‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 2)Chapitre 151 sur 239 · OBSERVATIONS CRITIQUES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS CRITIQUES

« Pour la rabrication des rails, le mattre de forges aura le choix d'employer du fer corroyé et du fer brut ou du fer brut seul.

« Le paquet destiné à former la couverte sera composé uniquement avec du fer à grains; il sera laminé à plat^ c'est-à-dire que les plans de soudure de diverses mises seront parallèles à la largeur de la couverte. La couverte laminée sera complètement à grains; elle aura 0",160 de large sur 0",012 à 0", 01 4 d'épaisseur (0'",014 est un maximum qui ne devra jamais être dépassé). Les couvertes seront soumises à une réception provisoire. Les couvertes nerveuses seront rebutées et cisaillées immédiatement sous les yeux de l'agent. Cette première réception n'engagera en rien la Compagnie.

« Pour le paquet destiné à former le rail, on placera immédiatement sous la couverte des bandelettes qui pourront être en fer à grains. Le reste du paquet sera composé avec du fer aussi nerveux que possible.

<c Les deux mises qui se trouvent sous la couverte seront formées avec des barres d'une seule espèce; on tolérera des bouts dans les autres mises. Ces bouts, provenant du cisaillage du massiot, devront être afTranchis à l'une de leurs extrémités et avoir au moins 10 centimètres de longueur. On ne tolérera pas dans le paquet des bouts écrus ayant moins de O'^^SO de longueur. On croisera avec soin les joints que formeront les divers morceaux de fer composant les mises dont nous venons de parler. I^ fer brut ayant C^fOSi et 0"',054 de largeur, on croisera également les joints dans les mises du paquet. Ainsi on ne tolérera que deux mises de 0",081 ou de 0",054, Tune au-dessus de l'autre.

« Si on n'emploie que du fer brut, on placera en haut et en bas du paquet des mises en fer à grains; le reste du paquet sera composé avec du fer brut nerveux. On s'arrangera de manière à ne point avoir de joints à la surface du roulen\ent.

« La fabrication des rails sera aussi parfaite que possible. liCS rails pailleux et dessoudés seront rebutés. Quand en frappant à l'extrémité d'un rail (à la réunion de la couverte et du fer brut), il se montrera une trace de dessoudure, n'eût-elle que de 2 à 3 millimètres, le rail n'en sera pas moins refusé. Les arrachements des

bandelettes qui se trouvent sous la couverte seront également une cause de rebut. On tolérera les criques de chaleur qui n'attaqueront pas la surlace du roulement.

« Autant que possible, les rails seront coupés à froid au moyen des tourSy et à une distance de (r,25 à O^'.^O des deux bouts. Le bout sortant le premier du laminoir devra toujours être plus long que Vautre. Tout rail n'ayant pas de 50 à 60 centimètres en plus que sa longueur normale devra èlre coupé pour une autre longueur.

« On tolérera le coupage à chaud au moyen de scies disposées de manière à couper les deux bouts à la fois. Les bavarea produite^: par la scie seront enlevées au moyen d'une fraise ou d'une cisaille. Les rails sciés à chaud devront donc avoir au moins 10 millimètres de plus que leur longueur normale.

« 11 est formellement interdit de couper un bout d*abord et de rcchauiïer l'autre ensuite pour le couper, soit à la scie, çoit à Ih tranche.

« Pour le dressage cl la longueur, imposer les mêmes conditions que celles qu'on exige aujourd'hui. »

Il résulte de l'extrait que nous venons de donner du Mémoire de M. Curtel que cet ingénieur attache une grande importance à la composition des paquets. Il ne parait pas douter que le fer à grains ne puisse se souder parfaitement au fer nerveux si le paquet est suffisamment chauffé. C'est ce que contestent des ingénieurs expérimentés. Nous avons nous-mcme employé des bandages de roues composés en partie de fer à grains et en partie de fer nerveux, el la soudure, malgré les soins apportés dans la fabrication d'un produit qui se paye fort cher, s*est toujours trouvée imparfaite. Aussi les Compagnies ont-elles renoncé à l'emploi de ces bandages.

M. Couche, tout en déclarant qu'il a vu à l'Exposition de Munich des rails à patin fabriqués tels que le recommande l'instruction des chemins do fer Bavarois, c'est-à-dire avec un champignon grenu et un patin nerveux, s'exprime de la manière suivante sur l'association du fer à grain et du fer nerveux :

« La soudure des deux fers est possible, sans contredit, mais elle est tout au mois difGcile et suspecte dans les conditions de la

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