‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 2)Chapitre 127 sur 239 · IG · texte numérisé non relu

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THAVAIX DE TKUnASSKMENT BT TRAVAUX D'ABT.

Au cliemiii de fer de Versailles (rive gauche), Tingënieur en dier, M. Bergeron, a arrêté le glissement d'une couche de glaise sur h- (|uelle était placé un grand remblai (fig. 67) par un procédé bit ingénieux que nous allons décrire.

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A^icéttr

Les eaux d*inlillratioii el de sources qui remplissaient une couche de sable et de gravier, au-dessus d'un banc très-épais d'argile plastique, rendaient le sous-sol glissant et compressible. Malgré un grand nombre de tentatives, il avait été impossible de terminer le remblai projeté, et la traversée du Val-Fleury s*est faite à l'aide de deux estacades en cbarpente reliant les deux culées du viaduc au llauc du coteau. Après sept années d'usage, les estacades n'oiïraut plus assez de sécurité pour le passage des trains du chemin de|fer. il a l'allu revenir iiu projet délinitifet employer des moyens convenables pour rendre le sous-sol résistant. Ce but a été alleint par

COiNSTlllXTlUiS UKS UliMbLAlS. il?

deux picrrccs parallèles à Taxe du chemin, espacées de 10 mètres, régnant sur toute la base du remblai, et creusées verticalement au moyen de blindages et d'étrésillonnements jusqu'à 12 ou 15 mètres de protondeur. Ces deux pierrées étaient reliées entre elles par des pierrées transversales. En quelques points, la couche d'argile plastique avait plus de 8 mètres d*épaisseur.

Les eaux se sont écoulées, par de petits aqueducs établis au fond et le long de toutes les tranchées, jusque dans un puisard général creusé profondément dans la craie absorbante, où elles ont disparu.

Les pierrées ont produit un resserrement dans la couche aquifcre au-dessus du banc d'argile, et tout le massif, de 10 mètres d'épaisseur, compris entre les tranchées parallèles, s'est trouvé complètement asséché, et a^agi comme mur de soutènement, pour contenir le glissement du terrain supérieur.

C'est au moyen de ce procédé que les estacades du Val-Fleury ont pu être remplacées par le remblai déflnilif, très-élevé, sur lequel passe aujourd'hui le chemin de fer de l'Ouest.

Sur le même chemin, près de la station de Sèvres, un remblai en argile, exécuté par un temps humide, tendait sans cesse à s'écraser. Malgré tous les soins que l'on avait pris de pilonner les couches de glaise et de les assécher avec des couches de sable pour faciliter Técoulement des eaux souterraines, des affaissements brusques avaient eu lieu fréquemment, et plusieurs fois il avait fallu déplacer Taxe du chemin de fer. On a employé alors avec succès des boulons en fer traversant tout le remblai à 2 mètres environ audessous de la voie de fer, et terminés aux extrémités par des plateaux en bois Je clicnc, contre lesquels venaient s'appuyer les terres glissantes. Ces boulons faisaient ainsi l'elTet des boulons en fer que Ton pose dans les édifices pour relier deux murs verticaux parallèles qui tendent à s'écarter. Cependant, après plusieurs années, ce remblai boulonné a encore éprouvé des glissements à sa partie inférieure, et l'on y a déflnitivement remédié, d'un côté, par une pierrée semblable à celle du viaduc du Val-Flei^ry, et, de raiiUe, par une ligne de pieux et planches jointifs enfoncés, au moyen de la sonneU:\ tut le long de la base do la portion glissanle du remblai, comme l'indique la ligure 08.

418 TRAVAUX DE TEURASSBMEiNT ET TRAVAUX D'AHT.

Les remblais composés de terres glaiseuses, lors même qu'ils reposent sur des terrains incompressibles, sont sujets à d'aflaisser on à s'ébouler. Il faut, pour les contenir, bien dessécher la glaûe et li préserver en même temps de l'effet des eaux pluviales et de celui des eaux de source. On arrête les eaux pluviales en enveloppant le

Kig. (».

remblai d'une couche de bonne terre pilonnée avec soin, de telle fa(;on que Tintérieur seul soit de glaise, et Ton détourne les eam de source du pied du remblai au moyen de fossés, d* aqueducs on d'autres travaux du même genre.

