divers sommets, ont ob»ervé es portions de roches vitrifiées par la foudre. Ces vitrifications n'ont d'épaisnr que quelques dixièmes de millimètres, mais elles recouvrent parfois des Bffaces de près d'un mètre carré, qui sont vernissées d'une espèce d'émail ;ris ou jaunâtre, dans lequel on distingue des bulles ou boursoufflures, de ifaisieurs millimètres de largeur.

Paluarites. — Quand la fondre frappe certains terrains sablonneux recounnt des couches humides, elle fond le sable en formant un tube vitrifié et isie en dedans, et recouvert en dehors de grains de sable agglutinés. Le famètre intérieur est de 1 à ôO*"*"; la longueur peut atteindre jusqu'à 10 mètres. Le plus souvent ces fiilgurites ou tubes fulminaires se ramifient kkar extrémité inférieure; leur position est tantôt verticale, tantôt inclinée h rhorizon. Hermann a le premier remarqué de ceà tubes, dans la Silésic, en 1 71 1 . ; a considérés successivement comme des incrustations faites autour de ayant ensuite disparu ; comme îles cellules construites par des vers Médiluviens ; comme des espèces de stalactites. Hentzen parait les avoir, le premier, attribués à la foudre; opinion que Blumenbach et Fiégler ont déveoppée complètement. Depuis, on a pris la nature sur le fait, c'est-à-dire qu'on 1 trouvé des tubes encore chauds, à l'endroit où l'on avait vu tomber la foudre. I. Fielder cite deux observations semblables ; M. Hagen a été témoin du fait, itH. Vicke cite un cas observé en 1858 à Oldenbourg.

Nous ajouterons que Beudant, Hachette et Savart ont obtenu des tubes nalogues aux fulguritcs, en déchaigeant la grande batterie du Conservatoire les Arts -et-Mé tiers de Paris, à travers des couches de verre pilé, ou de sable ■âé de sel pour le rendre plus fusible.

On trouve des tubes fulminaires dans la Silésie, la Prusse orientale, le dunberland, au Brésil près de Bahia; en général, suivant la remarque de TiAgler, dans les localités où le sahle recouvre une couche aquifère.

13m. 11. EfTets mécanlqaes. — La foudre brise les corps imparfaitencDt conducteurs : les pierres volent en éclats, les poutres se divisent en fnpnents quelquefois très petits et tombant en poussière au moindre contact.

Les arbres sont fendus et divisés en lanières minces, souvent complètemeiit desséchées ; le fluide passe ordinairement entre le bois et récorce, qui est projetée au loin : c'est là, en effet, que le pouvoir conducteur est le plas prononcé, à cause de Taccumulation de la sève. Les cloisons, les murs sont perforés. Souvent la foudre soulève le pavé des églises, au-dessous duquel elle trouve une couche humide; elle renverse des pans de muraille, des portions d'édifices, en projetant les débris à de grandes distances : en 1 762, en Cornouailles, le tonnerre démolit la tourelle d'une église et lança à 55" une pierre du poids de plus de 100 kilos; en 1852, à Cherbourg, la foudre brisa le bas-mât d'un navire désarmé ; un fragment de 2" de long et de 20^ d'équarrissagè au gros bout, est lancé avec une telle force, qu'il ^'engage par le gros bout, en faisant un trou semblable à celui d'un boulet de canon, dans une cloison en chône de 3<^" d'épaisseur placée à 80"* de distance.

La foudre produit aussi des phénomènes de transport : des objets asseï lourds se trouvent déplacés; des personnes foudroyées ont été quelquefob lancées h des distances de 20 à 30°*. En 1809, près de Manchester, un mur pesant plus de 26000 kilos fut arraché de ses fondements et déplacé de 3" i l'une de ses extrémités, et de plus de 1" à l'aulre. Ces effets prodigieux s'expliquent par les principes de M. Pouillet (1338), quand on considère l'énorme tension de l'éleetricilé qui produit la foudre.

4390. III. Effets chimiques. — On prévoit facilement que la foudre doit produire une foule de décompositions dans les substances qu'elle rencontre sur son passage. Elle transporte ensuite les éléments qu'elle a séparés, et les dépose en poussières impalpables sur les corps qu'elle traverse, et dans lesquels elle prend de nouvelles substances, qu'elle va déposer plus loin. C'est ainsi que l'on trouve des taches ferrugineuses, des couches d'une épaisseur imperceptible de soufre, d'oxyde de cuivre, etc., sur les différents objets traversés par la foudre, et particulièrement dans l'intérieur des ouvertures qu'elle pratique. M. Fusiniéri a appelé l'atlention, sur ces transports qu'il rapproche de ceux qu'il a produits au moyen des batteries (1337).

L'éclair qui traverse l'atmosphère y détermine la combinaison d'une petite quantité d'azote et d'oxygène (1339). L'acide azotique formé se combine É ensuite avec des bases, par exemple l'ammoniaque, qui peuvent se trouver en petite quantité dans l'air. Aussi les gouttes de pluie sont-elles quelquefois acides pendant les orages. M. Liebig ayant analysé les eaux de pluies recueillies dans des vases de porcelaines à 77 époqujes différentes, trouva, dans 17 échantillons qui provenaient de pluies d'orages, de l'acide azotique combiné h de l'ammoniaque ou de la chaux. Des 60 autres échantillons, 2 seulement donnèrent des traces )»resque imperceptibles de cet acide. C'est à l'acide nitrique, répandu dans l'atmosphère après les orages, qu'on attribue l'origine des salpétrières naturelles. iM. Boussingault a en effet remarqué, en Amérique, aux environs de Rio-Bamba, que le salpêtre se forme plus abondamment dans les localités où il tonne souvent. Ainsi, pour reproduire un rapprochement qui a

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