‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 5)Chapitre 31 sur 146 · CHASSIS · texte numérisé non relu

CHASSIS

Quand les châssis deviennent très-longs, on multiplie le nombre des traverses intermédiaires et l'on met quelquefois deux croix de Saint-André , parce qu'une croix unique présenterait des angles trop aigus et ne résisterait pas sufEsamment aux efTorts qui tendent à déformer le châssis, et surtout parce qu'elle gênerait le passage des roues.

On a employé quelquefois des ressorts à boudin pour les appareils de choc et traction. Nous citerons le châssis du chemin de fer de Glocester à Birmingham, dans Eequel l'attelage présente encore cette particularité que les deux crochets de traclion sont fixés sur une tige unique. Cette tige agit sur le châssis par l'intermédiaire des ressorts ; mais, comme elle est liée par un appareil inextensible aux tiges des autres wagons qui composent le train , l'effort du moteur s'exerce simultanément et non successivement sur toutes ces voitures. En Angleterre , on fait encore fréquemment usage de ressorts formés d'une barre d'acier méplat contourné en volute. Depuis quelques années, on se sert aussi sur plusieurs lignes de chemin de fer d'appareils de I choc et de traction dans lesquels les ressorts en acier sont remplacés par des rondelles en caoatchMtc volcanisé.

La fig. 243 représente un tampon de choc de cette espèce. 11 se compose d'une cuvette en fonte C aiézée dans la partie c c. Un cylindre creux en fonte tourné pénètre à frottement doux dans cette cuvette ; il est muni d'une tige cylindrique t u Tampcn de choc. en fer fixée en son milieu ; cette tige traverse le fond de la cuvette et porte à son extrémité un écrou qui sert à donner la tension nécessaire aux nmdelles de caoutchouc volcanitê r r contenues dans la cuvette et séparées les unes des autres par d'autres rondelles en fer ou en cuivre r' t'.

Les ressorts de traction en caoutchouc volcanisé présentent beaucoup d'analogie avec les précédents.

Les tampons de choc en caoutchouc à quatre rondelles sont assez économiques , mais ils manquent de course et sont par

conséquent peu efficaces. Souvent on augmente le nombre des rondelles ; alors on les place à rintérieur du Châssis , entre deux traverses , sur des tiges de choc analogues à celles que nous avons décrites pour les ressorts en acier. Cet appareil est bon, mais dispendieux.

On a effiployé le caoutchouc volcanisé comme tampons de choc pour les wagons à marchandises ; il donne de bons résultats quand il est bien pré^ paré ; mais les ressorts en acier fondu au prix actuel de l'a* cier ne sont pa^ beaucoup plus coûteux et sont plus du-râbles.

Dans les wagons à marchandises,on 8upprime,8ur certaines lignes , les appareils de chocs élastiques , et on les remplace par des tampons fixes formés par le prolongement des brancards (fig. 244) . On rapporte sur Fig.<i44. Chàuiidtwag<màmarchandiM9, le côté et au-dessu8 de ce prolongement des pièces de bois qui en augmentent la section ; on relie le tout par des frettes et des boulons , et on recouvre quelquefois l'extrémité de ces tampons d'ime sorte de matelas en cuir et en crin. ^

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Le premier établissement de ces tampons est économique ; mais, comme ils sont peu ou point élastiques, les châssis qui en sont munis sont promptement disloqués par les chocs qu'ils reçoivent, surtout dans les manœuvres des trains de marchandises. Il convient donc de placer des ressorts de choc même sur les wagons à marchandises.

Anciennement, on employait fréquemment des châssis dits doubles, Bs consistaient en deux châssis superposés et séparés par des tasseaux ou par les extrémités des traverses. Ces châssis avaient l'avantage de n'exiger que des bois d'un faible équarrissage ; mais ils présentaient beaucoup d'assemblages et n'étaient durables qu'à la condition d'être consolidés par un grand nombre de ferrures coûteuses.

Dans ces derniers temps , on est revenu aux châssis doubles modifiés pour les wagons à marchandises. La figure 245 représente un châssis de ce genre construit au chemin de fer d'Orléans. Les brancards de ce châssis , composés de deux pièces qui serrent entre elles les traverses, présentent l'aspect de véritables poutres armées, et ont par cela même une grande rigidité dans le sens vertical. Les assemblages sont de simples entailles très-peu profondes ; le tout est relié par des boulons qu'on peut resserrer à volonté si les pièces prennent du jeu. Le cours de brancards supérieur est entretoisé par une croix de Saint- André. Ce châssis est léger , mais il est difficile à bien établir. Aux chemins de l'Est, on en a été peu satisfait. 11 est fort coûteux d'entretien.

A une certaine époque, on cherchait beaucoup à abaisser le centre de gravité du matériel roulant des chemins de fer. Cette préoccupation des ingénieurs a fait naître un système de châssis connu sous le nom de châssis belge , employé et perfectionné en Allemagne.

Les châssis des voitures à voyageurs sur les chemins belges (fig. 246) se composent de deux brancards boulonnés sur quatre traverses entre lesquelles sont placées les roues qui sont extérieures aux brancards.

Les caisses, dont le fond est formé de deux cadres indépendants, reposent sur les brancards. Ces cadres , quoique faisant partie des caisses, peuvent être également considérés comme

Fig. m. CMiiii doabb.

appartenant au train ou à son châssis , car ils lui sont liés invariablement et servent à guider les appareils de traction et de choc.

Les plaques de garde sont posées en dehors des roues et

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