‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 72 sur 189 · GALVANISME · texte numérisé non relu

GALVANISME

était ainsi. Un jour, en 1786, ayant suspendu à un balcon en fer de la terrasse do palais Zambeccari, les membres inférieurs d*une grenouille, au moyen d*un erocbet en cuivre qui travcrsail la moelle épiniére, il vit, avec une surprise bien légitime, ces membres s'agiter convulsivement en l'absence de tout orage, et il remarqua que cela avait lieu au moment oii les membres venaient accidentellement toucher le fer du balcon. Il put dés lors répéter l'expérience aussi soQTeot qu'il voulut, et se trouva en possession d'un fait nouveau, inattendu, foi est devenu le point de départ d'une longue suite de brillantes découvertes, et l'origine d*une partie des plus étendues et des plus importantes de la ptjsiquei.

L'expérience de Galvani fut bientôt connue du monde savant ; elle excita un étonnement général, et chacun s'empressa de la répéter. Galvani avait remarfoé que les contractions n'avaient lieu qu'au moment où un arc conducteur 'Âablissait une communication entre les muscles des jambes, et les nerfs iMBbaires de la grenouille. Il constata aussi que ces contractions étaient bien frfns TJves quand l'arc était formé de deux métaux *diiïérents placés l'un à la

suite de l'autre. On reconnut aussi plus tard

que la communication entre les deux métaux

pouvait être établie par plusieurs personnes

se donnant la main.

Pour répéter l'expérience de Galvani,

• : . ; on coupe en deux, avec des ciseaux, une

/# grenouille vivante, vers la région lombaire ;

V on dépouille les membres inférieurs , et

V Ton met à découvert les deux faisceaux de ■^^;i. nerfs qui se voient de chaque côté de la

colonne vertébrale (/?^. 1044). On engage

sous ces faisceaux l'une des branches d'un

arc articulé zoc, formé de deux métaux

Pig. 4 044. différents , par exemple de cuivre c, et de

zinc s, et Ton appuie l'autre branche sur

les jambes pendantes de l'animal ; on les voit aussitôt s'agiter convulsivement.

Ad lieu de cet arc, on peut employer deux disques de métaux différents : on

appuie le bord de l'un d'eux sur les muscles lombaires, le bord de l'autre sur

!cs nerfs, puis on rabat l'un des disques sur l'autre de manière à le lui faire

toucher ; aussitôt les mouvements convulsifs se manifestent. Au bout de quelque

temps , la raideur cadavérique empêche la reproduction du phénomène. Les

1 Pour répondre à ceux qui prétendent que le hasard seul est le promoteur des découvertes originales, nous dirons que déjà deux fois le hasard avait offert Toccasion de faire la découverte de Galvani: en 1767, Suizer avait remarqué que deux disques métaUiques différents étant appliqués Tun au-dessus de la langue, Fautrc au-dessous, produisent une saveur acide ou amêre, quand on les joint par leur bord extérieur. En 1786, un étudiant de Bologne éprouva une légère commotion à la main, en disséquant une souris.

animaux à sang froid conviennent mieux, pour ces sortes d'expérienoes, quia animaux à sang chaud, parce que leurs muscles sont plus excitables, et conservent plus longtemps leur irritabilité.

4498. — Théorie de Gaivani Pour expliquer les contractions de h

grenouille , Galvani supposa qu'il y avait dans les nerfs, une électricité profn au corps des animaux, et que ce fluide vital, comme il l'appelait , passant ài nerfs dans les muscles par Tare métallique , y produisait la contraction. I assimilait ainsi le corps de la grenouille à une bouteille de Leyde , dont lu muscles et les nerfs formeraient les armatures, et qui aurait été chargée <!*■; fluide analogue , mais non identique, à Télectricité, et qu'on a nommé d^' fluide galvanique.

Cette théorie eut d'abord un succès universel ; mais elle fut bientôt alM-i donnée. Volta, professeur à Pavie, répétait avec soin toutes les expéneicpl] de Galvani ; il fut frappé de la nécessité d'employer deux métaux difféi quand on voulait produire des contractions prononcées. Il combattit l'explication de Galvani, qfi'il avait d'abord adoptée, il soutint que le corpid la grenouille ne jouait dans le phénomène qu'un rôle purement passif, et i l'électricité dont on observait les effets, prenait naissance dans Tare de coo nication. Il avança que le contact entre les molécules différentes d métaux qui composent cet arc, détruisait l'équilibre du fluide neutre, et ( minait sa décomposition : l'une des électricités était chassée sur l'un des mé et l'autre sur le métal juxtaposé. Ces deux fluides se combinant ens travers les membres très excitables de la grenouille , y déterminaient des eofr^ tractions.

Galvani et ses partisans se défendirent avec ardeur ; ils tentèrent de prooitf qu'un seul métal suffisait pour produire des contractions , et ils en obtinreÉ en effet, mais elles étaient très faibles. Halle et Wels firent observer alors M les métaux communs ne sont pas purs , et ils montrèrent que les contractiez deviennent plus fortes , quand on a frotté une des extrémités de l'arc, aveetf autre métal. Galvani montra alors que des membres de grenouille étendus ta le mercure, éprouvent de légères agitations au bout des doigts; on objecll que les couteaux avec lesquels on les avait dépecés avaient laissé quelqM parcelles de métal sur les muscles en contact avec le mercure. Galvani se stfvi alors de couteaux en verre , et les résultats restèrent les mêmes. Mais • trouva dans l'humidité qui tachait le mercure aux points touchés par les memkni frais, une cause suffisante pour expliquer les faibles mouvements observés. Ll discussion continuait ainsi avec des chances diverses; les expériences se ohItipliaient , on les variait de toutes les manières. Galvani expérimentant am son neveu Aldini , reconnut qu'il suffisait de mettre en contact avec ki nerfs lombaires, quelques parties des muscles , pour obtenir des contracâoB sensibles, et il crut bien , cette fois, avoir fermé la bouche à ses adversairm Mais , tout au contraire , Volta trouva dans ce fait une généralisation de 10 principe : il n'y avait pas que les métaux en contact qui pouvaient développera

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