‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 2)Chapitre 125 sur 239 · RECONSTRUCTION DES TALUS ÉBOULÉS · texte numérisé non relu

RECONSTRUCTION DES TALUS ÉBOULÉS

K K composées de bonnes terres pilonnées et maintenues en place par le frottement.

M. Sazilly, dans son Mémoire sur les - ^^ (ravatix d'assainissement et de consolida- "î^ V^ lion de lalus, prescrit^ en cas d'é-

^ \ botilement, d'enlever toutes les terres \^ en mouvemenl. 11 n'admet aucune exception à celle règle; s*il Fallait réellement enlever toujours ainsi les terres ébou-

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lées, les travaux de consolidation deviendraient, dans certains cas, énormes et excessivement coûteux ; mais, ainsi que Tobsenre avec justesse M. Bruère cette opération , dans la plupart des circonstances, n'est nullement nécessaire. Il ne Tant enlever la totalité des terres éboulées, dit M. Bruère, dans les notes qu'il a bien voulu nous fournir, que si Tébonlemenl est peu considérable ; on recon-

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struit alors le talus comme Tindiquc la figure 60, qui reproduit m travail exécuté à la tranchée de Briel sur le chemin de MulhooK. le fond des glacis se trouvant au-dessus du fond de la tranchée, ou comme le montre la fig. 61, si le fond du glacis est en contre-bas du sol de la tranchée*.

Si la largeur de Téboulcment est considérable, et si la pente inférieure des glacis a une pente moindre que (r,20 par mètre, il devient inutile d'enlever toutes les tenw éboulées.

Les fig. 62 et 63 représentent le talus reconstruit dans deux cas différents. Le premier est celui où, la masse des terres éboulées n'étant pas considérable et la pente du glacis étant faible, il n'en pas nécessaire de soutenir les terres éboulées. Le second est celui où, au contraire, les terres éboulées se trouvant en grandes massn et reposant sur un glacis incliné, il faut les appuyer contre un massif inébranlable.

Fig. 01.

Fig. «2.

On donne à ce massif ABC D une épaisseur plus ou moins grande, suivant que la pression est plus ou moins forte, et on a soin de mnai^er un écoulement aux eaux qui pourraient pénétrer dans h

• Voir pnîTC 174 la il(»srnjïlion »los trnvniix <lo ce rhemin.

RECONSTRUCTION DES TALUS ÉBOULÉS. i\\

masse éboulée, li est utile aussi de mettre de distance en distance la pierrée en arrière du massif ABC I) en communication avec le

Kiff. 65.

ToRsé qui longe le chemin de ter à Taide de pierrées transversales qui traversent le massif ABCD.

Nous avons parlé d'accidents qui étaient survenus h la tranchée de Soultz et qui avaient nécessité la reconstruction de certaines parties des talus. La note suivante, empruntée à un rapport de M. Goschler, ingénieur principal au chemin de ter de l'Est, qui'n lui-même fait exécuter cette reconstruction, indique les moyens employés pour rétablir le talus.

« C'est au commencement de septembre 1854 que la tranchée dite d'assèchement établie en amont de la tranchée de Soultz a été terminée.

« A ce moment-là, il n'y avait d'éboulement bien sérieux que celui au piquet 164, à l'entrée de la tranchée vers Wissembourg; la tranchée était à profondeur et à largeur dans cette partie-là.

c( Cet éboulement consistait en un massif de 50 mètres de longueur, détaché sur 15 mètres environ de largeur, glissant sur un banc de glaise ayant une pente de (f.iS par mètre.

