CHAPITRE V
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La rédaction des devis est une des opérations les plus importantes et les pins difficiles dont l'ingénieur chargé de la construction d'un chemin de fer ait à se préoccuper. Le succès d'une entreprise dépend essentiellement de l'exactitude des estimations faites de la dépense. Nous iferrons plus loin que, pour un grand uombre de lignes établies, les erreurs de devis ont été considérables. L'appréciation des produits ayait été fort heureusement autant au-dessous de la vérité que celle des dépenses, de manière qu'il s'est établi une sorte de compensation, et qu'en définitive les revenus ont dépassé les espérances des fondateurs. Il n'en faut pas moins s'attacher à calculer aussi exactement que possible le capital à émettre, surtout pour les lignes qui restent à construire et sur lesquelles la circulation ne sera pas aussi active que sur celles déjà existantes.
Il est bien rare que Ton dresse des devis réguliers et compleis d'un chemin de fer avant d'en entreprendre l'exécution. Pour dresser des devis réguliers, il faut connaître parfaitement le tracé, la nature des terrains traversés, la nature des matériaux voisins de la ligne, etc., etc., et avoir rédigé tout le projet. Or l'administration, en France, n'approuve jamais le tracé d'une grande ligne dans son ensemble; elle ne l'approuve que par portions successives. L'étude des terrains est longue et difficile ; il en est de même de celle des matériaux. La rédaction des projets exige aussi beaucoup de temps et ne peut avoir lieu qu'après l'approbation du tracé. Si les compagnies attendaient, pour commencer leurs travaux, l'approbation complète du trace et l'accomplissement de toutes les études qui
Tont suite à cette approbation, elles s'exposeraient à des pertes de temps, et, par suite, à des pertes d'argent considérables. Les travaux commencent donc généralement le plus souvent sur une grande échelle avant que les devis réguliers et complets aient été dressés; mais, à défaut de ces devis, on en dresse d'approximatifs qui doivent se rapprocher le plus possible de la vérité. Les devis réguliers et complets viennent ensuite, quand les travaux sont déjà parvenu» à un certain degré d'avancement. Quant bu prix de revient, on ne peut l'établir avec une entière exactitude que lorsque les décomptes ont été acceptés par les entrepreneurs, car il arrive presque toujours que les entrepreneurs élèvent au dernier moment des réclamations tout à fait imprévues.
Pour dresser le devis d'un chemin à construire, il Giut connailn* le prix de revient des chemins livrés à l'exploitation et le décomposer dans ses éléments.
PHsK 4e €— twwit— 4e« cheMiMi étaMU. — Ce prix de revient varie dans des limites fort étendues : c'est ce que prouvent les tableaux suivants, qui ont été dressés d'après les documents officiels publiés par les gouvernements d'Angleterre, de France, de Belgique, d'Allemagne et des États-Unis, ou d'après les comptes rendus des Compagnies.
// est important, en procédant par analogie pour rétablissement du prix des chemins à construire, de tenir compte de raugmentatien quant subie généralement les prix de mainnïœuvrey ceux des matériaux, etc. Ainsi le mètre cube de terrassement et de maçonnerie, qui a coûté il y a quelques années un certain prix, se paye aujourd'hui un quarl, ou mémo moitié en sus.