‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernementChapitre 59 sur 195 · EFFETS PHOSPHOROGÉNIQUES DES RAYONS LUMINEUX · texte numérisé non relu

EFFETS PHOSPHOROGÉNIQUES DES RAYONS LUMINEUX

m. BflétB phMphoTogéniqnes des rayons lumlneiiz*

tOHS. Nous avons vu que la lumière a la propriété de rendre phosphorescentes, certaines substances (1868). On s'est demandé si tous les rayons du spectre possèdent à cet égard la même efficacité. Quelques physiciens, et particulièrement Beccarïa, avaient avancé que les rayons violets étaient les plus aptes, et les rayons rouges les moins aptes, à produire la phosphorescence. Des expériences faites avec la lumière électrique, par MM. Biot et Becquerel, semblèrent indiquer que les rayons phosphorogéniques étaient distincts des rayons lumineux; mais il résulte d'expériences plus récentes de M. E. Becquerel, qu'il n'en est pas ainsi.

Ces expériences ont été faites avec les phosphores de Canton et de Bologne ^ La matière était répandue pulvérisée, sur une feuille de papier enduite de gomme, tendue sur un cadre de bois. Quand la couche était sèche, on l'exposait dans la chambre noire à l'action d'un spectre pur; on fermait les yeux, et, au bout de quelques minules, on bouchait l'ouverture de la chambre, et l'on observait la phosphorescence. Quand il s'agissait du phosphore de Canton, la lueur avait lieu de la raie G à l'extrémité P {fig, 1565) ; il y avait une partie moins lumineuse en IN, et deux maximum, l'un entre H et G, l'autre en 0. Le phosphore de Bologne donne des résultats semblables; seulement il n'y a pas de minimum en IN, et il n'existe qu'un maximum, situé entre les raies I et M. On voit que les rayons phosphorogéniques se trouvent dans la môme région du spectre que les rayons chimiques.

Les rayons continuateurs ont la faculté d'éteindre la phosphorescence quand elle existe d'avance ; ainsi, la substance phôsphorique qui a été exposée à la lumière avant de recevoir l'action du spectre, cesse de luire dans l'espace HÂ, pendant que son éclat lumineux augmente de II en P. De plus, les parties soumises à l'action des rayons destructeurs de la phosphorescence perdent la propriété de luire sous l'influence de la chaleur. — M. E. Becquerel ayant fait tomber, sur la couche, pendant sa phosphorescence, les rayons solaires tamisés à travers un verre rouge, a vu ces rayons éteindre la phosphorescence, pendant qu'elle persistait dans quelques parties préservées de leur action par un écran ; ce qui confirme ce qui précède. Seebeck avait déjà remarqué cette propriété des rayons rouges.

Les rayons continuateurs n'éteignent pas immédiatement la phosphorescence ; au contraire, ils l'exaltent d'abord, comme le fait la chaleur, en faisant dégager rapidement la somme de lumière que la substance ne devrait émettre que lentement et pendant plus longtemps. On rend très sensible l'action des

> Bibl. de Genhe (1842), t. XL, 357; et Ann. de ch. et de ph., 3« série, t. II, SU.

rayons rouges, en chauffant la substance ; la partie qui a été frappée par ces rayons reste obscure, tandis que tout autour, la surface devient lumineuse.

La couleur de la lumière phosphorescente, qui peut varier, de Torangérouge au violet, n*a pas de rapport avec celle des rayons excitateurs, sauf pour trois substances : le sulfure de harium, qui répand une lueur jauneorangé quand il a été frappé par les rayons situés entre H et P, et une lueur plus rougeâtre quand il reçoit les rayons violets et bleus ; le sulfure de calcium, lumineux rouge-orangé par les rayons compris de F en 0^ et qui présente une trace de nuance de vert, quand les rayons incidents sont compris entre 0 et P ; enfin la matière obtenue dans la réaction du sulfure de potassium sur les coquilles d*huître calcinées avec la chaux dans certaines circonstances, qui est lumineux violet-indigo dans la partie du spectre de même teinte, et devient bleu dans les rayons pris au-delà du violet. En général les rayons émis sont moins réfrangibles que les rayons excitateurs ; on voit que la substance qui précède présente une exception.

Lnmièiçe éiectriqae. — Cette lumière très vive et riche en rayons très réfrangibles, produit la phosphorescence plus activement que les rayons solaires. La décharge est plus efficace que la lumière continue de Tare voltaîque. L'expérience se fait dans des tubes horizontaux , dans lesquels on fait le vide, et qui contiennent une couche de la substance à étudier. On les fait traverser par la décharge d'une machine électrique, d'une batterie, ou de la bobine de RumhkorfT; une seule décharge suffît, du reste, pour produire Teifet.

2084. Baies da spectre phospiiorofféBiqae. — Pour observer CCS raies, il faut amplifier considérablement l'étendue du spectre. Pour cela, M. E. Becquerel reçoit les rayons dispersés sortant de la lentille, sur une seconde lentille de iO'" de foyer seulement, placée à une distance plus petite que iO«", du foyer de la première, de sorte que les rayons colorés partant de ce dernier foyer, sortaient en divergeant de la seconde lentille ; et il explorait ainsi successivement les différentes parties du spectre, qu'il rendait environ dix fois plus étendues. On voit ainsi, sur la surface phosphorescente, des raies obscures qui occupent les mêmes positions que celles des spectres lumineux et chimiques. Pour rendre ces raies plus distinctes, on porte la température à 200 ou 300** ; les parties lumineuses augmentent d'éclat, et les raies ressortent davantage.

Au moyen des deux spectres parallèles, obtenus comme il a été dit plus haut ( i923), on a reconnu que les lames incolores ou colorées, placées dans le passage des rayons incidents, absorbent les rayons phosphorogéniques dans les mêmes régions du spectre que les rayons lumineux et chimiques. On peut donc conclure de là, ainsi que de ce qui précède, et surtout de la coïncidence des raies, que les rayons phosphorogéniques ne sont pas plus distincts des rayons lumineux, que les rayons chimiques et les rayons calorifiques.

^I8S. Des sabstmnees pliosphoreseentes par laselatiea. — M. E. Becquerel a fait des recherches très étendues sur la phosphorescence par la

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