‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 96 sur 189 · I. Bfléts sur les animaux morti · texte numérisé non relu

I. Bfléts sur les animaux morti

1S09. Les effets physiologiques consistent dans les phénomènes produite sur les animaux morts ou vivants et sur les végétaux ; leur intensité dépcw surtout du nombre des couples de la pile. Nous allons d'abord parler des expériences faites sur les animaux morts.

La première expérience à citer est celle de la grenouille de Galvani , qui aen la découverte de la pile (14^7). Après l'invention de ce merveilleux appaid, plusieurs physiciens , particulièrement Galvani et Aldini, en firent usage pour expérimenter sur des animaux ou des parties d'animaux de grande taille. àUm se servait d*une pile à colonne de 100 éléments , montée avec de Teau niée <. II soumit à l'action du courant, la tête d'un bœuf récemment tué ; ayant Edt communiquer, au moyen d'une tige métallique, l'intérieur d'une oreille Dooillée d'eau salée, avec l'un des pôles de la pile, l'autre pôle communiquant (vec un des naseaux, ou mieux avec l'autre oreille , il vit aussitôt les yeux oomer dans leur orbite , les oreilles et la langue s'agiter, et les naseaux 'enfler, comme dans la plus violente colère. Des cadavres de bœufs, moutons, biens, lapins, poulets, lui ont aussi donné des mouvements analogues à ceux ni se produisent pendant la vie. De Humboldt ayant fait passer le courant e la pile, à travers le corps de poissons auxquels il avait coupé la tête , les it sauter et donner des coups de queue. On a aussi opéré sur des insectes : anotti, de Bologne, ayant fait passer le courant à travers le corps d'une cigale écemment tuée, produisit le chant particulier à ce petit animal. Les expériences les plus frappantes sont celles qu'on a faites sur des adavres humains ; Bichat avait fait quelques essais à ce sujet , lorsque la lort vint le surprendre. Aldini fit ensuite, à Bologne, des expériences suivies, nr les corps de deux criminels qui venaient d'être décapités ; il put produire et mouvements énergiques dans les muscles de la face et de différentes parties B corps. Des expériences analogues ont été faites à Turin par Vassali, Julia , Itssi, et par différents observateurs en d'autres pays. Nous citerons en parieulier celles qui ont été exécutées à Glascow par Andrew Ure sur le cadavre 'on supplicié qui était resté suspendu au gibet pendant près d'une heure ^. « communications avec les pôles d'une pile de 270 couples , étaient établies i moyen de tiges terminées en pointe et munies de manches isolants. L'un es pôles de la pile ayant été mis en communication avec la moelle épinière lise à nu au-dessous de la nuque, et l'autre pôle, avec une incision faite au don, la jambe, préalablement repliée sur elle-même, fut lancée avec violence, i faillit renverser un des assistants qui cherchait à s'opposer à son extension, /un des pôles ayant été introduit dans une incision faite au-dessus du artillage de la septième côte, et l'autre pôle , mis en contact avec un nerf du ^m {phrénique gauche), la poitrine se souleva et s'abaissa bruyamment , le liaphragme et les intestins furent refoulés et affaissés alternativement ; en un mot, tous les mouvements qui accompagnent la respiration se produisirent. Un nerf du sourcil (sM/)ra-or6i/a/) , ayant été touché avec l'un des pôles , pendant que l'autre était enfoncé dans l'incision faite au talon , les muscles delà face se contractèrent d'une manière effroyable. « La rage, l'horreur,

> EuaU tur le galvanisme (1804), t. I, p. 98 et suivantes. ^ Anmles de chimie et de physique, 2« série, t. XIV, p. 344.

le désespoir , l'angoisse et d'atfreux sourires unirent leur hideuse expres&iof sur la face de Tassassin... A ce spectacle, plusieurs des spectateurs lare^ forcés de quitter Tappartement, à cause de leur effroi et de leur malaise, etn gentleman s'évanouit. » En faisant passer le courant , de la moelle épinién au nerf ulnaire, dans le coude, ou à une légère incision faite à un doigt, m vit les doigts remuer vivement, et le bras s*agiter convulsivement, de mamtn que le mort semblait montrer au doigt les différents spectateurs. Du reste, tous ces mouvements étaient incertains et désordonnés.

Au lieu de cadavre^ venant de mort violente , Aldini voulut aussi expérimenter sur des corps morts naturellement , mais il n'obtint aucun effet; ci qui se conçoit, les propriétés dont jouissent les différentes parties de TorganisM s'étant toutes anéanties graduellement.

