‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernementChapitre 47 sur 195 · THÉORIE DES COULEURS · texte numérisé non relu

THÉORIE DES COULEURS

On doit conclure de ces expériences qu'il n'est pas plus possible de décomposer les couleurs du spectre par absorption que par réfraction ; que ces couleurs sont simples, et qu'à chaque couleur correspond un degré de réfrangibilité particulier. La théorie de Newton reste donc intacte.

Nous allons voir, en outre , que les peintres qui cherchent à composer toutes les nuances au moyen de trois couleurs seulement, n'obtiennent que des résultats approximatifs ; car en opérant directement, au moyen des rayons colorés, on ne peut former toutes les couleurs par la combinaison de trois sortes de rayons seulement (1914). L'hypothèse de trois couleurs primitives manque donc aussi de base.

g 3. — DÉCOMPOSITION DE LA LUMIÈRE PAR RÉFLEXION, ET THÉORIE DES COULEURS.

90S>9» Des eoaleara slaiples et des eoaleiim eompoeées. — Le mot <

couleur peut s'entendre de trois manières différentes. 11 exprime l"" les qualités particulières qui distinguent les rayons lumineux ; 2» la propriété des corps de nous lancer telle ou telle espèce de rayons, soit par réflexion diffuse, soit directement s'ils sont lumineux par eux-mêmes ; 3^ la nature de la sensation particulière produite dans l'œil par les rayons lumineux. Cette dernière manière de considérer les couleurs ne nous occupera que plus tard, quand nous . étudierons la vision.

Newton divise les couleurs en simples ou élémentaires^ et en composées. Les premières sont celles qui se voient dans un spectre bien pur. Elles appartiennent aux rayons simples, directs ou réfléchis par une surface blanche.

H. ChevrenI divise les couleurs simples en couleurs lumineuses^ qui sont le rouge, Y orangé, le jaune, le vert; et en couleurs sombres, qui sont le 6/eii, Yindigo et le violet; celles-ci ont beaucoup moins d'éclat que les premières.

Les couleurs composées sont formées par le mélange des couleurs simples. Elles peuvent être semblables à celles du spectre, mais rarement identiques, quant à l'impression produite sur l'organe de la vue. Ainsi, on peut, par le mélange de certains rayons colorés, obtenir du rouge, de l'orangé... analogues aux mêmes couleurs du spectre, mais qui en diffèrent essentiellement, en ce que, formées de rayons inégalement réfrangibles, elles sont décomposables par la réfraction.

90&3. Coaleani eemplémeataireii. — Newton désigne ainsi deux couleurs dont le mélange produit du blanc. Si Ton dévie une partie des rayons sortant du prisme P {fig. 1544), au moyen d'un prisme placé en p, les couleurs obtenues en F et F' sont complémentaires, puisque leur réunion formerait du blanc. En avançant plus ou moins le prisme p, on fera varier les deux couleurs complémentaires. On peut encore prendre deux disques à secteurs colorés des nuances du spectre (^30), couvrir, sur l'un d'eux, certains secteurs avec du

2l4 CHROMATIQUE.

papier noir, et laisser ces mômes secteurs seuls à découvert sur Fantre ; ces disques présenteront des couleurs complémentaires pendant la rotation. On trouve, ainsi, que les couleurs rouge et veri; orangé et hleuijanne et violet^ sont complémentaires Fune de Tautre.

Toute couleur simple ou composée a sa couleur complémentaire, et, de plus, chaque couleur a une inGnité de couleurs complémentaires, puisque en ajoutant du blanc en proportion quelconque à Tune ou à Tantre des deux couleurs, elles ne cessent pas de former du blanc par leur mélange. On peut obtenir de la lumière blanche au moyen de verres de couleurs complémentaires non simples ; par exemple, en superposant un verre rouge et un verre bleu. M. Mauroenée forme un liquide incolore en mélangeant une dissolution rose d'un sel de nickel avec une dissolution bleue d*un sel de cobalt. Ces liquides mélangés agissent donc comme s*ils étaient simplement superposés (2049).

S0o4. Expérieaees de M. Heiaih^lta. — Ces expériences ont été faites directement sur les rayons du spectre solaire. Âpres avoir obtenu , au moyen ' d'un prisme et d*ane lentille achromatique, un spectre bien pur dans lequel on distingue les raies de Fraunhofer (^034), on reçoit ce spectre sur un écran muni de deux fentes étroites parallèles aux arêtes du prisme et pouvant être rapprochées Tune de Tautre. Les fentes laissent passer deux pinceaux colorés homogènes, que Ton reçoit sur une lentille qui tes rapproche et les réunit sur un écran blanc placé à une distance convenable. M. Helmholtz a reconnu, par ce moyen, qu'il existe une infinité de groupes binaires de couleurs qui, combinées en proportions convenables, forment du blanc parfait. A l'exception du vert par, toute couleur simple du spectre est complémentaire d'une autre couleur simple.

Dans ces expériences, on faisait varier le rapport entre les intensités des deux couleurs mélangées, en modifiant les largeurs des fentes. Ces intensités relatives étaient mesurées par le moyen suivant : les largeurs des fentes étant évaluées par des procédés micrométriques, on rétrécissait la plus large jusqu'à ce que le faisceau auquel elle donnait passage fût de même intensité que l'autre ; ce que l'on jugeait avec assez d'exactitude par la méthode de Rumfort (1885), malgré la différence de couleur des ombres. La diminution qu'il avait fallu faire subir à la fente la plus large permettait de calculer le rapport qui existait entre les intensités des faisceaux au moment où ils produisaient de la lumière blanche. Un fait remarquable, c'est que ce rapport dépend de l'intensité absolue de la lumière incidenle. C'est ce qui ressort des résultats suivants :

Rapport des ioteasilés iie II deuxiène coolear à la première Groupes de cooleurs conplémeotaires. ^^ ,, ^i

Lumière me. Lumière bible.

Violet — jaune verdàtrc 10 5

Indigo — jaune 4 3

Bleu — orangé i A

Bleu verdàtre — rouge 0,44 0,44

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