‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 93 sur 189 · COURANT MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

COURANT MUSCULAIRE

owpagDer. M. du Bois-Reymond a étudié successivement ces différentes

drtoostances, et il a montré directement que, si elles produisent des courants,

ioot one direction contraire à celle que Ton observe pendant la contraction.

I. Becquerel ayant contracté un des bras, et plongé les doitgs dans les vases,

fidqaes instants après que la contraction eût cessé, observa un faible courant.

I. du Bois-Reymond explique ce résultat par la persistance, après que la con-

MioB a cessé, de la modification qu'éprouve le courant musculaire ; en effet,

nTonfait Texpérience à la manière ordinaire, on remarque que l'aiguille ne

nrieat a Félat d*équilibre qu'avec une extrême lenteur, quand on cesse do con-

laeler le bras. Du reste, M. Zantedeschi et M. Buff ont confirmé par de nou-

«les expériences les résultats annoncés par M. du Bois-Reyroond. M. Buff a

IM formé une chaîne de 16 personnes se tenant par les mains mouillées, et il

obtenu une déviation de 10 à 12° quand elles contractaient le même bras ; le

Fig. 1124.

Ottrant changeait de sens quand elles contractaient l'autre bras ». Enfin M. du îftis-Reyraond ayant enlevé, au moyen de vésicatoires appliqués sur la face dor- Ûe de ses bras, Tépiderme mauvais conducteur, et ayant mis les deux parties bndées en contact avec les lames du réométre, obtint ainsi une déviation de 0 à 70^, tandis qu'elle n'était que de 2 à 3°, quand le réométre communiquait rcc les mômes points garnis de leur épiderme.

Ces expériences rendent bien probable l'existence de courants électriques ins les animaux vivants. Ces courants sont dûs probablement, comme la laleur animale, aux réactions chimiques multipliées qui s'accomplissent dans i profondeur des organes. Ils doivent jouer un certain rôle utile aux fonctions italcs. Aussi la nature a-l-elle mis des obstacles à leur passage au dehors, ce ni fait qu'il est très difficile d'en recueillir extérieurement la manifestation, Qiod l'organisme est intact, à moins qu'il n'y ait, comme dans les poissons leetriques, un appareil destiné à condenser l'électricité. Nous trouverons dans étude des actions physiologiques produites par le courant de la pile, d'autres i^umentsen faveur de l'existence de l'électricité vitale chez les animaux (1517).

* Bihl, unit, de Génère (Archives des sciences), t. Xlll, p. 150.

394 SOURCES d'électricité.

m. Bleotrleltê det ▼égétânz.

i506. Eleetrieité pendant la i^erminatioa. — Dans ses recherches M roriginc de Télectricité de Tatmosphére, M. Pouillet a fait rexpérience savante * : il isola, dans une chambre fermée bien desséchée, douze capsules m verre recouvertes de vernis, et remplies de terreau humide dans lequel élail semé du blé. L'intérieur des capsules communiquait par un âl métaUiqueaiss le plateau d'un électrométre condensateur. Tant que le germe des grainsnesortil pas de terre, le condensateur ne se chargea pas ; mais, au bout de trois jovs, le germe étant sorti de terre, le condensateur, essayé à toute heure du jourd de la nuit, et pendant plus de huit jours consécutifs, se montra toujours chii|é d'électricité négative. Des expériences faites avec des graines de cresson alinois et de giroflée de Mahon, donnèrent des résultats semblables. Le coodotsateur se chargeant d'électricité négative, l'acide carbonique et la vapeur d'oi qu'exhalent les parties vertes des plantes, doivent emporter du fluide positit C'est là, suivant M. Pouillet, une des sources de l'électricité atmosphérique, it il estime qu'une surface de iOO mètres carrés couverte de végétation, dépp en un jour assez d'électricité pour charger une forte batterie.

IS07. Coorante des Yésétaux. — M. Donné a obtenu des courants tt enfonçant des fils de platine fixés au réomètre, l'un près de la queue, l'Mbi près de l'extrémité opposée de divers fruits. Dans les fruits à pépins, lecoortft va de la queue à l'œil; et en sens opposé, dans les fruits à noyau. Quand les il sont enfoncés en deux points opposés pris à la même distance de la queue, 1 n'y a pas de courant. Les eflets doivent être attribués à la réaction de sucs à nature différente accumulés du côté de la queue et du côté de l'œil, et qui réi* gissent chimiquement les uns sur les autres a travers le tissu cellulaire quibi sépare. En effet, si l'on coupe un fruit en deux transversalement, et qa'tf exprime le jus des deux moitiés, dans des vases réunis par une mèche de coM mouillée, on obtient un courant dans un réomètre dont les fils plongent ditf les deux vases. Si le fruit a été coupé de l'œil à la queue, il n'y a pas de couraiL

MM. E. Wartmanu '^ et Zantedeschi et M. Becquerel, chacun de leuroôli, ont démontré l'existence de courants électriques dans les tiges, les racines it les feuilles des végétaux. Voici comment opère M. Becquerel ' : ayant couf* une tige de jeune peuplier en pleine sève , et introduit l'un des fils en pbtis^ du réomètre, dans la moelle, et l'autre dans une couche du ligneux ou d* système cortical, il obtint un courant partant de la moelle, allant en s'affiûklitsant, à cause de la polarisation secondaire des fils de platine, et d'autant p^

> Annales de chimie et de physiquCy 2« série, t. XXXV, p. 44 4.

2 Bibl. unir, de Genève (Arch. des Se), t. XV (1830), p. 301, el l. XVII. 149.

3 Annales de chimie et de phifsique, 3« série, t. XXXI, p. 40.

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