Les muscles qui ne sont pas soumis à la volonté, comme le cœur, la taniqae musculaire de l'estomac ou des intestins, sont aussi susceptibles de se contracter pendant le passage d'un courant, contrairement à l'opinion de Volta. Le ccev, qui, après la mort, donne spontanément quelques rares pulsations, en doDoeda bien plus rapprochées après qu'il a été traversé par un courant. De Humboldta vu le cœur d'une carpe qui ne donnait plus qu'une pulsation en 4 minutes, a donner 35, 31, 23, 12 et 3 pendant la 1^, la 2e, la 3% la 4< et la 5« des roinolei qui suivirent le passage du courant. Ces expériences sont surtout faciles i bin avec les animaux à sang froid ; cependant de Humboldt a pu accélérer kl pulsations du cœur sur un renard, un rat, des lapins ; et Fowler sur diien autres animaux à sang chaud. Les organes de sécrétion subissent cux-méDa l'influence du courant : Aldini ayant fait passer l'électricité à travers unedd glandes salivaires de la tête d'un supplicié, obtint une sécrétion abondante da salive

isio. Conditions et lois de la eontraetion. — La première condilioi pour qu'il y ail contraction, est que le courant parcoure les nerfs dans le setf de leur longueur; s'il ne fait que traverser les masses musculaires, il n'y ap» d'effets, à moins que le courant, très énergique, ne vienne «\ rencontrer dd ramifications nerveuses qui s'y distribuent. On sait que, si l'on irrite les nerfc au moyen d'actions mécaniques, avec un fer rouge, ou par des acides, oi obtient des contractions; si l'on fait une ligature à un nerf et qu'on l'irrite au-dessous, il y en a encore, tandis qu'il n'y en a pas quand on l'irrite du côté opposé. On obtient les mêmes résultats quand on fait passer l'électricité i travers une partie du tronc nerveux, au-dessous ou au-dessus de la hgaturc On peut conclure de là que l'électricité agit comme excitant du systém nerveux.

On sait que les muscles d'un animal mort perdent peu à peu la propriété de se contracter, et les nerfs, celle d'exciter les contractions quand ils sont irrités. Valu a reconnu que les parties des nerfs les plus rapprochées du cerveau sool celles qui perdent les premières ces propriétés, quand on les fait traverser ptf un courant. M. Matteucci a étudié en détail et confirmé ce résultat : aiiÀ

pMlDoe partie d'un nerf ne peut plus exciter de contractions, lorsqu'on le fait fenener par un courant, on peut en obtenir immédiatement en faisant passer ocanrant entre deux points du nerf plus rapprochés des aMnités du muscle dans lequel il se ramifie. Qhiod les nerfs sont traversés par un courant, dans une hdioD perpendiculaire à leur longueur, il n'y a pas de Mtraction dans les muscles. Ce fait, remarqué par Ufaiii, a été mis en évidence par M. Matteucci, de la oiière suivante : il prend deux jambes de grenouille nies d'un long cordon neneux {fig. 1125) ; le nerf de m est coupé et interrompu dans un espace ah de 2 fltimétres de longueur, à travers lequel passe le nerf it ! l'antre jambe. Une goutte d'eau distillée établit la uranication entre les points a et b et le nerf n. On fait pjg 4 4 25.

Bununiquer les points a et b avec les pôles d'une pile ; coorant traverse transversalement le nerf n, et la jambe à laquelle il appartient iprouve pas de contraction, tandis que l'autre s'agite convulsivement. liiflHeBee de la eontinaité du eourant. — Les contractions ne se manilent qu'au moment où l'on introduit le courant dans les muscles, et au ment où oh le supprime ; pendant tout le temps qu'il circule avec une intené constante, il n'y a pas de contraction. Nobili a cherché à expliquer ce nltat, remarqué par Volta, en admettant que le courant modifie tout à coup lat des nerfs, et que cette modification disparaît avec le courant; il y a conction au moment où se fait la modification et au moment où elle cesse. Aussi -il observé que lorsqu'on introduit et qu'on supprime le courant graduelle- Dt et non brusquement, il ne se manifeste plus de contractions. Quand le irant est fort et persiste pendant longtemps, la modification produite dans nerfs et les muscles devient permanente, et les contractions ne peuvent is avoir lieu, comme l'a remarqué Volta, à moins qu'on ne fasse agir une pile 18 forte. Cependant les muscles reprennent peu à peu une grande partie de ir irritabilité par le repos. On peut aussi la leur rendre au moyen d'une étinle électrique.

