DE PARIS A SAINT-GERMAIN ET DE PARIS A AUTEUIL
projet, et la gare d'arrivée s'est trouvée définitivement placée rue Saint-Lazare , où elle dessert en même temps les chemins de Versailles (rive droite), d'Auteuil, de Rouen et de TOuest.
En revanche le railway qui, pendant longtemps, s'arrêtait au Pecq , au bas de la colline de Saint-Germain , a été prolongé jusqu'à rentrée de la forêt au moyen d'un plan incliné que l'on remonte à l'aide du système atmosphérique.
Les travaux de ce plan incliné ont été étudiés et conduits avec une rare Mbileté par M. Eugène Flachat, ingénieur civil, l'un des auteurs du projet primitif du chemin de Saint-Grermain. Nous aurons l'occasion de les décrire plus loin en traitant de ce nouveau système de locomotion.
Tout récemment , enfin , la Compagnie de Saint-Germain a construit un embranchement de 4200 mètres de longueur entre Asnières et Argenteuil , et le 2 mai dernier elle a inauguré le chemin d'Auteuil^ Par les ctmditions spéciales de son établissement et de son exploitation , avec une circulation qui atteignait déjà 8000 personnes par jour pendant le mois de mai dernier, et qui s'élevait au chiffre énorme de 20 130 voyageurs le premier dimanche de sa mise en exploitation , cette dernière ligne of!re, sans contredit, le plus curieux exemple du chemin de banlieue qu'il soit possible de rencontrer. Les renseignements suivants , que nous devons à l'obligeance de MM. les ingénieurs de Saint-Oermain , feront bien comprendre les sujétions imposées à cet embranchement et les procédés élégants adoptés pour son exécution.
L'embranchement sur Auteuil se détache du chemin de fer de Saint-Germain , à la sortie du souterrain des BatignoUes , à 1100 mètres environ de l'origine du chemin de fer. Son tracé est compris, comme celui du chemin de fer de ceinture, entre le mur d'octroi et l'enceinte fortifiée ; il traverse la plaine de Courcelles , à peu près à égale distance de ces deux murs ; il
1. La description de ce chemin est extraite des Antialet det ponts êi chcmtsées (mai et juin 1854).
154 DU TRACÉ DES GflfiMlMS D£ FER.
suit oette direction dans le village des Thèmes en appuyant un peu sur la droite et arrive au pied des fortifications , à l'avenue de Neuilljr (route n® 13) ; au delà de cette avenue il prend un peu sur la route militaire quil suit régulièrement jusqu'à l'avenue Dauphine»
Le tracé s'éloigne alors des fortifications pour éviter le parc de la Muette ; il traverse l'avenue de Saint-Cloud ( route départementale n® 46) au point où la rue de la Tour vient y déboucher» pasfte derrière la grande Muette et arrive s^r le quinconce de Paspy après avoir traversé la petite Muette. Il suit, au delà» la ligne des maisons qui bordent le quinconce, et vient retrouver la route stratégique qu'il laisse à sa droite , pour entrer dans le paro de Montmorency, à l'extrémité duquel se trouve la station d'Au^euil sur la route départementale n^ 29, de Paris à Boulogne.
Une condition expresse de la concession a été de passer sous toutes les routes que rencontre le tracé ; le profil, pour satisfaire à cette condition et avoir le moins de déblais possibles , a dû être accidenté. En quittant la ligne de Saint-Germain , il descend par une pente de 0°*»005 , et passe à Batignolles sous les rues d'OrléanSt Cardinet, de la Gare, de la Santé, sous la route départementale n** 33, de Paris à Asnières; puis il travers en palier» sous les rues de Courcelles, Lombard, de la Chaumière et de l'Arcade ; il passe sous la rue de Yilliers avec une pente de 0™f003, et remonte ensuite par une pente de 0°>,009, jusqu'au delà de la route impériale n** 12 (vieille route de Neuilly), et après avoir coupé les terrains non bâtis de Ferdinanville, entre sous la route impériale n** 13 ( avenue de Neuilly ) , dans un souterrain de 140 mètres de longueur, sur lequel est ouverte aussi l'avenue de Saint-Denis (route départementale n** 9). Après une rampe de 0°>,001 jusqu'à l'avenue Dauphine, on reprend une rampe de 0"',0088 sous l'avenue de Saint- Cloud, et on arrive à Passy par un palier, sous la chaussée de la Muette (route départementale n** 2). On se retrouve alors, pour la première fois, hors du sol, sur le quinconce