PROCÉDÉ EMPLOYÉ AU PONT DE KKHL
L'eau, au moment de l'immersion, s'élève dans l'intérieur du caisson et dans les trois tuyaux au même niveau qu'à l'extérieur ou à peu près. On chasse, à l'aide d une pompe foulante, de l'air dans les deux
cheminées latérales, de manière à en refouler l'eau ainsi que celle de la partie du caisson qui enveloppe la cheminée centrale, et à remplir les luhes latéraux et cette parlie du caisson d'air comprimé.
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La cheminée centrale reste ainsi remplie d'eau. Les ouvriers sont introduits dans le caisson ou en sortent par les cheminées latérales et au moyen des écluses d'air. Quant aux déblais, ils sont extraits au moyen d'une noria logée dans la cheminée centrale et plongée pour la plus grande partie dans la colonne liquide. La chaîne élan! mise en mouvement par une machine, les godets montent de la parlie inférieure de la cheminée a la partie supérieure. Ils s»* chargent à la partie inférieure de gravier que les ouvriers enlèvent avec leurs outils tout autour de la caisse sous les bords et rcpoussenl en bas de la cheminée centrale, et ils se vident à la partie supérieure dans un conduit incliné en bois par lequel le gravier glisse dans un bateau où on le recueille.
Les cheminées latérales ainsi que les sas à air qui les surmontent servant alternativement, l'une de ces cheminées est séparée de son sas à air, afin qu'on puisse I allonger, tandis que l'autre en est recouverte. C'est ce qu'indique la ligure 154. Il va sans dire que la cheminée en voie d'allongement est fermée à l'intérieur, a(in que l'air comprimé ne puisse s'échapper.
Pour le fonçage de la première pile, on a élevé au-dessus des parois latérales du caisson une caisse en bois dans l'intérieur de laquelle on a coulé du béton qui sert en même temps à charger le caisson et à former le corps de la pile autour des cheminées. Les caissons en lole étaient suspendus à des verrins au moyen desquels on a pu modérer et régler la descente de l'appareil.
Les caissons en tôle, arrivés à la profondeur voulue, ont été à leur tour remplis de béton, ainsi que les vides ou puits cylindrique.* laissés par les cheminées après leur enlèvement. Les cheminées en tôle ont été réemployées sur les autres piles. Pour faciliter l'extraction des cheminées, on avait construit un petit mur en briques tout autour, à une faible distance de leurs parois.
Pour les trois dernières piles, on a supprimé le caisson en bois et on a élevé sur les caissons en 1er, au fur et à mesure de leur descente, un massif continu de maçonnerie parementée en libagesou en moellons smillés ; on a aussi supprimé les cheminées centrales en tole, en se bornant à parementer en briques les parois du puits contenant la drague verticale, et on a ovalisé cette cheminée pour
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donner plus d'espace à la noria. Enfin on a réuni d'une manière invariable les caissons d'une même pile, et on a établi entre eux des communications qui ont facilité beaucoup le travail en permettant aux ouvriers de se porter Facilement d'un caisson dans l'autre, suivant les besoins.
Ces modifications ont eu pour résultat une économie notable, surtout dans la durée du travail. Les deux piles culées du pont de Kohi, étant doubles en volume des piles intermédiaires, sont Fondées cbacune sur quatre caissons. Les piles intermédiaires le sont sur trois seulement.
Le travail s'est exécuté avec une grande rapidité : la première pile culée, cubant 5,000 mètres, a été exécutée en .V4 jours, la seconde en TA jours; la première pile intermédiaire en 2;i jours, la seconde en 24 jours.
M. Fleur-Sainl-Denis se proposait d'enFoncer un seul caisson de très-grande dimension pour chaque pile. Il n'a divisé la pile entre plusieurs caissons que d'après les conseils d'ingénieurs haut placés dans le corps des ponts et chaussées, qui craignaient que la manoeuvre de caissons si volumineux ne devint très-diflicile.
Il y a lieu de penser toutefois qu'il n'eût pas été impossible de Fonder chaque pile au moyen d'un seul caisson, car les modifications introduites dans les trois dernières piles reviennent à peu près à cela, puisque les caissons juxta-posés, réunis d'une manière invariable et communiquant entre eux, n'en Forment en réalité qu*un seul; toutefois la division en quatre caissons, entraînant un plus grand nombre de cheminées d'extraction, a eu pour résultat de faciliter et «l'abréger singulièrement le travail d'enlèvement des déblais, et par suite la durée de la descente, et, sous ce rapport, il est heureux qu'il ait été adopté dès le principe de préférence à celui •l'un seul caisson avec une seule cheminée d'extraction ou même avec deux.
