‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 92 sur 189 · COURANT MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

COURANT MUSCULAIRE

sMopqae, et nous avons va (1428) comment Volta les rattachait à sa théorie du

contact. En 1797, de Humboldt avança qu il devait exister une électricité animale,

[■dépendante de toute action physique ou chimique extérieure ; et en i 827 , Nobili

■ODtra que les contractions, dans l'expérience ci^dessus, sont dues à un courant

dectrique dirigé des muscles aux nerfs dans Tintérieur de la grenouille ; c*est-

i-dire que les muscles prennent le fluide négatif, et les nerfs, le fluide positif ^

Ftar prouver Texistence de ce courant, Nobili disposait les membres d'une

freoouille récemment tuée et écorchée, de manière que les membres et les

Mrfs lombaires plongeassent séparément

àes des capsules de verre remplies d'eau

iMée(fig, il21), et dans lesquelles

tWonçaient aussi les extrémités du fil

aréomètre à deux aiguilles, qu'il venait

finaginer. Il obtint une déviation, indi-

fttDtun courant dirigé, dans le réomètre, ^\ <<^^-

itt nerfs aux membres. Ce courant a été

iMgné sous le nom de courant propre de la grenouille. Cette découverte

apitale de Nobili confirmait d'une manière inattendue les idées de Galvani.

Nobili forma aussi des piles de plusieurs grenouilles arrangées dans le même

6rdre, dans une série de vases, et il obtint une déviation d'autant plus grande

fi'ily avait plus d'éléments.

M. Matteucci s'est occupé du courant de la grenouille dans plusieurs [ lémoires étendus ^. Il employait la méthode de Nobili : les extrémités du fil L aréomètre étaient munies de lames de platine terminées en pointe, qu'il avait MO de plonger simultanément, et qui étaient couvertes d'un vernis isolant, acepté sur une étendue égale des deux lames. Il a aussi procédé en mettant ibplement les lames de platine, préalablement mouillées, en contact avec les nscles et les nerfs de la grenouille étendue sur une table enduite d'un vernis inlaint. Il a encore opéré sur des grenouilles entières écorchées, et enfin sur its grenouilles vivantes, en faisant sortir par une incision, un nerf lombaire fi'il touchait avec l'une des lames de platine, pendant que l'autre était mise M contact avec un tendon dénudé de la jambe. En réunissant des jambes de frenouille en série, de manière que le nerf qui sortait de chacune d'elles reposât sur les muscles de la suivante, il forma une pile donnant un courant lias intense que celui d'une grenouille entière fraîchement préparée.

4S9I. GreB«aiiie ré^scopiqne. — Dans ces expériences, le même ikjsicien a souvent employé, au lieu de réomètre, la grenouille galvanoscopique ^rmcopique, dont l'usage avait été aussi indiqué par Nobili. On nomme ainsi vie jambe de grenouille fraîchement préparée, munie d'un long filament nerveux, <( introduite dans un tube de verre servant à l'isoler (fig. 1122). Si l'on met

* Ânitala de chimie et de physique, 2« série, t. XXXVIII, p. 225.

' An», de ch. et de phys^, 2« sér., ». LXVII , et LXVIII ; et 3« sér., l. VI, Vil et VUI.

Fig. 4022.

deux endroits du filament nerveux, en contact avec deux points da cor|i on veut étudier Tétat électrique, on observe des contractions qui indk présence de Télectricité. Ce réoscopcy d'une espèce particulière, peu faire connaître la direction du courant qui circule daas entre les deux points touchés : si la jambe éprouve des ( tiens quand on introduit le courant, et ne bouge pas quai supprime, c*est que le courant marche dans le sens de fications du nerf; il marche en sens opposé, quand la o tion ne se produit qu*au moment où l'on ouvre le circoi bien juger du sens du courant par ce moyen, que nous explic plus tard (1510), il faut attendre que la grenouille ait perdu de son irritabilité.

