‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernementChapitre 50 sur 195 · MÉLANGE DES COULEURS · texte numérisé non relu

MÉLANGE DES COULEURS

Voici les principaux résultats trouvés par M. Helmhoitz : 1<» deux couleurs forment par leur mélange une couleur composée qui est quelquefois identique avec une des couleurs simples du spectre, mais qui souvent aussi en diffère sensiblement. Par exemple, le jaune verdâtre et le bleu verdàtre du spectre donnent un vert beaucoup plus terne que celui du spectre. Ce dernier vert, le violet, et surtout le rouge, ne peuvent être obtenus exactement par le mélange dé deux autres couleurs. 2^ Un résultat important, c'est que la qonleur produite par la réunion de trois couleurs simples, est différente de celle que Ton obtiendrait en combinant Tune d'elles avec la couleur simple du spectre, semblable au résultat de la combinaison des deux autres. Par exemple, le rouge et le vert bleuâtre du spectre donnent du jaune ; et le rouge, avec le vert bleuâtre obtenu par le mélange du vert et de Tindigo, donne du blanc, 3^ Il existe beaucoup de combinaisons de trois couleurs qui donnent du blanc. 4^ Il est impossible, avec trois couleurs seulement, de produire toutes les couleurs du spectre, d une manière un peu satisfaisante ; il faut, pour cela, se servir de cinq couleurs au moins : rouge, jaune, vert, bleu et violet. Le fait qui avait servi de point de départ à Thypothèse de trois couleurs primitives, se trouve donc inexact (2050). Si l'on peut réussir en mélangeant trois couleurs matérielles, cela tient au peu d'éclat des nuances obtenues, et à ce que l'on ne prend pas la peine de les comparer à celles du spectre, dont elles diffèrent notablement dans la plupart des cas. Les couleurs adoptées, rouge, jaune, bleu, ne seraient même pas les plus favorables ; il vaudrait mieux adopter le rouge, le vert et le violet; mais encore n*obtiendrait-on que des imitations très imparfaites des couleurs du spectre.

itoêo, Constractioii à^ Newton. — Après avoir fait un grand nombre d'expériences par quelques-unes des méthodes précédentes. Newton a formulé une règle géométrique, au moyen de laquelle on peut trouver approximativement le résultat du mélange de plusieurs couleurs : on divise une circonférence {fig. 1563) tn 7 parties correspondantes aux 7 couleurs du spectre, et pro^ portionnelles aux nombres i,-îV»"ïV>9»-ïV»"îo-»i;un calcul très simple donne alors, pour les valeurs des arcs en degrés :

Roige. Orangé. 4aitae. VerU Bien. Indigo. Violet.

On marque les centres de gravité r, o, j, u, b, i, v, de chacun de ces arcs ; et pour obtenir le résultat du mélange de plusieurs couleurs, on suppose appliquées aux centres de gravité des arcs qui leur correspondent, des forces parallèles proportionnelles aux quantités que l'on veut mélanger; puis, on cherche le point d'application delà résultante de ces forces. La couleur cherchée sera celle de l'arc du secteur dans lequel tombera ce point d'application. Par exemple, pour connaître le résultat du mélange de rayons rouges, bleus et jaunes, ayant des intensités entre elles comme les nombres Ur , n», et nj ; il faudra chercher, par la méthode connue (1, 69), le point d'application de la résultante de trois forces

parallèles égales kur, ni, et n/, appliquées en r, 6 et j ; si ce point tombe en n, on en conclura que le mélange donne du jaune, et du jaune tirant sur le vert, parce que le point n se trouve plus près de la limite du vert que de celle de 1 orangé. Plus le point n sera placé près du centre c, plus la nuance sera lavée de blauc. Si le point n tombait en c, le mélange formerait du blanc. C*est ce qui arrive entr*autres , quand on combine les 7 couleurs dans les proportions môme des arcs qui les représentent ; la résultante étant alors appliquée au centre de gravité c de la circonférence.

On conclut de la régie de Newton que : !<> deux couleurs simples qui se suivent sur la circonférence donnent une nuance intermédiaire. Il faut cependant excepter le rouge et le violet, qui ne se suivent pas dans le spectre. 2o Deux couleurs séparées par une troisième, donnent cette dernière. Ainsi, le rouge et le jaune donnent de l'orangé ; l'orangé et le vert, du jaune, etc. L'indigo et le rouge, qui se trouvent aux extrémités opposées du spectre, donnent une couleur rougeâtre différente du violet.

Biot a réduit cette méthode en formule générale. Pour cela il calcule les coordonnées des centres de gravité des arcs , en prenant pour axe des abcisses, la droite passant par le point de séparation des arcs correspondants au violet et au rouge, et par le centre pris pour origine. Ces coordonnées étant calculées, il multiplie chacune d'elles par le nombre de rayons Fig. 4 563. <^c ^^ couleur correspondante qui doit entrer dans le

composé, il fait la somme de tous ces produits ; et, la divisant par la somme totale des rayons à composer, il obtient les coordonnées du point d'application de la résultante. Ces coordonnées sont, en désignant les nombres de rayons de chaque couleur par l'initiale de son nom, sauf pour le violet qui est représenté par u,

(r—tt) Q,48235 + (q— i) 0,9631 63 + (j — 6) 0,813736 r-fo+j+r+6+t + tt.

De ces coordonnées on pent déduire la distance D du point d'application, au centre du cercle, ainsi que l'angle a que fait cette distance avec l'axe des x; car on a tang a = Y:XetY = D sin a, ou X = D cos «.

La valeur de a fait connaître dans quel secteur tombe le point d'application, et le rapport de D à i — D la proportion de lumière simple et de lumière blanche qui compose la couleur résultante.

Newton a donné la méthode précédente comme une règle empirique représentant les résultats qu'il a obtenus en formant au foyer d'une lentille, des couleurs composées contenant des proportions connues de lumière simple.

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