‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 67 sur 189 · FROTTEMENT · texte numérisé non relu

FROTTEMENT

SOT plus de 30 substances différentes : des métaux , des poils , différentes sobstances textiles, des corps isolants, divers minéraux. Ces substances, soutenoes dans le jet de vapeur par un support isolant , étaient mises en tommunication avec un électroroètre h feuilles d*or. Les fils étaient tendus sur Qoe fourchette en métal.

Ouand, au lieu d*eau, on introduit dans le jet, de l'essence de térébenthine, deThaile, des dissolutions de résines, le jet emporte le fluide négatif, et le corps frotté prend le fluide positif. Certaines substances ont donné des résultats dooteox; ce sont celles qui, en adhérant au corps choqué par la vapeur, Mennent corps frotté au lieu de corps frottant.

La quantité d'électricité produite dans un jet de vapeur mêlé de gouttelettes, fst d'autant plus grande que la force élastique est plus considérable, et le choc |)Iqs intense. Les machines hydro-électriques nous offrent une application heureuse de ces phénomènes (1Ï79).

1418. Elretrlrité dégainée par le frottemeat de» gaz. — Divers physiciens, Wilson, Henley, Volta, Marx..., sont parvenus à électriser différents corps par le choc d'un courant d'air ; mais les résultats étaient inconstants et souvent contradictoires , lorsque M. Faraday reconnut qu'ils dépendent de l'état de l'air : quand il est sec, il ne se produit pas d'électricité ; mais quand il est humide, ou mêlé de poussières diverses, il s'en dégage plus ou moins, dontla nature dépend de la substance des poudres. Quand l'air entraîne avec lui des goitttelettes d*eau, l'espèce d'électricité dépend de la substance du tube par lequel sort le jet d'air comprimé. M. Armstrong, en laissant sortir par un tube de verre, de l'air comprimé à 8 atmosphères dans un récipient isolé, vit ce dernier se charger tantôt de fluide positif, tantôt de fluide négatif, Untôt enfin rester à l'état neutre. C'est surtout quand l'intérieur du récipient e»l humide , que l'électricité se dégage abondamment ; si on l'échauffé de Banière à en dessécher l'air, on n'en obtient plus. On doit conclure de la que le frottement des particules d'eau se condensant dans le jet, ou des poussières mélangées, est nécessaire au développement de l'électricité par le frottement <tesgaz contre les corps solides.

1419. — De quelques obJeelioBS & Toplnioa que le froltemeat est

«■esoaree d'éieeiricité. — Comme le frottement est accompagné d'un dégagement de chaleur, et que la chaleur est une source d'électricité, quelques plijsiciens ont admis que l'électricité dégagée pendant le frottement était due à la chaleur qu'il produit. Remarquons d'abord que le frottement de roulement d^ge beaucoup moins de chaleur que l'autre, et que cependant il produit aotant d'électricité. M. Gaugain * a bien, il est vrai, trouvé qu'en échauffant directement un disque métallique posé sur un second disque, autant qu'il l'était par le frottement, on obtenait sensiblement la môme quantité d'électricité, ou la même déviation de l'aiguille d'un réomètre. Mais nous verrons que le déga-

> Comytes-rendui de l'Académie des sciences de Pari*, l. XXXVI, p. i4<.

ni i9

gement de réiectricité par la chaleur est dd aux déplacements moléculaires qu'elle produit; alors, comme Fa fait remarquer M. de La Rive, iln^estpas étonnant de voir le dérangement moléculaire produit par le frottement des deux lames, donner autant d'électricité que ce même dérangement occasionné par récbaufTement direct de Tune d'elles.

Wollaston, frappé de Ja grande quantité d'électricité qui se dégage dans les^ actions chimiques, a voulu attribuer à une action de ce genre celle qui prenA naissance dans le frottement '. Il expliquait par là l'efficacité des amalgames et des autres substances très oxydables dont on recouvre les coussins des machines électriques. Ayant renfermé une petite machine électrique sous un récipient rempli d'acide carbonique, il n'obtint plus d'électricité. Il annonça aussi que des coussins garnis d'amalgame d'argent, ou d'un métal non oxydable, ne lui avaient donné aucune trace d'électricité ; d'où il conclut que l'électricité des machines était due à une oxydation. Mais on peut répondre à ces expériences, par des faits très concluants : d'abord, nous avons vu que l'on peut produire de l'électricité par le frottement dans le vide (1299). Gay-Lussac a obtenu de l'électricité dans l'acide carbonique, en ayant soin de bien dessécher te gaz; ce qui présente quelque difficulté, à cause de la force avec laquelle il retient

l'humidité. Plus tard , Peclet a repris cette question. Il commença par constater que la déperdition de l'électricité est la même daïis l'air et dans l'acide carbonique secs. Il employa, pour cela, deai balances de torsion identiques en tout:

il s'assura de cette identité, en observant la déperdition de l'aiguille mobile, Fig. 1042. électrisée au moyen de boules isolées

également chargées. Ayant ensuite rempli l'une des balances, d'air, et l'autre d'acide carbonique bien desséchés, il constata, ce que M. Matteucci a aussi trouvé depuis (1344), que la déperdition est la môme dans les deux gaz. Cela fait, Peclet a disposé un appareil (fig. 1042) dans lequel un cylindre c, pressé par un coussin, peut être miseo mouvement au moyen d'une manivelle m. Ce cylindre est renfermé dans un vase en verre, dans lequel on peut faire le vide, et introduire différents gaz parle robinet r. Les quantités d'électricité recueillies au moyen des pointes et di conducteur e, ont été les mêmes quand le vase était rempli d'air, d'hydrogène ou d'acide carbonique bien desséchés. D'où l'on peut conclure que l'électricité développée n'était pas due à une oxydation.

Les expériences de M. E. Becquerel, citées plus haut (1412), conduisent à la même conclusion ; car , si les substances les plus oxydables donnent h plus grande tension , des substances très diff'érenles, comme le talc, la farine,

1 Annales de chimie et de physique, 3* série, t. XYl, p. 52.

Page 1