Alternatives voltaTqaes. — Quand les muscles ne se contractent plus rès le passage prolongé d'un courant, on peut obtenir instantanément de res contractions, en changeant le sens de ce courant. Volta a pu, au moyen semblables alternatives, produire des contractions sur la grenouille, pendant ote une journée. Ce qui montre que l'inaptitude aux contractions, qui suit le flsage continu d'un courant, n'est pas due ù une désorganisation qu'il aurait Induite dans les muscles et les nerfs, mais simplement à une modiGcation omentanée imprimée au système des molécules organiques. lalaenee du sens du eouraut. — Le sens du courant a une influence narquable sur le phénomt^ne : il y a contraction au moment de la fermeture D circuit, dans les muscles où le courant marche dans le sens des ramifications

il(!H nerfs, c*est-à-dire dans les parties où il est direct, suivant la notation é Nobili ; et les contractions ont lieu au moment où i*on supprime le couraji^ dans les muscles qu*il parcourt en sens contraire des ramiGcations, c'est44!irs dans les parties où il est inverse. Cette loi, découverte en 4800 par M. Le Sot, avait été entrevue par Volta, qui avait observé que la décharge de la bouteille de Leyde ne produit de contraction sur des membres de grenouille qu'aoUit que l'électricité positive entre par le tronc. M. Marianini, qui a fait beaocoq» d'expériences sur ce sujet, plaçait les jambes d'une grenouille écorchée, dus un vase plein d'eau salée, et le tronc, qui ne tenait aux jambes que par l'inlermédiaire des nerfs cruraux, dans un autre vase ( fig, i 121 ). Quand le conmt était dirigé du tronc aux membres, il y avait contraction au moment où l'oi fermait le circuit ; mais il n'y en avait pas, ou il n'y en avait qu'une très faible, au moment où on l'ouvrait. Le contraire avait lieu quand le courant mardait des membres au tronc. — En 1816, M. Bellingieri reconnut qu'il suffit de faire passer le courant à travers une certaine longueur du tronc nen'eux, poir

obsen^er ces résultats différents , suiiail que l'électricité positive entre parlepoiit le plus éloigné des ramifications, oo par : le plus rapproché.

M. Matteucci a employé une méthode dans laquelle les deux résultats se Toieit en même temps : une grenouille préparfc Kig 4 U6. ^ ^^ manière de Galvani est placée i cali-

fourchon sur deux vases remplis tm (/ig. 1126), dans lesquels on plonge les pôles de la pile. Quand la grenonilb est forte, il y a d'abord contraction dans les deux jambes au moment où Tu, établit et où l'on supprime le courant ; mais au bout de quelque temps, b contraction n'a lieu quand on établit le courant, que dans la jambe où il est direct, et quand on le supprime, que dans celle où il est inverse. Ce résultat se vérifie sur toutes les espèces d'animaux ; il explique comment la greocnilb réoscopique indique le sens d'un courant qui parcourt une partie du troit nerveux qui en sort (1501).

M. Nobili, qui a publié en 1829 une longue série de recherches sur les contractions produites par l'électricité, distingue 5 états de la grenouille'- Dans le premier, quand la grenouille est fraîchement préparée, il y a cootrattion, que le courant soit direct ou inverse, au moment où on l'éU^blit el ai moment où on le supprime. Dans le second état, il y a de fortes contractiois quand on ferme le courant direct et quand on ouvre le courant inverse; ilo'j en a pas quand on ferme le courant inverse, et il n'y en a que de faibks quand on ouvre le courant direct. Ces dernières n'existent plus dans le trrisiéme état. Dans le quatrième, il n'y a de contractions qu'au moment où l'eB

I iiiMlet de dùmie et de physique, 2« série, t. XLIV, p. 60.

nele courant direct. Dans le cinquième, les contractions n*ont plus lieu il aucun cas, à moins qu on n'emploie un courant plus énergique. On doit conclure de ce qui précède que, si les courants agissent comme dtants du système nerveux, leur mode d*action diffère essentiellement de U des autres stimulants, puisque les effets dépendent du sens du courant, phs, on remarque que : 1^ Télectricité peut agir encore quand les autres milaots n*ont plus d'efficacité ; 2» le changement du sens du courant ranime ritabilité ; 3^ la cessation du courant détermine une contraction très forte; les poisons, comme la morphine, l'acide prussique, qui anéantissent l'irri- QUé du nerf pour les excitants ordinaires, la laissent subsister pour ectricité.

