‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 4)Chapitre 190 sur 284 · AMONCELIXMESTS DUS AU VERT · texte numérisé non relu

AMONCELIXMESTS DUS AU VERT

Le vent agit de deux façons également redoutables, soit pendant la chute de neige, en saisissant les flocons au moment où ils semblent toucher terre et en leur faisant raser le sol, soit en soulevant de nouveau, à la manière de la poussière des routes, la couche de neige déjà déposée. Ce dernier phénomène ne se produit toutefois que pour une neige encore fraiche, car avec le temps elle durcit ou se recouvre d'une croûte capable de résister à Taction du vent. On sait d'ailleurs que quand la température est douce la neige descend en gros flocons, tandis que par un froid vif elle tombe à l'état de farine, qui, souslaction d*un vent violent se dépose parfois en amas tellement compacts qu'elle reçoit à peine Tempreinte du pied.

Tranchées. — Quand un courant d'air entraînant la neige rencontre une cavité telle qu'une tranchée et que la vitesse du courant est faible, la neige se dépose sur le talus le plus voisin (fig. 94) . Si la vitesse est très-forte, le dépôt se forme sur le talus opposé (fig. do).

Si la tourmente se prolonge, la tranchée finit par se combler (fig. 96). Naturellement, les tranchées les moins profondes, celles de 1 à 2 mètres, sont celles qui souffrent le plus, non-seulement en raison de leur faible section qui se comble naturellement plus tôt, mais surtout parce que les réceptacles for-

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mes parles talus sont insignifiants et que la presque totalité de la neige vient ainsi directement encombrer la voie. Les plaintes à cet égard sont unanimes

et partout les points de passage du déblai au |remblai sont signalés comme particulièrement menacés.

Il faut un aplatissement notable des talus (4 à 5 de base au moins pour 1 de hauteur), pour éviter les dépôts en question.

Au karst, des conditions diamétralement opposées ont amené le même résultat > certaines tranchées à parois verticales mais de hauteur inégalé sont restées intactes, grâce à Textrème violence du courant qui passa par-dessus (fig. 97)..

Pig. oc.

Fig. 97.

Mjewéem, — En Bavière, ou a constaté que la couronne de certains remblai» très-élevés avait été encombrée par les neiges. J'ignore si ce résultat doit être attribué à TefTet des ornières dont il a été précédemment question ou âi uoe direction parallèle au talus prise par le vent. Il est certain que le vent prend souvent des directions ascendantes ou plongeantes. Mais» en général, et sauf des cas particuliers et rares, les remblais sont considérés comme étant à l'abri des amoncellements.

Parois v«rfi«iles. — Quand le courant chargé de neige rencontre un paroi verticale, voici ce qui se passe :

Si le vent est faible et la neige humide, il se forme en avant et au pied du mur un petit triangle (fig. 99).

MOYENS DE PRÉVENIR LES AMONCELLEMENTS DE NEIGE. bîi

Si le Yen! persiste, le triangle finit par atteindre la crête, la neige passe de Pautrecôté et il s'y forme un second triangle (fig. 100).

Si au contraire le vent commence avec violence par une neige pulvérulente, îl ne se forme en avant qu'un petit triangle, tandis que le tourbillon emporte et dépose la neige du côté postérieur (fig. 101).

Fig. 100.

Hg. 101.

Si le vent faiblit avant de cesser, ou s'il y a des alternances dans l'intensité, le triangle d'avant se forme à son tour et on revient à la fig. 100, l'inclinaison respective des talus de neige variant avec Tinlensité des courants.

Si, au lieu d'être perpendiculaire à la direction de la paroi (comme nous l'avons soiis^ntendu dans les cas qui précèdent), le vent frappe obliquement, une partie du courant Gle le long de la paroi et la neige affecte la forme fig. 102.

Plus l'obliquité augmente, moins la neige se dépose en avant, mais plusauss i se réduit le pied du triangle postérieur. Carie vent devenant parallèle à l'écran, il est clair que tout dépôt cesse de part et d'autre.

Ceci nous ramène au cas des tranchées enfilées par le vent. Ces tranchées se comportent d'une manière satisfaisante, à moins d'offrir des sinuosités dans lesquelles la neige se dépose alors du côté convexe, comme le sable charrié par les cours d'eau.

Fig. i05.

D'après ce qui précède, il est clair que si les écrans sont placés trop près du bord des tranchées, celles-ci sont exposées à être coupées par le talus du triangle intérieur; c'est le cas qui s'est présenté au Karst (fig. 105), où l'on compte aujourd'hui que le talus de neige atteint 3 à 4 de base pour 1 de hauteur. 11 est clair que ce rapport peut varier avec la violence du vent et la nature (température) de la neige, de même que la hauteur des écrans paraît devoir dépendre de son abondance, variable d'un pays à l'autre.

La disposition la plus simple consisle à placer Técran parallèlement à la crête de la tranchée. Elle est excellente quand le vent de neige ne coupe pas la Toie de fer trop obliquement.

Dans ce dernier cas on a ess«iyé de réduire la longueur des écrans en I^ disposant comme des coulisses de théâtre (fig. 104).

Fig. J04.

Ce système qui n'a d'autre mérite que celui d'une pelile économie, a réu pour certaines directions de vent bien fixes, mais il est facilemeiit |en défau quand le vent tourne. Les ingénieurs du Karst semblent portés à y renoncer et à s'en tenir aux éci*ans longitudinaux terminés par des retours oblique (flg. 105). Pour un vent très-oblique, le retour d'amont a l'avantage de mieux

Trmnckt»

Fig. 105.

couvrir la tranchée, et le retour d'aval renvoie le courant de neige longitudinal (fig. 102) et le détourne de la voie.

Les écrans ne sont applicables qu'aux trandiées enfilées longitudinalemenl. On a déjà vu que, droites, celles-ci n'ont pas besoin de protection; quand elles se terminent en coiu*be, il faut tâcher de livrer une issue au couraut de neige en pratiquant une brèche dans le talus concave à Torigine de la courbe.

PlaDiailoDs. — Les observateurs ne sont pas complètement d'accord sur quelques-uns des effets de neige qui viennent d'être exposés, mais ils sont unanimes à considérer les forêts, les forêts de sapins surtout, comme ia protection la plus efficace contre les amoncellements de neige. Cela se conçoit : les amoncellements sont l'effet du vent, et les forêts de sapins l'arrélenl. La neige tombée par terre est à l'abri du courant et celle détachée des bnnche? ne peut s'envoler qu'en passant par le crible d'autres branches.

Les bandes de quelques mètres d'épaisseur plantées sur la lisière des chemins de fer ne sont pas l'équivalent d'une forêt entière et exigent, pour être efficaces, quelques soins spéciaux. On sait que le sapm, en grandissant, perd ses branches inférieures et livre ainsi facilement passage au vent près du sol. Pour prévenir cet effet et obtenir une fermeture plus hermétique, il importe de multiplier les rangées de plants, de couper fréquemment la rangée extrême

de façon à la maintenir à Félat de haie, délaisser grandir davantage la rangée suivante et ainsi de proche en proche.

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