‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 68 sur 189 · PRESSION · texte numérisé non relu

PRESSION

h plombagine , en donnent aussi une très grande, quoiqu'elles ne produisent pis d'actions chimiques pendant le frottement , et qu'elles soient très douces n toDcher.

n. BlMtrlelté produite par prcMioii , eUvags $ êtoanlemeDts nalécilalret.

I4f0. PUSSUH. — Il suffit de presser deux corps Fun contre Tautre pour fw, en les séparant, on les trouve chargés d'électricités contraires. Ce fait a été découvert par iEpinus . au moyen de deux plaques de verre . Plus tard , Ubes ayant légèrement pressé un disque de laiton isolé , contre une feuille de taffetas gommée appliquée sur du bois, trouva, après la séparation, le métal SitOn^é négativement y et le iaSeias positivement. Ce résultat ne peut être attribué à un frottement involontaire ; car , si Ton frotte les deux surfaces, le nétal prend le fluide positif. Des disques d'argent, de cuivre , de zinc, etc., donnent les mêmes résultats que le laiton.

M. Rec4]uerel a reconnu qu'il se produit de l'électricité toutes les fois qu'un corps flexible est pressé contre un autre corps , et qu'on les sépare au moyen de manches isolants , pourvu que l'un au moins de ces corps soit mauvais conducteur. Il est probable que dans le cas où ils sont tous dw^^JWft conducteurs, les électricités se séparent encore, mais qu'elles se recombinenl aussitôt ; (tt remarque , en effet , que les charges sont d'autant plus fortes , avec les corps un peu conducteurs , que la séparation est faite plus vivement. La nature <fc l'électricité reçue par chaque corps dépend de sa nature et de celle de l'autre corps. Par exemple, le liège prend le fluide négatif avec les minéraux à surface vitreuse, et le fluide positif , quand on le presse sur des disques de houille , Wccin, cuivre , zinc, argent, écorce d'orange, caoutchouc , poils d'animaux. La chaleur manifeste encore ici son influence ordinaire : le spath d'Islande chaud prend l'électricité négative avec le liège ; un disque de liège chaud s'èlectrise négativement quand on le presse sur un autre disque de liège froid. L'humidité te surfaces est un obstacle au dégagement de l'électricité par pression ; il faut donc dessécher les corps avant l'expérience.

I4«i. Pression des eristanx. — Ilaùy a découvert un autre mode d'électrisation par la pression ' : ayant pressé entre ses doigts , pendant un temps ris court, une lame de spath d'Islande , il la trouva électrisèe positivement. En a pressant entre deux morceaux d'étofl'e ou de quelque autre matière flexible, obtint le même résultat , mais moins prononcé. Les corps rigides , comme \ bois , ne donnent aucun résultat ; il faut que la substance puisse se mouler ir la surface du cristal en déplaçant les molécules , qui reviennent ensuite à or première position par leur élasticité. Une foule de cristaux naturels s'élec-

1 iliifi(zle« de chimie et de physique, 2* série, t. V , p. 72.

irisent comme le spath dMsIande. Il faut que les faces soient brillantes et polies comme celles que Ton obtient par le clivage. L*espéce d^électricité dépend à h fois de la nature du cristal et de la substance qui le presse.

Un fait remarquable , c*est que les cristau.\ qui s^électrisent par pression conservent leur électricité pendant très longtemps. Le spath d'Islande, sur lequel Haiiy , par un hasard heureux , a fait ses premiers essais , est le corps qui présente celte propriété au plus haut degré ; on l'a vu rester éleclrisé pendant 11 jours. La topaze du Brésil, la chaux fluatée, conservent leur électricité pendant quelques heures seulement ; le corindon , Témeraude , le spinelle, pendant 5 ou 6 heures ; Taragonite , qui a la même composition que le spath d'Islande , pendant i heure ; le cristal de roche , le diamant, pendant 15 ou 80 minutes. Ces nombres ne sont qu'approximatifs , les résultats dépendant de la charge électrique. La faculté conservatrice de certains cristanx se manifeste encore quand Félectricité est produite par le frottement. Elle parait due à la pénétration de l'électricité à une certaine profondeur au-dessous de la surface ; car, si l'on applique • es cristaux éleclrisés, sur des corps bons conducteurs, si même on les plonge dans l'eau , ils restent encore (Mectnsés.

Alf^uiiie électrique. — Hafiy a appliqué la faculté conservatrice du spath d'Islande h la constaiction d'un Fig. 4 043. électroscope qui fait connaître immédiatement la nature

de l'électricité. Cet instrument (fig. 104-3) est une aiguille électrique (1250) dont un des boutons est remplace par une lame de spath d'Islande a, que l'on élcctrise positivement par la pression des doigts. On peut ensuite reconnaître facilement la nature de l'électricité des corps qu'on en approche.

i4SS. Lois du déga^pemenl de l*éleetrlclté par la pression. — Ces lois ont été trouvées par M. Becquerel *. Il a reconnu que les tensions électriques de deux surfaces polies sont proportionnelles aux pressions quiles retiennent l'une contre l'autre, quand on les sépare assez vivement pour obtenir le maximnn d'intensité électrique. Les charges étaient mesurées au moyen d'une balance de torsion particulière ; les pressions variaient depuis 1 jusqu'à 10^". Le spalk d'Islande, le sulfate de baryte, le quartz hyalin, et le sulfate de chaux, pressés avec du liège , ont pris des charges différentes entre elles, comme les nombres G; 4,8; 3,9; 1,9. L'état de la surface a parfois une grande influence ; c'est ainsi que le spath d'Islande dont les faces sont obtenues par clivage, s'électrise 3 fois plus que celui dont les faces ont été polies artificiellement.

Remarquons que l'électricité de pression ne s'observe qu'après la séparatMi des surfaces en contact. M. Becquerel pense que , au moment de la compreision, les deux surfaces prennent les fluides contraires, qui ne peuvent franclùr

* Viifi'il*** de chimie ri J#* }*hysiquf^ 2* srrie, l. XXI, p. 5.

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