‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 97 sur 189 · EFFETS SUR LES VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

EFFETS SUR LES VÉGÉTAUX

nosiste en une botte à manche isolant m, dans laquelle un mouvement (l*horaprie fait tourner une roue dont une dent vient à chaque tour rencontrer un i0lit ressort, de manière à fermer un instant le circuit. On peut faire varier I vitesse, en modifiant plus ou moins la tension du ressort. Quand la chaîne stq^Iiquée sur le corps, on peut obtenir de légères commotions au moyen u €§Hiidre interrupteur, E (fig, 1127). Un tube de verre, terminé par des imles métalliques, par lesquelles il est accroché en e au milieu de la chaîne, Mtîent un ressort en hélice fixé à Tune des viroles, et qui ferme le circuit ond son extrémité libre, munie d*un disque étoile, vient toucher l'autre Me; ce qui se produit fréquemment, le ressort oscillant aux moindres HNirements du malade.

Nons ne devons pas entrer ici dans plus de détails sur la manière d'appliquer *Aectricité à la thérapeutique, sur Tefficacité des méthodes adoptées par les Ihers praticiens, sur les cas où elles peuvent être appliquées sans danger, et or les précautions à prendre dans chacun de ces cas ; ce serait sortir de notre ttjet, et nous nous contenterons de renvoyer aux ouvrages spéciaux.

m. ntets de réleetrieiti inr lot Tégétavx.

fSf •. Van-Marum, ayant fait passer de fortes décharges à travers des Hanches de différentes espèces d'euphorbes, reconnut qu'elles avaient perdu a propriété de chasser au dehors, quand on les coupait, le suc laiteux qu'elles ^tenaient; d'où il conclut que le passage de l'électricité avait détruit dans les raisseaux la faculté de se contracter.

Ginlio, de Turin, a vu les feuilles de différentes espèces de mimosa se replier tur elles-mêmes quand il faisait passer à travers les branches, le courant Time pile de 50 couples. Les feuilles se contractaient lentement et les unes ipris les autres, pendant le passage du courant, et non au moment où on Introduisait. Un seul couple ne produit aucun effet, môme sur la mimosa Koutlira, qui se contracte le plus facilement.

Il résulte d'expériences faites par MM. Becquerel et Dutrochet, que le mouvement circulatoire de la sève dans les cellules du chara, est ralenti pendant le pssage d'un courant suivant la longueur de la tige, quel qu'en soit le sens. Si le courant est assez fort pour arrêter le mouvement de la sève, le mouve-

ment reprend peu à peu sa première vitesse; on l*arréte de nouTeanea augmentant le nombre des couples de la pile, puis il reprend encore, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le courant soit assez fort pour arrêter le mouvemeot pendant plusieurs heures.

iSSO. Inflaenee de l'éleetrielté sur la cermlMitioB et 1» TécétallM. — L'électricité paraît influencer la germination des graines. NoUet avait \u des graines humectées et électrisées germer avec rapidité, tandis que d'autres de même espèce placées dans les mêmes conditions, mais non électrisées, ae germaient pas. Ce phénomène a été étudié par Jalabert, Davy, et en denier lieu par M. BecquereP. Ce dernier physicien plaça une capsule en porcdiiie entre deux capsules en platine en relation avec les pôles d'une ange de 30 couples faiblement chargés ; les capsules communiquaient entre elles pir des mèches de coton mouillé, et contenaient de l'eau de Seine et du cotos m lequel étaient des graines de cresson alénois. La germination se fit égalemat dans la capsule négative et dans la capsule de porcelaine, et fut très lente diB la capsule positive. Le courant ayant été interrompu, la végétation cootioa dans les deux premières capsules et fut comme suspendue dans la derméfe» dont l'eau avait une réaction acide, tandis que celle de la capsule négatÎN était alcaline. Or, on sait que les acides nuisent à la végétation, et que les alcalis en petite quantité la favorisent. — M. Becquerel a encore disposé dus deux soucoupes, des doubles lames zinc et cuivre soudées par une de levi , faces ; dans l'une des soucoupes, le zinc était en dessus, et dans l'autre il étoi en dessous. Une troisième soucoupe contenait une lame de verre au lien à couple mélallique. Toutes les trois contenaient de l'eau, du coton et des graines de cresson ou de pois ordinaires. Au bout de deux ou trois jours, la végélatiei était la plus avancée sur le coton qui reposait sur le cuivre. Sur la surface à zinc, les radicules semblaient fuir le métal, se contournaient, et les tiges cessèrent bientôt de croître. On trouva sur la face cuivre une réaction alcaline, et l'on constata sur la face zinc la présence d'un sel de zinc nuisible à la végétotion. Les résultats étaient encore plus marqués avec de l'eau contenant ms petite quantité d'un sel à base terreuse ou alcaline. Il semble résulter de ces expériences, que les courants agissent sur la germination en décomposant ks sels contenus dans l'eau, ou dans la graine : au pôle positif, les éléments acides nuisent à la végétation, tandis que. les substances alcalines transportées « pôle négatif, la favorisent.

