MS EN A KO SIR LE CHEMIN HK HOU EN
L aïc du pont Saint-Denis reposant sur pivots et l'extrémité du Jongeron portant simplement sur la culée sans encastrement, il en résulte que la triangulation des tympans doit produire tout le roidissement de l'arc. On a été ainsi conduit à donner aux pièces des triangles des sections de plus en plus fortes, en se rapprochant de la clef.
Les arcs en 1er, ne présentant pas d'embase connue ceux en foute, ont encore plus besoin d'un conlreventcment énergique.
Pour les ponts à plusieurs travées, les dispositions sont généralement les mêmes. Les ponts en fer étant encore plus légers que ceux en fonte, il faut que les piles intermédiaires soient encore plus fortes proportionnellement, pour détruire une plus grande partie de la poussée supplémentaire due aux surcharges.
Pont «or la tucIn* a Ssegedin. — On peut citer un exemple curieux d'un pont en fer où l'on n'a pas accepté la condition des piles culées; c'est celui sur la Theiss, à Szegediu.
Ce punt repose sur des piles lubulaires qui eussent élé infailliblement renversées si l'on eût laissé reposer les arcs sur le sommet de ces piles sans prendre des dispositions spéciales. Pour parer à cet obstacle, on a continué les piles métalliques jusqu'au niveau du tablier, et on y a amarré solidement les longerons. Il en résulte que lorsque par l'effet de la surcharge un arc exerce sur une pile aux naissances une poussée supplémentaire, elle tend à se renverser, mais qu'elle en est empêchée par la tension du longeron. La variation de température peut alors produire des effets dangereux. H vaut donc mieux, quand les circonstances le permettent, construire des piles culées.
Ponte en arc sur le chemin de Rouen. — Les ponts en arc de
fer, aux environs de Paris, dans les mêmes conditions de portée de charge et de solidité, coûtent un dixième environ moins que ceux en arc de fonte. C'est ce qui est résulté d'un concours établi entre nos plus habiles fabricants pour la construction d'un pont à Chatou, en remplacement du pont en bois, qui était hors de service. On leur avait laissé le choix du système, sous réserve de l'approbation de l'ingénieur en chef, et en leur imposant cerlaiues conditions de résistance.
Pont de Windsor avec arc an-dc»»u« dn «abller. — On peut
encore citer, à propos des ponts en arc, celui de Windsor. L'arc est ici au-dessus du tablier; les culées sont remplacées par l'entrait formant tablier, et les tympans triangulés, au lieu de relier l'arc au longeron, le relient à l'entrait. Celle solution lient à la fois des ponts en arc et des ponts à poutre droite.
Précaution» contre l'oxydation. — On ne saurait trop prendre de précautions contre l'oxydation des ponts en for, car c'est un ennemi redoutable des constructions de ce genre. Ces ponts doivent toujours être peints en couleurs claires : ils sont alors moins susceptibles d'absorber les rayons solaires, et il devient plus facile de constater l'apparition de la rouille.
Charge hnpooee an fer. — La ebarge imposée au fer dans les ponts est de 6 kilogrammes par millimètre carré. On admet aujourd'hui le môme coefficient pour la compression et pour la traction. Un certain nombre d'ouvrages toutefois supportent en réalité un effort notablement plus grand, sans que cela ait présenté jusqu'ici aucun inconvénient.
Ponts en fer et fonte. — Quelques ingénieurs anglais ont admis, jusque dans ces derniers temps, l'emploi simultané de la fonte et du fer dans la construction des ponts, mais en limitant la fonte aux parties de ces ouvrages chargées de résister exclusivement à la compression à des flexions transversales modérées. Nous pourrions citer dans ce système le pont de Newark, sur le chemin de fer de Great-Northern (iîg. 140), d'une longueur de poutres de 259 pieds (78m,94). Les parties foncées de la gravure font distinguer les pièces en fonte qui sont employées dans la construction et assemblées avec les parties en fer forgé.
