‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernementChapitre 36 sur 195 · PHARES DE RÉFRACTION · texte numérisé non relu

PHARES DE RÉFRACTION

divergents horizontaui qui viennent les traverser. Ces lentilles sont portées par une couronne dentée nn qui roule sur des galets, et est mise en mouvement par une roue r faisant partie d'une horloge. On varie aussi les feux, au moyen de verres rouges, fixes ou mobiles.

Dans les appareils à feux fixes de grandes dimensions, le foyer étant très long, les anneaux qui forment le tambour, ont une courbure très faible, et seraient très difficiles à travailler. Le tambour est alors formé de lentilles cylindriques ÂB, ab (fig. 1522), dont c est une coupe par un plan horizontal. On met 32 de ces lentilles, au lieu de 8 ou iO, comme dans les feux tournants. Les rayons ne sont déviés que dans les plans verticaux ; ils forment donc une bande horizontale ayant pour épaisseur la hauteur AB, et illuminant tous les points de Thorizon.

tOOS. Beea aialUples de Fresnel et Arai^o. — Le système lenticulaire imaginé par Fresnel n'aurait pu donner les magnifiques résultats que nous admirons, si on ne leur avait appliqué un système de lampe capable de fournir une lumière extrêmement intense. Avec une lampe d*Argant ordinaire, les lentilles à échelons donnent des résultats bien inrérieurs à ceux des miroirs paraboliques; ceux-ci, avec les dimensions qu'on leur donne ordinairement, sont frappés par les -^ des rayons émanant de la flamme placée à leur foyer, et en réfléchissent à peu près la moitié, soit ^, en un faisceau parallèle. Les lentilles polyzonales, soutendant ordinairement dans tous les sens un angle de 45* ayant son sommet au foyer, ne reçoivent que ^ environ des rayons de ce foyer ; le miroir parabolique donne donc un faisceau parallèle 6 à 7 fois plus intense que la lentille. Cela explique Tinsuccès des essais de phares lenticulaires, faits en Angleterre. Fresnel et Arago ont résolu la question au moyen des becs à plusieurs mèches concentriques. Les avantages qu'offrent ces becs avaient été signalés par Rumfort; mais on ne savait pas en modérer la flamme. Fresnel et Arago ont levé la difficulté par la méthode de Carcel, qui consiste à faire circuler un excès d'huile dans la mèche, de manière à éloigner la flamme du bec, et à empêcher l'huile d'y entrer en ébullition. Dans les phares de premier ordre, les becs sont à quatre mèches concentriques pouvant s'élever ou s'abaisser indépendamment les unes des autres, au moyen de pignons et de crémaillères. Une cheminée de verre enveloppe le tout; elle est surmontée d'un tuyau métallique qu'on peut allonger à volonté, et dans lequel se trouve un registre, qu'on peut incliner plus ou moins au moyen d'une vis de rappel, pour régler le tirage. Ces becs équivalent à 17 becs de lampe Carcel, et consomment 750 grammes d'huile par heure. Placés au foyer d'un panneau lenticulaire de i mètre de hauteur et deO'^,76 de largeur, ils produisent des éclats qui, dans Taxe, équivalent à 4000 becs de Carcel, ou à ^4000 bougies. L'huile est poussée dans le bec par des pompes que fait jouer un mouvement d'horlogerie, auquel on substitue aujourd'hui le système plus simple des lampes dites à modérateur. Une disposition ingénieuse avertit le i^ardien, quand l'écoulement de l'huile vient à s'interrompre : l'huile en excès

tombe dans un vase suspendu à un levier et percé d'un trou assez petit pour que le vase reste toujours plein. Si Fécoulement cesse, le vase se vide, il est soulevé par un contrepoids, et le mouvement du levier dégage une sonnerie qui avertit le gardien.

<004. De la portée des phares. — La portée d*un phare est la distance maximum de laquelle on peut Tapercevoir. Cette portée dépend de deux conditions : Tintensité de la lumière, et la hauteur au-dessus du niveau de la mer, à cause de la courbure du globe. C*est pourquoi les feux à grande portée sont placés autant que possible sur des hauteurs, et l'appareil est installé sur une haute tour (/!^. 1520). Pour que le système éclairant d'un phare donne des résultats satisfaisants, il faut qu'il puisse être vu pendant la nuit, jusqu'aux limites de son horizon, quand l'air présente une transparence moyenne. Le tableau suivant indique la portée ordinaire des feux de différents ordres.

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