isos. couiAHT luscnLAïu. — M. Matteucci a const les nerfs ne sont pas nécessaires à la manifestation du i propre : il prépara deux piles de six grenouilles aussi que possible ; dans l'une, les membres étaient dépouillés nerf visible, et dans l'autre, ces nerfs avaient été consen deux piles ayant été opposées l'une à l'autre, il obtint u courant différentiel dans le sens de celle qui ne contenait pas de nerfs. [ expériences lui ont montré que l'intérieur du muscle donne de l'ék positive, et l'extérieur, du fluide négatif : ayant fait une incision dans h d'une grenouille vivante ou fraîchement préparée, il l'une des extrémités du fil de platine d'un réométre au l'incision, l'autre touchant la surface du muscle, et il oi courant allant, par le réométre, de l'extérieur à l'intér muscle. Il forma aussi des piles musculaires, en réuniss tronçons de cuisse de grenouille, comme dans la fty. \\i courant fut d'autant plus intense qu'il y avait un plui nombre de tronçons. Ce courant allait, dans la pile, de la base de chaque tronçon à la partie la plus étroite, c'est de l'intérieur des muscles à l'extérieur. Quand il y a de ils jouent le même rôle que la partie intérieure des o M. Matteucci a aussi constaté l'existence du courant musculaire dani animaux à sang chaud, pigeons, lapins, brebis, en faisant une plaie c muscle, et plaçant les extrémités du fil du galvanomètre, l'une au for plaie, l'autre à la surface du muscle. Il a encore opéré en enfonçant I mité du nerf de la grenouille réoscopique dans la plaie, et faisant ton bord, un autre point de ce nerf. Il a formé des piles musculain des fragments de muscles de divers poissons, des tronçons de cuiî d'autres muscles, de lapins, de pigeons, ou d'oiseaux plus petits. Le ( augmente rapidement d'intensité avec le nombre des fragments, i s'aiïaiblit très promptemcnt, et sa durée est d'autant plus petite que les ft occupent une place plus élevée dans l'échelle des êtres.

Fig. 1023.

COURANT MUSCULAtRE. 391

iMt. L#l éu «•■raai museaiaire. — Dans les piles musculaires de ireoooilles, le courant a une direction contraire à celle que Ton observe dans les expériences de Galvani et de Nobili (fig. \ 120 et 1121) ; aussi, M. Matteucci i>t-il distingué avec soin ce qu'il appelle le courant propre des animaux, du entra»/ musculaire, M. du Bois-Reymond a publié, dés 1842, une longue ioited*expériences faites au moyen d'un réométre h 24000 tours, dans lesquelles il démontre Tidentité de ces deux courants, en établissant la lui suivante* : U courant musculaire se manifeste toutes les fois quon fait communiquer^ par u réométre^ un point de la surface latérale des faisceaux de fibres musculaires uec un point d'une section transversale naturelle ou artificielle de ces fibres. Ce courant est dirigé, par le réométre, de la surface latérale à la section transversale. On peut cependant obtenir un courant, en faisant communiquer deux points de la surface latérale : supposons, par exemple, un muscle cylindrique ; il n'y aura pas de courant si les extrémités du fil du réométre sont également distantes des centres des bases ; mais si l'une des extrémités est plus prés d'une des bases, il se manifestera un courant qui traversera le réométre en partant de l'autre extrémité. Ce courant sera bien plus intense si l'on touche la base ■éme du muscle.

Les nerfs, pendant leur vitalité, présentent les mêmes lois que les muscles , e'est-à-dire qu'ils donnent un courant sensible , dirigé dans le réométre, de la nrlace latérale, ou de la section longitudinale, à la section transversale.

Quand on opère sur différents muscles, on trouve que le courant est d'autant plus intense que le muscle est destiné à agir plus fortement pendant la vie : iiosi, les muscles du cœur donnent un courant énergique, et ceux qui enveloppent les intestins n'en donnent qu'un très faible.

Si l'on détermine dans les muscles d'une grenouille des contractions tétaniques, c'est-à-dire continues, en irritant le nerf mécaniquement, ou par la chaleur, ou par des actions chimiques, le courant musculaire s'affaiblit aussitôt notablement. Ce changement dans l'état électrique des muscles peut réagir sur ue grenouille réoscopique dont on poserait les nerfs sur les muscles que l'on (ait contracter. À chaque contraction produite en excitant les nerfs, la grenouille réoscopique s'agite. Ce phénomène remarquable, connu sous le nom de t9ntraction induite, a été découvert par M. Matteucci, et constaté par lui sur la grenouille et sur des lapins dont il débarrassait les muscles de la jambe, de leur enveloppe aponévrolique, et qu'il faisait contracter au moyen d'un couple voltaîque ^.