On a généralement remarqué que la végétation est très active par les ten|S d'orage, et Ton a voulu attribuer cet effet à Télectricité de l'atmosphère ; tuii comme les orages ont lieu quand il fait chaud, et qu'ils sont accompagnés de pluie, on peut attribuer les résultats observés, à la réunion de la chaleur et de l'humidité, c'est à-dire des deux circonstances les plus favorables au développement des végétaux.

I Archives de botaniqw, t. 1, p. 395.

EFFETS CALORIFIQUES. AH

8 S. EFFETS PHYSIQUES ET MÉCANIQUES DES COURANTS. I oftlorlflous dans .lei bras etadvetears.

ISSi. EehaaffemeBt des flis métalliqnes. — La pile de Volta venait à feioe d'être découverte, qu on chercha si la décharge de ses pôles pouvait, comme cde des batteries, faire fondre des Gis métalliques. En Juin i 801, Thénard et Hachette ayant fait communiquer les électrodes au moyen d'un fil métallique, le virent s'échauffer, rougir, fondre ou se volatiliser, suivant que ce fil était ]fta$ fin et plus court. Il est à remarquer que Tincandescence, quand il n'y a pis fiision , est constante pendant le passage du courant ; ce qui renverse Topinion que la fusion produite par la décharge des laiteries serait due à une compression brusque qui fcnit jaillir la chaleur latente du corps. Fourcroy , Vaoquelin et Thénard, ont reconnu que les effets calorifiques qui nous occupent dépendent surtout de rétendue des couples de la pile : cent couples de petite surface ne produisent aucun effet, tandis que fidques couples à grande surface en produisent de très énergiques. L'action dépend donc principalement ie la quantité d'électricité qui passe. Un seul couple peat suffire pour faire rougir un fil assez fin. La /f(. 1128 représente un couple de Wollaston, disposé pour cette expérience ; le fil ac est retenu par deux Fig. 4128.

petites pinces a et c soudées Tune à la lame de cuivre, Ttotre à la lame de zinc. Wollaston a pu môme , au moyen d'un couple de 7 centimètres carrés formé avec un dé à coudre, fondre un fil de platine de (H,001 de diamètre. C'est à propos de cette expérience qu'il conçut l'idée k la pile qui porte son nom.

Davy reconnut, de son côté , l'influence de l'étendue des éléments ; il vit Peau entrer immédiatement en ébullition quand il y plongeait un fil de fer de 8J«" de longueur et de 0'»'»,3 de diamètre en communication avec les pôles d'une pile à grands éléments. Il fit fondre des feuilles métalliques de différents oitaux, et observa qu'ils brûlent en faisant entendre une crépitation particu- Bire, et en produisant des effets de coloration qui dépendent de leur oxydation par l'air. Le platine seul ne s'oxyde pas et fond en se disséminant en goattelettes d'un blanc éclatant. L'or forme un oxyde brun, et brûle avec une flamme jaune ; le fer, avec une lumière rouge ; le cuivre la donne verte ; l'argent, bhgche au milieu et verte sur les bords ; le zinc , bleue ; le plomb, jaune et Colette sur un bord ; l'étain , pourpre. Ces expériences se font jfacilement au moyen de la disposition suivante : deux colonnes métalliques (fig, 1129), dont

une communique avec un des pôles de la pile , soutiennent des fils horizontm auxquels on suspend les feuilles métalliques /*, sur lesquelles on veut opérer, et dont on touche Textrémité libre , avec une boule de platine n communiquant avec l'autre pôle de la pile. Le même appareil peut servir à opérer sur des fib de différente nature. Ces Gis sont fixés à Tune des colonnes au moyen d'ooe pince , et à Tautre , au moyen d'une cheville métallique qui peut s'enfoncer à volonté dans deux trous voisins , dont Tun est garni intérieurement fane substance isolante. Les deux colonnes étant mises en communication avec les pôles de la pile, il suffit d'enfoncer la cheville d'ondes fils dans le trou non isolé, pour que ce fil soit traiersé par le courant.

Peltier a reconnu , au moyen de sa pince thern^-

électrique (1494) , que la température du fil est h

même dans toute son étendue , excepté aux points de

jonction avec les réophores : là, la température esl

plus basse , à cause de la chaleur enlevée par ces

derniers, ou plus élevée, à cause d'un effet particolier

qui se produit aux points de jonction , comme nous le

verrons ci-dessous (1523).

