‹ Traité élémentaire des chemins de ferChapitre 205 sur 210 · PROCÉDÉ KMI'MNÉ AU PONT D'ARGE.NTEUIL · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ KMI'MNÉ AU PONT D'ARGE.NTEUIL

minée. Ce béton, par son poids, contre -balance la sous-pression et le frottement «lit grand tube contre le terrain.

L'espace annulaire compris entre le tube c et l'enveloppe du sas ;'i air est divisé, comme l'indique le plan (tîg. 157}, en deux compartiments égaux par une paroi. Pour commencer le travail, on ouvre la porte d'un île ces compartiments, celle p\ par exemple, du compartiment de droite. On introduit les ouvriers dans ce compartiment, et on ferme la porte. Puis on remplit graduellement le compartiment d'air comprimé. On ouvre ensuite la porte py et on fait passer les ouvriers dans le cylindre r, d'où ils descendent en passant par la cheminée dans la chambre tronc-conique. La sortie des ouvriers ou l'extraction des déblais s'opère par une manœuvre inverse. On vide alors le compartiment au lieu de le remplir. Chaque compartiment sert successivement pour l'entrée ou pour la sortie, en sorte que, celui de droite étant rempli d'air comprimé, celui de gauche ne contient que de l'air à la pression ordinaire, ou vice versa.

Les tubes s'enfonçant dans le sol, on allonge la cheminée en bois, et ou introduit une nouvelle quantité de béton. Pour cela on* peut introduire le béton par le sas ou enlever le sas, laisser échapper l'air comprimé et le charger directement.

Les tubes arrivés ù fond, on remplit l'espace tronc-conique de béton. On enlève la cheminée en bois et on remplit le vide qu'elle laisse également de béton. La colonne de tubes enfoncée dans la rivière ou dans son lit a .7", 60 de diamètre; la colonne au-dessus de l eau n'a que 5m,20, elle est réunie à la colonne inférieure par un anneau tronc-conique. Chaque pile est composée île deux colonnes juxtaposées.

Le tube en bois est composé de petites douves maintenues par des cercles en fer qui, au lieu d'être extérieurs comme ceux des tonneaux, sont intérieurs. Ces cercles pressent les douves contre le béton. Quand le travail d'enfoncement des tubes est terminé, on enlève ces cercles en fer, et les douves en bois sont alors facilement extraites.

On a par ce dernier mode d'exécution fait l'économie de la grande cheminée employée dans le projet de M. Castor, cheminée coûteuse, i. .%

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parce que la tôle des parois, devant résister à la pression de l'air comprimé, doit être fort épaisse. Avec l'enveloppe extérieure en tôle mince il n'eût pas été possible d'employer une cheminée en bois, puisque alors cette enveloppe dans la partie supérieure aurait dû résister a la pression de l'air comprimé, ce qui était impossible: mais l'emploi d'une enveloppe épaisse en fonte étant devenu, comme nous l'avons dit, obligatoire pour l'entrepreneur, il a supprimé avec raison la cheminée en tôle épaisse.

Fondation du pont de Snltanb. — La pile unique du grand pont de Saltash, sur un bras de mer près de Plymouth, a été également fondée au moyen de l'air comprimé; mais le travail a été exécuté dans des conditions tout à fait exceptionnelles.

Il s'agissait d'établir cette pile sur un fond de rocher à 25 mètres au-dessous du niveau de la haute mer. Le rocher était recouvert d une épaisseur d'environ î>u,,i2fl de vase.

L'attaque du rocher était très-difficile, et il eût été impossible d'en effectuer le déblai, à raison de la profondeur d'eau à traverser.

M. Brunei se décida à construire un cylindre en tôle de 26tn,Nr> de hauteur moyenne, capable de dépasser de 1m,83 le niveau des plus hautes eaux, après son échouage sur le fond du rocher.

Mais une nouvelle difficulté se présentait : le rocher avait une inclinaison générale qui exigeait que la base du cylindre fût taillée suivant cette inclinaison pour reposer du premier coup, le plus exactement possible, sur la surface du roc: c'est ce qui fut exécuté.

Ce cylindre avait des dimensions telles, qu'il devait comprend» e à l'intérieur la totalité de la maçonnerie formant la base de la partie de la pile qui surgissait au-dessus du niveau de l'eau, et qui, à partir de ce niveau, devait se composer de quatre colonnes en fonh* destinées à porter les extrémités de chacune des deux grandes travées du pont, de 138m,08 de longueur chacune. Le problème consistait donc à échouer le cvlindre, à le lier solidement au roc île manière à isoler complètement sa capacité, à le vider ensuite et à maçonner ù l'intérieur du cylindre comme à l'intérieur d'un balai* • des il.

Le cvlindre ayant Kr,G6 de diamètre à sa base, il était impos-

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