NOMENCLATURE DES COULEURS
Cependant il faut la considérer comme ne donnant qu'une approximation, dont on est d'autant plus disposé à se contenter, qu'on n'a pas ordinairement sous la main de moyen d'apprécier les couleurs avec certitude. Remarquons aussi que cette régie ne se vérifie pas toujours aussi exactement que l'avait cru Newton ; nous avons vu, par exemple, que le mélange des rayons bleus et jaiines peut donner du blanc et non du vert (2053).
;M64. Nomenelatere des eovienrs. — il a régné pendant longtemps une grande confusion dans la manière de désigner les couleurs. Les dénominations appliquées à une même nuance différent même souvent dans tes diverses industries qui en font usage; le peintre, Témailleur, le mosaïste, le verrier, le teinturier, n'ont pas la même nomenclature. Les termes employés sont d'ailleurs choisis d'une manière très capricieuse : tantôt ils sont empruntés aux objets naturels ou aux substances qui présentent ces couleurs, tantôt au pays qui les fournit ; d'autrefois ce sont des noms d'hommes, des noms de fantaisie, des noms bizarres. Des tentalives assez nombreuses ont été faites pour mettre de Tordre dans ce chaos; mais c'est à M. Chevreul qu'est due la première solution satisfaisante de la question*. ^
Toas et nvanees. — M. Chevreul donne aux mots ton et nuance, des valeurs différentes bien déterminées. Il appelle nuance, le résultat du mélange des couleurs pures en diverses proportions. Les nuances peuvent ensuite être mélangées de blanc ou de noir en quantité variable, ce qui donne pour chacune d'elles une infinité de tons. Le ton d'une nuance est d'autant plus affaibli ou abaissé qu'il s'y mêle plus de blanc ; et d'autant plus foncé ou élevé qu'il s'y mêle plus de noir. Les couleurs mêlées de noir sont celles que les peintres appellent rabattues-, ce sont des couleurs qui réfléchissent peu de lumière; et en effet, si l'on éclaire de moins en moins une surface peinte avec une couleur franche, elle paraît de plus en plus sombre, et finit par paraître noire. C'est ce que Ton peut remarquer quand le jour fuit ; toutes les couleurs se foncent et tournent au noir.
Cerele ehromatiqve. — )A. Chevreul a formé un tableau de 72 nuances, passant graduellement des unes aux autres, avec 20 tons pour chacune d'elles, les uns produits par des mélanges de blanc en proportion croissante, les autres par des mélanges de noir. Imaginons un cercle divisé en 72 secteurs égaux. Trois secteurs équidistants correspondent aux trois couleurs principales, rouge, jaune et bleu. Â égale distance de ces trois couleurs, sont placées celles que l'on forme en les mélangeant deux à deux ; Yorangé entre le rouge et le jaune, le vert entre le jaune et le bleu, le violet entre le rouge et le bleu ; puis, entre cas six nuances, les nuances intermédiaires, et ainsi de suite, de manière que le cercle se trouve contenir 72 nuances, passant graduellement des unes aux autres. Les secteurs sont partagés en cases quadrangulaires, par vingt circonférences concentriques, et dans les vingt cases de chaque secteur sont placés
* De la M du contraste tiinultané det couleun, p, 87.
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les tons de la coaleur qui loi appartient. Au centre, est un petit cercle blanc, i partir duquel la nuance se fonce en perdant du blanc, jusqu'à devenir pure; puis le ton se hausse de plus en plus en prenant du noir, jusqu'au contour du disque qui est bordé de noir. Il y a donc une série circulaire de cases qui contiennent les nuances pures avec leur maximum d'intensité, et & partir de chacune desquelles les tons s'affaiblissent en allant vers le centre, et se foncent au contraire en s'éloignant du centre. La série de couleurs contenues dans un même secteur forme une gamme des tons de la nuance correspondante. Si l'on part d'une case pour marcher suivant la circonférence, on a la série des 72 nuances correspondantes au ton de cette circonférence. On a ainsi un tableau de 4440 couleurs, qui forment des types suffisamment rapprochés pour les besoins de l'industrie, et auxquels il sera bon d'ajouter la gamme du blanc, c'est- &-dire la série des tons gris allant du blanc au noir. Un semblable tableau, construit avec des couleurs inaltérables, par exemple en porcelaine peinte, rendra de grands services à l'industrie, en permettant de s'entendre sur les couleurs, que l'on pourra désigner par les numéros du secteur et de la circonférence sur lesquels elles se trouveq^
M. Lecocq a disposé les cases colorées d'une autre manière. Il divise Ja surface d'une sphère en espaces quadrangulaires, au moyen de méridiens et de parallèles. A l'équateur sont les couleurs franches. Chacune d'elles se fonce sur chaque méridien en allant vers l'un des pôles terminé par une tache noire, et s'éclaircit en allant vers l'autre pôle où se trouve une tache blanche, il serait plus commode d'employer un cylindre, dont une des bases serait bordée de noir et l'autre de blanc, et qui présenterait à égale distance de ces bases une zone contenant les nuances pures. On pourrait encore développer ce cylindre sur un plan, ce qui permettrait d'embrasser d'un seul coup d'œil l'ensemble des nuances et de leurs tons. En répétant k l'une des extrémités du tableau quelques-unes des gammes de l'extrémité opposée, on y trouverait chacune des gammes, juxtaposée à celles qui en différent le moins. Sous cette forme, le tableau serait d'une exécution plus facile, surtout si l'on voulait le fabriquer en porcelaine.
S 4. — PROPRIÉTÉS PARTICULIÈRES DES RAYONS COLORÉS. I. BffBts oliimlqiiM. — PlMrtograpble.
eoes. Les différents rayons colorés qui composent le spectre présentent des intensités lumineuses^ phosphorogéniques et calorifiques inégales, et produisent des effets chimiques différents. Nous allons, pour terminer l'étude des rayons colorés, passer en revue les propriétés particulières qu'ils possèdent à ces différents points de vue.