IS«1. De la coBtraetioB lors de la rapUire dn elrenlt. — Comment cevoir maintenant la contraction qui a lieu au moment où l'on interrompt le uit? Volta l'expliquait par un refoulement du courant en arrière, au moment le passage lui est fermé. M. MarianiniU reconnu que cette hypothèse est Imissible '. En effet, l'aiguille d'un réomètre revient simplement et avec ne à sa position d'équilibre quand on ouvre le circuit ; la cuisson que Ton OQve à une écorchure du doigt, pendant le passage du courant, cesse aussitôt cm le supprime ; enGn, si, au lieu d'ouvrir le circuit, on enfonce simpleit un arc métallique dans les vases qui reçoivent le tronc et les membres de (renouille, on observe encore une contraction, quoiqu'on ne supprime pas le rant, mais qu'on ne fasse que le détourner subitement de la grenouille. Hli explique alors la contraction au moment où le courant cesse, par l'acculalion de l'électricité dans les nerfs qu'il parcourt en sens inverse. Quand ârcuit s'ouvre, cette électricité reflue dans le sens des ramifications, et dnit la contraction, qui n'a lieu, comme nous l'avons vu, que dans les nerfs le courant est inverse. Cette manière de voir est confirmée par cette ciristance que la contraction , lors de la rupture, est d'autant plus forte que le irant a circulé pendit un plus long temps; quand le circuit n'a été fermé ) pendant un temps très court, elle est très faible. Si le temps était infini- Dt court, il ne devrait donc pas y avoir de contraction. C'est, en effet, ce qui nble avoir lieu : quand on fait l'expérience avec la bouteille de Leyde, il n'y Bcan effet quand le fluide positif entre par les jambes de la grenouille, le irant étant établi et interrompu au même instant.

Peltier explique autrement la contraction au moment de la rupture : les trémités des membres de la grenouille se polarisentj et le courant contraire Mhit par les matières déposées, agissant seul quand on ouvre le circuit, t contracter les muscles dans lesquels il est direct , c'est-à-dire oeux n lesquels le courant de la pile était inverse. L'influence de la durée du isage de ce dernier se conçoit bien dans cette explication ; mais il est difficile

1 Aimaltt de chimie et de physiqw, 2« série, t. XL, p. 325 et 241.

d*adinettre que le courant très faible que produit la polarité secondaire capable d*exciter des contractions, souvent aussi fortes que celles que doi courant de la pile.

n. tftéXB produits lur lot anlmau TlTants.

15 iS. SeBMitloiu produites par les fkibles eoonuite. — Les

rants produisent sur les êtres vivants des sensations plus ou moins vives, c contractions. L'expérience la plus ancienne a été publiée par Sulzer du Théorie générale d^ plaisir^ en 4767, avant la découverte de Galvani. On deux disques de zinc et de cuivre, Tun au-dessus, Tautre au-dessous de la gue, puis on rapproche leur bord extérieur jusqu'au contact ; aussitôt on sent une saveur acide au point de la langue touché par le zinc, et une « alcaline au point touché parle cuivre. Si Texpérience se prolonge quelque te on peut éprouver des nausées. Volta, qui a fait revivre cette expérience, a ti que la saveur varie, suivant la nature des métaux, de l'acide brûlant i l'i amer. Ces sensations proviennent, au moins en partie, de la décompositioi humeurs de la langue, par le courant électrique auquel donne naissance le pie voltaîque que forment les deux métaux.

Divers observateurs ont varié, depuis, ces expériences : Hunter ayant eo une lame de métal sous la langue, et placé une autre lame d'espèce difféi entre la lèvre et la gencive de la mâchoire supérieure, aperçut une lueur: vive, chaque fois qu'il mettait ces lames en contact. Il a obtenu des résc semblables en appliquant les lames aux deux yeux, ou l'une à un œil, l'autr langue. De Humboldt a éprouvé, à la suite de semblables expériences, uni blesse momentanée de la vue, et une légère inflammation de la conjoncti Aldini a pu faire apercevoir une lueur assez vive h des aveugles, en mettii pôles d'une pile en contact avec les lèvres et le bout et nez. Tous ces < lumineux doivent être attribués à des contractions, et comparés à ceux qoe produit en comprimant et frottant les paupières.

De Humboldt ayant introduit une lame de zinc dans une narine, et l'j mise en contact avec une lame d'argent placée sur la langue, éprouva dai nez une sensation de froid accompagnée d'un chatouillement donnant i d'éternuer. Le D' Monro saignait du nez quand il faisait cette expérie l'hémorragie commençait dès qu'il apercevait une lueur.

Volta ayant fait passer le courant d'une pile de 40 couples, d'une oreil l'autre, entendit un grand bruit qu'il compara à celui que produit une mil tisqueuse en ébullition. Ritter entendait un son musical au moment où le rant s'introduisait ; il a publié beaucoup d'autres résultats, mais dont qaelf i uns paraissent, à priori, peu vraisemblable.

< Sxjpiritnets iur U galwinitme, traduction de M. Jadelot (1799).

