ASSAINISSEMENT IMPOSSIBLE
non pour retenir ce banc, mais simplement pour le garantir de l'érosion. La partie B' du banc B avait descendu pendant la construction en glissant sur le banc A, et la partie restante avait été arrêtée par le contre-fort C. Enfin, les couches C avaient été revêtues d'un perré encaissé dans les bancs B.
Tous ces travaux avaient été exécutés dans la supposition que le banc A, qui n'avait jamais bougé, resterait en repos.
Ce banc cependant a glissé; le radier s'est soulevé. Par suite, le contre-fort C s'est lézardé et a menacé de descendre à son tour. Des crevasses se sont faites également en D et ont poussé le perré G.
Sous l'action des pluies de novembre 1852, le mouvement a augmenté : 50,000 mètres cubes de terre ou de roche se sont déplacés en glissant sur une veine d'argile jusqu'au delà de l'axe du chemin. Dans les premiers jours de janvier 1853, la même masse a fait un nouveau mouvement et s'est avancée de manière à encombrer complètement la tranchée sur une longueur de 55 mètres.
On a alors, pour ne pas arrêter la circulation, établi une voie auxiliaire contournant le coteau ; interrompu, aussi bien que possible, le passage aux eaux de surface qui venaient délayer les terres de l'éboulement, en creusant des rigoles imperméables jusqu'à 200 mètres de la tranchée parallèlement à l'axe; retiré une partia des terres de l'éboulement, décapé sur une grande profondeur les bancs supérieurs qui pesaient sur le banc A, et soutenu ce banc par un gros mur en pierres sèches M percé d'un aqueduc, et représenté dans le profil n° 2.
On a d'autant moins balancé à enlever la masse en mouvement, qu'on pouvait utiliser les terres qui la composaient pour consolider les remblais à l'est et à l'ouest du Steinberg.
On avait pensé que l'on pourrait faire ces déblais conformément à la ligne EF du profil n° 1 ; mais, en cours d'exécution, on enleva les terres conformément au n° 2, qui indique la situation actuelle.
Assainissement Impossible. — DatlS Ull petit nombre de C(lSy
les travaux d'assainissement ou de soutènement des talus devenant par trop dispendieux et même quelquefois impossibles , il vaut
mieux modifier la voie. C'est ce qui est arrivé pour la tranchée de Champigneule, sur le chemin de Strasbourg, près Nancy.
Nous avons passé sommairement en revue les différents procédés pour l'assainissement des talus. Avant d'apprécier leurs avantages et leurs inconvénients respectifs, avant de faire connaître dans quels cas chacun de ces procédés doit être plus particulièrement appliqué, nous entrerons dans de nouveaux détails sur le procédé Sazilly, et sur celui que M. de Regel a employé pour consolider les talus de la tranchée de Soullz.
M. Bruère, conducteur des ponts et chaussées très-expérimenté, longtemps associé aux travaux de M. de Sazilly, et employé aujourd'hui par la Compagnie de l'Est, nous a fourni sur l'emploi du procédé de cet ingénieur de nombreux renseignements que nous avons reproduits en entier dans le Portefeuille. On en lira avec intérêt l'extrait que nous en donnons.
Quant au second procédé, il a été appliqué à plusieurs tranchées du chemin de Mulhouse par MM. Daigremont et Marsillon. Nous en compléterons la description par d'importants emprunts faits à un rapport de M. Daigremont sur les travaux qu'il a exécutés.
Ce qui suit est extrait du Mémoire de M. Bruère.
Détermination de» banc» de suintement. — « Avant de COm- '
mencer les travaux d'assainissement d'une tranchée, il est très-important de connaître d'avance tous les bancs de suintement.
« Les recherches auxquelles on doit se livrer pour cet objet sont bien moins difficiles qu'on ne le suppose généralement : il suffit pour cela de faire des remarques à l'ouverture des cuneltes, car c'est alors que les eaux intérieures de filtration sont le plus abondantes; et, comme la quantité d'eau est trop grande pour que l'air l'absorbe tout entière à sa sortie, il est facile de noter tous les endroits où l'on voit l'eau apparaître. En agissant de cette manière, on sera certain.de savoir plus tard, après le règlement îles talus, où se trouvent les bancs de suintement lorsqu'il s'agira de recueillir les eaux intérieures de filtration. Il n'est pas nécessaire de suivre alors les suintements dans tout leur développement lorsqu'on fait des recherches : quand on a reconnu un endroit où l'eau sort, on doit être à peu près certain que toute la couche de terrain de même