‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 5)Chapitre 29 sur 146 · MAISONS DE GARDES · texte numérisé non relu

MAISONS DE GARDES

Aux chemins de fer du Nord et d'Amiens & Boulogne, il a été construit des maisons à simple rez-de-chaussée et grenier avec four et cellier dont la dépense ne s'est pas élevée à plus de 2200 francs ; mais on a reconnu qu'elles étaient trop exiguës, et pour les lignes nouvelles on a admis un type dont le prix de revient est plus élevé.

Le type des maisons de gardes, sur le chemin du Midi, n'ad- , __,t^ , met qu'un rez-de-chaus-

sée composé de trois pièces. Le devis se monte à 2700 francs.

Plusieurs projets ont été faits pour les nouvelles lignes concédées à la Compagnie de l'Est.

D'après le premier de ces projets (&g. 328], il n'y aurait que trois pièces au rezrde-chaussée arec nn four et un petit cellier à l'extérieur du corps principal, et sur le corps principal un grenier dans lequel on monterait avec une échelle de meunier. La surface totale du rez-de-chaussée serait de 54'",46. Le bâtiment aurait à peu près à l'extérieur l'apparence des maisons de gardeadu chemin de Strasbourg.

D'après le second projet (fig. 229),

il y aurait deux corps de b&timent

reliés ensemble; lepremieren avant

n'aurait qu'un rez^e-cbauBsée , et

le second serait surélevé d'un étage.

rig.n>. Jratto» ai gaui. n y aurait au rez-de-chaussée du

bâtiment de derrière un four avec un cellier et ime autre pièce

pour magasin. Au premier étage de ce dernier bâtiment se

Fig. I». Maiton dé gardt.

troaveraient deux pièces pouvant servir de diambres à coucher.

La dépense d'établissement s'élèverait dans ce cas à environ 2700 francs.

La Compagnie de l'Elst a adopté ce dernier projet pour les maisons de gardes des passages à niveau établies en rase campagne, sur les lignes qui lui ont été nouvellement concédées. Le chilTre de 2700 francs est celui de la dépense maxima dans les cas ordinaires. Elle pourrait être augmentée dans le cas de fondations exceptionnelles.

Quant aux .maisons de gardes à établir pour le service des passages Fig. iM. Maiton de garda. à nïveau dans les viUes

ou les chefs-lieux de canton, elles auront la même forme à peu près et le même aspect que celle fig. 230. Les dimensionfi en seront seulement un peu plus grandes , et il y aura une pièce de plus au rez-de-chaussée. La dépense pour ce dernier type s'élèvera à 3200 francs.

nicoBAnos ABcaiTECTOngoa du gabu.

L'architecture d'un monument doit révéler sa destinatioa. Les péristyles annoncent les théâtres , les temples anciens et les églises modernes. Les clochers , les tours élevées , tes portes en ogive caractérisent les églises du moyen âge. Les gares de chemin de fer, celles des extrémités surtout, ont aussi leur architecture spéciale. Dans les gares terminales, comme dans tous les édifices qui servent de réunion à un public nombreux, il existe souvent des péristyles au fond desquels se dessinent des portes ou des fenêtres en plein cintre de grandes dimensions, destinées à éclairer d'immenses vestibules ou à

DÉCORATION ARCUITECTONIQUE. ii3

donner issue au âot des voyageurs qu'amène chaque convoi. Mam ce qui caractéiise surtout la façade principale, c'est une horloge monumentale, et, quand cette façade ferme la gare, un grand arc ou un immense fronton qui accuse la forme du comble recouvrant la halle des voyageurs. . La gare terminale. des chemins de l'Est (fig. 231) (à Paris) oifre Texeipple le pins saillant de cette architecture des chetnins de fer. Il était à regretter que les voitures ne pussent pas accéder sous la colonnade pour y débarquer et embar(}uer les voyageurs à, l'abri; mais l'ouverture du boulevard de Sébastoppl ayant nécessité l'établissement d'un perron, cette faculté leur eût été dans tous les cas interdite. Les çhapit^ux des colonn.es sont ornés de sculptures reproduisant jes différents produits agricoles cultivés sur le parcours de la ligne. Cette décoration originale n'est pas d'un mauvais effet. Au desf^us des colonnes,, entre les reton)bées, l'architecte a placé les armes des différentes villes dess^ef vies par le chemin. L'horloge est d'une grande élégance ; elle sert d* appui à deux gracieuses .statues à deini couchées, la Seine et le Rhin, dont les artistes s'accordent à faire rélpge. Au sommet du fronton est assise la ville de Strasbourg dans une chaise curule. La rosace en fer et en verre qui ferme le grand arc en pierre terminant la halle est d'un dessin remarquable et, placée à quelques mètres en arrière de la colonnade qu'elle )»urmonte, elle produit l'effet le plus heureux. A droite et à gauche enfin s'élèvent deux pavillons en saillie dont la façade est dans le même plan que celle du péristyle. L'architecte, M. Duquesney, auteur de ce beau travail, a trop peu vécu pour le voir achevé.