Le procédé du pont du Rhin a été employé avec quelques modifications légères pour la Fondation du pont de la Voulte. Tour d'autres ponts dont nous parlerons plus loin, on n'a pas conservé le mode d'extraction des déblais à f aide d'une noria, qui, du reste, est inapplicable dans les terrains argileux; mais on a adopté le
TRAVAUX DK TKRRASSEMENT KT TRAVAUX D'ART.
caisson avec cheminée et chambre d'air pour l'enlèvement des déblais, et on a construit la maçonnerie sur ce caisson comme au pont du Rhin. La construction du pont deKehl a donc été l'origine d'un grand progrès dans les procédés de fondation tabulaire, la substitution générale du poids de la maçonnerie aux poids artificiels, et , dans certains casy l'emploi de la noria comme mode d'extraction an lieu de bennes.
Pont *ur le Rhône a la Voulte. — Vu pont de la Youlte, sur le Rhône, on a modifié de la manière suivante le procédé appliqué au pont de Kehl :
La chambre de travail, au lieu d'être composée de plusieurs caissons indépendants, réunis entre eux pour l'enfoncement, consiste en une seule caisse en tôle ayant les dimensions nécessaires pour servir, sans empâtement exagéré, de base à la pile projetée. Cetlr chambre, dont les parois sont formées de tôle de Om,(M d'épaisseur etsont consolidées au inoyend'armatures en tôle et cornières, a de hauteur. Tue enveloppe en tôle de 0,u,004 d'épaisseur s'élève au-dessus du plafond en continuant les parois jusqu'au-dessus du niveau de l'eau.
Les déblais sont enlevés au moyen d'une noria placée dans l'axe de la pile, comme an pont du Rhin. Deux cheminées de service munies de sas à air permettent aux ouvriers d'entrer dans la chambre de travail 'ou d'en sortir. De même aussi qu'au pont de Kehl, le caisson est suspendu à des verrins, et le béton est coulé dans l'enveloppe en tôle au-dessus du caisson.
Pont» du chemin de 8alnt-Péter»l»ourj( * Varsovie. — Nous empruntons les lignes suivantes, sur les ponts du chemin 'de Saint- Pétersbourg à Varsovie et sur le pont de Varsovie, aux notes qui nous ont été fournies par M. Lavalley .
Le chemin de fer de Saint-Pétersbourg à Varsovie traverse les bassins de deux grands fleuves, la Dwina et le Niémen, et de plusieurs affluents importants de la Vistule, notamment le Rng et la Narcia.
Le climat et la constitution géologique du pays rendaient la traversée de ces rivières difficile. Tous les ans elles se couvrent d'une glace très-épaisse, et au printemps il se produit sur la Dwina, et sur
PONTS DU CIIKMIN DE SAINT-PKTERSBOLftG A VABSOVIK.
le Niémen surtout, des débâcles dont nous ne pouvons nous faire aucune idée. Les moindres obstacles un peu résistants, sopposant aux premiers glaçons, les arrêtent; de nouveaux blocs leur faisant suite s'engagent en dessous, tandis que d'autres passent par-dessus. Il se forme ainsi de véritables montagnes qui barrent la rivière et produisent des dénivellations atteignant quelquefois plusieurs mètres. On peut se figurer quelle énorme pression ont alors a supporter les obstacles, premières causes de ces barrages, et l'effrayante vitesse avec laquelle se précipitent ces énormes masses quand la •ligue de* glace vient à céder.
Pour en combattre l'effet avec une certaine eflieacilé, il fallait donner aux arebes des ponts la plus grande ouverture possible, et, en outre, il fallait donner aux piles, en même temps, la forme la meilleure pour ne pas arrèler les glaçons, et une résistance suffisante.
Le défaut de matériaux et la brièveté des eampngnes ne permettaient pas de construire les piles en pierres dp taille. On recourut alors ii l'emploi des tubes remplis de béton.
Les colonnes portant le tablier sont au nombre de deux, et elles sont protégées par des brise-glaces en fonte dont Parête exposée au eboedes glaces est inclinée suivant une pente, variant avec l'importa nev des débâcles de \ sur 1 à 2 sur 5.
La hauteur des crues des rivières, les niveaux par conséquent très-variables auxquels se font ces débâcles, forcent à donner à ces brise-glaces une très-grande élévation, et, par suite de leur inclinaison, une Irès-grande longueur. Il est devenu nécessaire ainsi de les soutenir au moyen de deux tubes enfoncés à la même profondeur que ceux qui portent le tablier.
Ces colonnes de brise-glaces sont arrasées à Pétiage, où elles se terminent par un épais dallage en pierre de taille recevant la base du brise-glaces.