M. du Bois-Reymond ayant introduit dans le circuit du réométre, les deux membres inférieurs d'une grenouille, n'obtint pas de courant; mais ayant déterminé des contractions tétaniques dans l'une des jambes, en excitant le nerf qui s'y rendait, soit au moyen de l'azotate de strychnine, soit par des

* Rechmhes d'électricité animale, et Annales de ch. et de ph., 3« série, t. XXX, p. 419. ^ Annales de chimie et de physique, 3« série, t. VI, p. 339.

moyens mécaniques ou physiques, il obtint un courant dirigé, dans le réomètre^ du membre contracté à celui qui ne Tétait pas. D*abord, les deux couraott s*entre-détruisaient dans les deux jambes, puis la contraction ayant affaibli Vvai d'eux, Tautre l'emporta et manifesta son existence.

iS04. De roriffine da eoarant muscalaire. — Quelle est rorigine des courants observés dans les diverses expériences que nous venons de rapporter? Faut-il y voir le résultat d'une action organique qui persiste quelque tenpi après la mort, ou un effet de ces actions chimiques variées qui s'accomplisseit dans la profondeur des organes? L'électricité produite aurait alors une origine véritablement physiologique. Mais dans ces expériences, on a toujours opéré après avoir dépouillé ou blessé les animaux. On ne peut s*empécher alors le soupçonner des actions chimiques extérieures produites, soit par les humeurs exsudées par les surfaces coupées ou mises à nu, soit par le contact de l'air sur ces surfaces. L'air exerce certainement des actions chimiques sur les tissus blessés, et ces actions contribuent à produire la douleur; ce qui explique pourquoi on peut couper, déchirer des muscles sans occasionner de douleur, quand on opère à Tabri du contact de Tair. Cependant des expériences directes ont conduit M. du Bois-Reymond à repousser l'idée d'attribuer l'électricité musculaire à l'action de l'air, et M. Matteucci rejette, d'après les siennes, l'action des fluides exsudés; il a vu aussi sa pile de muscles donner les mêmes résultats dans des gaz très différents. Pour lever tous les doutes, il fallait observer sur des animaux vivants et intacts ; c'est ce qu'a fait M. du Bois- Reymond, dans l'expérience qui suit.

I50S. Courant musculaire, par la eontraetlou do bras. — Cette expérience capitale se fait de la manière suivante : on plonge les doigts des deux mains dans deux vases séparés, pleins d'eau salée, dans lesquels s'enfoncent des lames de platine communiquant avec le fil du réomètre à 2400 tours {fig.wyij. L'aiguille étant en repos, on contracte le plus fortement possible les muscles de l'un des bras, en serrant une barre de bois a6, et en ayant soin de ne pas remuer les doigts plongés dans l'eau salée ; on voit alors l'aiguille se dévier, de manière à indiquer constamment un courant dirigé, dans le réomètre, du vase qui communique avec le bras non contracté, au vase opposé. Les résultats restent les mêmes quand on remplace l'eau salée par de l'acide sulfurique éteodUi des dissolutions de potasse, azotate ou acétate de soude, sulfate de cuivre, de l'eau de source. M. du Hois-Reymond explique ce résultat en admettant l'exis^ tence préalable, dans les deux bras, de courants égaux qui s'entre-détruiseot; quand on contracte l'undesbras, le courant qui lui correspond s'affaiblit (1503), et l'autre l'emportant, l'aiguille aimantée est déviée. Dans la grenouille dont oi fait contracter un des membres, le courant est dirigé d'une manière contraire; ce que M. du Bois-Reymond explique par la disposition différente des musdei dans le bras de l'homme et dans les membres de la grenouille.

On a cru pouvoir attribuer le courant observé, à la chaleur produite par la rontrariion, à la congestion sanguine ou à la transpiration qui pourraient Tac-

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