Les remblais glaiseux doivent aussi être pilonnés, et, autant que possible, élevés en bonne saison. Enfin on a trouvé avantageux d'interposer des couches de sable entre les assises de glaise.

ReconstrucUoD des ranMals éboalés. — Les tahis de remblais

aussi bien que ceux des tranchées s'éboulent quelquefois apr« rachcvcment du remblai. Voici comment, au chemin de Mulhouse, on les a reconstruits en pareil cas.

Causes des ébonlemeDts de remblais. -^ Les éboulements de

remblais sont souvent occasionnés par l'interposition de couchet perméables de sable ou de boue (fig. 69 et 70).

Le sable provient de couches accidentoiles existant dans le terrain déblayé, la boue provient Fiy. oy. des cunettes.

Dans d'autres cas, les éboulements doivent être attribués à la diP

CAUSE DES ÉBOULEMExMS DE REMBLAIS. 419

férencc de nature des terres qui composent leremhlai, les unes perméables CD , les autres imperméables A 8(15^. 69).

Les remblais au waggon se composent généralement de terres déposées *^* ' *

de deux manières et à deux reprises différentes. Le noyau du remblai est formé d'abord avec des terres transportées au moyen des waggons qui se déchargent en avant ; ces terres, extraites dans les cunettes, contiennent proportionnellement plus de parties argileuses que celles qui forment les prismes latéraux du remblai ; celles-ci sont transportées avec des waggons au moyen desquels elles sont déchargées ensuite sur les côtés.

La partie centrale du remblai est ainsi composée d'un terrain pins imperméable que celui des prismes latéraux, en raison do ce qu'il contient plus de parties argileuses à volume égal et du tassement qui s'est déjii produit par le lemps et le passage de waggons avant qu'on ait déposé les prismes A et B (fig. 71).

Quelle que soit la composition du remblai, il est évident que l'action de l'eau sera ici, comme dans les tranchées, la cause principale des éboulements. Les eaux traversant les couches perméables de sable ou de boue descendent jusqu'à la base, y ramollissent les terres et déterminent ainsi l'éboulement des prismes P et P'; ou bien, si la composition du remblai se rapproche de celle indiquée figure 71, il se produit des crevasses entre les terres de densité différente, et c'est par ces crevasses que l'eau s'introduit dans le corps du remblai.

De ce qui précède, il résulte que les remblais faits au tombereau sont moins sujets à s'ébouler que ceux faits au waggon, et qu'il se-

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ÏUAVAIX Dt 'IVlUlASStMEIST tï ÏIUVAUX LAttl'.

rail fort sage de mettre de cote les portions sableuses cl les boues des cuncttcs ; mais le remblai, s*il est fait au waggon, n'en reslen pas moins composé ordinairement de terres de densité diiïérente, celles qui forment le noyau et qui sont déposées par les waggou virant devant, et celles jetées latéralement par les waggons virant de côté. On préviendrait les éboulements en établissant de chaque

l ig. 72

coté du remblai un contre-fort en terre végélalc ou sablonneuse^ paré du remblai par un empierrement (fig. 72).

11 est plus dim cilc de réparer le»

éboulements que de les prévenir.

Pour réparer k talus y ou n'enlève les terres éboulées que sur la largeur d'une bande de terrain nécessaire à Templacenicnl d'un contre-tort B (fig. 75) en terre pilonnée. Ce contre*fort sera séparé du remblai par une couclie de pierres ou de fascines de gravier. 11 sera coupé de distance en distance par des saignées transversales remplies également de pierres ou de fascines. Si les terres éboulées sont bumides, il convient de prolonger ces saignées au travers de ces terres jusqu'au noyau solide.

Souvent, le remblai saffaissanl, il se forme une espèce de p<»clK au milieu de la glaise éboulée. Il faut alors se hâter de pratiquer dans la glaise des saignées transversales pour donner écoulement aux eaux qui se rassemblent dans cette poche; mais ces travaux lie ^c font convenablement que dans la belle sii^on.

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