‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 2)Chapitre 153 sur 239 · TRAVERSES · texte numérisé non relu

TRAVERSES

On enfonce on certain nombre de chevilles dans un bloc de chêne jusqu'à moiUé de leur longueur, puis on recourbe à- coups de masse la partie excédante, de manière qu*elle fasse un angle de 45 degrés avec la verticale. Les chevilles soumises à cette épreuve ne doivent présenter aucune altération.

CoIbs« — Les coins doivent être en bois sec de bonne qualité (chêne ou acacia), sans aubier et de droit fil. Afin de s'assurer que cette dernière condition est remplie, on exige que les coins soient débiles à la hache au lieu de Têtre à la scie, puis rabotés.

On vérifie leurs dimensions au moyen de deux gabarits en acier ; cha(|ue coin doit traverser presque totalement Tun de ces gabarits et entrer à peine dans l'autre.

TrmMwamm. — Nous avons dit que les traverses des chemins européens étaient en chêne, en hêtre, en pin, ou en sapin. Le hêtre ne peut être employé que lorsqu'il a été préparé par un des procédés indiqués plus haut. On prépare aussi généralement le sapin et le pin, à moins toutefois qu'il ne soit très-résineux, comme le mélèze (pinus laryx). Au chemin de l'Est, on a remarqué que les chevillettes prenaient du jeu bien plus facilement dans le sapin que dans les autres bois. Elles se maintiennent beaucoup mieux dans le bois de hêtre.

« En prenant la durée relative des différentes essences de bois préparées et employées pour traverses, dit l'instruction bavaroise, et en calculant les intérêts comparés du prix d'acquisition et les frais de pose, on a trouvé que le montant de l'entretien normal était en Bavière le même quand le prix d'acquisition des pins et des sapins est de 1 franc, celui des pins résineux de i 1/3 et celui du chêne de 2.

« A cette considération purement financière il convient d'ajouter que les chevilles tiennent mieux dans ces traverses en chêne, et que l'exploitation éprouve moins de dérangement par suite du renouvellement des traverses, et que, de plus, il y a économie de coins, de chevilles, de boulons et d'éclisses. Il convient donc d'em^oyer les traverses en chêne partout où il y a possibiHté de se les procurer à un prix inférieur à 2 1/10 de fois celui des pins et des sapins, on à 1 1/2 de fois de celui des pins résineux. »

Les traverses sont payées en raison de leur volunie ou à la pièce. Dans ce dernier cas, les tolérances- en plus doivent compenser le^ tolérances en moins et l'épaisseur de Taubier est limitée. Quand les traverses sont payées au cube, on ne tient pas compte de Taubier ou Ton indique une tolérance. Cette stipulation ne s'applique qu*ain traverses en chêne, car les traverses en hêtre ne contiennent pt$ d'aubier proprement dit. Il est très-important d'indiquer au cahier des charges le mode de mesurage des traverses. Autrement le finirnisseur pourrait avoir la prétention de les mesurer suivant certains usages du commerce, au grand détriment de la Compagnie.

On stipule que toute traverse présentant des défauts sera rejetée; on exige que le bois de chêne ait été abattu en bonne saison (du 15 octobre au 15 mars, à Tépoque où la circulation de la sève est ralentie) ; enfin Ton n'admet que des bois qui aient moins de deux ans de coupe.

Quant à la forme des traverses, on exige que les deux faces horizontales soient planes, et Ton indique une courbure limite dam l'autre sens. La Compagnie de l'Est n'admet plus les travo^es demi-rondes en chêne.

On a reconnu que les traverses devaient faire saillie de 0",60au moins en dehors des rails. Si elles sont moins longues, leurs extrémités vibrent fortement au passage des trains et font tasser la chaussée, de sorte que les traverses finissent par ne plus reposer sur le ballast qu'en leur milieu. Pour la voie ordinaire de 1",50, les traverses doivent donc avoir 2*", 70 de longueur.

La largeur et l'épaisseur des traverses influent également sur la stabilité de la voie. Si les traverses sont trop minces, elles fléchisseol au passage des machines ; si elles sont trop étroites, elles ne re|)0sent pas sur une surface assez étendue, et la voie manque detolidite. D'un autre côté, leur largeur ne doit pas dépasser Ô",36, sans quoi Ton ne parvient que difficilement à bourrer uniformément le sable sur lequel elles portent.

Aux chemins de fer de TEst, on a employé des traversins très-volumineuses (O^^llO pour les traverses intermédiaires), et on son ost très-bien trouvé. Ln voio est excollonlo et coûte peu dVnlrelien.

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