SENS DR IA VUE
La vue est le plus parfait de nos sens ; et l'œil, son or. gane, est le plus délicat, et eelui que nous cherchons davantage à protéger. La vue ou vision nous met en relation avec les objets extérieurs par les impressions lumineuses qu'ils produisent sur notre œil.
Nous étudierous les purties aecessoires de Fil, ses parties essentielles, puis la théorie de lu vision.
PARTIES ACCESSOIRES DE L'ŒIL.—Ce sont : les sourcils, les paupières, les museles moteurs et l'appareil lacryimal.
Soureuls. On désigne par ee nom deux ares de poils placés à la base du front et au-dessus des yeux. Leur fonction est de protéger l'œil contre la sueur qui peut découler du front, comme de modérer l'éclat d’une lumière trop vive qui nous fait fermer les yeux à moitié et froncer les sourcils.
Puupières. Au nombre de deux pour chaque il, les paupières sont des voiles membraneux et mobiles qui, à notre gré, s'étendent et recouvrent entièrement le globe oculaire Eu dehors elles sont coust'tuées par la peau, et en de lans par une membrane muqueuse nommée conjonctive. Au Lord de
ANAYOMIE ET PHYSIOLOGIE 123
chaque paupière, il J & Une rangée de cils, poils longs ct déliés, qui tempérent les rayons lumineux et abritent l'œil contre les poussières de l'air. A la base des cils, des glandes Spéciales sécrètent une sorte de graisse qui retient Les Jarmes à l'intérieur des paupières : cette matière grasse, quan elle est trop abo vlants et trop épaisse, pro luit la chussie des veux et fait adhérer ensemble les bords des paupières durant le sommeil.
Museles ioteurs. Pour que Ja vision soit distincte, il
faut que l'image arrive au fond de la rétine de l'œil. C'est pour obtenir ce résultat que nons diri.
geons les yeux vers les objets que nous voulons voir, Nix muscles, atta.
chés d’une part à l'orbite, et de l’autre au globe de l'œil, lui permettent de su tourner en tous sens et de prendre ainsi la direction nécessaire en chaque cus.
Fig. 70.—L'œil et ses secesesoires. Lorsque l'un de ces muscles est de longueur où de force anormale, les deux yeux ne peuvent avoir la même direction : cest le strabisme (valquirelmetit : loucherie).
Appareil lacrynul. Des glandes, grosses comme une noisette, placées au-dessus de l'œil, vers l'angle externe, et sous la voûte de l'orbite, produisent continuellement les re mes, liquide lévèrement salé, qui s'écoule sur le globe de l'œil
Fig. 70.—1, muscle droit supérieur ; —2, mu.c'e droit interne ; 3, musele droit inférieur ;—4, musele droit interne [coupé] ;—5, muscle petit oblique : — 6, muscle grand oblique {dut le tendon passe (‘dans une petite poulie avant de se fixer sur la sclérotique ou biauc de l'œil] ;—7, sourcil ;—8#, muscle élévateur de la paupière supérieure 5 —%, membrane conjonctive : —10, paupière sipcrieure ;—11, cils : —12, piu ièr.i Cirioure 3, sinus maxillaire : -1i, nerf optique ;—15, sinus frontal,
et facilite son glissement sous les paupières, tout en | net-
toyant des poissons qui porrruiont varriver, Las lumes,
parvenues vers l'angle externe de l'æil,sont reeusillies par les
points lacrymaux, d'où ellss passent
au ste lacrynial, et de là, par le eue
nul nasal, dans les méats inférieurs
des fosses nasales, Elles S'y évapo-
rent peu à peu, en chargeant de va-
peur l'air qui se rend aux poumons.
Généralement, les points lacryimaux
absorbent tout ie liquide ; mais il
arrive quelquefois qu'ils n'y peuvent
suffire, iorsque des émotions vives ou
Fig. %1.— Appareil lacrymal. la présence dans l'œil de quelque
corpriscule étranger activent fortement la sécrétion des glandes
lacrymales. Alors, les larmes coulent en abondance sur les joues.
PARTIES ESSENTIELLES DE L'ŒIL.— Les nerfs optiques et le globe oculaire sont les parties essentielies de Poil,
Verts optiques. C'est la deuxième paire des nerfs cràniens. En sortant de lencéphale, ils entre-croisent une partie de leurs fibres. Ilen résulte que chaeun de ces nerfs <e compose, en arrivait à l'œil, d'an gros faisceau qui lui est propre, et d’un autre faisceau, plus petit, qui vient de l'autre nerf, Il pénètre encuite dans le clobe de l'œil, au
fond duquel il s'épanouit en une sorte de
Wumbrane qui est sensible à la lumière. :
l Fig.