ISIS. CmbbmcIob Toitaifae. — Quand on fait communiquer les pôles le pile au moyen d*une partie du corps, on ressent une commotion d'autant forte que la pile se compose d'un plus grand nombre découplés. L'étendue éléments ne peut suppléer au nombre, l'effet dépendant de la tension des licites: ainsi, les 12 couples en béllce de la Faculté des sciences de Paris 14) ne donnent qu'une légère secousse. Gaj-Lussac ayant voulu éprouver oc des 600 couples de la batterie à auges de l'Ecole polytechnique, reçut Bommotion tellement violente, qu'il s'en ressentit pendant plus de 24 heuet conserva pendant tout ce temps une grande faiblesse dans les bras. La Id 2000 couples de l'Institut de Londres est capable de tuer un cheval ou euf. Quand la pile n'est pas très forte, il faut, pour bien recevoir la comm« mouiller les mains avec de l'eau salée, pour augmentera conductibilité ipiderme, et saisir des cylindres métalliques fixés aux électrodes. Plusieurs »nnes peuvent recevoir simultanément la décharge, en se donnant la main ; 0 faut remarquer que toutes ne la ressentent pas également : celles qui mmilieu de la chaîne peuvent ne rien éprouver, ou n'éprouver qu'une \ secousse.

i commotion se fait sentir au moment où Ton établit la communication, on n'éprouve plus qu'un léger frémissement dans les muscles, accompagné ; irritation sourde particulière. Une nouvelle commotion se produit, au entoù l'on interrompt la communication, comme cela a lieu sur les aux morts (1510).

St4. laflaenee dn sens dn eonrant. — Nous avous encore à signaler influence du sens du courant : s'il est direct, il y a contraction quand on ilit, sans impression vive ; et au moment où on le supprime, il n'y a pas ntraction, mais une douleur plus ou moins forte. C'est le contraire lorsque nrant est inverse. Pour établir cette loi. M. Marianini prépare une grenouille vigoureuse, de manière que le tronc ne reste uni aux membres postérieurs [MUT les deux faisceaux des nerfs cruraux. Les pattes postérieures sont ies par une feuille de plomb, et soulevées dans la main revêtue d'une lance isolante. La partie antérieure du corps repose sur une lame de verre, me des pattes est entourée d'une petite bande de plomb en communication un des pôles d'une pile. Quand on fait passer un courant, de la tête aux es, ces dernières se contractent au moment où l'on ferme le circuit. Quand ite on l'ouvre, les jambes ne s'agitent pas , mais l'animal pousse un cri mgé, se soulève, et donne tous les signes d'une vive douleur. Les effets *ses ont lieu quand le courant marche des jambes à la tête. Cette expé- :e a été répétée plusieurs fois avec des piles ayant , depuis 1 jusqu'à 8 les. 11 ne faut pas que la pile soit trop forte , car, alors, les contractions icnt lieu également quand on fermerait et quand on ouvrirait le circuit. . Marianini a aussi observé que, si l'on ferme le circuit avec les bras, on ent une secousse plus forte au bras dans lequel le courant est direct, sr avait déjà reconnu que l'on éprouve un sentiment de lassitude et de

404 EFFETS PRODUITS PAR LES COURAiYTS.

gène dans le bras où le courant est direct, et dans Tautre bras, une excitatia particulière.

Nous citerons encore Texpérience suivante, de M. Matteucci : il découvre n un lapin, le nerf sciatique des deux cuisses, le sépare bien, Tessuîe avec è papier Joseph, et l'appuie sur du taffetas isolant. Il fait ensuite passer 1 courant d'une pile de dix couples dans une partie du nerf : Tanimal poosi des cris et éprouve des contractions dans la cuisse, et dans le dos et les*oreilla Ces phénomènes, qui cessent pendant le passage du courant, se reproduiaa au moment où il est interrompu ; ils sont les mêmes, quel que soit le sens i courant '. Mais quand Tirritabilité de l'animal est diminuée, l'entrée ducoorai direct détermine dans les pattes des contractions sans douleur, et sa suppra sion produit la douleur sans contractions. Le contraire a lieu quand le cooni est inverse dans la partie du tronc nerveux qu'il parcourt. Quand on fait passe le courant perpendiculairement au nerf, on n'observe aucune action, conui dans le cas des animaux morts (1510).

