‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 78 sur 189 · DE L* AFFAIBLISSEMENT DE LA PILE · texte numérisé non relu

DE L* AFFAIBLISSEMENT DE LA PILE

Qaand le zinc impur fait partie d*un couple, ces actions locales, comme I. Faraday appelle les petits courants superficiels dont nous venons de parler, efoDt que troubler la distribution de l'électricité qui doit produire le courant riieipal ; de sorte que celui-ci en est affaibli. Aussi, remarque-t-on que le zinc Rtillé , quand le circuit est fermé, donne un courant bien plus intense que le ■eda commerce. Ce dernier s'use beaucoup plus vite, et se dissout, môme nad le circuit est ouvert ; le zinc pur est donc préférable sous tous les wons.

I4S9. Piles à sine amalgamé. — AU lieu de zinc distillé , on peut, 108 la construction des piles, employer du zinc ordinaire, auquel on commu- Ifie les propriétés du zinc pur, en l'amalgamant à sa surface. Pour faire itte opération, on étend du mercure sur la surface , et Ton frotte au moyen n tampon imbibé d'eau acidulée avec de l'acide sulfurique , pour décaper le K. Quand la plaque est épaisse, on répète plusieurs fois Topération, afin que ■ercure pénétre profondément. Un moyen prompt et facile, imaginé en igleterre, consiste à plonger simplement chaque zinc dans une dissolution izotate de bioxyde de mercure mêlé d'acide chlorhydrique ; deux ou trois ttersions suffisent pour que le zinc se trouve fortement amalgamé. La surface zinc se trouve alors recouverte d'une couche d'un amalgame homogène , Dt tous les points sont également oxydables ; ce qui fait qu'elle n'est pas iquée tant que le circuit reste ouvert, et qu'il s'en dégage beaucoup d'éleccité quand le circuit est fermé.

Les propriétés du zinc amalgamé ont été signalées par Davy, en 1826 ; l'idée m faire usage dans la construction de la pile est due à M. Kemp; elle istitoe l'un des perfectionnements les plus remarquables qu'on ait apporté X piles voltaîques. On peut amalgamer le zinc de celles que nous avons crites ci-dessus (1434) ; elles otîrent alors Tavanlage de ne pas s'user ndant que le circuit est ouvert, et de donner, quand il est fermé, beaucoup is d'électricité pour une même quantité de zinc dissous ; aussi, une pile de 'couples amalgamés produit-elle des effets qui exigeraient plusieurs centaines couples ordinaires, et même, ce à quoi on ne se serait pas attendu, ces iO iples produisent plus d'etfet que s'ils étaient formés de zinc distillé. Nous irons plus tard comment M. J. Regnauld explique le rôle du zinc amalgamé.

lY- Des causas d'affaibUssemant de la pUa. — PUes à eonrant oonstant.

i4SO. DlnlBatlon de la force de la pile. — Une pile voltaîque dont le rcoit est fermé, donne aux premiers moments beaucoup d'électricité; ensuite, le s'affaiblit, d'abord rapidement, puis de plus en plus lentement, de manière ne donner, au bout de quelques heures, que de très faibles résultats. Cette u&inution n'est due qu'en faible partie à l'altération du liquide par l'action

3iS SOURCES DÉLECTRICITÉ.

chimique, car elle subsiste quand le liquide est en assez grande quantité autoor de chaque couple pour ne s^altérer que lentement ; et, de plus, la pile r^wà peu à peu son énergie quand on ouvre le circuit, fait remarqué par Ritter. Figliachi et Brugnatelli disent aussi qu'il faut laisser reposer la pile pour quelle reprenne son activité. M. Marianini a étudié avec détail ce phénomène, u moyen d*une pile à couronne ' ; il a reconnu que la pile revient à sa force primitive quand on ouvre le circuit, d abord rapidement , puis de plus en plui lentement, comme pour Taffaiblissement. Si Ton fait passer à travers une pile affaiblie, et du pôle positif au pôle négatif, le courant d'une autre pile, h première reprend promptement sa force. On remarque aussi que raffaiblissement est d'autant moins prononcé que, le liquide agissant moins vivement, le courant est plus faible.

M. Marianini a obtenu des résultats analogues avec des piles sèches de Zamboni. Ces sortes de piles s'aifaiblisscnt rapidement quand les pôles sont réunis par une lame de plomb, et reprennent ensuite peu à peu leur force, quand on isole les pôles.

i46i. EfTet de la polarité secondaire des éléments. — M. Faradaj et M. Becquerel ont reconnu que la perte de force de la pile est due principalement aux dépôts qui se forment sur les lames métalliques, par suite de 11 décomposition du liquide par les courants qui le traversent (1455). Nous avons déjà parlé de ces dépôts, qui constituent la polarité secondaire des lames (1438). Sur les plaques, comme celles de platine, vers lesquelles marche le courant dans le liquide, il se dépose des bases ou des substances analogues, et sur les plaques d'où part ce courant, comme celles de zinc, il se dépose des acides ou des corps analogues. Les substances déposées réagissent les unes sur les autres à travers le liquide, en dégageant de l'électricité ; le fluide positif se porte sur Tacide, et le fluide négatif sur la base. La polarité secondaire donne donc naissance à un courant inverse de celui de la pile, et qui le détruit en partie. On met en évidence cette production de courant par les couches déposées, en formant des couples avec les lames de cuivre ou de zinc d'une pile qui vient de fonctionner, et des lames neuves de même métal. On troute que les lames qui ont servi prennent le fluide négatif, et les neuves, le fluide positif.

Dans le cas où le liquide est une dissolution saline, les dépôts sont formés d'acide et de base ou métal, et l'on peut produire un courant en associant deux lames dont l'une ait été plongée dans un acide, et l'autre dans un alcali. Mais quand le liquide est de l'eau pure ou acidulée, ce liquide est décomposé, et les dépôts sont formés de gaz hydrogène sur la lame inactive, et d'oxygène sur l'autre. M. Matteucci a prouvé directement l'existence de ces couches gazeuses sur des lames de platine qui avaient servi d'électrodes pour décomposer l'ean. Introduites dans deux petites cloches pleines d'oxygène ou d'hydrogène, U

* Annales de chimie et de physique, 2« série, l. XXXVllI, p. 337.

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