: ER 72.—Entre-croise-
Globe oculaire. Le globe de Fil, ment d'une partie des de forme presque sphérique, est logé nerfs optiques, dans l'orbite, cavité creusée au-dessous du front.
Deux membranes : la sclérotique et la choroïle, çonstitent les enveloppes du globe ocu'aire.
Fig. 71.—g, glande lacry male, placée au-dessus de l'œil, du côté externe : —
e, points lacrymaux ;— d, conduits lacrymaux ; —e. sac lacrymal :—f, canal nasal ;—b, le cauai nasal débouche dans le nez.
La slérotique (ir. ei. 1) us l'enveloppe la plus extérit ur du globe de l'œil, qu'elle recouvre entiere ‘Hit, excepté
en arrière et ei avaut. C'est ce Qu'on homme valeniremeut le
blanc de lil. Cette membrane est blanche et oprque, Des
lines conjonctives et élastiques la constituent. En arièr., le
Fig. 53.—G'obe de l'œil on£ert. Fix. 71 —Coupe longitudinale de l'œil. nerf optique et des vaisseaux Sangrins la traversent: er avant, la cornée transparente (Fi, 73,8) s'ajuste sur ses bords comme un verre de montre,
La choroïde est la seconde enveloppe de l'œil: elle s'é tend comme une doublure sur la surface interne de la sclérotique, Des vaisseaux sanguins la parcourent en wrand nombre. L'iris (Fig. 73, 9) la termine en avant. Un pigment très foncé noircit la choroï le, et la rend propre à absorber les rayons lumineux dont l'utilité a cessé. Chez les “albinos”, ce pigment fait défaut, et la pupille, au lieu d'être noire, est colorée en rouge ; e6 par smte de ce défaut de pigment, ils supportent difficilement la vive lumière du jour.
En dedans des enveloppes (sclérotique et choroïde) de l'œil, se trouve une membrane grisätre qui tapisse intérieure ment la choroïde : c’est la rétine (Fiu, 74,5) qui est le véritable organe visuel, parce que les images des objets extérieurs se dessinent, à l'aide des rayous lumineux, sur cette membrane jouant le rile d'un écran. La rétine n’est que l'épanouissement du nerf optique. Le point même d'arrivée du
Fig. 73-74,—1, sclérotique ;—2, choroïde —3, rétine ;—4, nerf optique ; — 5, humeur vitrée, contenue dans la metubrane hyaloïde ;—6, chambre postérieure de l'œil ;—7, chambre antérieure 59, cornée trausparente ;—9, pupille, ouverture circulaire pratiquée an milieu de l'iris ; —16, cristallin.
nerf optique, appelé punecbim even où point uveuyle est, insensible à la lumière ct ne peut recevoir ancune image. Au-dessus de ce point aveugle est la luche jaune, large d'environ un millimètre, et qui est de toute la rétine l'endroit où les images se forment avee le plus de netteté.
L'APPAREIL RÉFRINGENT, C'est--dire l'appareil remplissant dans l'organe de la vue le rôle d’une lentille qui réunirait les rayons lumineux et les dirigerait sur la rétine, constitue le corps du globe oculaire, et se compose, en suivant la ligne d'avant en arrière, des cinq piéces suivantes : la cornée transparente, l'humer aqueuse, l'iris, le cristallin et l'humeur vie trée (Fig. 73 et 74.)
La cornée transpurente forme la partie antérieure de l'œil, C'est une membrane bombée, minee et transparente, enchâsséc à li manière d'un verre de montre dans la sclérotique,
Derritre la cornée, est ua espace de deux à trois milii.
mètres d'épaisseur et nommé chambre antérieure,
Cette chambre est remplie par l'humeur aqueuse, liqui-
de incolore, composé d'eau et de quelques sels. L'éris, membrane prolongeant en avant la choroïde, limite du côté de l'intérieur la chambre antérieure. Un pigment partienlier colore l'iris, suivant son abondance plus on moins grande, de nuanecs variant avec les indivilus. En général, il est bleu chez les Fig. 75.— Irisavecses fibres [d'apr' Arnold.] personnes blendes, et 1, Puyille rapctisste.— 2, Popille scrandie, brun ou marron chez les personnes dont les cheveux so:t noirs où châtains.—Au centre de l'iris, une ouverture, que l'en nomme pupil'e, se ré trécit lorsque la lumière est vive, et s'agrandit lorsque la lumière est faible. Cette contraction et ectte dilatation se produisent sous l'influence des fivres circulaires et des tibres rayon-
vantes dont Liris est pourvu.
