EFFETS DE LA FOUDRE
soafent été fait, la foudre serait Torigine du salpêtre,, qui forme la base de la poudre à canon, cette autre foudre, dont Thomme fait un si cruel usage.
lMc«r« développées par la fondre. — La foudre laisse souvent après son passage une fumée plus ou moins épaisse, provenSint des matières atteintes , calcinées ou décomposées, et accompagnée d*une odeur forte qu'on désigne ordinairement sous le nom A'adeur de soufre. C*est surtout dans les édifices, qae cette fumée et cette odeur sont prononcées. Parmi toutes les substances fue la foudre rencontre, il doit s*en trouver souvent qui renferment du soufre ; il peut donc se faire qu'il y ait, dans certains cas, un peu d'acide sulfureux nélé à la fumée suffocante qui reste après l'accident. Mais, malgré l'assertion fresque unanime des observateurs, nous ne pensons pas que l'odeur soit celle je l'acide sulfureux ; car, dans le dépouillement d'une quantité considérable de cas de foudre, nous n'en avons pas trouvé un seul où il fût dit que la fumée légagée excitait la toux, et l'on sait que c'est là un des eflets de l'acide sulfurai. Dans un ou deux cas seulement, on parle d'une vapeur qui prenait à la |orge ; mais c'est ce que font toutes les fumées provenant de la décomposition les substances organiques. M. Boussingault a été souvent à même d'observer hfoQdre : sept fois elle a frappé des arbres en sa présence ; il a vu un nègre tiésous ses yeux ; à Zupia, sa maison a été incendiée ; en Europe, le tonnerre est tombé dans sa chambre tout prés de lui, et jamais il n'a senti l'odeur de Tacide sulfureux. 11 compare l'odeur qu'il a observée h celle que dégage le bois fK Ton distille, et il pense que si les observateurs parlent presque toujours fodeor de soufre, c'est à cause de l'habitude que l'on a de désigner ainsi tntes les odeurs fortes et nauséabondes qu'on ne peut rapporter à une cause CMflue.
Ilpeut se faire aussi que, en plein air, les coups de foudre soient accompapés de l'odeur de Y ozone (1341), quand cette odeur n'est pas déguisée par cde de la fumée dégagée des corps atteints par le météore.
1394. IV. EfTets naicBétiqaes. — Quand la foudre frappe un navire, 0 arrive souvent que les pôles de l'aiguille des boussoles sont renversés, de ounière que l'extrémité marquée nord se tourne vers le sud; d'autres fois, les aiguilles perdent simplement leur magnétisme. Quelquefois enfin, l'axe magnétique est déplacé et fait un angle avec l'axe de figure ; quand cet angle est de %*", l'aiguille se dirige de l'est h Touest. Il est donc important de vérifier les boussoles, dans les navires qui viennent d'être foudroyés. Arago cite un nisseau génois qui, croyant marcher vers le nord, vint se briser sur la côte d'Afrique, près d'Alger, parce que les pôles de sa boussole avaient été renversés à la suite d'un coup de tonnerre.
Le fer, les instruments d'acier, sont souvent aimantés quand la foudre frappe <les objets voisins. Le 49 mai 1819, la foudre entra dans la boutique d'un cor-
I pionnier, à Obergunzbourg, en Souabe, et tous ses outils se trouvèrent si fortement aimantés, qu'il perdait beaucoup de temps à les séparer les uns des cotres, quand il voulait s'en servir. L'aimantation des diverses pièces de fer
m ÉLECTRICITÉ STATIQUE.
et d*acier qui peuvent se trouver dans les navires, peut apporter des pertoriNh tions notables aux indications des boussoles. Les pièces d'acier des cbroDOmètres peuvent aussi être ajmantèes par la foudre. Duperrey a va la marche de ses chronomètres tellement accélérée par cette cause, que la longitude calcolée au moyen de leurs indications, correspondait à un point placé à 40 lieues dan les terres de TAustralie, auprès desquelles il naviguait.