iSiS. Action sar les dlffér entes parties da système Berren. - Il résulte de la loi qui précède , que le courant produit tantôt des sensatioes tantôt des contractions * à l'instant où l'on ferme le circuit, les premières M lieu quand le courant est inverse , et les secondes, quand il est direct. Oi peut faire à ce sujet un rapprochement très important ; c'est que les impressiei que reçoivent les organes de la sensibilité, de la part des agents extérieun se transmettent au cerveau en marchant en sens contraire des ramifie» tiens des nerfs, et que les contractions volontaires sont provoquées par n influence qui, partant du cerveau, se transmet dans le sens des ramifications comme le courant quand il produit la contraction à son entrée. En outre , le physiologistes ont distingué, des fibres nerveuses destinées spécialement an) sensations , et d'autres destinées aux mouvements. Ils ont reconnu aussi qi les nerfs qui partent de la moelle épinière , s'en séparent par deux systèmes é racines, les unes antérieures qui président aux mouvements, et les autres pot térieures , qui correspondent à la sensibilité. Il était curieux de cherckfl comment agit un courant sur ces deux espèces de racines ; c'est ce quel fait MM. Longetet Matteucci, et ils ont reconnu que le courant direct n'cxdli pas de contractions quand il entre par les racines postérieures, et qu'il fl produit quand il entre par les racines antérieures. Les faisceaux antérieurs el postérieurs qui composent la moelle épinière se comportent comme les radid correspondantes. On peut donc, au moyen de l'électricité, distinguer les neifi du mouvement de ceux de la sensibilité. Il ne faut pas employer un courait

1 Les contractions produites dans les parties antérieures du corps , où le nerf sciilif' n'envoie pas de ramifications, s^expliquent par la transmission de Teicitation de ce nerf àl> moelle épinière, qui détermine ensuite la contraction dans les muscles où elle envoie des M nerveux. Si Ton coupe , en effet , la mol'lle épinière , les contractions ne s'étendent pis •■> muscles situés au-dessus de la section.

9 fort, aatrementrélectricité pourrait passer des racines antérieures aux eues postérieures, et réciproquement.

Onuid on excite les nerfs des organes des sens, on y développe Tespéce de Hition qui leur est propre : le son dans Torgane de Vouîe , les saveurs et •denrs dans les organes du goût et de Todorat, la lumière dans Yœ'A (1509) . fanier. résultat s'observe facilement en touchant avec la main un des pôles ae pile de 5 à 6 couples, et mettant l'autre pôle en conununication avec I partie du visage, mouillée avec de l'eau salée.

loQS avons vu (1509) que les muscles qui ne sont pas sous l'influence de la ttté se contractent par le passage du courant. Les nerfs du système gannaire, qui sont ceux qui président à ces contractions , sont donc aussi septibles d'être -excités par le courant. Mais ils présentent cette particularité, l'action du courant se produit d'abord lentement, qu'elle continue pendant passage, et persiste quelque temps après qu'on l'a supprimé. Nous avons pie, au contraire, ce n'est qu'aux moments où l'on ferme et où l'on ouvre irenit, que les muscles volontaires se contractent.

Sf€. Effets dus an passage coatlna d*oB eoaraat. — Si les muscles otaires ne se contractent pas pendant le passage continu d'un courant , ce ner a néanmoins une influence évidente sur leurs nerfs, puisque leur abilité diminue peu à peu pendant qu'il passe (1510). Le courant continu i produire d'autres effets : transporter des fluides à travers les tissus orgates, ranimer les actions vitales, rétablir certaines fonctions, modiGer les ^étions, les exhalations... Citons quelques exemples, les poulets soumis à l'action continue d'une pile de 50 couples, s'affaiblirent i peu ; quand ils furent presque morts, le courant ayant été interrompu, ils irent aussitôt des ailes. L'autopsie montra que le sang était extravasé dans muscles, et que les intestins étaient refoulés vers le bassin. Âchard, ayant passer le courant d'un seul couple, d'une extrémité à l'autre du tube intes- I, éprouva des douleurs dans le bas-ventre, l'énergie de l'estomac fut augttée et des changements furent produits dans les évacuations alvines. Ces iltats, vérifiés par de Humboldt, lui suggérèrent l'expérience suivante : une tte était près d'expirer ; il introduisit une lame de zinc dans le bec, une • d'argent dans le rectum, et établit une communication métallique entre deux lames ; l'oiseau ouvrit les yeux, battit des ailes, respira pendant 6 à 8 lates, et mourut ensuite tranquillement.

Ire, après avoir reproduit sur un cadavre les mouvements de la respiration 09), pensa que l'on pourrait, au moyen de l'électricité, rappeler à la vie les sonnes asphyxiées. Âldini avait déjà fait des essais sur des chiens et autres maux, noyés, ou asphyxiés au moyen du gaz, et il avait pu les ranimer en ant passer un courant de la bouche au rectum. MM. Pouillet, Magendie, Irai et Roulinont fait une série d'expériences analogues : des cochons d'Inde hyxiéSy ne donnant plus signe de vie depuis une demi-heure, furent rappelés

h la vie ; le mouvement respiratoire étant rétabli, le cœur se contracta ethdre lation reprit son cours.

