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De Lobel, Chemina de fer

tt HISTORIQUE DES CHEMINS DE FER.

En Ecosse, où la configuration du sol sô prête difficilement à l'établissement des chemins de fer, nous ne remarquons qu'une seule ligne importante : eelle d'Edimbourg à Glaseow et quelques petits chemins de fer employés pour le service des mines.

L'Irlande, où les mêmes difficultés d'e&écution ne se rencon*» trent pas, n'est cependant pas beaucoup plus riche en chemins de fer.

Le moment est venu où le gouvernement anglais ne peut , sans manquer à ses devoirs , tarder davantage à provoquer la construction du réseau irlandais par des subventions accordées aux compagnies ou en l'établissant de ses propres deniers. Un des moyens les plus efficaces d'arracher la malheureuse Irlande à la misère qui l'accable est, sans aucun doute, d'améliorer ses voies de communication, dont l'imperfection contraste avec la perfection de celles de l'Angleterre.

Aucune pensée d'ensemble n'a présidé en Angleterre à la détermination du tracé des chemins de fer, mais l'industrie y est si florissante sur presque tous les points du royaume, et le goût de la spéculation y est si développé que bientôt il ne s'y trouvera pas une localité de quelque importance qui n'ait son chemin de fer. Nous verrons au chapitre Des frais de cmistnuy tion qu'en 1854 la longueur des chemins exploités dans ce pays était de 12 362 kilomètres, ce qui représente, en n'ayant égard qu'à la valeur d'émission, l'énorme capitafde 6 milliards 833 mille francs , et que ce capital , si l'on construit tous les chemins projetés et autorisés, atteindra bientôt 9 milliards.

A Georges Stephenson , Touvrier mineur, appartient l'honneur d'avoir construit le premier chemin à grande vitesse, nonseulement de l'Angleterre, mais du monde entier, celui de Liverpool à Manchester; à Robert Stephenson celui d'avoir continué l'œuvre de son père, établi une partie des lignes les plus importantes de l'Angleterre et présidé à l'étude d'un grand nombre de lignes dans les cinq parties du monde. D'autres ingénieurs et des capitalistes intelligents doivent aussi être cités comme les pères de l'industrie des chemins de fer en Angle-

CHEMIKS EN BELGIQUE. %%

terre. Parmi les ingénieurs nous Dominerons Brunel, Wood» Locke, Walker, etc.

Les grandes lignes » celle de Londres à Bristol surtout, ont été construites avec luxe ; leur tracé et la construction de la voie ainsi que celle de leur matériel ont été calculés de manière à permettre d'effectuer les transports aux plus grandes vitesses connues aujourd'hui. Elles ont été toutes établies par ria* dustrie particulière. Plus loin nous consacrerons un chapitre à la description de ceux de ces chemins de fer qui nous paraissent les plus dignes de fixer l'attention.

Chenlas em Belflqve. — Les Belges ont suivi de très-près les Anglais dans l'établissement des chemins de fer. La loi qui décréta la création du grand réseau terminé aujourd'hui ftit promulguée en 1834.

Ecoutons M. Michel Chevalier mesurant la portée de cette grande œuvre.

«« Aussitôt installé, dit-il, le gouvernement de ce pays sentit que pour s'assurer Tavenir il devait marquer de son sceau le territoire belge par de grandes entreprises en harmonie avec l'esprit du siècle. En même temps qu'il rattachait à lui toutes les anciennes influences, qu'il ralliait à sa cause les antiques éléments d'ordre et qu'il consolidait la paix intérieure, condition première du bien-être de l'immense majorité, il se lança résolument, mais avec sagesse et sang-froid, dans les innovations que recommandait une politique non moins conservatrice que progressive. Les chemins de fer étaient déjà en honneur, il crut que par eux il pouvait conquérir une solide popularité et qu'il parviendrait à créer à la Belgique un irrécusable titre d'admission parmi les Etats européens. ••

« Toutes ces espérances du gouvernement belge se sont réalisées et au delà. Grâce à cette démonstration de puissance (nous insistons sur le mot , car la force qui enfante des œuvres fécondes est de la puissance tout aussi bien que celle qui couvre de cadavres les champs de bataille), grâce à cet acte décisif, la Belgique, complètement affermie au dedans a gagné au dehors

l'admiration, sinon lamitié de ses plus hautains ennemis; grâce à ses ministres , en 1834 , elle a devancé dans Tœavre des chemins de fer les grandes monarchies européennes. Elle doit à cette œuvre sa prospérité , elle lui est redevable de sa nationalité elle-même. ••

Le mérite de cette grande œuvre appartient surtout à M. Nothomb, ministre des travaux publics de Belgique en 1834, à MM. Simons et de Ridder, ses dignes auxiliaires, et à M. Masui , directeur général de l'exploitation. Leurs noms sont à jamais attachés à cette belle création.

Deux lignes principales sur lesquelles s'embranchent un grand nombre de tronçons secondaires traversent la Belgique de l'est à l'ouest et du nord au sud. La ligne transversale d'Ostende à Verviers prolongée jusqu'à Cologne assure le commerce de la Belgique avec l'Angleterre et l'Allemagne. Celle qui s'étend du nord au sud, d'Anvers à Mons, et qui se prolonge jusqu'à Paris, relie la Belgique à la France et à la Hollande.

Les chemins belges et leur matériel ont été conçus dans un tout autre esprit que les chemins anglais. Ils n'admettent pas la même vitesse. Aujourd'hui , certainement , ils suffisent aux besoins du commerce en Belgique ; mais il est à craindre pour ce pays que, dans quelques années, ils soient incapables de soutenir la concurrence des chemins françtds construits sur le modèle des chemins anglais. Malgré la différence du trajet, une partie du mouvement qui s'opère actuellement sur les chemins belges, de l'Angleterre et de la France vers une partie de l'Allemagne, se portera alors sur le chemin de Paris à Strasbourg , surtout si l'on établit le chemin de Calais à Reims.

La presque totalité des chemins belges a été construite par l'Etat. Le gouvernement belge a cependant concédé à l'industrie particulière 79 kilomètres de nouvelles lignes ou d'embranchements , parmi lesquels on distingue le chemin des Flandres occidentales , celui de Namur à Liège et le chemin direct d'Anvers à Gand.

Chemifis em Franee.— On se servait depuis bien des années

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