CHEMINS EN FRANGE
des chemins de fer aux abords ou dans rintërieur des mines d'Angleterre, qu'à peine les connaissions-nous en France.
De 1820 à 1830, l'industrie des chemins de fer fit un grand pas en Angleterre ; on établit dans le nord plusieurs lignes d'une longueur considérable dans le but d'ouvrir des débouchés au commerce des charbons. Et pourtant ce n'est pas sans de sérieuses difficultés qu'en 1826, M. Beaunier obtenait l'autorisation de construire, pour le transport des charbons de terre,, le chemin de Saint-Etienne à Andrezieux, MM. Séguin un peu plus tard celle de poser le chemin de Saint-Etienne à Lyon, et MM. Mellet et Henry la permission de relier Saint-Etienne à Roanne par une voie ferrée. Mais si alors la France marcha un moment sur les traces de l'Angleterre, elle s'arrêta bientôt dans cet élan, et, plus occupée de ses dissensions politiques que du soin de conserver sa position industrielle , elle hésita longtemps avant de procéder franchement et hardiment à la créaticm de ces grandes lignes dont l'immense utilité pour l'a* venir du pays est maintenant passée à l'état d'axiome.
Ce fut en 1842 seulement que le gouvernement fit adopter par les chambres une loi qui , malgré ses imperfections , est devenue pour la France l'origine d'une nouvelle ère sociale. Les chambres , la France entière, comprirent enfin la nécessité de procéder, sans plus attendre, à l'établissement des grandes voies métalliques. Le projet de toutes les grandes lignes ayant été, pour ainsi dire, enfanté en un seul jour, on en a retiré du moins cet avantage qu'elles ont été tracées dans des idées d'ensemble qui n'ont pas présidé à la conception des chemins de fer anglais et allemands.
Les forces isolées de l'Etat ou de l'industrie eussent été insuffisantes pour une œuvre aussi grande. Aussi ont-elles été appelées à concourir à son exécution. Ralenties en 1847 dans leur marche par une crise financière, et en 1848 par la révolution de février, les Compagnies de chemins de fer n'en sont pas moins parvenues à accomplir leur tâche.
Les hommes qui ont combattu avec énergie la déplorable
apposition faite pendant dix ans par l'adoûnistration supérieare à rétablissement des chemins de fer en France , méritent d'être nommés. Comme ingénieurs civils il faut placer en première Ugne les frères Séguin , constructeurs de notre premier chemin d'une certaine importance, et plus particulièrement Marc Sé^ guin, inventeur de la chaudière tubulaire; Mellet et Henry, au* teurs d'un grand nombre de projets que d'autres plus heureux ont exécutés; Stéphane Mony, l'un des ingénieurs du chemin de 6aint*Germain et son frère Eugène Flaohat ; le major Poussin, ingénieur du chemin de Montpellier à Cette, et Claude Arnoux, l'ingénieux inventeur et Tinfatigable défenseur d'un nouveau système de véhicules qui a obtenu l'approbation d'un grand nombre d'hommes éclairés. Parmi les ingénieurs des ponts et chaussées, Brisson dont le concours a été si utile à MM. Séguin ; Paulin-Talabot et Didion, créateurs des premiers chemins de fer dans le midi de la France ; parmi les ingénieurs des mines, Beaunier, Lamé et Clapeyron, collaborateurs de Stéphane Mony et d'Eugène Flaohat; Léon Coste qui n'a pas assez vécu pour voir l'accomplissement de la grande œuvre dont il avait si bien démontré l'utilité, et Bineau, ancien ministre des finances, qui fut l'ingénieur de la première Compagnie de Rouen et qui a publié un ouvrage remarquable sur les chemins d'Angleterre. Parmi les industriels ou capitalistes, Emile Pereire, le directeur du chemin de Saint-Germain , qui a fourni depuis lors une si brillante carrière ; James de Rothschild, le puissant banquier ; François Bartholony , le président de la Compagnie d'Orléans ; Laffitte, Blount, de Lespée et Benoist d' Azy , fondateurs de la Compagnie du chemin de Rouen. Parmi les publicistes enfin Michel Chevalier qui a écrit tant de pages éloquentes sur les chemins de fer et qui en a si bien deviné l'avenir; Jacob Blum qui, tout en construisant le chemin d'É* pinao , indiquait déjà la direction des grandes lignes qui depuis ont été construites et annonçait leur succès ; G. de Pambourg, auteur d'un traité et d'expériences nombreuses sur les locomotives; Minard, le comte Daru, Teisserenc/ Jules Burat,