48*79. V. Effets physioiof^iques. — La foudre renverse, blesse, tuelei hommes et les animaux. On remarque généralement que les cadavres entreot rapidement en putréfaction. Quelquefois, on ne voit sur le corps aucune marque extérieure du passage du redoutable météore; d'autres fois, de longs sillons oé la peau est enlevée, des plaies saignantes, des perforations, des brûlures, se montrent en différents points du corps. Quand il n'y a pas de marques extérieures, Tautopsie indique souvent une congestion dans le cerveau et un épanchement du sang hors des vaisseaux lésés. On a pu constater aussi que ee liquide, extrait des veines, avait perdu la propriété de se coaguler. Souvent les habits sont enflammés, les parties métalliques qu'ils contiennent, fondues ei arrachées. Le fluide passe fréquemment entre les vêtements et la surface à corps; il trouve là une couche d*air humide des produits de la transpiratios, par laquelle il s'écoule avec facilité. Cela explique pourquoi la surface intérieure des vêtements présente quelquefois seule des traces de brûlures.
Les personnes foudroyées sont renversées sans entendre le coup ni voir l'éclair, comme l'ont toujours attesté celles qui sont revenues à la vie ; ellei conservent généralement pendant longtemps une grande faiblesse musculaire, qui indique que le système nerveux est violemment ébranlé. Quand le tonnerre tombe au milieu d'une foule, il frappe de préférence certains individus, qui le semblent pas cependant placés d'une manière plus défavorable que les autres. Il y a peut-être là un elfet de leur organisation. Nous avons vu que certains individus ont l'épiderme assez épais pour arrêter la décharge d'une bouteille de Leyde (1327) ; elles seraient préservées, par un effet analogue à celui que produisent certains vêtements : on a vu, en eff*et, la foudre glisser, sans leur faire de mal, sur des personnes portant des vêtements de soie, ou couvertes d'un manteau de toile cirée.
Nous avons parlé (1328) des essais que Ton a tentés pour guérir les paralysies au moyen de la commotion électrique; il est facile de saisir la liaison des deux faits suivants avec les résultats qu'on a obtenus: en 1762, à Kent, h foudre tombe dans la chambre du pasteur Winter paralysé depuis un an i h suite d'une attaque d'apoplexie ; il reçoit une violente commotion, après laquelle il se trouve radicalement guéri. En août 1819, à Niort, un malade attdfll depuis plusieurs années d'un rhumatisme au bras gauche, voit le mal disparaître après qu'il a été renversé par la foudre.
Les troupeaux de moutons sont souvent foudroyés ; ce que l'on attribue i b colonne de vapeur qui s'élève de leur corps, pendant qu'ils se pressent les nos contre les autres, poussés par la frayeur.
Fig. 4 021.
EFFETS DE LA FOUDRE. fiS
m. c:h«0 es retour. — Un voyageur ou un animal peuvent être ren- Ss oa tués au moment où la foudre éclate à une très grande distance du t où ils se trouvent. Ce fait, connu sous le nom de choc en retour, a été npé très simplement par roilord Mahon, en 1779. Considérons un point B
1021) placé au-dessous d*un nuage fortement chargé d'électricité positive; aara décomposition par influence dans Télectricité neutre des objets placés t, le fluide négatif sera attiré vers la surface de la terre, et le fluide positif
dé dans ses profondeurs. Si la
Ire tombe en P, le nuage sera large, et les fluides décomposés B se rejoindront subitement à trai les corps terrestres, de manière ire éprouver une violente commo-
aox êtres animés qui pourraient nniver en ce point, pendant que iqoi seront placés en c n'éprouvetrien, leur distance au nuage pout être plus grande que AB, soit à se de la configuration du sol , soit use de la forme même du nuage.
oarra arriver aussi que Télectricité l accumulée aux extrémités du nuage, s'il a une forme allongée (1302). ehoc en retour a lieu lorsque les nuages se déchargent sur le sol ; ce qui ifke qu'ils en sont assez rapprochés pour exercer sur lui une influence arable.