Dans tous ces ponts, les tubes en fonte ont une épaisseur considérable sur toute la longueur exposée au choc des glaces, c'est-à-dire depuis 1 mètre au-dessous de Pétiage jusqu'à l,n,50 au-dessus des plus grandes crues.
Ils sont de plus, dans toute cette partie, armés à l'intérieur de nervures horizontales et verlicales avant 100 millimètres de hau-
TU M'AI X UK TKKRASSEMENT KT TRAVAUX ITAHT.
leur sur 60 d'épaisseur, et un écartemenl moyen île 550 millimètres. La paroi a 63 millimètres d'épaisseur. Le béton, fait avec soin, se compose de 1 partie en volume de ciment de Portland, 2 de sable et 5 de cailloux.
Les foules des lubes venant de l'étranger, devant supporter en outre la fatigue de longs voyages à l'intérieur, on composa chaque anneau de plusieurs morceaux. Il en résulta un grand nombre de joints pouvant donner lieu a des fuites que l'on évita en faisant la partie inférieure du tube en tôle sur une hauteur de quatre à cinq mètres. Ce tube en tôle portait à son extrémité supérieure une large bride servant à faire joint avec le premier anneau en fonte, et à supporter un diaphragme en tôle fortement armé. Ce diaphragme était traversé par deux cheminées aboutissant à une chambre contenant deux sas à air. Les déblais étaient extraits à la benne.
Kn remplissant d'eau ou même de déblais le tube au-dessus du diaphragme, on obtenait une charge qui, avec le poids du métal, suffit presque toujours pour produire l'enfoncement sans qu'on dût faire sortir l'air comprimé. Quelquefois seulement, alors qu'on était arrivé dans l'argile compacte qui existe partout sous le gravier et le sable, on recourut à de légères diminutions de pression qui déterminèrent la descente sans qu'il rentrât ni terre ni eau.
On peut éviter ainsi l'emploi dispendieux des contre-poids. On aurait pu, au lieu de mettre de l'eau, couler immédiatement le béton détinitif sur le diaphragme en laissant autour des cheminées un espace suffisant pour qu'on pût ensuite les extraire facilement. Mais on voulait se réserver, pour le cas où la colonne se fût enfoncée de travers, la faculté de la décharger, puis de la soulever comme on l avait fait une fois au pont de Szegedin. Cette précaution fut inutile : grâce à la charge, qui permettait la descente graduelle sans sorties d'air, les colonnes s'enfoncèrent verticalement. L'emploi de l'eau eut d'ailleurs cet avantage de permettre l'emploi successif du diaphragme pour plusieurs lubes.
Le même procédé a été employé par MM. Gouin à la fondalion du pont de Varsovie, et le bétonnage effectué dans la première campagne. Pendant la seconde (celle de 1801 surtout} les travaux ont marché avec une rapidité remarquable.
MlOCÊltô KMMjOYÊ M' WNT 1>E VARSOV1K.
La débâcle île la Vistule eut lieu le 17 février, eu sorte que les premiers pieux du second échafaudage ne purent être enfoncés que le 26 mars et à la fin d'octobre; les seize tubes des quatre dernières piles étaient mis à fond.
Pont de Vamvle. — Le pont de Varsovie repose sur un terrain de sable et de gravier très-mobiles, affouillé fréquemment à de Irès-grandes profondeurs. Au-dessous du sable, à des profondeurs variant de I mètre à t) mètres, on trouve de l'argile très -résistante.
Les débàeles de la Vistule, quoique moins redoutables que celles île la iKviua ou du Niémen, exigent cependant certaines précautions.
Le chemin de fer de Cracovie à Varsovie permet de faire venir eu abondance, et à un prix raisonnable, du granit de Silésie, tandis qu'on trouve, aux environs même de Varsovie, un grès rouge de très-bonne qualité.
Ce pont enfin n'était destiné qu'à faciliter la circulation des voilures s'opérant aujourd'hui par un pont de bateaux. Il n'y avait donc pas un très-grand intérêt à le terminer promptement.
Dans ces conditions, on adopta les dispositions suivantes :
La culée de la rive droite fut fondée sur un massif de béton coulé dans une enceinte que l'on dragua jusqu'à l'argile, qui, en ce point, se trouve à une petite profondeur.
Les piles, dont l avant-bec est incliné de 4.'> degrés pour diviser et briser les glaçons en les soulevant, nuit, à partir de 17)"', 70 au dessous de l'étiagc, en pierre de taille. Le granit y est employé à . l'extérieur, le grès rouge à l'intérieur.