Le cristullin fait suite à l'iris et s'appuie sur son bord interne, I! a la forme d'une tentiile biconvexe, plus bombée
en arrière qu'en avant. De petits prises mobiles le composent.et en se éplagant changent sa courbure, ce qui lui permet de prendre Ja forme la plus favorable Pour assurer Ja netteté de la vue, Une membrane très fine. nommée cu paule Un pps. tallin, l'enveloppe entièrement, et Jui Permet même de se reconstituer après l'opération de la Caloracte : dans cette maladie, qui a lien lorsqne le cristallin devient opaque, on ouvre l'œil sur le côté, on brise le cristallin et l'on en retire les fragments. La vue se trouve alors restituée en Une certaine me. sure, parce que les rayons lumineux ne Sont plus empêchés de pénérer jusqu'à la rétine, ;
La cavité postérieure ‘du globe oculaire, ce qui comprend environ les trois quarts de l'ai}. est remplie par une lasse incolore, d'aspect gélatineux, Parfaitement transparente : C'est là ce qu'on appelle lhrmens vitre OÙ corps vitrée. De petits Vaisseaux “anaüins traversent cctte humeur, mais Sans nuire à la clarté de Ja vision,
THÉORIE DE LA VISION — C'est grâce à la lumière que NOUS pouvons apercevoir les objets. — On admet aujourd'hui que la Jumière n'est qu'an mouvement Vibratoire extrème. ment rapide de l'éher, fluide inpondérable qui péaètre tous les COrps.— Certains COrPS, Comme le soleil, les étoiles, etc.
produisent euUX-mémes de Ja lumière, c'est-à-dire produisent euX-Mmêines dans l'éther Jus Mouvements vil atoires. Les au-
tres corps ne font que réfléchir Ja lumière, e St-à-dire recoi. vent de l'éther l’action Vibratoire et la Comuniquent aux Corps qui les envVironunent : CéS HiouVeinents Vibratoires, ainsi réfléchis, sont les rayons lumineux, Ces raYons lumineux, Provenant des objets eXtérieurs, se rassemblent en Passant à travers le globe oculaire, afin d'impressionner plus fortement l\ rétine, de même que la lumière traversant une lentille se concentre à son foyer. L'excitation Vibratoire, cest-à-dire lumineuse, atteint «ur la rétine les fibrilles du nerf optique qui S'y épanouit, et se transmet par ce nerf jusqu'au ce Veau.
“ Pour comprendre Je Mécanisme de Ja vision, dit l'abbé
EC, (Zooloyic), SUpposous d'abord qu'il Sagit de voir un
seul point lumineux, Un fai seau de rayons éimanés de cc point tone sur la cornée, et traverse la chambre antérieure de l'ail. Lerayon central da faise an conserve à peu près la direction qu'il avait en entrant; mais les autres rayons se rapprochent du rayon central, et le faisceau arrive à liis moins divergentqu'il ne l'était. Une portion du faisceau remplit L'ouverture de la pupilie, et entre par Fe dans la chambre postérieure de l'œil. Les substances qui s'y trouvent, savoir le cristallin et l'humeur vitrée, agissent sur les rayons plus puissainment que ne l'avait Fait l'humeur aqueus> de la chambre antérieure, et achèvent de rapprocher les rayons les uns des autres, de sorte qu'ils arrivent tous ensemble en un mêine point de la rétine, situé sur le prolongement de la droit: meuée par le point lumineux et par le centre de la pupille.
“ Ce qui se passerait pour un seul point lumineux se passe pour tous les points qui composent un objet. Autant de faisceaux de rayons que nous voyons de points à ln fois pénè-
Fig. 76.— Coupe de l’œil et marche des rayons lumineux dans l'œil. trenit en même temps, sans se confondre, à travers la pupille. et vont se concentrer chacun en un point spécial de la rétine. Il se forme ainsi sur cette membrane comme une image (1)de
() Ilparaît même, d'après certaines expériences, que cette image s'imprime sur la rétine, au point qu'elle peut ensuite impressionn-r une piaque photographique. (Cf. Cosmos, 21 déc. 1895,, p. 64). À.