(( Comme on comptait sur les effets de la tranchée d'assèchement et qu'on espérait voir s'arrêter les mouvements de ce massif, on s'est contenté de combler la fissure produite en y pilonnant des terres avec soin.

c( On établit aussi en amont et parallèlement à la fissure une banquette en revers d'eau destinée à détourner les eaux pluviales qui auraient pu s'introduire dans les terres disloquées du massif en mouvement et reproduire le glissement. On continuait toujours à mettre la tranchée à fond suivant le profil modifié, quand, après une série de jours de pluie, le massif s'est remis en mouvement et

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glissa jusque dans la tranchée ; le mode suivi pour arrêter cet éboulemenl a été de remanier le massif par zones transversales de 5 à 8 mètres de longueur, en rétablissant rhorizontalité du bancde glaise par banquettes de 2 mètres de largeur (fig. 64); ces banqueUei étaient à peu près parallèles à la fissure, avaient une légère parte opposée à celle du banc de glaise, aboutissant à une rigole empieP' rée pour rendre les eaux à d'autres rigoles normales à la trancks et communiquant avec le fossé du chemin de fer.

Fip. 01.

a La glaise extraite des banquettes a été enlevée et mise en dépôt; la bonne terre seule a été employée pour combler réboulement. Ce travail a été exécuté par zones ou parties pour éviter les grands mouvements de terre.

a Ce même travail a été fait sur 60 mètres de longueur; le rêsdlat a été très-bon, il n'y a eu aucun mouvement nouveau dans cette partie-là.

c< A la suite de réboulement dont il vient d*ctre question (au profil IGo*), le bancde glaise a pris, et presque subitement, uneincBnaison beaucoup plus forte, c'est-à-dire une pente de 0"',60 à(r,70 par motrc. Dans celte partie, il n'apparaissait aucune partie de glaise dans le talus ni dans le fond de la tranchée ; on croyait n ivoir aucun éboulemenl à craindre ; ce n'est que lorsque la tranchée a été tout à fait à fond et les fossés ouverts que réboulement 8*esl manifesté; le poids du massif en mouvement sur une pente aussi forte a soulevé et déplacé le fond de la tranchée.

<c Deux au 1res éboulements, au profil 162 et au profil i62*, sont dans les mêmes conditions que le précédent , et ont été répands et garantis de la même manière en faisant un caniveau b (fig. 65) an haut (In banc do glissement, et en recouvrant celui-ci d'un matelas général do gravier que l'on prolongeait an-dessous du plafond do la Iran-

lŒCONSTRL'CTION DKS TALUS ÉBOULÉS. 415

r chce jusqu'aux terres éboulées. Comme le niveau des fossés ordif naires du chemin de fer était beaucoup au-dessus des points d'où 1 sortent les eaux, on a établi une rigole profonde et empierrée dans i Taxe de la tranchée qui aboutit au piquet 159 pour se jeter dans la r SaUzbach.

^ « Cette rigole, qui reçoit les eaux de ces trois éboulements 165*, 16ji* et 162, et de deux bouches de la grande tranchée d*asséchement, donne encore aujourd'hui 8 à 900 litres d*eau par heure. Au profil 165, sur 75 mètres environ de longueur, réboulemcnt s»*est produit sur 1"',50 de hauteur et aussi par glissement ; en cet endroit la couche de glaise est à peu près parallèle i\ la surface du sol ; le massif glaiseux, haut de 4 mètres environ au-dessus du fond de la tranchée, est partagé dans toute sa hauteur par des couches de sable de 0",05 à O'",20 d'épaisseur.

Kig. iio.

« Le massif parait être en communicati9n avec la tranchée d'assèchement, car, aussitôt que le caniveau (a) a été fait sur la couche supérieure (où s'est produit le glissement], il n'y a plus eu d'eau apparente dans les diverses couches de sable et de glaise qui composent ce massif; la tranchée a conservé son profil normal sur la longueur et la hauteur du massif.

« Je crois que les eaux pluviales, qui sont tombées dans l'espace de 15 mètres au moins de largeur moyenne compris entre Varéte supérieure du talus et la tranchée d'assèchement, ont contribué à une partie des éboulemenLs. Quant aux éboulements des pro6lsl65*, 102* et 162 (fig. 66), leur cause est suftisamment expliquée par l'inclinaison extraordinaire de la couche de glaise : celte couche de

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glaise, n'étant mise à jour sur aucun point bas, a pu conserver d'eaux anciennes pour donner à la surface de la glaise toute Toi»luosité qui a provoqué le glissement. »

<;onNtmctioB dd» reniiiahi. — i^es remblais des routes et de canaux s'exécutent ordinairement par couches successives que In prescrit quelquefois de pilonner, et qui, dans tons les cas, sont couprimées par les roues des tombereaux et par les pieds des chevaiu.

