‹ Traité élémentaire des chemins de ferChapitre 179 sur 210 · PROCÉDÉ SAZILLY. - MUKS AU BAS DES TALUS · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ SAZILLY. - MUKS AU BAS DES TALUS

trouveront brusquement rompues, et des mouvements auront lieu, sinon au moment même de l'opération, du moins à une époque ultérieure plus ou moins éloignée, lorsque les pluies ou le dégel auront pu ramollir la glaise et en diminuer la cohésion. L'eau qui tombe à la superficie du sol trouve toujours en effet des Assures ou des couches perméables par lesquelles elle s'introduit au sein même des masses argileuses, dont la solidité se trouve ainsi considérablement diminuée à certaines époques.

«La rupture d'équilibre des masses glaiseuses, telle est, à notre avis, la cause prépondérante des grands écoulements et des glissements à grande distance qui sont si fréquemment la suite de l'ouverture des tranchées dans les coteaux en pente douce des terrains argileux. Pour arrêter de pareils mouvements ou pour les prévenir, nous ne croyons pas qu'il y ait d'autre moyen d'étayerles massifs dont on affaiblit le pied en y creusant une tranchée que de suppléer par un contre-fort artificiel à la poussée naturelle des terres que l'on a enlevées. Aussi d'habiles ingénieurs n'ont-ils pas hésité à construire au pied des talus de déblai ouverts dans les terrains glaiseux des murs de soutènement à pierres sèches fort épais, qui, tout en assainissant le terrain supérieur, pussent rétablir par leur masse l'équilibre dont les conditions avaient été profondément modifiées par l'ouverture de la tranchée. Ces murs de soutènement n'ont du reste pas besoin de s'élever au niveau du sol naturel : il suffit que leur hauteur permette d'adoucir convenablement les talus, eu égard à la nature des terrains dans lesquels la tranchée est ouverte. »

Anus ne sommes pas entièrement de l'avis de M. Chaperon; nous pensons bien, comme lui, que la rupture d'équilibre des masses produite par l'ouverture des grandes tranchées tend à produire les éboulements; mais nous reconnaissons aussi la grande influence des causes signalées par M. Sazilly. Les faits prouvent assez cette influence.

Procédé UmmSUy et mur» nu htm des Uriu». — Le procédé Sazilly et celui des collecteurs, appliqués dans un grand nombre de cas au chemin de Paris à Strasbourg, au chemin du Nord, au chemin de Wissembourg et au chemin de Mulhouse, ont généralement donné i. 29

de bons résultats. Celui que préconise M. Chaperon, au contraire, appliqué dans la tranchée de Gagny, concurremment avec le procédé Sazilly, a été l'occasion de dépenses considérables, èt chaque jour il faut réparer à grands frais les murs de soutènement, qui ne résistent qu'imparfaitement à la pression des terres, malgré leurs dimensions considérables.

Si, d'ailleurs, les murs en pierre sèche de la tranchée de Gagny (fig. 25) soutiennent plus ou moins parfaitement le talus, ils n'en préservent pas la surface des influences atmosphériques, et il faut pour cela le recouvrir d une chemise en terre pilonée et gazonnéc. Ces murs ne pourraient enfiu empêcher le glissement du terrain supérieur sur la glaise que dans le cas où la surface de contact serait plus inclinée que nous ne l'avons indiqué.

On a dit que le procédé Sazilly était inapplicable dans un grand nombre de cas. Il est vrai que, l'eau affluant en grandes masses et sur toute la hauteur du talus, il cesse d'être cflicace. Mais, si dans d'autres circonstances il n'a pas toujours réussi, cela tient sans doute au peu d'expérience de ceux qui l'ont employé.

Les murs placés dans le bas du talus ne pouvant empêcher le$ éboulemenls qu'autant que le terrain a été préalablement presque entièrement desséché, il ne convient de les employer que concur. remment avec un système plus ou moins parfait de drainage. On peut alors en diminuer beaucoup l'épaisseur, et même, le plus sou vent, les supprimer tout à fait.

Mur» en revêtement. — Le procédé indiqué page 417 et représenté figure 24 est infaillible dans le cas de dégradations superficielles ou d'éboulements de masses de peu d'importance. Mais il est coûteux, et il manquerait d'efficacité, si la surface de glissemen I des terres se trouvait au-dessus de la banquette b. Celle banquette, dans tous les cas, doit avoir une inclinaison en sens inverse du talus ' autrement elle glisserait dans le fossé.

FOtre général. — Le filtre général est d'un bon effet ; mais le procédé est coûteux. On peut en dire autant des éperons en pierre sèche, si la pierre concassée n'est pas très-abondante, comme par exemple dans le cas où elle provient du creusement de la tranchée elle-même. On reproche, en outre, à ces éperons, quand ils ne se

Page 1