Le Dr Wilson Philip, en 1816 ayant fait une incision au cou d'un lapîniîn coupa les nerfs de la 8« paire, qui vont à Festomac. La respiration devint tr pénible, Tanimal faisait des efforts pour vomir, et au bout de quelques hean on reconnut, en faisant Tautopsie, que du persil qui remplissait l'estoa n'avait pas été digéré, et que les poumons étaient dans un état de congeili manifeste. Chez un autre lapin qui avait suivi le même traitement, on fit pau un courant à travers les parties inférieures des nerfs coupés : la respiratiM fit facilement, les poumons ne furent pas congestionnés, et le persil fut tm aussi complètement digéré que chez des lapins qui n'avaient pas été nratill Des résultats semblables furent obtenus sur des chiens. La .pile était faible ne donnait pas de commotion pénible K

De nombreuses expériences prouvent l'influence des courants pour modil la nature des fluides de l'économie animale. De Humboldt ayant posé one |l que d'argent sur un vésicatoire qu'il s'était fait appliquer derrière l'épâl et ayant mis cette plaque en contact avec du zinc, observa une augmeotati dans l'écoulement de l'humeur, accompagnée d'une cuisson vive. Cette bumei au lieu d'être blanche et douce, était tellement acre quelle laissait sur h pe des traces d'un bleu rougeâtre. M. Matteucci ayant mis entre les pôles d*i pile de 15 couples, deux points du péritoine mis à nu sur les côtés de TaU men d'un lapin, recueillit une humeur alcaline au pôle négatif, et acide au pi positif. Il obtint des résultats analogues en opérant de la même manière sur foie ou les intestins mis à nu de divers animaux vivants. Il conclut de li qi y a analogie entre le mécanisme des sécrétions, et les décompositions éledi chimiques avec transport des éléments.

Enfm, les courants peuvent modifier les liquides organiques : Brandt a l'albumine d'un œuf se coaguler au pôle positif; Brugnatelli a reconnu que sang est coagulé quand il est traversé parun courant. M. I. Petrequin, enapp quant cette dernière propriété, a réussi le premier à guérir, sans opérali sanglante, certaines tumeurs anévrismales : il y coagule le sang en foisi passer un courant à travers ce liquide, au moyen d'aiguilles d'acier enfond dans la tumeur. On a reconnu depuis qu'il est préférable d'enfoncer senlM l'aiguille positive, en faisant communiquer le pôle négatif avec l'extérieur de tumeur.

f SiV. De réiectricité animale. -^ Il résulte des détails qui précédfli que les courants électriques, interrompus ou continus, sont capables de f duire dans les organes des animaux, des effets analogues à ceux que prot l'influence nerveuse: contractions, sensations, sécrétions, mouvements' cœur et de la respiration ; on peut, au moyen d'un courant, rétablir les foDCÛ»

I AsmàUs de chimie ei de physique, 2« série, t. XIV, p. 341, et t. XÏII, p. 216.

de restomac, des intestins, des organes de sécrétion. Les physiologistes ont idnis rexistenced'un agent, désigné souvent sous le nom de (luide nerveux, BtfDi transmet, du cerveau, siège de la volonté, aux différents organes, Texcilatîoo nécessaire à Taccomplissement de leurs fonctions. Or, l'électricité agisaitprécisément de la même manière, on est porté i admettre que le fluide MTveox n*est autre que Télectricité, qui, engendrée dans le cerveau, serait ancée par l'acte de la volonté, à travers le système nerveux, dans la direction A YeSei doit être produit. Cependant, un courant continu circulerait dans le vpUme sanglionnaire, pour produire les phénomènes de la vie organique ; ionme les mouvements du cœur et des poumons, ceux qui accompagnent la Jifestion, les transports des fluides à travers les tissus , les sécrétions. Dans iertains poissons, nous voyons un organe spécial dans lequel Télectricité, lancée orun lobe particulier du ceneau, peutétre accumulée etse manifester extérieu- «■ent. La surexcitation du cerveau par différentes causes, comme la peur, I colère, Tenthousiasme, peut donner lieu à une production surabondante râectricité ; alors la rapidité des battements du cœur est modiCée, la respirain surexcitée, et les contractions musculaires peuvent arriver à un degré Téflergie inusité. Un exercice prolongé sous l'influence d'une température ievée, peut aussi augmenter la sécrétion du fluide cérébral; si ensuite on se iire au sommeil, l'organe surexcité continuant à produire beaucoup de fluide, i ce fluide n'étant plus utilisé, il s'accumule dans les organes, et il en résulte b temps à autres des décharges intérieures accompagnées de commotions, [ftdquefois assez fortes pour être douloureuses, et qu'une foule de personnes it pu observer pendant les premiers moments du sommeil.