Avec des batteries à très larges surfaces , on peutobto*

^^* ^ ^ ' nir des effets d'une intensité remarquable. M. Childiw'

avec une pile de Wollaston de 21 couples, dont chaque

zinc présentait 3,60 mètres carrés de surface, a pu fondre des tiges de platine

de l*™ de longueur et de 0",5 de diamètre. Les piles à charbon permettent

aujourd'hui de faire ces expériences avec facilité. Avec 50 couples, on peut faire

brûler des aiguilles d'acier à tricoter, et les voir jaillir en étincelles brillantes,

quand on en fixe deux aux électrodes de la pile et qu'on rapproche leurs

extrémités.

Application A la chirari;ie. — Au moyen d'un fil de platine incandescent, on cautérise d'une manière circonscrite les parties profondes ou l'on ne pourrait pas introduire un fer rouge ; on opère, sans hémorragie, l'ablaliei des tumeurs , des loupes , en les enveloppant à la base, d'une anse en platine incandescent que l'on rétrécit peu à peu. On a pu même amputer la cuisse i des lapins sans aucune effusion de sang. On est surtout frappé de l'innocuité des opérations pratiquées par cette méthode , désignée généralement soos le nom A'électro-catistique.

f SSS. Clrcoiistances d*où dépend réchnaffement . — !<> L'échaoft* ment d'un môme fil traversé par un courant, augmente avec la quantité d'électricité qui passe dans un temps donné, par conséquent avec l'étendue des couples de la pile. 2» Plus le fil esl fin, court et mauvais conducteur, plus il s'échauffe. On voit facilement pourquoi un fil fin rougit mieux qu'un fllplos

1 Bibliothèque unicerselle de Genète (Sciences et arts), t. I (1816), p. 109.

EFFETS CALORIFIÛUES.

p»; c'est qu'il passe plus d*électricité par chaque point du premier. La agueor n*a d'influence qu'en augmentant la résistance que le courant éprouve • pareoarantle GI, dont la section est beaucoup plus petite que celle des i^hores, ce qui fait qu'une plus grande portion des électricités se recombine dore i travers la pile (1454), de sorte que le courant est plus faible. Hais si 'mi a soin de laisser à ce dernier toujours la mémo intensité, en augmentant B nombre des couples quand le fil fin est plus long, on obtient le même diaoffement, comme l'a constaté Peltier, et plus tard M. E. Becquerel. Nous vous vu des lois semblables dans la fusion des fils par la décharge des otteries (1333).

Linfluence de la résistance du fil est évidente dans l'expérience suivante lite par M. Children à l'instigation de Wollaston : il réunit les électrodes de a grande pile , par deux fils de même longueur et de môme substance, mais b diamètre différent; le courant ne passa qu'en faible proportion dans le fil le lus fin, et le plus gros devint seul incandescent ; tandis que le plus fin rougit al quand les deux fils furent placés l'un à la suite de l'autre.

Pour mettre en évidence l'influence de la conductibilité du fil, M. Children it passer le courant à travers des fils métalliques de môme longueur (âl^^") et ie même diamètre (0^°^ 75) soudés deux à deux les uns au bout des autres. •*Q0 des fils fondait ou rougissait, pendant que l'autre ne changeait pas 'aq»ect. M. de La Rive a répété avec soin ces expériences. Voici quelques-uns M résultats auxquels elles ont conduit :

I«l CBAK6E PAS D^SPECT.

Or, argent, zioc oa cuivre

Argent

flatine

Zinc ou cuivre

Argent

ROL'GIT ▲ BLÀAC.

Platine.

Or.

Fer.

Fer.

Zinc.

Des deux métaux, c'est celui qui est le meilleur conducteur qui reste obscur. Si Ton forme un fil composé alternativement de platine et d'argent, chaque prtie de platine rougit, et l'argent ne change pas d'aspect.

D'après ces faits, M. de La Rive admet que réchauffement des fils est dû à la difficulté qu'éprouve l'électricité à passer d'une molécule à la suivante, après la décomposition électrique polaire qui se fait dans chacune d'elles (1442). Haas avons déjà fait mention de cette résistance, dans le cas de la décharge des condensateurs (1332), et nous avons vu que, dans les corps isolants, elle est tdle que l'électricité polaire ne peut quitter les molécules (1354). D'après

