‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernementChapitre 52 sur 195 · EFFETS CHIMIQUES DES RAYONS LUMINEUX · texte numérisé non relu

EFFETS CHIMIQUES DES RAYONS LUMINEUX

;M98. AetloiM chlniques de la ivmlère. — La lumière est capable de produire certaines actions chimiques que la chaleur qui raccompagne ne peut proToquer. Par exemple, la lumière détermine la combinaison du chlore et de rhydrogéne; elle décompose les sels d'argent, d'or, de platine, qui abandonnent une partie de leur métal. Tout le monde connaît l'action des rayons solaires sur les substances colorantes d'origine organique; les couleurs appliquées sur les tissus, sur les papiers de tenture, pâlissent rapidement au soleil. On blanchit les toiles écrues, la cire, en les exposant au soleil dans des conditions convenables. La lumière est nécessaire aux actions chimiques qui ont lieu dans les feuilles des plantes pendant l'acte de la respiration ; elle préside h la formation de la matière colorante des feuilles et des fleurs. A l'ombre, les végétaux se développent mal ; les parties que l'on tient dans l'obscurité restent d'un blanc jaunâtre, et sont plus molles que celles qui croissent au grand jour. Les animaux ont aussi besoin de l'action de la lumière ; dans Tobscurité , ils languissent. Les coquilles abritées sous des rochers, ne présentent que des couleurs pâles, comparativement à celles qui reçoivent librement la lumièFe du jour.

Les effets que la lumière peut produire dans les corps consistent : 1o dans des décompositions chimiques, comme la décomposition des sels, la décoloration des substances végétales ; i^ dans des combinaisons, comme celle du chlore, du brome, de l'iode avec l'hydrogène, de la résine de gaïac avec l'oxygène ; 3^ dans des effets physiques sans changement de composition chimique, comme la modification dans l'arrangement des molécules, qui fait que le phosphore change de couleur sous l'influence de la lumière.

;Mtt4. Activité ehlmlqae des divers rayons Insiinevx. — Toutes les sources de lumière n'excitent pas les actions chimiques avec la même énergie ; la lumière solaire l'emporte beaucoup à cet égard sur toutes les autres. De plus, tous les rayons simples ne sont pas doués de la même efGcacité. Scheele, qui a découvert, vers 4770, l'action de la lumière sur le chlorure d'argent, avait observé l'inégalité d'action des divers rayons du spectre sur cette substance, et reconnut que l'action résidait surtout dans les rayons violets. Seebeck a annoncé plus tard que l'action croît des rayons rouges aux rayons violets. Ritter et Wollaston déeouvrirent ensuite, ea iSOi, que le chlorure d'argent est fortement noirci dans l'espace qui s'étend au-delà du violet et où il n'y a pas de rayons visibles ; ce qui a conduit à distinguer des radiations chimiques, que Ton a cru d'abord différentes des rayons lumineux. M. Berard ayant rassemblé au foyer d'une lentille, les rayons dispersés compris entre le vert et le rouge, puis ceux qui sont compris entre le vert et le violet, trouva que le chlorure d'argent placé au foyer éblouissant du premier faisceau n'avait éprouvé, au bout de deux heures, aucune coloration, tandis que, au foyer très peu brillant du second, le chlore était noirci en quelques minutes. Gay-Lussac et Thénard ont vu le mélange de chlore et d'hydrogène détoner sous l'influence des rayons violets et n'éprouver aucune action sous

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celle des rayons rouges ^ M. Seebeck ayant introduit le mélange sous des cloches en verre bleu et en verre rouge placées sur Teau, vit ce liquide remplir la cloche bleue en moins d'une minute, par l'absorption de Tacide chlorhydrique formé, tandis que l'aclion avait lieu avec une eitréme lenteur dans la cloche rouge.

En 1839, fut publiée la découverte de Daguerre. Une couche imperceptible d*iodure d*argent reçoit les images formées dans la chambre noire ; cette couche est impressionnée à des degrés différents, suivant que la lumière est plus ou moins vive, et Ton peut conserver Timage formée. Cette découverte admirable, sur laquelle nous reviendrons (19:26), a fortement attiré Tattention sur les

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actions chimiques de la lumière, et a provoqué les recherches de divers physiciens, parmi lesquels MM. Herschel, Draper, Moser, Mattencci, Niepce de Saint-Victor, et E. Becquerel.

S065. Expérience» de E. Beeqaerel^ — Dans ceS expériences, les actions chimiques des rayons du spectre ont été appréciées, soit par les courants électriques qu'elles engendrent, soit par les changements de teinte de certaines substances. Occupons-nous d'abord du second moyen.

Le spectre bien pur, et rendu fixe au moyen d'un héliostat, était formé par un prisme en ilint, de 60°, noirci partout où la lumière ne devait pas le traverser. Ce spectre laissait voir un grand nombre de raies ; on pouvait en faire varier la longueur, et par conséquent l'éclat, en déplaçant la lentille placée auprès du prisme (203^). Voici les principaux résultats obtenus :

* Rech. physico-chimiques, t. 11, p. 4 89 ; et Ann, de ch. et de pfc., 1« s., LXIXI1, 3Î8. 2 Annales de chimie et de phytique, 3« série, t. IX, p. 267.

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