ER
Fig. 76.—1, cornée transparente ;— 2, sclérotique ;—3, choroïde et procès ciliaires ; —-4, rétine ;—5, iris et pupille ; —6, tache jaune ;—7, nerf optique ; - 8, paupières et ciis ; —9. puncétiti ctæcum où point aveugle :—AB, flèche dont l’image est reuversée sur la rétine.
tous les objet+ que nous Apercevons ; etcctte image est renversée par rapport aux objets, parce que Îles faisceaux de rayons partis de points placés en hant aboutissent au bas du globe de l'œ.l, «t réciproquement. ” (Fig. 76).
On peut constater par «les expériences faciles que l’image formée sur la rétine est véritablement renversée, Comment expliquer, cependant, que ous voyons les objets droits ? On donne diverses explications de ce phénomène. La plus raisonnable, c'est que l'organe de la vue suit la direction des rayons lumineux. Le jugement nous fait comprendre que les rayons inférieurs sur la rétine viennent du haut des objets, et qu'au contraire les rayons supérieurs sur la rétine viennent du bas des objets ; en suivant ces rayons, nous voyons dans leur position réelle leurs divers points de départ, c’est-à-
dire que nous voyons l'objet tel qu'il est placé en dehors de l'organe.
Vision binoculuire.—Comment se fait-il que, regardant un objet dont l'iruge se forme dans chacun de nos deux Yeux, nous ne voyons cependant qu’un seul objet ?—Ce phénomène de la vision binoculaire (ou avec les deux yeux) peut s'expliquer en disant que l'impression de l'image formée sur la rétine de chacun des yeux est transmise au Cerveau par les deux branches du nerf optique, et que c’est le cerveau lui-même qui centralise les deux images.—On peut dire aussi que la perception d'une seule image est une affaire d'habitude : nous +Vons reconnu par le toucher, par exemple, que les deux imges qui se forment dans nos Yeux proviennent d'un seul et inême objet.—Il faut remarquer, du reste, que l'image n: araît simple que si la sensation lumineuse se produit en des points correspondants des deux rétines. Que l'on déplace l'axe optique de l'un des Jeux, en pressant légèrement du doigt sur le globe oculaire, c’est.à-dire en empêchant les images de se former sur des points Correspondants, et l'on verra les objets doubles.
Accommodation de l'œxr aux distances. —Avec les ins-
truments d'optique que nous construisons, si nous désirons obtenir sur un écran, à travers une lentille fixe, des i Dages
nettes d'objets placés à des distances différentes, il nous faut, suivant le ens, rapprocher on éloigner ect écran, Le Créuteur à procé lé autrement ! Duus ln vision, l'écran (rétine) reste toujours à In même distance de la lentille (cristallin) ; mais cette lentille a In propriété de se bomber ou de s'aplatir selon qu'il s'agit de voir un objet à faible où à longue distance ! C'est le neuxcle ciliaire qui comprime où relâche les bords du cristallin et le fore+ à se renfler où À saplatir.—A l'état normal, le cristallin est aplati et disposé pour voir distinctement les objets eloïgnés ; pour voir des objets rapprochés, il nous faut augmenter sx courbure.—[l est facile de constater expérimentalement cette aceoimmoilation de l'œil :si nous placons un objet éloigné et un ohict voisis sur une méme ligne droite que notre œil, nons n'aurons une vue bien nette que d'un seul de ces deux objets ; l’image de l'autre sera toujours confuse.
LES DÉFAUTS DE LA VUE.—Nous L'indiquerons ici que les principaux défauts dont les veux peuvent être affectés.
La myopie où vue courte résulte de ee que les images se forment en avant de la rétine, au lieu de se former sur la rétine elle-même. Cette infirmité provient de ce que la distance est trop grande du cristallin an fond de l'œil, et, en d'autres cas, elle résulis: de là courbure trop prononcée du cristallin. L'usage de verres cuncaves, qui portent l'image sur le fond même de l'œil, remédie à ce défaut, qui d’ailleurs a coutume de diminuer avec l'âge.
La myopie ne permet de lire les caractères ordinaires d'imprimerie qu'à une distance moindre que 10 ou 12 pouces, ce qui est ln distance de la vue normale. Au contraire, la presbylie ne permet la lecture distincte qu'à une distance de plus de 12 pouces. Elle à pour canse la rigidité du cristallin, devenu incapable de s’'aceommoder aux distances rapprochées. Et alors le foyer de l’image se trouve en arrière de lu rétine. Les verres convexes ramènent sur lu rétine l’image des objets. Ordinairement les presbytes voient bien de loin.—Ce dé-
fact de la presbytie augmente avec l'âge.
Le strabisme, que nous avons déjà signalé (p. 123), con-