La même pensée a présidé à l'étude de la façade de la gare .terminale du chemin de fer de l'Est, à Strasbourg, mais le bâtiment a été construit sur de moins grandes dimensions et le grand arc a été remplacé par un double fronton.

A côté de la gare terminale du chemin de Strasbourg à Paris il faut citer celle du chemin du Nord à Bruxelles. La façade (fig. 232} du bâtiment placé en tête est d'une architecu. 8

Ii4 DE L\ DISPOSITION DES GARES.

ture grande et riehe. L'admission des voyageurs a lieu par le côté. Les façades' latérales sont en harmonie avec celle de l'extrémité, mais elles Sdnt un peu moins riches.

Pour des gares moins importantes que celles du chemin de l'Est , il aurait été hors de propos d adopter une décoration architectonique aussi riche , aussi grandiose. La façade de'ces gares doit être en rapport aVèc le mouvement dé la ligne desservie. Comme modèles de /àçadôs moins saillantes que celle de la gare de Strasbourg et cependant bien appropriées au chemin auquel elles servent de tète, nous citerons la façade du bâtiment de Saint-Germain à Paris iet celles des deux chemins de Versailles, à Versailles*;

Au chemin de Sain^Gêrmain on accède immédiatement, par un magnifique perron et par plusieurs portes cintrées, à un beau vestibule, et des deux côtés de la cour régnent des galeries sous lesquelles on peut, dans les temps de pluie, descendre à couvert pour monter ensuite au vestibule par des escaliers latéraux également couverts.

La gare extrême du chemin de Versailles , rive gauche , à Versailles, est entièrement ouverte comme le représente la figure 233. Le public placé à l'extérieur peut donc jouir de l'intéressant spectacle (fué lui offre le mouvement des convois et des locomotives à Tintérieur. Le fronton et l'entablement sont en plâtre ; mais ils av&ient été projetés en fonte, ce qui eût été beaucoup plus convenable. La raison d'économie, puissante pour une Compagnie' dont le capital est épuisé, a seul fait don-

ner la préférence au plâtre.

La façade extrême de. k gare de Metz (sud) a une grande analogie avec celle que nous venons de décrire; seulement elle est fermée dans toute sa hauteur par un vitrage et toute là décoration consiste en bois découpé.

La façade de la gare extrême'du chemin de Versailles , rive droite, à Versailles (fig. 234) est simple mais d'un goût très-pur.

1. C'est M. Armand , architeote, qui a fait le projet de la gare de Saint- Garmain et do celle de VersaiUeB, rive droite.

IDECORATION ARCHITECTOHIQUE. liS

La fignre 236 représente une espèce d'arc de triomphe qui sert de point de départ au chemin de Londres i Birmingham,

rntJrûiUy.à FwMltla.

l'un des premiers construits en Angleterre et que l'on pourrait appeler le grand chemin du Nord anglais. Nous ne saurions

approuver ce monumeot dont rarchitecture n'est nullement en

Kg, IK. Gare iu ehimln il Londfu d Birinii%aham.

rapport avec la destination de la grande voie ferrée dont il forme la tête.

L'architecture des stations intermédiaires placées dans de grandes villes doit être en rapport avec celle des édifices principaux de la ville. Ainsi à Nancy, ville toute monumentale, l'architecture de la station rappellera celle des belles créations de Stanislas.

Les petites stations isolées dans les campagnes doivent être construites avec une grande simplicité. Celles du chemin de fer

Fkg. 3» Slarlon d4 la PorU-ltaillol. Cfutnin iFAutiuil.

d'Auteuil (fig. 236) n'ont qu'un simple rez-de-chaussée éclairé par de hautes et larges fenêtres cintrées. Celles du chemin badois (fig. 237 et 238), dans labelle vallée du Rhin, nesontautre chose que d'élégantes maisons de paysans, de gracieux chalets.

DËCORATION ARC KITEC TONIQUE. m

Les stations principales du même chemin méritent également d'être rep ro-

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