‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 84 sur 189 · PILES A GAZ. 3S · texte numérisé non relu

PILES A GAZ. 3S

On foU passer dans le tube o de Toxygéne, et dans le tube k de l'hydregéoe, en quantités telles que les lames de platine plongent en partie dans le liquide. On peut encore introduire ces gaz en décomposant Teau au moyen ë*iuie pile, en se servant de ces lames comme électrodes. Quand ensuite on féanit les deux appendices a, a' par un ûl métallique, on obtient un courant ^ va de Toxygène à Thydrogène. En même temps, on voit Teau monter dans kt tubes, de manière à indiquer une absorption d'hydrogène double de celle de rexygène.

Pour réunir plusieurs couples semblables, M. Grove s*est arrêté à la dispoàtion de la fig. iiOl. Les deux tubes o et h de chaque couple sont ajustés far un renflement conique en verre usé à Témeri dans les deux tubulures litérales d'un flacon. Des lames de platine platiné (1463) sont suspendues dans ces tubes par un fort ûl de platine scellé à la lampe à leur partie supérieure qu*il traverse. Pour garnir chaque couple, après avoir versé de l'eau acidnlée dans le flacon, par la tubulure m, que l'on ferme ensuite, on renverse k flacon pour remplir les tubes de liquide, puis on fait passer par la tubulurent, ktiibe recourbé par lequel on fait arriver l'oxygène ou l'hydrogène. On met caiBite du mercure dans les coupes, c, et on les joint deux à deux par un fil Mallique n, n, n, en ayant soin de réunir toujours un tube à oxygène avec U tube à hydrogène.

Avec 30 couples, on obtient des étincelles visibles en plein jour, et des itions assez fortes pour être désagréables. Un seul couple suflit pour iposer l'iodure de potassium, et deux ou trois couples, pour décomposer acidulée d'un voltamètre. Un résultat très remarquable, qui n'est qu'un

lier d'une loi que nous développerons dans le chapitre suivant (§ 3),

l'Sst que les quantités d'hydrogène et d'oxygène recueillies dans le voltamètre, sont égales à celles qui disparaissent dans chaque couple de la pile, pendant le même temps. Il faut donc former dans chaque couple un équivalent d'eau, pour décomposer au dehors un équivalent de ce liquide.

4473. OrifiMe de l'électricité do couple à yaz. — On explique l'électricité du couple à gaz parla polarisation des molécules. Remarquons d'abord que les gaz ne sont absorbés dans les tubes que pendant que le circuit est fermé. Or, les molécules liquides sont polarisées par la couche d'hydrogène qui adhère i la surface du platine, de manière que l'oxygène de ces molécules se tourne du tM de l'hydrogène. La polarisation est augmentée par l'action de la couche d'oxygène adhérente au platine dans l'autre tube. Dés que le circuit est fermé, Faction polarisante est augmentée (1456), l'eau se décompose, et l'oxygène Sbre qui se dégage à la surface de la lame de platine plongée dans l'hydrogène, tonne de l'eau en absorbant de ce gaz. De même, riiydrogène qui se dégage dans le tube à oxygène absorbe de ce dernier gaz.

U résulte de cette explication, que le volume d'hydrogène absorbé, doit être <iouble de celui de l'oxygène, comme le montre l'expérience. Cependant il garait quelquefois un peu plus d'hydrogène qu'il ne faudrait; ce qui tient à

356 SOURCES D*ÉLECTR1CITÉ.

l*air dissous dans le liquide, dont Toxygéne absorbe un peu d'hydrogène. Ei effet, M. de La Rive n'ayant laissé que peu de liquide dans le flacoD, m rhydrogéne être absorbé en partie, quoique le circuit restât ouvert; et aaboil d'une quinzaine de jours, il trouva que Tair du flacon était remplacé pirde Tapote, Toxygéne ayant été dissous par le liquide au fur et à mesure qoecehiHi perdait Toxygéne qu'il contenait d'abord. Ayant opéré, au contraire, dans n appareil complètement rempli de liquide privé d'air, et dans lequel il mi introduit de l'hydrogène et de l'oxygène en décomposant l'eau, il reconnotfM l'hydrogène n'était plus qu'à peine absorbé.

M. Grove a déduit de là un moyen original de faire l'analyse de l'air : daa }ubes, l'un rempli d'air, l'autre d'hydrogène, contiennent des lames de pUtiie, qui communiquent par le liquide acidulé. L'oxygène de l'air est peu à fM absorbé, et quand il n'y a plus que de l'azote, on compare son volume i cdâ de l'air primitif. Comme le liquide peut dissoudre un peu d'air, on a un trisième tube plein de ce gaz, qui fait connaître la quantité dissoute. Par exemple^ dans une expérience, le volume de l'air avait diminué de 22 divisions au M de deux jours dans le premier tube à air, et de 1 dans le dernier. La dimi» tion due à l'action de Thydrogène était donc de 21 divisions; et comme l'ar en occupait d'abord iOO, il y avait 0,2i d'oxygène dans cet air.

L'absorption des gaz dans le couple de Grove explique le phénoaiM suivant : quand on cesse de décomposer l'eau dans un voltamètre, on voit la gaz disparaître peu à peu si l'on fait communiquer les fils de platine entre eu. M. Jacobi, puis M. Poggendorf, ont observé ce phénomène, même quand la fils de platine étaient entièrement recouverts de liquide; d'où Ton conclut qM l'action chimique n'a pas lieu seulement à la surface de niveau du liquide diM les tubes, comme l'avait pensé M. Grove.

M. Grove a remplacé l'oxygène et l'hydrogène de ses couples par un gnori nombre d'autres gaz. L'oxygène, associé aux gaz pour lesquels il a de l'aflSoiii. comme le bioxyde d'azote, le gaz oléfiant, l'oxyde de carbone, donne M courant plus ou moins faible, en prenant le fluide positif; avec [^oxyde de carbone, il faut dix couples pour décomposer l'iodure de potassium. L'oxygte associé à l'azote ou au protoxyde d'azote, ne donne aucun résultat, comme M pouvait le prévoir. L'hydrogène avec le chlore donne un courant très énergique; avec le protoxyde et le bioxyde d'azote, le courant est plus faible; l'hydrogéN reçoit toujours l'électricité négative, et au lieu des oxydes gazeux, on trooit de l'azote dans l'un des tubes. Enfin, le chlore et l'oxyde de carbone donaert un courant assez énergique allant, à l'extérieur, du chlore à l'oxyde.

M. Grove a aussi employé les vapeurs de soufre et de phosphore dansi'aali qui, comme nous l'avons vu, est par lui-mémo inactif'. Un des tubes M rempli d'oxygène et l'autre d'azote, il introduisait dans ce dernier un morceM de phosphore ou de soufre, au moyen d'une tige de verre terminée en hautpr

Bibl. de Gtnèvc (Arch. des sc.)t t. Il, p. 354.

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