‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernementChapitre 85 sur 195 · LUNETTE TERRESTRE · texte numérisé non relu

LUNETTE TERRESTRE

placée à une distance assez grande pour fournir une seconde image qui se trouve redressée, et qu'on grossit avec l'oculaire. Le P. Scheiner exécuta des lunettes d'après ce principe, mais il trouva que les images étaient déformées sur leur contour. C'est alors que le P. Rheita imagina la lunette terrestre, lunette Rapproche ou langue-vue, telle qu'on l'exécute aujourd'hui. La figure 163Îf représente le porte -oculaire de cet instrument, ac est l'image réelle renversée fournie par l'objectif. Une lentille o est placée à une. distance de cette image égale à sa distance focale principale, de manière que les rayons partis d'un point de l'image réelle sortent tous de cette lentille parallèlement à l'axe optique qui leur correspond. Par exemple, les points a et c donnent les faisceaux cylindriques m, r'n' qui se croisent à une certaine distance de la lentille 0. d'autant plus petite que son foyer est plus court. Une seconde lentille o\ placée au-delà du point de croisement, fait converger les rayons de chaque faisceau cylindrique, sur l'axe secondaire correspondant à ce faisceau ; c'est-à-dire sur la droite menée par le centre PîK* i<^37.

optique o' parallèlement à ce

faisceau. Par exemple, les faisceaux fournis par les points a et c donneront des images a',c' de ces points situées à une distance o' de la lentille égale à sa distance focale principale. L'image ac' sera renversée par rapport à ac, et, par conséquent, droite par rapport à l'objet. Si les deux lentilles o, o' avaient le même foyer, les deux images ac, a'c' seraient égales. L'image a'c' est ensuite vue à travers le système oculaire LL', comme dans la lunette astronomique.

Le grossissement est égal à F : /*, comme pour la lunette astronomique, ^ quand les deux images oc, a'c' sont égales. Si elles sont inégales, le rapport de leurs diamètres est évidemment celui des distances focales f , ?' des deux

lentilles; on a donc — rr- = -^. et le grossissement est alors —7^. ac f ^ /(p

Le champ n'est pas changé par la présence des verres intermédiaires, quand on les place à une distance l'un de l'autre telle que le second reçoive tous les faisceaux parallèles venant du premier ; il faut pour cela que ces verres soient d'autant plus rapprochés que le second est plus petit. Ordinairement, on donne à la distance qui les sépare une valeur un peu plus grande que la somme de leurs foyers.

Luette de aolt. — La clarté est diminuée dans la lunette terrestre par les réflexions aux surfaces des verres. On compense en prenant un objectif plus grand. C'est ce que l'on fait surtout pour les lunettes de nuit^ afin que l'image soit distincte, malgré le très faible éclat des objets.

irae4. E.iuiette poiyalde. — Supposons que l'image ac (fig, 1637) soit plus rapprochée de la lentille 0 que son foyer principal, les faisceaux m, r'n' seront un peu divergents, et dans le même cas que s'ils partaient de l'image

virtuelle, grossie et renversée, fournie par les rayons émanant des diflSrents points de ac. Ces faisceaux divergents seront reçus par la lentille o\ qui donnera une image réelle et renversée a'c' de Timage virtuelle grossie, comme si cette dernière image était formée par l'objectif d'une seconde lunette, dont Toculaire serait LL', et avec laquelle on l'observerait. Le système forme donc comme deux lunettes astronomiques placées Tune à la suite de l'autre. Le grossissement sera alors le produit des grossissements des deux lunettes. Or, le grossissement de la seconde dépend de la distance de son objectif e' à Timage virtuelle qu'elle sert à observer, et cette distance elle-même dépend de la distance oc. On pourra donc faire varier le grossissement en déplaçant le système des verres intermédiaires. C'est ce qu*a fait M. Cauchoix dans les lunettes qu'il nomme polyaldes ou paneratiquês. Le grossissement varie ordinairement dans le rapport de 20à40oude30à50.

ZHOIam Lnnette-eomet ou télémètre. — Le tuyau des longues-vues est composé de plusieurs parties pouvant rentrer les unes dans b.'S autres pour la commodité du transport. Quand on veut en faire usage, il faut perdre un certain temps et se servir des deux mains pour allonger le tube et mettre au point ; ce qui est très incommode pour les usages de la guerre. M. Porro a imaginé une disposition qui fait disparaître ces inconvénients. Les rayons qui partent de l'objectif 0(fig. i 638) se réfléchissent deux fois dans Tintérieur d'un prisme rectangulaire P, puis dans un autre prisme semblable P', et arrivent enfin à l'oculaire oo, après s'être repliés ainsi, comme se replient les rayons sonores dans un cornet acoustique ; d'où le nom de lunette-cornet.

Si les deux prismes avaient leurs arêtes parallèles, l'image réelle, rq'etée devant l'oculaire, serait renversée; car si le premier prisme la redresse, comme on le voit en suivant la marche des rayons Or, Or', qui passent par le centre optique de l'objectif, rayons qui changent de côté l'un par rapport à l'autre après les deux réflexions sur le prisme P, un changement semblable aurait lien dans le second prisme, et l'image serait de nouveau renversée. Mais si Ton fait tourner le prisme P' de 90° autour de la normale à sa face hypothénuse, l'image tournera de 90° pour chaque réflexion, et par conséquent de 180** en tout; elle se trouvera donc redressée, comme on le voit sur la figure ; car les rayons s, s' sont placés, l'un par rapport à l'autre, d'une manière opposée aux rayons Or, Or'. On pourra donc observer immédiatement l'image, avec l'oculaire, sans avoir besoin de verres intermédiaires. Le tube oculaire est alors plus court, et la lunette peut être réduite au quart de la longueur d'une longuevue à tirage de même force. La ligne ponctuée nnn représente l'enveloppe extérieure de l'instrument. Pour mettre au point, on agit, par le pouce de la

Fig. 4 638.

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