Sur les chemins de fer, il serait trop long et trop dispendiem d'élever de grands remblais par couches pilonnées ou même simplement au moyen de tondiereaux sans pilonnage; ces grands remblais, si ce n'est dans certains cas particuliers, se font en ma» sur toute la hauteur à la fois, c'est-à-dire qu'une petite portion de rend)lai, voisine de la tranchée, étant achevée sur toute la hauteur, on la continue en déposant des terres à l'extrémité jusqu'à la crête. <le n'est qu'en procédant de cette manière que Ton peut employer le chemin de ler au transport des terres ; la pose de la voie se (ail alors sur le remblai au furet à mesure de son avancement, elles waggons de terrassement viennent se décharger à l'extréniiié de \t voie, qui est aussi celle du remblai.

H n'est ici (piestion que de remblais qui, étant d'une graixlr liaul(>ur, sont aussi d'une certaine longueur ; car, lorsque la terre u'est portée en remblai qu'à une petite distance, il est souvent pb économique de se servir, pour les terrassements, de tombereaux que de waggous. Les remblais exécutés au tombereau sont d'aillcurï plus divisés et sujets à de moins grands tassements que ceux exécutés avec des wa^gons. Il ne faut pas oublier, d'un autre côlé, que rem|)loi des tombereaux devient souvent inq)0ssible dans certaiiib terrains après de grandes pluies, tandis (|ue le service des waggoos ne souiïre aucune interruption.

CONSTHUCTIOxN* DES HKMHLAIS. i\h

Quand les remblais sont conduits avec précipitation et par masses d'une grande hauteur au-dessus et autour des ouvrages d'art, il arrive fréquemment que les maçonneries se fendent ou se gauchissent. Ils doivent donc être faits dans ce cas avec beaucoup de précaution, être montés en même temps des deux côtés des voûtes en maçonnerie, et étendus uniformément sur ces voûtes par couches pilonnées d'environ 25 centimètres d'épaisseur.

Lorsque de grands remblais reposent sur des terrains compressibles, il est nécessaire d'employer des précautions analogues pour ne pas écraser le terrain ni le rompre en chargeant tout d'un coup certains points d'une masse excessive.

11 convient aussi, lorsque ces terrains compressibles sont composés de couches inclinées, qui peuvent glisser les unes sur les autres, de commencer le remblai en descendant les terres dans le fond de la vallée au moyen de tombereaux, au lieu de le monter immédiatement à hauteur, au sortir de la tranchée, avec les waggons. Mais ces précautions ne suffisent pas toujours pour empêcher l'afTaissement du sol, lorsque le remblai est parvenu à une certaine hauteur. Un des moyens les plus simples de prévenir cet aifaissenient autant que possible est d'élargir la base du remblai, de manière à diminuer la pression sur l'unité de surface autant que la compressibilité du sol Texige. liCs grands remblais, malgré cette précaution, pénètrent encore à une assez grande profondeur dans le sol. Ainsi, au chemin de Mulhouse, le grand remblai delà Meance près Provins, cubant 500,000 mètres cubes, et haut de ISmèlres au maximum, a pénétré de5 mètres dans le sol. Le cube enfoui est d'environ 200,000 mètres cubes, soit 2/5 mètres environ du cube total.

Lorsque le terrain, aux abords des remblais, est couvert de constructions ou qu'il est très-précieux, ce procédé serait trop dispendieux. On peut rendre le terrain incompressible en le desséchant (remblais sur le chemin de Munich à Augsbourg ^), ou encore on diminue le poids du remblai en le composant de matériaux légers et qui laissent entre eux des vides (remblais aux abords du pont de Cubzac). Le dessèchement du sol s*opère au moyen de rigoles, pierrées, aqueducs, puits absorbants, etc., etc.

' Voir pn^c 191 la descripltoii <lc8 travaui de ce chemiih

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