‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernementChapitre 60 sur 195 · EFFETS PHOSPHOROGÉNIQUES DES RAYONS LUMINEUX · texte numérisé non relu

EFFETS PHOSPHOROGÉNIQUES DES RAYONS LUMINEUX

lumière. Tout ce qui suit est extrait des mémoires qu'il a publiés ^ Il a reconnu d'abord que les substances qui deviennent lumineuses sous l'action des rayons solaires sont beaucoup plus nombreuses qu'on ne le croyait auparavant. io II faut citer en première ligne les sulfures alcalino-terreux, comme ceux de baryum, calcium, strontium, connus sous le nom de phosphores artificiek, 2o Après ces corps, viennent quelques minéraux, certains diamants, des échantillons de fluorure de calcium, principalement la variété nommée chlorophane. 3^ Un très grand nombre de minéraux et sels, le plus souvent à base alcaline ou terreuse, mais ne luisant que quelques secondes et rarement quelques minutes ; par exemple, l'aragonite, les calcaires concrétionnés, le chorure <ie baryum, les cristaux de sulfate et carbonate de strontiane ou de baryte, etc. Les carbonates de magnésie, de glucyne, les chlorures de potassium, de sodium desséché, eic.

iMiineace de Tétat physique. — La phosphorescence parait dépendre de l'état moléculaire des corps, en môme temps que de leur nature. C'est ainsi que certains diamants sont phosphorescents par insolation, tandis que les autres variétés du carbone ne présentent rien de semblable. Les variétés de carbonate de chaux sont phosphorescentes à divers degrés, ou ne le so\it pas du tout. L'azotate de chaux, les chlorures de calcium, de sodium, les sulfates de soude, dépotasse, ne le sont plus quand ils sont dissous, le deviennent quand on les dessèche par un courant d'air chaud, et perdent en partie leur propriété quand on les fond, pour la reprendre au même degré en passant de nouveau par l'état de dissolution. La présence de l'eau de cristallisation peut aussi empêcher la phosphorescence. Les corps renfermés dans des tubes remplis de ivers gaz, ou dans lesquels on a fait le vide, conservent leur propriété de luire après avoir reçu l'action des rayons lumineux ; ee qui prouve qu'il n'y a pas d'action chimique.

La couleur de la lumière émise par une même substance varie aussi suivant la manière dont elle a été préparée. C'est surtout chez les sulfures que cela se remarque; il faut généralement qu'ils soient préparés par la voie sèche et à une température élevée, mais pas trop élevée. La chaleur peut faire acquérir temporairement à quelques corps la propriété de luire avec toutes les couleurs, suivant la température; et ils reviennent à la couleur primitive quand on les ramène à la température ambiante.

Darée de rémissioa. — La durée de l'émission de la lumière phosphorescente n'est pas -en rapport avec son intensité à chaque instant. Par exemple, le sulfure de strontium est encore lumineux après 30 heures, quoique, au premier moment, la lumière qu'il émet soit beaucoup plus faible que celle d'une foule d'autres substances qui cessent de luire après quelques minutes. Du reste,

1 Annales de ehioM el de physique, 3« série, t. LY, p. 5; LYll, p. 40 j LXIl, p. 5.

la durée dépend de la température, et diminue quand elle augmente, la même somme de lumière étant dépensée plus rapidement.

zone. Piiosphoroscope. — Beaucoup de substances ne conservant la phosphorescence que pendant quelques secondes, M. E. Becquerel a pensé qu'il pouvait y en avoir qui ne luisent que pendant un temps trop court après l'action des rayons excitants, pour qu'on puisse constater leur phosphorescence, et il a imaginé des appareils qu'il nomme phosphoroscopes, destinés à les étudier. La figure 1568 représente le phospLoroscope par réflexion. AD est une boîte cylindrique à bases horizontales, dont une moitié se trouve dans la chambre noire et l'autre en dehors. Deux ouvertures o, o' sont pratiquées dans la base supérieure; l'une o laisse arriver les rayons solaires sur le corps n; l'autre o' permet de voir ce corps. Un écran circulaire ee placé sous la base supérieure AB,

Fig. 1568.

reçoit un mouvement rapide de rotation ; il porte trois ouvertures équidistantes, de manière que, si l'ouverture o est en face d'une de celle de l'écran, l'ouverture o' est fermée par cet écran, etrice versa. Le corps reçoit donc les rayons solaires pendant un instant, et une fraction de seconde après, l'observateur voit la lueur que répand ce corps, s'il est phosphorescent. Cela se répète 3 fois à chaque tour, et, à cause de la persistance de l'impression dans l'œil, le corps présente une intensité lumineuse constante, et d'autant moins éloignée desa valeur maximum, qu'il s'écoule moins de temps entre la fermeture de l'ouverture o et le dégagement de l'ouverture o' ; ce temps peut n'être que ^^ de seconde. Dans lephosphoroscope |)ar transmission, les bases de la boîte cylindrique AD (fig. 1569) sont verticales et munies d'ouvertures o, o' placées en face l'une de l'autre. Deux écrans e, e' tournant sur le môme arbre, portent 4 ouvertures placées, de manière que l'ouverture o soit fermée pendant que o' est ouverte, et vice versa. Le corps se place en n, reçoit les rayons solaires et est aperçu par l'observateur, alternativement. Avec cette disposition, on peut faire tomber facilement sur le corps les rayons concentrés par une lentille, ou dispersés par un prisme, et étudier commodément les propriétés de la lumière phosphorescente émise par le corps n.

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