‹ Traité élémentaire des chemins de ferChapitre 35 sur 210 · CHEMINS DANS L'INDE · texte numérisé non relu

CHEMINS DANS L'INDE

tronçons aboutissant à Calcutta, à Madras, à Bombay, et formant une longueur totale de 350 kilomètres; à la fin de 1859, malgré l'insurrection, 1,200 kilomètres étaient entièrement terminés, et les travaux étaient énergiquement poussés, de sorte que des sections considérables seront ouvertes cette année et dans les années suivantes. Les chemins de fer indiens sont exécutés par des Compagnies auxquelles le gouvernement garantit un intérêt de 5 pour 100. Les capitaux engagés dans ces entreprises, et ainsi garantis, s'élevaient, au mois d'avril 1859, à la somme de 40 millions de livres ou un milliard de francs. Les lignes autorisées formaient une longueur totale d'environ 8,000 kilomètres (5,000 milles), car le prix de revient n'est dans l'Inde que de 8,000 livres (200,000 fr.) par mille (1,609 mètres), grâce à l'extrême bon marché de la main-d'œuvre. Quand ces chemins de fer seront terminés, tous les centres importants de l'Indoustan pourront communiquer entre eux avec la mer et avec les grandes voies navigables du pays. Les produits de l'agriculture et de l'industrie, trouvant ainsi des débouchés faciles, s'accroîtront dans des proportions considérables. Un autre résultat capital aura été atteint en même temps : la rapidité de la circulation et l'extrême facilité des transports permettront de réduire de beaucoup le chiffre de l'armée; on a même pensé qu'on pourrait sans danger se contenter de 100,000 indigènes et de 50,000 Européens, ce qui produirait une économie bien supérieure à l'intérêt garanti par l'État aux Compagnies des chemins de fer; on parviendrait de la sorte à réduire à 6,500,000 livres les dépenses militaires, qui s'élevaient à 1 2,561 ,000 livres avant l'insurrection, et qui atteignent aujourd'hui le chiffre énorme de 21,000,000 livres, avec un effectif de H 0,000 Euronéons et de 207,000 indigènes.

Lorsque le railway de Madras à Beypour aura été livré à la circulation, ce qui doit avoir lieu en décembre 1860, le voyage de Calcutta à Londres, qui était de 47 jours en 1848, et qui est aujourd'hui de 50, ne demandera plus que 25 jours. Quant aux communications télégraphiques, elles relient déjà l'Inde à l'Europe au moyen du câble électrique de la mer Rouge qui a été posé en 1859-1860, et dans l'Inde même elles formeront bientôt un réseau

de 6,000 milles (9,600 kilom.),dont 4,000 milles (6,440 kilom.) devaient être achevés au commencement de 1860. Le prix de revient de ces lignes est en moyenne de i ,250 fr. par mille, et le gouvernement retire de la transmission des dépêches un bénéGce net qui va toujours croissant, tandis que les revenus des chemins de fer sont loin de couvrir l'intérêt des sommes dépensées.

Si les exportations de l'Inde ont quadruplé dans les vingt dernières années, et si les importations ont plus que doublé dans la même période, la création des routes et des chemins de fer permet de fonder sur l'avenir des espérances véritablement magniGques. Les Anglais d'ailleurs exécutent et projettent d'autres travaux d'utilité publique, qui auront pour résultat d'accroître largement les ressources du pays, le bien-être des populations, et par suite les revenus du gouvernement. La navigation fluviale a été établie sur l'indus çomme sur le Gange et sur la Djamna.

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