h a des exemples bien constatés d'hommes et d'animaux tués par le choc nlotir. On n'aperçoit ordinairement aucune lésion sur les cadavres, si ce it quelquefois à la plante des pieds, surtout quand les chaussures sont ines de clous. 11 n'y a pas d'exemple que nous sachions, que le choc en rar ait occasionné des incendies ; cependant cela semble possible d'après le l rapporté par Brydone et cité plus bas (1377), et aussi d'après l'expérience vante : on fait communiquer avec le sol, le bouton d'un pistolet de Volta SI) isolé et placé près d'une machine électrique. Au moment où l'on darge les conducteurs, le gaz fait explosion ; l'électricité refoulée dans le sol itnintparle bouton, en produisant l'étincelle intérieure. IS14. Do nombre des vietlmes de la foudre. — Dans les grandes les, où il y a un très grand nombre d'édifices élevés, la chance d'être foudroyé Ipeu à redouter; mais il n'en est pas de même dans les villages et dans les ■pagnes. Il résulte d'un relevé fait par M. Boudin dans les archives du iiistère de la justice, qu'il y a eu, en France, 1308 personnes tuées raide par iibadre, de 1835 à 1852. Si l'on y joint celles qui ont survécu quelque temps
Taccident, et celles qui n'ont été que blessées, on arrive à un nombre au MHDs triple. Le nombre 1308 donne une moyenne de 73 par an. Le
nombre absolu, pour IS35, a été de il i, et pour 1847, de 108. Les déf tements les plus élevés au-dessus de la mer, ceux dont le sol est montagoei ont fourni le plus de victimes. Ainsi, entre 1835 et 1853, le départemeoi Cantal a eu 20 morts par la foudre ; TAveyron, 24 ; la Corse, 27 ; la Saône-i Loire, 38 ; la Haute-Loire, 44 ; le Puy-de-Dôme, 48 ; tandis que TEa TEure-et-Loir et le Calvados, n'en ont eu que 2 ou 3. On a vu jusqu'à 9 p4 sonnes tuées par le même coup : ainsi, le coup de foudre qui frappa l'église Châteauneuf-les-Moustiers, dans les Basses-Alpes, tua 9 personnes et blessa plus de 80. Tout dernièrement, à la fin de juin 1861 et dans l'espace 8 jours, on a relevé 33 coups de foudre, dont chacun a tué ou blessé grièsem au moins une personne.
Dans les autres pays de l'Europe, M. Boudin trouve, pour le nombre anoi moyen des individus tués raide par la foudre : en Belgique, 3 ; en Suiu 9,64 ; en Angleterre, 22. Ces nombres sont évidemment des minimum; q d'accidents qui n'ont pas été constatés, que de morts dont la cause n'a pas i enregistrée !
437S. Des précautions & prendre en temps d'orale. — On voit qi la chance d'être foudroyé n'est pas aussi méprisable qu'on l'a dit quelqaefoi Cette chance augmente énormément au moment d'un orage. Il n'est donc pi inutile de faire connaître quelques précautions à prendre dans ce cas;presqi toutes ont été indiquées par Franklin.
Dans les maisons, il faut éviter la proximité des masses métalliques (136' se débarrasser de celles qu'on a sur soi, s'éloigner des cheminées, des onnt turcs (1366). On est plus en sûreté au milieu d'une chambre que prés A murs et des angles, où se réfugient souvent les personnes timorées. Il y a ph de danger à se grouper en un même point qu'à se tenir séparés les uns k autres. Les obstacles les plus faibles arrêtant quelquefois le passage du fluidl il est bon de tenir les fenêtres et les portes fermées.
Au-dehors, il faut éviter de se mettre à l'abri auprès des clochers, k édifices élevés, qui sont souvent foudroyés ; surtout de se placer sous les afin isolés : sur 107 personnes tuées par la foudre de 1843 à 1854, M. Boudin a trouve 21 tuées sous des arbres, et ce n'est là qu'un minimum, car souvent I lieu de l'accident n'est pas précisé. En temps d'orage, les personnes réoflie dans les églises de campagne dépourvues de paratonnerre, sont très exposée! En 1718, dans un seul orage, le tonnerre tomba sur 24 églises, compritf entre Landerneau et Saint-Pol de Léon.
En rase campagne, on doit éviter les parties élevées du terrain. Si l'onji est violent et les nuages bas, il faut tâcher de trouver un grand arbre et « placer à une distance de son pied égale à peu prés à sa hauteur ; si les braocbei s'étendent beaucoup en largeur, la distance devra être plus grande. On se trU vcra, ainsi préservé par l'arbre, qui sera frappé de préférence, à cause de C hauteur. Il ne paraît pas, du reste, qu'il y ait danger à courir pendant l'orage; c ne serait qu'autant que la foudre viendrait à tomber dans l'espace d'air rartfi