L'identité du fluide nerveux et de l'électricité, tantôt admise, tantôt comnttue par les physiciens et les physiologistes, tend à se confirmer à mesure pela science fait des progrès; elle a acquis un degré de vraisemblance de ibs, le jour oi\ l'on est panenu à dériver à l'extérieur une partie de l'élecrridté du corps des animaux (1505). Mais, dans l'état actuel de la science, on Hpeut la considérer que comme une hypothèse très plausible.

iSiS. AppiicaUons A la médecine. — On a cherché à tirer parti des dets variés que l'électricité produit sur les organes, pour guérir diverses naladies. Les premiers essais à cet égard paraissent dus à Noilet. Jallabert

larviut à guérir des paralysies; Sans, Bertholon, Sigaud-Lafond obtinrent

le nombreux succès sur la même maladie. On employait alors la commotion de a bouteille, une série d'étincelles, des aigrettes électriques jaillissant par des ^tes, ou enfin on administrait le bain électrique, c'est-à-dire qu'on chargeait i'éUctricité le malade préalablement isolé. D'abord, on opéra sans méthode, à peu près au hasard; aussi des échecs multipliés firent-ils douter de la réalité da succès obtenus. Le charlatanisme s'étant ensuite em|iaré de cette nouvelle n^ière de guérir, l' électro-thérapie tomba dans le discrédit. Les découvertes i^ Galvani et de Volta rappelèrent l'attention sur ce sujet. On put, au moyen <)elapile, diriger le courant spécialement à travers les organes malades; on

commença à^étudier son mode d'action, et Ton obtint des résultats plus cou* stants. On réussit assez souvent aujourd'hui à rétablir les fonctions vitab dans des membres paralysés, au moyen de commotions réitérées; i guérir des

névralgies, des rhumatismes Nous avons vu comment on peut ranimer des

animaux asphyxiés, et cette application mériterait d*étre étudiée de nouTcai.

Il y a aujourd'hui deux moyens principaux d'employer le courant de la]Hle: 1<> quand on veut exciter les organes, comme dans les cas de paralysie, oi fait passer le courant par intermittences, afin d'obtenir des contractions. Pov fermer et ouvrir alternativement le circuit, on employa d'abord un mouvenust d'horlogerie faisant osciller un levier. On obtient aujourd'hui des commotioBS très rapprochées au moyen d'appareils d'induction que nous décrirons pb tard, et qui permettent d'en modiGer à volonté la rapidité et l'intensité. Pour diriger les courants, on termine les réophores par des plaques, quelqueMs recouvertes d'une multitude de saillies, ou par des éponges mouillées avec de l'eau salée, ou encore par des brosses ou des pinceaux métalliques que Tm applique sur les régions par lesquelles on veut faire entrer ou sortir le coonit- Souvent aussi, on emploie la galvano-poncture, c'est-à-dire qu'on enfonce des aiguilles d'acier dans les muscles, de manière à conduire l'électricité en ni point voisin du nerf sur lequel on veut agir. On s'est servi avec avantage do courant intermittent, pour rappeler à la vie des personnes qui avaient et soumises trop longtemps à l'action de Yéther ou du chloroforme. 2® On fait passer le courant d'une manière continue : par exemple, quand on veut dimi^ nuer l'irritabilité des nerfs, dans certaines affections nerveuses. M. NoUi a employé ce mode d'électrisation, pour combattre le tétanos. Le cooraot continu agit encore pour modifier les sécrétions, favoriser les déplacements de fluides, dénaturer les plaies en produisant des décompositions chimiques : c'est ainsi que MM. Becquerel et Breschet ont pu détruire la nature alcaline des humeurs sécrétées par un ulcère rebelle, en le faisant communiquer avec le pôle positif d'une pile.

Chaiyes ipaivaniqaes. — On a imaginé, pour les usages médicaux, des piles en forme de chaînes qui peuvent s'appliquer sur différentes parties di corps. Les plus elTicaces sont celles de M. Pulver-Macher (fig. il27) : cbaqae couple est formé d'un cylindre aplati en bois ca^ sur lequel sont enroulés ei hélice un fil de zinc et un fil de cuivre engagés dans des sillons creusés dans le bois, de manière que ces fils ne se touchent pas. Le fil de zinc communique avec le fi! de cuivre du couple voisin. Ces couples sont articulés les uns aox autres, de manière que la pile présente la flexibilité d'une chaîne. Les couples sont disposés en large comme en ea, ou en long comme en AB. Pour employer la chaîne, on la trempe dans du vinaigre plus ou moins étendu d'eau, et oi l'applique sur la peau, de manière que la partie malade soit comprise entre ses deux extrémités. La transpiration de la peau suffit, du reste, pour mettre b pile en activité, quand elle n'a pas été trempée dans l'acide. Si l'on veut obtenir des commotions, on emploie le modificateur électro-physiologique : cet î

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