Nous pourrions donner encore l'exemple du pont de la Mersey, de 52 mètres d'ouverture, formé de trois poutres composées chacune d'un arc supérieur en fonte à section en forme de X, relié avec une plate-bande inférieure en feuilles de tôle rivées, sur une double paroi verticale en tôle mince maintenue rigide par des contre-forts et des nervures égalemeut en tôle (ù'g. 141).
Nous donnons ici une travée du beau viaduc de Crumlin, construit dans le même système, et supporté par deux piles composées
Digitizéd by
PONTS EN FER ET FONTE. 517 de colonnes en fonte reliées entre elles horizontalement par des
châssis en fonte, et verticalement par des croix de Saint-André en
fer de faible épaisseur; ce viaduc a 498 mètres de longueur entre les culées (fig. 142).
Fijç. 1 12. — Viaduc de Crnmlin.
Pont» Nuwprndnw. — Pendant longtemps on a considéré le principe de la suspension comme inapplicable aux ponts qui devaient livrer passage à un chemin de fer. M. Robert Stephenson toutefois, dans la pensée que les tubes du pont de Menai n'avaient pas une rigidité sunisanle pour se soutenir d'eux-mêmes, avait dans l'origine eu l'idée de les suspendre à des chaînes comme le tablier des ponls suspendus ordinaires. Nous avons entre les mains ce projet, qui nous a été remis par ce célèbre ingénieur lui-même. Ce ne fut que lorsque l'expérience eut prouvé l'inutilité de ces chaînes que Stephenson les supprima. Aux États-Unis, on n'a pas hésité à poser des chemins de fer sur de véritables ponts suspendus. De ce nombre sont le pont sur la Harper, au chemin de fer de Baltimore à l'Ohio, et le grand pont du Niagara (fig. 145).
La portée du premier n'est que de 57m,80, et on aurait pu tout aussi bien, dans ce cas, établir un pont tubulaircou un pont en are.
520 TilAVAI \ DK TERRASSKMKNT KT TRAVAUX D'A HT.
La portée du second, au contraire (240 mètres), est énorme et aucun des autres systèmes ne pouvait alors convenir.
Pont sur la iinrper. — Le mode de construction du pont sur la Harper est un mode intermédiaire entre celui des ponts à poutre rigide, tels que les ponts tubulaires ou treillissés, et celui des ponts suspendus. Nous on empruntons la description à un manuscrit inédit de M. Grenier.
Ce pont, établi pour une voie, est composé d'un tablier en bois suspendu à deux fermes en fer et fonte dont les extrémités reposent sur de légers supports en maçonnerie.
La poutre en fonte est creuse, sa ligure extérieure est octogonale; elle est formée de buit parties de chacune 4ra,75 de longueur assemblées à manchon; les surfaces de contact sont légèrement arrondies, de manière que les flexions du système ne produisent pas d'efforts obliques sur la poutre. Chaque joint repose sur le chapiteau d'une colonnette en fonte dont le pied est relié par deux tirants en fer aux extrémités de la poutre, et supporte, au moyen de boulons de suspension, les poutres en bois ou pièces de pont (fig.144).
Par cette disposition, le poids du tablier et les surcharges accidentelles, agissant à chaque colonnette, est reporté par les tirants en fer sur les deux points d'appui. Les pressions horizontales résultant de l'inclinaison de ces tirants se font équilibre par l'intermédiaire de la poutre en fonte, qui n'est soumise qu'à des efforts de compression. La ferme est complétée par des croix de Saint-André très-légères en fer forgé reliant les extrémités des colonnettes, et qui servent de pièces auxiliaires en cas de rupture d'une ou plusieurs tringles principales.
Les poutres en fonte des deux fermes sont reliées dans le plan horizontal par un système de croix de Saint-André en fer et de pièces d'écartement en fonte correspondant aux colonnettes. L'ensemble du pont a ainsi la figure d'un tube rectangulaire formé d'un réseau de barres de fer et de fonte.
Dans la combinaison des pièces en fer forgé et en fonte qui constituent les fermes du pont sur la Harper, le fer est soumis à des efforts d'extension et la fonte à des efforts de compression; les deux