DRAINAGE DE LA PLATE-FORME
ramollissent peu à peu la plate-forme, rendent la voie mauvaise, et provoquent au pied des talus des éboulements fréquents, tels que C D : ces éboulements comblent le fossé, arrêtent les eaux, et le mal se propage avec rapidité; on se trouve dès lors conduit à perrcyer le pied des fossés, solution coûteuse et insuffisante.
Fig. oG.
« En admettant même qu'il n'y ait pas d'eaux de filtration reçues dans les fossés d'une tranchée, il arrive souvent, si cette tranchée a peu de pente, que les eaux pluviales y séjournent et produisent les effets ci-dessus décrits : en outre, l'inclinaison transversale de la plate-forme étant et ne pouvant être que très-faible, le dessous des traverses reste toujours humide, et, comme ces traverses fléchissent au passage de chaque train, elle pétrissent peu à peu la glaise de la plate- forme, et la voie finit par être détestable.
« Ces différentes considérations nous ont engagé à drainer la plate-forme de toutes les tranchées glaiseuses, opération qu'on a déjà pratiquée en Allemagne avec le plus grand succès. Nous avons placé un drain sous chaque fossé du chemin de fer: cette disposition nous a paru plus efficace que celle qui consiste à poser un seul drain dans l'axe de la voie. On nous a, il est vrai, objecté qu'en faisant ainsi une coupure au pied du talus nous risquions*de provoquer des éboulements; mais, jusqu'à présent, cela ne nous est point arrivé, et, en ayant soin de bien piloner les remblais audessus des tuyaux, ils deviennent en quelques jours, et comme tout le reste de la plate-forme, aussi durs que l'aire d'une grange.
« Les tuyaux de la plate -forme se posent comme les autres, avec plus ou moins de matières filtrantes, suivant les cas; ils reçoivent, au moyen de drains transversaux dont il a été question plus haut, les eaux de fillralion venant des drains supérieurs; enfin, tous les 100 mètres, on placera un petit regard maçonné au-dessus des drains de la plate-forme (fig. 57), afin de recueillir les dépôts qui pourraient se former et de s'assurer si tout le système fonctionne bien. Ajoutons que ces regards ne devront guère être visités que pendant un certain nombre de mois après l'achèvement des travaux; car un drain bien établi ne s'engorge jamais, et, quand on aura réparé les malfaçons qui auraient pu se produire, la surveillance deviendra presque entièrement inutile.
« Nous avons fixé à lm,20 la profondeur moyenne des drains en contre-bas de la plate-forme, et nous n'avons fait en cela qu'imiter ce que l'on a exécuté sur les chemins allemands, et ce que l'on a adopté en Angleterre pour le drainage agricole.
finit] tia fifssr
« 11 est du reste reconnu en France, par tous les auteurs qui ont écrit sur le drainage, que, dans les terres fortes, on ne doit pas poser les tuyaux à moins de lm,20; or il est bien évident qu'une plate-forme de chemin de fer doit ùlre asséchée au moins aussi bien qu'un champ, qui doit toujours conserver une certaine humidité favorable à la végétation ; aussi pensons-nous avoir fait le strict nécessaire en adoptant la profondeur de lm,20. Ajoutons que les drains de la plate-forme sont distants d'environ 10 mètres, ce qui correspond à peu près à l'espacement adopté en agriculture.
INCLINAISON DES TALUS DES TRANCI1ÉES. 147 Cas où 11 existe une eonehe aqulférc mm la plate-forme. —
a Nous avons parlé, au commencement de cette note, d'un cas qui se présente fréquemment, celui où il existe une nappe d'eau qui n'est pas coupée par la tranchée, et qui est douée d une pression assez forte pour soulever la plate-forme si elle est imperméable, et pour la transformer en bouillie si elle est perméable. 11 faut toujours faire quelques sondages pour examiner si l'on n'a pas cette difliculté à combattre, et, si l'on reconnaît l'existence d'une couche aquifère, il faut tâcher de savoir ce qu'elle peut débiter de litres d'eau par minute. Ce point diflicile une fois tixé, on assainit la plate-forme en descendant le drain A (fig. 58) au milieu de la couche aquifère; il est bon en ce cas de ne pas économiser les blindages et les matières fdtrantes. 11 faut toujours mettre le drain A du côté du drain supérieur, c'est-à-dire du côté où le sol est le plus élevé : tout le succès de l'opération dépend d'ailleurs du diamètre du tuyau A; si ce diamètre se trouvait insuffisant, la sous-pression de la couche aquifère ne serait pas détruite, et le travail serait à recommencer.
Fi«. :;s.
Inellnaison des talu» de» tranehées. — « En terminant C6S généralités relatives aux assainissements, nous dirons que, dans notre opinion, on peut toujours ou presque toujours donner aux talus de
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déblai l'inclinaison de 45°, si on les assainit par les moyens que nous avons développés; si nous avons donné à un ccrlain nombre de talus de trancbécs l'inclinaison de lm,50 de base sur 1 mètre Je hauteur, c'est que nous avions besoin de terre pour les remblais; mais, lorsque celte circonstance ne s'est pas présentée, nous avons adopté l'inclinaison de 45°. Pour un déblai de 6 mètres de profondeur, en augmentant ainsi la roideur de la pente de 0",50 par mètre, on économise 18 mètres cubes, c'est-à-dire 27 francs par mètre courant de tranchée, en appliquant le prix payé à MM. Parent et Schaken : c'est plus que ne coûtent l'assainissement et le revêtement des talus, même dans des cas difficiles. »
L'assainissement de la plate-forme, si important, comme l'indique M. Daigremont, a présenté au chemin de Wissembourg de grandes difficultés qui ont été heureusement surmontées par M. Goschler. Nous reviendrons plus loin sur le travail exécuté par cet ingénieur.
Mais, auparavant, nous comparerons les différents procédés employés pour l'assainissement des talus.
Comparainon de» différent» procédés. — M. Chaperon, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur du chemin de Lyon, ne partage pas l'opinion de M. de Sazilly sur les causes des éboulements, ou du moins sur les moyens d'y remédier. Voici en quels termes il s'exprimait dans les Annales des ponts et chaussées 1 :
« Si Ton examine attentivement la forme du terrain dans les coteaux argileux, on reconnaît que le relief actuel du sol ne s'est établi qu'à la suite d'une série séculaire de mouvements dans les couches supérieures, et que la masse tout entière ne présente même qu'un équilibre instable, fréquemment troublé à la suite des dégels et des longues pluies. Cet équilibre momentané ne se maintient qu'à la condition que les parties supérieures trouvent leur appui sur les parties inférieures du terrain, en sorte qu'il est détruit par la moindre modification apportée dans le relief du sol.
« Si, dans un semblable terrain, on vient à ouvrir une tranchée, quelque peu profonde qu'elle soit, les conditions d'équilibre se
An éc 1855, 2* calncr.