CHEMINS DANS L'INDE
drait ainsi l'union de la Méditerranée avec le golfe Persique, au moyen de voies ferrées jusqu'au fleuve, et de bateaux à vapeur sur le fleuve. Mais cette entreprise présenterait pour sa constitution financière des difficultés non moins grandes que celles que l'on rencontrerait pour l'exécution du chemin.
Une Compagnie anglaise a entrepris la construction d'un chemin de Smyrne à Aïdin ; aujourd'hui un tiers du chemin seulement est fait, et déjà le capital social est englouti. La Compagnie toutefois ne renonce pas à son entreprise. Elle sollicite l'autorisation d'émettre des obligations pour créer le capital nouveau nécessaire •• l'achèvement du chemin.
Perwe. — Les chemins de fer commencent à faire invasion en Perse; il est vrai que pour le moment il n'est question que de chemins de fer à traction de chevaux; mais nous ne douions pas que le schah, après avoir mieux étudié la question, ne leur substitue des chemins à traction de locomotives. Voici ce que nous lisons dans la Gazette de Bresson sur les chemins projetés en Perse : « Le journal russe Y Indicateur* îad mention de quelques projets dont il est question en Perse, et qui sont d'une importance majeure pour le commerce de la Turquie. Il s'agit d'un chemin de fer à traction de chevaux de Téhéran à Ta uns, pour faciliter le mouvement des passagers et des marchandises vers la mer Noire, puis allant à Trébisonde, ou par Cri van et Tiflis à Poli. Une compagnie se charge de ce chemin en demandant au gouvernement persan une garantie de 6 pour 100, et le schah y consent, à la condition que le chemin deviendra dans dix ans propriété de la couronne.
Inde. — Les renseignements suivants sont extraits d'un article publié par M. A. Bonneau dans Y Annuaire encycloj)édique pour 1860 : Lord Dalhousie, prédécesseur de lord Canning (1848- 1856), a su le premier entrer franchement et largement dans la voie des améliorations. Avant lui, on ne pouvait guère voyager dansl'Inde qu'en palanquin : il créa des routes et fit compléter depuis Calcutta jusqu'à Delhi et Agra l'artère centrale, le Great trunk rood, sur lequel on vit bientôt circuler les voitures et les diligences; il fit établir des lignes de bateaux à vapeur sur le Gange, inaugura le système postal et créa 643 kilomètres de lignes télégraphiques.
L'Inde lui doit un travail non moins utile et plus grandiose; nous voulons parler du magnifique canal du Gange, dont la largeur navigable est de 850 kilomètres ou de 1,400 avec les embranchements navigables. Il a 51 mètres de large, 3 de profondeur, 18 écluses (dams et locks), 207 ponts, et l'on trouve sur son parcours 10,000 ghauts ou lieux de bains pour les indigènes. Une multitude de canaux s'en détachent pour fertiliser 594,000 hectares de terre. Lord Dalhousie enfin donna l'élan à la construction des chemins de fer, et, lorsqu'il descendit du trône de Calcutta, trois grandes lignes avaient été commencées. La première, parlant de Calcutta, doit atteindre Agra, Delhi, Lahorc; la seconde, partant de Madras, jettera, à travers la presqu'île du Dekan, deux longs embranchements qui, traversant la presqu'île dans toute sa largeur, iront rejoindre la mer l'un à Bombay, et l'autre à Beypour ou Baipour, sur les cotes de Malabar, au sud de Calicut; la troisième, dont Bombay est le point initial, ira rencontrer à Jubbulpour, au nord de Nagpour, non loin des bords de la Nerbadda, un grand embranchement occidental du chemin de fer de Calcutta à Delhi. Un autre railway, se développant parallèlement au golfe de Cambayc, fera communiquer Bombay avec la ville d'Ahraedabad en touchant à Surate et Baroda, pour projeter plus tard un embranchement sur Indore, et de là sur Agra et Delhi. On a inau guré au mois de mars 1859 un railway de Moultan à Anîretsir, par Lahorc; un autre, franchissant le haut Indus, courra de Lahore à Peshauwer dans l'Afghanistan; on a autorisé, pour desservir le royaume d'Oude, une ligne qui se reliera â l'East-Indian-railway; un petit chemin de fer de 50 milles de longueur, et qui sera terminé en mars 1861, mettra Calcutta en rapport avec un port excellent qu'on va créer à l'embouchure de la Moulin pour faciliter les transactions commerciales aux navires qui ne peuvent pénétrer dans l'Hougly, dont l'embouchure est difficile. Mentionnons enfin le chemin de fer du Sinde qui fait communiquer Hayderabad avec le port important do Karatchi (Kurrachée), et nous aurons tracé l'ensemble des voies ferrées qui sillonneront bientôt le vaste empire indo-britannique.
En 1855 on n'avait pu livrer encore à la circulation que trois