Cette maçonnerie repose sur quatre colonnes, dont deux de .7",<il>0 de diamètre, et deux de k2'",75*>. Les deux grosses colonnes se trouvent en dessous des poutres principales du tablier; l'extrémité des brise-glaces s'appuie sur les petites colonnes, la seconde est placée entre les deux grosses. Des grillages en foute, portant sur les bords de ces colonnes, servent d'appui à la maçonnerie des piles dans l'intervalle.
La colonne des tubes se compose, comme au chemin de Saint- Pétersbourg à Varsovie, d'une partie inférieure ou chambre de tra-
TRAVAUX l)K TERRASSfcMKNT KT TRAVAUX D'ART.
vail en tôle ayant i'V270 de hauteur; puis d'une partie en tonte dont chaque anneau est formé de quatre morceaux dans les petites colonnes, et de douze dans les grosses.
Un diaphragme en tôle, ayant la forme d'un tronc de cône, forme la chambre de travail et supporte l'eau ou quelquefois la terre qui remplit la colonne pour faire contre-poids à la sous-pression et pour vaincre la résistance opposée par le frottement du sol. Le* deux cheminées de service aboutissant au sas étaient implantées sur la base supérieure du tronc de cône. Les déblais étaient extraits par les sas comme aux ponts du chemin de fer de Varsovie à Saint- Pétersbourg. La colonne de tubes étant parvenue à fond, on coula au fond une couche de béton sur laquelle s'éleva une maçonnerie de moellous hourdée eu mortier.
Line enceinte en palplanches, battue tout autour de la pile, permit de retirer les tubes supplémentaires, de placer les grillages et de travailler aux maçonneries.
Les travaux marchèrent avec rapidité. Les tubes de la première pile furent mis à fond et bétonnés dans la première campagne.
Procédé du pont d'Argent cuil. — Au pont d'Argentcuil, le terrain est de nature telle, que le procédé du pont de Kehl y est inapplicable. Les piles y sont d'ailleurs de dimensions fort inférieures à celles de ce dernier pont. M. Castor, qui avait construit, en qualité d'entrepreneur, les piles du pont de Kehl, a propose d'y appliquer un procédé intermédiaire. Ce procédé consiste à poser d'abord sur le sol, pour ensuite l'y enfoncer, un caisson circulaire en tôle surmonté d'une grande cheminée en tôle terminée par un sas à nir (tig. 150), l'axe de la cheminée se confondant avec celui du caisson, et de surmonter le caisson d'une enveloppe en tôle de même diamètre. Le sas à air, la cheminée et le caisson devaient être, pendant le travail, remplis d'air comprimé, et le sas aurait servi à l'entrée et à la sortie des ouvriers aussi bien qu'à l'entrée et à la sortie des déblais.
La maçonnerie en pierre ou en béton se serait élevée eu même temps que le caisson aurait descendu dans le sol au-dessus de ce caisson, cl en aurait provoqué renfoncement par son poids. Le caisson arrivé à fond, la cheminée aurait été retirée avec le sas à air,
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etc.*
Fig. IStf. — l'ont d'Xrgcnleuil. It.m . iI. |ii-u|M*é |»ai l eutf»p«qeur.
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TRAVAUX DE TERRASSEMENT El TRAVALX H AUT.
et le vide qu'elle aurait laissé aurait été rempli de bel on. L'allongemeiil de l.i cheminée s»1 serait l'ait eu retirant le sas à air et laissant échapper tout l'air comprimé, ipii aurait rempli le sas, la cheminée et le caisson.
La Compagnie, dont la pensée avait été «l'abord d'employer purement et simplement le procédé Triger, s'était approvisionnée à cet effet d'un certain nombre de tubes en fonte. M. Castor, obligé île les employer au lieu de l'enveloppe en tôle mince que comportait son projet, a modilié de la manière suivante le procédé (tig. 157). Il a surmonté la colonne en fonte qui pénètre dans le sol d'une autre colonne courte et de diamètre un peu plus petit uu\ traversé par un tube c ouvert dans le bas et fermé dans le haut. En //, // et /), sont des portes qui peuvent s'ouvrir ou se fermer à volonté.
l ue pompe foulante, mise en mouvement par une machine à vapeur, envoie par un conduit latéral de l'air dans le tuyau c. Cet air. chassant au dehors l'eau qui a pénétré dans le tube mm\ remplit d'air comprimé en même temps ce tuyau, l'espace dans lequel travaillent les ouvriers sous un chapeau-tronc conique, et une cheminée en bois qui s'élève audessus du tronc de cône. Avant de poser lésas à air sur la colonne de tuyaux, ou verse du béton dans l'espace annulaire compris entre le tronc de cône, la ehe- Vif, i.iT. - proci'iir :k1oi»i.' i»ar minée en bois et l'enveloppe en foute
la Compagnie. «vu f •.• > • i i
jusqu a I extrémité supérieure de la che-