M. de La Rive, ce seraient alors les décharges intermolécalaires qui produiraient la chaleur. A Tappui de cette manière devoir, il remarque que toute soIntioBde continuité, où le courant éprouve une certaine résistance, augmente réchaoSément. Par exemple, lorsque la pile n'est pas assez forte pour faire rougir ki fils , l'incandescence peut avoir lieu aux points de jonction , même quand ki fils réunis sont identiques, ce qui montre que rélectricité éprouve pins de difficulté à franchir les surfaces de séparation, quand elles ne sont pas intimement unies , qu'à traverser une section égale des fils. Si Ton appuie sur no morceau de charbon conducteur, fixé i l'un des réophores d'une pile de Wollaston de 10 couples seulement, le bout d'un fil de platine de \ millimètre de diamètre attaché! l'autre électrode, la chaleur est si forte que l'extrémité di fil de platine fond comme le plomb, avec un éclat quel'Œfl peut à peine supporter, pendant que le reste du fil s'échanifc à peine. Si l'on approche le bout du fil de platine, de h surface du mercure contenu dans une capsule en platine axée k l'un des réophores, la chaleur est tellement vive Fig. 4 430. ^" po'n^ d^ contact, que le mercure se volatilise avec m

bruit assez fort , accompagné d'une vive lumière , et en produisant un petit nuage blanchâtre (fig, 1130). Dans c«tte expérience, coniae dans la précédente , réchauffement est augmenté par cette circonstance qne l'électricité doit se resserrer , pour passer par le petit nombre de points en contact avec le charbon ou le mercure.

C'est à cause de la résistance qu'opposent les solutions de continuité des conducteurs, que l'on peut dériver dans un circuit extérieur, une partie des électricités dégagées dans les couples thermo-électriques (1488).

iSea. ÉCHAUFFEHENT DBS SOUDUBES, SUIYAITT U SOTS DU COUHAHT. — PeltJef

a étudié les changements de température aux points de jonction des fils traversés par un courant, au moyen de sa pince thermo-électrique (/f^. 1131), qu'il applique sur le point dont il veut reconnaître réchauffement, en ayant soii d'interposer du papier très mince, pour empêcher l'électricité de passer, da fil dans la pince ^ La fig. 1132 représente l'ensemble de l'appareil. Le fil m» est fixé à deux supports métalliques communiquant par leur pied avec les pôles d'une pile P, dont le courant passe aussi par un réomètre R', qui en indique l'intensité magnétique. La pince ab est portée par une règle munie d'une crémaillère qui sert à la faire glisser dans une rainure, quand on fait toomer le pignon denté r. On peut ainsi transporter en difiïrents points du fil mu, h pince ab, dont le réomètre est en R.

Peltier a reconnu d'abord que le sens du courant a une influence marqnée sur réchauffement des soudures. Ainsi, quand le courant passe d'un fil de cuivre dans un fil de fer, zinc plomb ou étain, la température au point de

1 Annakt de chimie et de physique, 2<^ série, t. LVI, p. 374.

ETFITS CALORinQUES.

iliM esl moins éleyée que lorsqu'il marche en sens contraire. Par exemple, CMmint qui donne une température indiquée par une déviation de iO"" du ■être R, quand il ya du zinc au cuivre, et de SO"" quand il va du fer au e, M donne plus que 14° et IS"" quand il marche en sens inverse. Si Ton t m fil de zinc entre deux fils de cuivre, la soudure par laquelle le courant ndins le zinc s* échauffe moins que l'autre.

UtLL

Pis. 4431.

Fig. 4 432.

Ffîé pr«éait p«r «s «oarant. — En faisant ces expériences, lier a découvert le fait très remarquable d'un abaissement de température doit par le passage d'un courant. Ce résultat ne se présente que pour les tanx à structure cristalline, comme le bismuth et l'antimoine. Voici com- Bt on le constate : une lame de bismuth est soudée bout à bout entre deux les de cuivre; ce système étant traversé par un faible courant donnant 20°

au réomètreR'(/^. 11.32),

l'une des soudures s'échauffe, et l'autre se re/rot-

dit. Les résultats sont

indiqués en chc' dans la

fig. 1133. Les nombres

+20°,— 10°, écrits prés

des soudures , sont les

déviations du réométre de

la pince thermo-électrique.

Les résultats sont inverses nd le bismuth est remplacé par de l'antimoine ; ils sont indiqués en CAC. laiid le courant est trop fort, les deux soudures s'échauffent; mais celle qui refroidissait s'échauffe toujours moins que l'autre. Enfin, si l'on soude la 16 d'antimoine à la lame de bismuth, la soudure se refroidit de —45°, quand courant va du bismuth jB à l'antimoine «; elle s'échauffe de 37°, quand le want- marche en sens opposé.

n est à remarquer que la pince thermo-électrique , enlevant ou cédant de chaleur aux soudures , les valeurs numériques citées ne sont pas d'une

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