LIAISON DB L'ÉTHER BT DES MOLÉCULES
qui sont allés jusqu'à 19^^, est constant. S'il en était ainsi des autres liquides» ^n aurait un moyen précis de mesurer leur compressibilité absolue.
S£4i. lallaeiiee àm mouTemeiit d'am aitltoa aiw l'éther qu'il ••stfeiit. — M. Fizeau est parvenu à résoudre, au moyen d'un réfracteur interférentiel particulier, une question importante relative à la manière dont Téther est uni aux molécules des corps. Quand ces derniers se déplacent, l'éther qu'ils contiennent est-il emporté avec eux? Ou bien le corps ne fait-il que traverser l'éther de l'espace, comme le filet du pécheur traverse l'eau? Ou bien enfin, une partie de l'éther suit-elle seule le corps? Arago avait essayé de résoudre la question en cherchant, au moyen d'un prisme, si la déviation minimum des rayons d'une étoile placée dans l'écliptique sur la tangente h l'élément occupé par la terre, restait la même quand la terre marchait vers l'étoile ou quand 6 mois plus tard, elle s'en éloignait, avec une vitesse de 8 lieues par seconde. Dans le premier cas, si l'éther était adhérent aux molécules du prisme, les choses se passeraient comme si les ondulations étaient raccourcies dans le rapport de 77000—8 à 77000, et dans le second, comme si elles étaient augmentées dans celui de 77000+8 à 77000. Mais on ne put constater aucune différence. Fresnel avait conclu de là que le corps n'emporte que la portion d'éther qu'il condense autour de ses molécules, et qui forme l'excès de la densité de Téther qu'il contient sur celle de l'éther environnant. Les expériences de M. Fizeau l'ont conduit précisément à ce résultats
Ces expériences ont été faites sur l'eau, au moyen de l'appareil fig, 4653. oO, O'm sont deux lunettes opposées, comme dans l'expérience de Suresne (1743), mais placées à 3 mètres seulement l'une de l'autre. En / est une lentille cylindrique verticale, qui rassemble les rayons solaires en une ligne focale s servant de source lumineuse. Ces rayons, réfléchis par une glace, n, inclinée à 49^, semblent venir du point s' symétrique du point s. Rendus ensuite parallèles par l'objectif 0, ils sont divisés en deux faisceaux par deux fentes pratiquées dans un écran e, et traversent les deux tubes AA', BB% fermés à leurs extrémités par une même glace, et dans lesquels de l'eau circule en sens contraire. Les faisceaux sont ensuite réunis par l'objectif 0', sur un miroir plan m placé à son foyer, et sont réfléchis de manière à changer de place ; celui qui passait par le tube AA' passant par BB', et vice versâ^ comme l'indiquent les flèches, qui sont en ligne ponctuée pour l'un des faisceaux. Ces faisceaux traversent de nouveau l'objectif 0, et vont faire en s' une image focale que l'on observe avec un oculaire o muni d'un réticule. Si les tubes A A', BB' contiennent un fluide en repos, les deux pinceaux forment en s' des franges d'interférence. Pour que ces franges ne soient pas trop serrées, il faut que l'angle s' soit très petit. Pour remplir cette condition, on dispose oblique* ment en vv' deux glaces épaisses qui écartent latéralement les rayons sans les dévier.
< ifiMlei dé cMmU et de physique, 3« âérie, t. LYII, p. 385.
STSTftMB DES OlfDULATIOllS.
Voici maintenant comment on fait passer le courant d'eau en sens contraire dans les deux tubes AÂ% BB'. Quatre flacons à trois tubulures, dont une est bouchée et ne sert que pour y verser de l'eau, sont disposés en /, f, /*,/"'. La tubulure centrale met l'eau qu'ils contiennent en communication avec les extrémités des tubes AÂ% BB', au moyen des tuyaux c, c\ c", c"\ qui plongent jusqu'au fond des flacons. Le tube tt fait communiquer les parties supérieures, contenant de l'air, des flacons f et /^ ; et le tube Vt\ les parties supérieures des flacons f, f". Ces tubes peuvent être mis en relation avec un récipient rr' plein d'air comprimé, par les tubes de plomb p, f munis de robinets r, r'. Ces r^inets sont à trois voies, comme on le voit en R, R', de manière qu'on peut faire communiquer les tubes p ou p', et par conséquent les flacons f , f ou ff f'\ soit avec l'air comprimé, soit avec l'atmosphère. — Supposons que le
tuyau p communique avecTaîr comprimé, et le tubep', avec l'atmosphère; l'eau des flacons /'et /^ sera refoulée par l'air comprimé, à travers les tuyau Cyc" et les tubes B'B, AA% et se précipitera dans les flacons f , f'\ où règne la pression atmosphérique. En tournant de 90"* les robinets r, r% on fait ensuite passer l'eau en sens contraire. On a pu ainsi, avec un excès de pression de 2 atmosphères seulement, obtenir une vitesse de 7 mètres par seconde environ.
Cela posé, tant que l'eau est en repos dans les deux tubes, les franges restent fixes, même quand on interpose dans un des faisceaux une lame transparente, ou qu'on change le fluide contenu dans un des tubes ; car les deoi faisceaux traversent toujours les mêmes milieux. Mais dès que l'eau se meut en sens contraire dans les deux tubes, l'un des faisceaux marche dans le sens du courant, en allant comme en revenant; tandis que l'autre marche en sens contraire ; et l'on voit les franges se déplacer d'une quantité sensiblement proportionnelle à la vitesse de l'eau. Quand on change le sens du courant, le déplacement se fait du côté opposé. Supposons que l'eau circule dans le sens des flèches empennées {fig. 1653), le faisceau entré en B marchera dans le sens du courant dans les tubes BB' et AA' ; et si l'éther est entraîné par l'eaa,