EFFETS CHIMIQUES DBS RAYONS LUMINEUX
i^ Les actions chimiques a*0Dt pas lieu, pour les différentes substances, dans les mômes parties du spectre. Ainsi, le chlorure d'argent commence à noircir à l'extrême violet entre les raies H et 6, et la coloration s'étend peu à peu presque jusqu'en F, et du côté opposé bien au-delà du violet visible. Les autres sels d'argent, iodure, bromure, les plaques daguerriennes, se comportent de la même manière, seulement la coloration ne s'étend pas à la même distance audelà du violet, et le maximum n'occupe pas exactement la même position. On voit en A'H' {fig. 1564) les principales raies du spectre solaire, et en Âr, depuis F jusqu'en P le spectre chimique formé sur le chlorure d'argent, c'està-dire les teintes plus ou moins Toncées correspondant aux différents points du speclre lumineux. Pour d'autres substances, le maximum ne se montre pas au même endroit, du spectre. Par exemple, le bichromate de potasse, dont l'acide chromique se change en oxyde de chrome, et dont on voit le spectre chimique Ch^ commence à se colorer vers la raie F. — La résine de gaïac, Ga, bleuit à partir de H jusqu'en P, et le maximum correspond à M. Si l'on emploie le gaîac bleui d'avance par les rayons solaires, GB, on le voit blanchir dans le spectre, et l'effet s'étend de A en H, le maximum étant vers la raie F. La lumière agit donc de deux manières sur le gaîac, comme WoUaston l'avait déjà reconnu : les rayons les plus réfrangibles l'oxydent en le faisant passer au bleu, et les rayons les moins réfrangibles détruisent cette oxydation en le ramenant au blanc jaunâtre.— Avec le chlorure d'or. Or, l'impression s'étend de E à I, et l'action est très lente. Mais Seebeck ayant trouvé qu'une fois l'action commencée elle continue d'ellennémc dans Tobscurité, on peut, au bout d'une heure d'exposition dans un spectre brillant, enlever le papier elle laisser dans l'obscurité pendant plusieurs jours, au bout desquels l'effet est bien marqué. — M. Herschel a remarqué, après Grotthus, que les rayons qui décolorent une substance végétale ont très souvent une couleur complémentaire de celle de cette substance.
i^ Le spectre chimique présente des raies, de la même couleur que la substance avant qu'elle n'^ût été impressionnée, et occupant précisément la place des raies de Fraunhofer. On en distingue un grand nombre au-delà du violet , quand l'action chimique s'y étend. On voit en A'P' (fig, 1564) les principales raies du spectre chimique; ce sont celles de Fraunhofer, auxquelles on a ajouté celles qui sont distribuées de H' en P'.
3» Umjonm eontiMatemM. — Si, au lieu de préparer du chlorure d'argent dans une obscurité complète, on l'expose un instant à la lumière diffuse avant de le soumettre à l'action des rayons dispersés, on voit l'action se manifester en même temps dans toutes les parties du spectre, même dans le rouge extrême. Les rayons les moins réfrangibles ont donc la propriété de continuer l'action, une fois qu'elle est commencée; M. E. Becquerel les nomme raytms conti-nuateursj par opposition au nom de rayons excitateurs qu'il donne aux rayons capables de commencer l'action. 11 résulte de ce qui précède que les rayons excitateurs d'une substance ne sont pas les mêmes que pour une autre.
Dans la fig, 4564, la partie AF du spectre chimique kr formé sur le chlorure d'argent, est produite par les rayons continuateurs.
%»%%. Aetinooiètre éiectro-ehimiqne. — Cet appareil est destiné à comparer les effets chimiques des divers rayoïls du spectre, par les intensités des courants électriques produits, ab [fig. 1565) est une petite cuve rectangulaire de 6 à 40» de hauteur, remplie d*eau rendue légèrement conductrice par un peu de sulfate de soude, ou d'acide sulfurique ou nitrique, et pouvant glisser sur une table, le long d'une règle divisée. Deux lames/, Vy d'argent bien pur, recouvertes, par le procédé de Daguerre (2070), d'une mince pellicule de
chlorure , de bromure ou d'iodure d'argent , sont plongées parallèlement l'une à l'autre , dans le liquide, où elles sont soutenues par des montants en cuivre (, t' , et communiquent avec un réomètre de 3000 tours au moins. Les deux plaques sont aussi identiques que possible, de manière que le courant,quine manque pas de se produire au moment où on les plonge, cesse au bout d'un temps plus ou moins long. Le côté sensible d'une des lames est tourné vers une des faces de la cuve, face qui est transparente, tandis que les autres sont opaques. Au-devant de la face transparente se trouve un écran e muni d'une fente verticale dont on peut faire varier la largeur.
L'appareil étant installé dans l'obscurité la plus complète, on fait tomber sur l'écran un spectre fixe formé par un prisme vertical, et l'on place la cuve, de manière que la fente laisse passer les rayons que l'on veut éprouver, rayons dont on connaît la couleur, en glissant un écran blanc derrière les fentes. On enlève ensuite cet écran, et les rayons tombent sur une des lames sensibles. Aussitôt l'aiguille du réomètre se dévie de manière à indiquer que la lam« impressionnée prend l'électricité positive; ce qui devait être, puisqu'il se fait une décomposition (III, 4448). On observe l'angle d'impulsion, puis, déplaçant la cuve, on opère avec d'autres rayons. On sait, au moyen de la règle divisée, quelles sont les raies qui se projettent sur la plaque.
On reconnaît ainsi, en commençant par l'extrémité rouge, que le courant, et par conséquent l'action chimique, augmente à partir de P, atteint son maximum entre les raies H et G, et devient très faible à partir de F, comme l'indique la courbe PnF {fig. 4564). Si, après avoir fait passer successivement tontes les parties du spectre par la fente, on fait revenir la cuve en sens inverse, on trouve des déviations prononcées dans la partie AF, avec un maximum entre D et E, comme l'indique la courbe ernR, tandis que les actions restent les mêmes qu'auparavant dans la partie FP. C'est que lês rayons compris entre F et A, tombant sur une surface qui a reçu l'action des rayons
Fig. 4 565.